L'écrivain parle comme il écrit. Les phrases sont bien tournées, la diction est parfaite, c'est bien agréable. Je n'ai pas vu le film comme un reportage sur les petits boulots, mais comme une démonstration de l'abnégation et du courage qu'il faut pour aller au bout de ses choix. La dernière scène est émouvante.
"«Tout pour l’écriture» C’est l’histoire d’un gars qui gagnait bien sa vie en tant que photographe et qui a tout arrêté pour se consacrer à l’écriture. Ses livres se vendant peu, il tombe progressivement dans la précarité et l’on assiste à sa déchéance matérielle. Il s’en sort grâce à des petits boulots où il est exploité, qui lui laissent le temps d’écrire mais ne l’empêchent pas de tomber dans la misère. Cette descente sociale volontaire a un côté agaçant même si le personnage (excellent Bastien Bouillon) ne s’en plaint pas. Témoignage intéressant sur notre société."
Rompre la routine "heureuse", rémunératrice, pour une vraie passion, bordée de galère. Ecrire devient le sacerdoce, le but peut importe le chemin de vie à prendre. Le fera-t-il ? Beaucoup de gros plans dans ce film, les décors fugaces, le propos est dans le texte et la musique parfois comique. Paul Marquet (Bastien Bouillon) est cette voix unique dans le ton. Un très bon film sur le sens à donner à son unique vie... Subir les pressions ou vivre au-delà des préjugés !
Quelle est la véritable thématique de ce film. Filmer la précarisation de la société (je n'aime pas le terme d'ubérisation, c'est leur faire trop d'honneur) dans un système où tout le monde note tout le monde, où c'est un être humain qui est en réalité noté et non un service ? Sauf qu'il s'agit là d'une précarisation volontaire. Comme le note un spectateur d'Allociné, le personnage aurait pu conserver en partie son ancienne activité de photographe partiellement, cela lui aurait évité de participer, de cautionner une plateforme qui esclavagise alors qu'il n'en a pas besoin.
Un beau moment de cinéma. A se laisser emporter sans écouter la critique et les critiques. Un film à la fois informatif sur le scandale du travail aurabais et la créativité.
"À pied d’œuvre" déroule sous nos yeux le parcours singulier de Paul, photographe comblé qui choisit de tout lâcher pour écrire, et se heurte in fine à lui-même plus qu’à la vie rude des précaires. Mais ce « pas de côté » reste flou : le déclassement semble moins vécu que survolé, et la trajectoire du personnage ressemble davantage à une manière de regagner la considération des siens qu’à un vrai bouleversement intérieur, tant sa trajectoire interne manque parfois de repères dramaturgiques. Du coup, on hésite à se laisser totalement captiver par cet homme dont les motivations, et leur évolution, restent à peine esquissées, malgré une interprétation solide et une caméra attentive aux corps et aux silences.
Un homme qui gagne bien sa vie en tant que photographe décide de tout plaquer pour l’écriture. Ce film de Valerie Donzelli parle très bien de ce monde du travail ou avec un téléphone dans la main des micro-jobs micro-payés sont â la portée de tout le monde. Un semblant de liberté qui conduit à la précarité de travailleurs mises en concurrence. Et aussi une question que tous les créateurs se posent à un moment : peut-on tout accepter pour vivre de sa passion?
Deux bonnes pistes de départ du scénario ne font pas obligatoirement un bon mariage. D'un côté la solitude et l'abnégation de l'artiste en attente de la reconnaissance qui lui permettra de vivre de ses œuvres. De l'autre l'ubérisation des taches dans la société de services. La première n'est pas une nouveauté, depuis des siècles, les artistes ayant vécu décemment de leur production sont plutôt des exceptions. La deuxième, phénomène récent, a été traité avec force dans Souleyman, On falling, ou Moi Daniel Blake. La difficulté est que la pauvreté de la réalisation fait obstruction à la rencontre des thèmes abordés. Quel paradoxe: on ne croit pas à la réalité de ce qui arrive à Paul, alors que le film est tiré d'une autobiographie bien concrète. Il faut attendre le dernier quart d'heure pour qu'enfin pointe une dernière scène poignante, cspoiler: elle du coup de fil du fils redevenu fier de son père!
Pascal Bouillon est excellent, et sauve quelques meubles ou plutôt les déménage consciencieusement mais il ne peut rien à l'ennui et l'impression de déjà-vu qui empêche le film de décoller. cinéma - février 2026
Drame social dans lequel un homme interprété par Bastien bouillon renonce à une vie confortable pour vivre de sa passion l'écriture. On le voit descendre dans l'échelle sociale, et vivre pauvrement ou chaque centime compte.. Filme très réaliste et très bien interprété
C'est la première fois qu'une adaptation me plaît autant. La mise en scene bien que sobre (et heureusement) est remarquablement juste et maîtrisée. On rit on pleure on pense !
Excellent film au scénario original avec cet homme qui, vu de l'extérieur, donne l'impression de saborder sa vie. On est nous même tentés d'encourager le personnage à revenir dans le droit chemin mais on finit par comprendre qu'il poursuit de manière intransigeante ses objectifs et est prêt pour cela a sacrifier tout son confort matériel ce qui est finalement plus courageux que d'autres choix de vie bien plus valorisés.
Bastien Bouillon est excellent dans ce rôle avec de nombreuses scènes de petits boulots ni dénuées d'humour ni de réalité froide sur le peu d'empathie que l'on peut avoir les uns envers les autres. La scène chez les 3 amies participant à une fête est un petit chez d’œuvre en soi.
Avec la réalisation ciselée on ne s'ennuie pas une seule minute. Longtemps que je n'avais pas vu une critique sociale traitée par touches légères mais ce qui la rend bien plus marquante.
Un film sobre et intriguant, moins pop que ce à quoi Valérie Donzelli nous avait habitué. J'ai suivi avec intérêt la trajectoire de ce néo-écrivain, bien incarné par Bastien Bouillon, touchant dans son abnégation un peu détachée. L'aliénation des boulots précaires et de l'ubérisation du travail est restituée avec justesse, ce qui en fait un film fort sur notre époque. Je regrette de ne pas avoir ressenti davantage la passion du personnage principal pour l'écriture, ce qui le pousse à ces sacrifices. Rien non plus sur la perte de sens qu'il est censé avoir éprouvé dans son précédent travail qui lui permettait une vie confortable. Aussi, la bascule vers cette précarité choisie m'a semblé difficilement compréhensible. Mais cela reste un bon film très recommandable.