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CREOTIVEMEDIA
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4,0
Publiée le 12 septembre 2026
vec La Vénus électrique, Pierre Salvadori retrouve ce mélange de comédie, de mélancolie et de sentiments contrariés qui traverse une grande partie de son cinéma. Dans le Paris de 1928, le réalisateur imagine la rencontre entre un peintre incapable de faire le deuil de son épouse et une jeune femme qui, presque par accident, va lui faire croire qu’elle peut communiquer avec les morts. Une imposture qui aurait pu n’être qu’un efficace ressort de comédie devient progressivement une réflexion beaucoup plus délicate sur le deuil, l’illusion et la nécessité parfois vitale de croire à ce que l’on sait pourtant impossible.
Antoine Balestro est un jeune peintre en pleine ascension lorsque la mort de son épouse interrompt brutalement son élan. Il ne peint plus et semble avoir perdu avec elle toute capacité à regarder le monde. Son galeriste Armand assiste impuissant à cette disparition progressive de l’artiste qu’il représentait.
Un soir, Antoine cherche une réponse du côté du spiritisme. Ivre et désespéré, il tente d’entrer en contact avec sa femme depuis la roulotte d’une voyante. Mais la voix qui lui répond n’appartient pas à l’au-delà. Suzanne, modeste foraine entrée dans la roulotte pour voler de quoi manger, improvise quelques réponses. Antoine y croit.
Ce malentendu devient bientôt une véritable entreprise. Suzanne se découvre un talent inattendu pour l’imposture et Armand comprend rapidement l’intérêt de maintenir l’illusion : depuis ces prétendues conversations avec sa femme disparue, Antoine recommence à peindre. Les séances se multiplient et le mensonge devient de plus en plus difficile à interrompre.
Le scénario cosigné par Pierre Salvadori et Benoît Graffin repose sur une contradiction particulièrement féconde. Suzanne ment à Antoine, mais ce mensonge lui fait du bien. Elle exploite sa douleur tout en lui permettant de retrouver progressivement le goût de créer. La question morale devient alors beaucoup moins évidente qu’elle ne le semblait : faut-il nécessairement détruire une illusion lorsqu’elle aide quelqu’un à revenir parmi les vivants ?
La situation se complique évidemment lorsque Suzanne tombe amoureuse de celui qu’elle manipule. Elle se retrouve alors confrontée à un paradoxe cruel : Antoine se rapproche d’elle sans savoir réellement qui elle est, tandis qu’elle doit continuer à faire exister une morte pour rester auprès de lui.
Pio Marmaï apporte à Antoine une fragilité qui contraste intelligemment avec son énergie habituelle. Son personnage pourrait facilement sombrer dans le romantisme tragique, mais l’acteur conserve suffisamment de maladresse et d’humanité pour maintenir le film dans cet équilibre entre gravité et comédie.
Anaïs Demoustier trouve de son côté un très beau personnage en Suzanne. Son talent pour le mensonge n’en fait jamais une manipulatrice froide. L’actrice laisse progressivement apparaître le malaise d’une femme qui découvre que l’imposture grâce à laquelle elle a pénétré dans la vie d’Antoine l’empêche désormais d’y entrer véritablement. Son jeu accompagne subtilement le passage de la nécessité — voler pour manger — au sentiment amoureux.
Gilles Lellouche apporte à Armand une énergie plus pragmatique et contribue largement au versant comique du récit. Son galeriste comprend avant tout le monde que les fausses séances peuvent remettre Antoine au travail et devient rapidement complice d’un mensonge qu’il justifie par ses résultats. Cette alliance improbable entre la foraine et le marchand d’art offre au film plusieurs de ses situations les plus savoureuses.
La reconstitution du Paris de la fin des années 1920 n’est jamais uniquement décorative. Pierre Salvadori exploite une époque où le goût pour le spiritisme, les spectacles forains et les bouleversements artistiques permettent naturellement au réel et à l’illusion de cohabiter. La mise en scène conserve néanmoins une certaine légèreté et refuse l’académisme du film historique.
C’est précisément dans ce mélange que La Vénus électrique trouve sa personnalité. Le film peut être drôle sans tourner le deuil en dérision et romantique sans idéaliser le mensonge sur lequel repose la relation. Salvadori préfère les personnages imparfaits, ceux qui font parfois quelque chose de moralement discutable pour des raisons profondément humaines.
Quelques développements restent plus prévisibles, notamment lorsque la révélation de l’imposture se rapproche et que le récit doit confronter ses personnages aux conséquences de leurs choix. Mais l’interprétation et la finesse des dialogues empêchent la mécanique sentimentale de prendre complètement le dessus.
