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Morganechen
3 critiques
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4,0
Publiée le 16 mai 2026
Des acteurs attachants qui nous embarquent dans les heureux mystères que nous réserve la vie sur fond de quête d'évasion dans le Paris d'antan Un film réconfortant qui nous enveloppe de bienveillance et de confiance en... ce qui doit être !
Un scénario de comédie de boulevard, des décors à la Amélie Poulain, un condensé de stéréotypes femmes nunuches et hommes immatures... Le cinéma d'auteur ne deviendra pas un cinéma populaire en se contentant d'être bêbête.
C’est une très belle idée, film dont l’histoire sort un peu de l’ordinaire. Un autre monde, des décors originaux, Anais Demoustier est très juste dans son rôle d’ingénue qui n’attend plus grand chose de la vie mais qui croit malgré tout fermement que les choses peuvent changer et que rien n’est figé. Saisir l’opportunité !!
Je n'ai pas apprécié. Ça reste pour moi au niveau d'une romance un peu lourde qui ne réserve aucune surprise véritable. Seul point positif les décors de rue.
Très bonne surprise. On ne voit pas le temps passer. De petites touches d'humour agréables, des histoires entremêlées bien amenées, une atmosphère agréable servie par de bons acteurs. Un film sans prise de tête pour passer un très bon moment.
Une vraie belle réussite! Pierre Salvadori manie avec brio l’art de la comédie : c’est intelligent, sensible et bien mené. On retrouve les ressorts que le réalisateur affectionne : le quiproquo, le mensonge savamment utilisé, la loufoquerie…Tout cela pour explorer ce qui fait la vie : les histoires d’amour, les joies et les grands chagrins… Les comédiens sont géniaux. Un très beau film. Courrez-y !
On suit donc un petit vaudeville sentimental amusant et pétillant qui repose surtout sur cette crédibilité autour de Antoine/Marmaï, qui croit en la médium et donc il faut accepter le concept, il faut forcément adhérer à l'idée pour savourer cette petite comédie. Mais il faut rappeler qu'en 2026 encore beaucoup de monde croit en ce genre de charlatan alors l'imaginer un siècle auparavant c'est d'autant moins surprenant. Outre le comique de situation, entre les quiproquos et les mensonges, l'atout reste le jeu des acteurs en pleine osmose où les défauts des personnages participent à leur empathie (marchand au "grand corps", ambition du peintre qui serait presque superficiel, les femmes qui survivent avec leurs charmes...), et où les acteurs/personnages inversent les possibilités (pour une fois le nu est masculin, l'oeil artistique est celui d'une femme à une époque où elles n'existaient pas vraiment). En prime une reconstitution historique d'épinal qui permet de rester ancrer dans une fantaisie acidulée même si la fin met sans doute un peu de temps et un peu trop de mélo. Un très bon moment. Site : Selenie
Admirateur de Hawks et de Wilder, entre autres, Pierre Salvadori est sans nul doute le cinéaste français qui réussit le mieux à intégrer de vrais morceaux de fantaisie dans ses comédies. Et il n'est pas loin d'atteindre son acmé dans La Vénus électrique et ses amours magnétiques, un long métrage plein de grâce et d'une élégance folle, dans cet après Première Guerre mondiale, période propice à l'extravagance, au sortir de l'horreur des tranchées. Son scénario est malin et original et sa réalisation agile et avenante. La mélancolie se mêle assez joliment à l'absurde et la légèreté de l'ensemble ne manque pas de profondeur puisque l'amour et la mort sont évidemment les deux choses les plus sérieuses du monde. Comme toujours chez Salvadori, ses interprètes étincellent. Peut-être que Gilles Lellouche, Pio Marmaï et Vimala Pons ont déjà livré des prestations d'un tel niveau, mais que dire d'Anaïs Demoustier, rayonnante, qui n'a jamais été aussi magnifique ? Au sein de ce manège dans lequel les illusions, manipulations et mensonges éhontés se donnent la main, elle distille sans un instant faible toute une palette d'expressions finement jouées. Au service d'un film ludique, aux dialogues ciselés, digne des meilleures mécaniques hollywoodiennes de la grande époque, avec un raffinement et un esprit on ne peut plus français.
J’ai beaucoup aimé les films de Pierre Salvadori jusqu’à Comme elle respire, après ça a été un peu plus en dents de scie pour moi. Ici, tout est pourtant bien fait : belle mise en scène, belle direction artistique, excellente interprétation… c’est vraiment du côté du scénario que ça pêche un peu.
Le film est joli, mignon même, mais sans grande surprise, et on frôle parfois l’ennui. Tout est bien cadré et ne déborde pas. C’est d’ailleurs assez étonnant qu’il ait fait l’ouverture du Festival de Cannes.