Élégante, drôle et délicatement mélancolique, La Vénus électrique transforme une arnaque au spiritisme en une belle histoire sur le deuil, la création et les illusions dont nous avons parfois besoin pour continuer à vivre. Pierre Salvadori retrouve son goût pour les personnages imparfaits et les sentiments qui surgissent au mauvais moment. Anaïs Demoustier et Pio Marmaï forment un duo particulièrement touchant, efficacement accompagné par Gilles Lellouche. Une comédie romantique d’époque pleine de charme, derrière laquelle se cache une question plus profonde : un mensonge reste-t-il condamnable lorsqu’il redonne à quelqu’un l’envie de vivre ?
Le petit défaut de ce film est qu'il est peut-être trop "équilibré" dans le sens qu'il est trop constant dans son rythme, dans sa vitesse de narration, dans la distribution des moments d'humour, de tension et d'émotion...bref on est bercé et les rebondissements ne surprennent pas. Le film aurait gagné à durer 10 minutes de moins.
Une comédie plutôt bien ficelée qui mêle deux temporalités différentes, avec plusieurs flashbacks. Le fait de la situer dans le Paris forain des années 1920 lui donne un cachet particulier, tandis que les interprètes (Anaïs Demoustier, Pio Marmaï dans le rôle du peintre Antoine Balestro) sont impliqués.
Après un petit détour moyennement convaincant par le film familial avec « La petite bande », un essai sur grand écran de transposition de l’imaginaire des livres La Bibliothèque verte, comme la saga « Le Club des Cinq », Salvadori revient à ce qu’il sait faire de mieux : les fantaisies entre chronique amicale ou comédie sentimentale. Sélectionné par Thierry Frémeaux pour ouvrir le Festival de Cannes cette année, « La Venus électrique » développe certes un certain prestige qui collait bien à cette occasion. Depuis que la grande messe cannoise a choisi de commencer les festivités non plus avec un blockbuster hollywoodien (la grande époque où « Da Vinci Code » ou un X-Men ouvraient le bal est révolue) mais un film français, c’est peut-être l’un des choix les plus judicieux et pertinent. Le cinéaste s’essaie pour la première fois au film d’époque et cela lui réussit plutôt bien. On n’est pas non plus dans la barre haute de sa filmographie (comme avec « Après vous... » ou « Hors de prix ») mais son nouveau film ne fait pas non plus partie de ses ratés.
Comme souvent dans ce type d’œuvres, ça passe ou ça casse. Rien que le terme assumé de fantaisie donne le la. On adhère à la proposition ou pas, on se laisse aller à la douce folie d’un film comme celui-ci ou pas. Ici, le postulat à base de télépathie, d’usurpation d’identité et de quatuor amoureux frôle parfois dangereusement le mauvais vaudeville. Mais le chic de la direction artistique, la distribution quatre étoiles et un côté flamboyant et suranné bien digéré emportent le morceau et nous font passer un délicieux moment. Du moins, durant une bonne partie du long-métrage. En effet, « La Venus électrique » dure plus de deux heures et une bonne heure et demie aurait largement suffi. Le film souffre de redites et de longueurs. En outre, le choix de proposer des dialogues anachroniques à des personnages ancrés dans l’entre-deux-guerres apparaît aussi osé qu’étrange. Parfois cela sonne bizarre et faux.
Si ce n’est ces quelques réserves, on peut assurément dire que l’on passe un bon moment. Et on le doit beaucoup à l’investissement d’un quatuor d’acteurs en forme olympique totalement assouvi à la proposition de leur réalisateur. Demoustier, Marmaï, Lellouche et Pons, tous les quatre brillent aussi bien individuellement qu’ensemble, sans que l’on puisse ressortir une prestation plus qu’une autre. Un très joli casting d’ensemble en quelque sorte. La mise en scène de Salvadori est assurée et très élégante en adéquation avec cette fable sur l’amour et le souvenir sertie dans le contexte de l’art. Si on ne vibre pas tant que cela au niveau romanesque, il y a assez de moments truculents et un comique de situation bienvenu qui fait son petit effet. En bref, « La Venus électrique » nous électrise peut-être pas autant qu’espéré mais c’est un objet assez singulier et maîtrisé pour qu’on s’y intéresse.
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Pour son 11ème long-métrage, Pierre Salvadori quitte le registre de la comédie pure – il faut l’accepter pour ne pas être trop déçu, car il s’agit ici d’une tragi-comédie davantage que d’un film à fou rire. Ce film très bien écrit, d’une élégance folle, nous plonge dans le Paris du début du XXème siècle et imagine une histoire d’amour et de deuil d’une très grande finesse. Avec des comédiens excellents – mention spéciale à Gilles Lellouche, dans un rôle secondaire où il s’avère absolument formidable. Une belle réflexion sur la passion, la perte de l'être cher, l’illusion et les faux-semblants.
Ça fait un mois que je l'attends et je n'ai pas été déçu ! Une comédie romantique flirtant gentiment avec le tragique qui se déroule dans une ambiance Paris et fête foraine des années 20 (pas les manèges, les personnages fantasques et autres attractions truquées) très bien reconstituée (imaginée). Le scénario fait avancer son sujet en double hélice avec des transitions fluides pour les personnages comme les images. La dramaturgie est ciselée aux p'tits oignons : histoires d'amour, mensonges altruistes, mensonges tout court... Outre l'amour, un des moteurs du film est la création artistique (peinture), un autre est l'appât du gain, chacun a ses "bonnes" raisons bien sûr. Le rebondissement final est virevoltant en faisant triompher l'amour de la mort. Le tout est servi par un quintet d'acteurs et d'actrices remarquablement dirigé qui nous distille une interprétation parfaite, chacun dans son registre. Mention enfin pour la musique et pour celles et ceux qui auront la ref, la musique du générique. A voir si vous aimez les belles histoires, dommage pour les autres de ne pas savoir les apprécier !
Une histoire sensible et profondément humaine qui captive par la finesse de son écriture et la justesse de ses personnages. J’ai particulièrement apprécié la reconstitution de l’époque, les costumes et cette atmosphère empreinte de douceur. Le récit illustre avec beaucoup de délicatesse combien la confiance peut révéler un talent insoupçonné. Une œuvre d’une mansuétude devenue rare au cinéma.
Une comédie romantique très légère et charmante. L’histoire est sympathique et il est touchant de voir ces personnages, si différents mais tous égarés dans leur vie, se chercher et se trouver les uns grâce aux autres. La réalisation est elle-aussi réussie en raison de l’esthétique soignée du film et des nombreux plans originaux et intelligents.
Magnifique réussite que cette Vénus électrique. Tout est réussi : le scénario est malin, les plans sont souvent créatifs (sans jamais être artificiels) et les interprétations des acteurs sont parfaites, Gilles Lellouche, Vimala Pons, Anaïs Demoustier, même Pio Marmaï n'en fait pas des tonnes (ce qui est rare, reconnaissons-le). Indubitablement, Pierre Salvadori a énormément de talent et manie à merveille l'humour, l'ambiguïté et les sentiments amoureux. C'est une comédie mais elle est diaboliquement réussie.
Parfait feel good, tout y est, comédien, romance, petit suspens Les nombreux flashbacks sont excellents et font du film un lien entre deux époques de la vie du personnage principal, impeccablement interprète par Pio Marmai
La Vénus électrique est l'un de ces petits bijoux du cinéma français qui nous manquaient depuis longtemps. Pio Marmaï y est excellent, tout comme Anaïs Demoustier, qui apporte beaucoup de fraîcheur, de naturel et d'innocence à son personnage. Tous deux forment un duo parfaitement crédible et attachant.
L'histoire est à la fois originale, drôle et délicieusement rocambolesque. L'univers rétro du Paris de 1928 est magnifiquement reconstitué et participe pleinement au charme du film. La mise en scène, les décors et les costumes nous plongent avec élégance dans cette époque.
Un véritable petit régal, rafraîchissant, plein de charme et porté par des acteurs au sommet de leur art.
Dans une fête foraine dont certaines attractions font dans le sensationnalisme, quand d'autres fricotent avec l'arnaque, Suzanne, interprétée par la sublime Anaïs Demoustier, se retrouve à devoir endosser la cape de diseuse de bonne aventure, à la limite de la passeuse d'âmes, pour communiquer avec une défunte et ainsi sauver un vivant pas loin de passer lui aussi l'arme à gauche. Cet homme (Pio Marmaï) est un peintre en dépression, qui a perdu la foi, ce qui n'est pas le cas de son galeriste (Gilles Lellouche), ami fidèle et surtout cupide, prêt à rémunérer les services de la prétendue voyante si cela peut permettre à l'artiste de recharger les batteries de l'inspiration. Suzanne se donne corps et âme (on y revient donc, de façon vague, à l'âme) pour ne décevoir ni l'un ni l'autre et, spécialiste de l'électricité, est au courant du court-circuit que peuvent provoquer des fils dénudés qui se touchent... Quand on est prêt à se mettre les doigts dans la prise et que l'on joue le tout pour tout, on peut perdre gros, ou bien gagner beaucoup. Dans de chouettes décors et une ambiance remontant à un siècle en arrière, le film de Pierre Salvadori organise un savoureux voyage dans le temps, dont on n'est pas mécontent. Le jeu est bon, les sentiments plaisants. Et tout est bien qui électrifie bien. Eclectique, la déesse lui a fait chavirer le cœur. Electrique, la Vénus lui a servi de pacemaker.
Un film familial et bien rythmé qui ne tombe pas dans la mièvrerie ou la farce. Les acteurs sont attachants. On se plonge avec délice dans l’univers artistique et forain parisien de la fin des années 20. Une très belle réussite !