Au final, ça se laisse regarder sans déplaisir, mais l’ensemble reste assez anecdotique malgré tout. Un bon moment tout de même mais assez vite oublié...
Dans les années 20, à Paris, Suzanne (Anaïs Demoustier) est l'attraction principale d'un spectacle forain humiliant, la "Vénus électrique", organisé par Titus (Gustave Kervern) qui la force à embrasser les badauds et à simuler un coup de foudre. Une nuit où elle traînait dans la roulotte de Claudia, la voyante, Suzanne croise Antoine (Pio Marmaï), fin soûl. Antoine ne se console pas de la mort d'Irène (Vimala Pons), sa muse. Ce peintre à succès est depuis ce décès en panne d'inspiration, au grand dam d'Armand (Gilles Lellouche), son marchand d'art. Les séances de spiritisme organisées par Suzanne, aussi truquées soient-elles, lui redonnent lentement goût à la vie.
Les organisateurs du Festival de Cannes ont du culot et le nez creux. Deux qualités rares qui concourent au succès toujours aussi grand d'une compétition dont les mauvaises langues pronostiquent depuis des années le déclin. J'ai gardé un souvenir enthousiaste de la cérémonie d'ouverture du festival 2024, présidé par Greta Gerwig, avec la performance inoubliable de Zaho de Sagazan. Le film diffusé ce soir-là était "Le Deuxième Acte" de Quentin Dupieux, un de mes coups de cœur de 2024. En 2025, c'était le très réussi "Partir un jour".
Que dire de la cérémonie d'ouverture de cette année et du film qui l'a suivie ? J'ai trouvé la cérémonie bien fade. Eye Haïdara a fait le job du mieux possible. Mais sa prestation millimétrée manquait de spontanéité et de talent. Elle n'a pas été aidée par un Elijiah Wood sous kétamine et par l'interminable discours de Peter Jackson, honoré d'une Palme d'or d'honneur, lot de consolation pour n'en avoir jamais reçu une pour un de ses films.
Mais venons-en au film (hors compétition) qui a ouvert le festival.
Il coche toutes les cases requises : un film léger, drôle, magique, original... Un film interprété par une impressionnante brochette d'acteurs sacrément doués : Anaïs Demoustier - à l'égard de laquelle je manque de toute objectivité - me semble à chacun de ses films meilleure que dans le précédent ; Gilles Lellouche, dont je sais qu'il horripile parfois, est beaucoup plus subtil qu'à l'ordinaire ; Pio Marmaï est de plus en plus sexy - dans un film post #Me Too où on voit plus de nus masculins que féminins. Un film au scénario sacrément audacieux, qui multiplie les bifurcations, qui se déroule à une époque magique reconstituée avec minutie et qui ose des outrances théâtrales (coup de foudre, évanouissements, quiproquos...) qui réussissent à ne pas avoir l'air artificielles. Un film sur l'illusion, les mirages, le visible et l'invisible et notre capacité à y croire, bref un film qui nous parle de cinéma , ce qui a tout son sens à l'ouverture du plus grand festival de cinéma du monde.
Pourquoi alors trois étoiles seulement ? Parce que "La Vénus électrique" malgré toutes ses qualités allonge indûment la sauce, dure deux heures alors qu'il aurait pu être plus rythmé, plus resserré. Parce qu'aussi son happy end attendu est un peu trop convenu - même si le scénario contient une surprise qu'on n'avait pas vu venir.
Film d’ouverture du Festival de Cannes 2026, "La Vénus électrique" nous plonge dans le Paris de 1928. Antoine Balestro, un peintre célèbre en panne d’inspiration depuis la mort de son épouse, croit entrer en contact avec elle lors d’une séance de spiritisme. Mais derrière cette voix se cache Suzanne, une jeune foraine qui improvise une imposture avec l’aide du galeriste du peintre. Salvadori transforme cette histoire de manipulation en une comédie mélancolique profondément touchante. Le film parle autant du deuil que du besoin de croire aux illusions pour continuer à vivre. Le trio d’acteurs est remarquable. Pio Marmaï excelle dans ce personnage d’artiste fragile et désorienté. Anaïs Demoustier est absolument lumineuse en petite arnaqueuse dépassée par ses sentiments. Et Gilles Lellouche apporte son sens du rythme à ce galeriste opportuniste mais jamais cynique. "La Vénus électrique" est une très belle romance, portée par des comédiens au sommet de leur art.
Un film qui se voit avec un certain plaisir mais doit beaucoup plus aux prestations d'Anaïs Demoustier et de Vimala Pons qu'à son scénario et à la mise en scène de Pierre Salvadori.