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Julien Culture
2 critiques
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1,0
Publiée le 26 janvier 2026
Un film qui repend les codes les plus plats des épopées hollywoodiennes, avec comme décor un Japon d'Épinal. La dualité entre les frères, le fils illégitime, le père autoritaire, la vengeance, la réconciliation, la compétition, l'excellence, les femmes kleenex... Les persos sont creux, le scénario désespérément prévisible. Si vous avez 3h à perdre...
Formidable adaptation d’un roman, Kokuho est une fresque d’un demi-siècle que l’on traverse sans voir passer les trois heures. Le film suit le parcours de Kikuo dans le Japon de l’après-guerre, entre tradition et modernité. D’abord animé par la vengeance, il développe une obsession dévorante pour le kabuki, tentant de se faire une place dans un monde où la légitimité repose avant tout sur les liens du sang.
Entre rivalité, sacrifice et dévotion, le film montre comment un orphelin, pourtant doté d’un talent inné, doit se battre sans relâche pour son ascension dans une société qui lui oppose sans cesse des obstacles. Derrière la lumière de la scène, Kokuho révèle l’ombre : le travail acharné, l’utilisation des autres, et le coût humain immense dissimulé derrière la réussite et l’admiration du public.
Le film pose une question centrale : qu’est-ce qui fait un grand acteur de kabuki ? Le talent, le sang, la persévérance, ou le sacrifice de soi ?
La mise en scène impressionne par la précision et l’élégance : prestations remarquables des acteurs, gestes millimétrés du kabuki, silences chargés de sens, plans serrés, choix musicaux et rythme parfaitement maîtrisé. Une œuvre dense et marquante, qui interroge la place de l’étranger dans la société japonaise et la manière dont la beauté peut parfois masquer la noirceur des coulisses.
Un chef d’œuvre ce film , des images incroyables avec ces décors de théâtre, des acteurs juste parfait en émotion en jeu , une musique qui vient sublimer certains passages avec brio , une histoire incroyable et tellement imprégnée de la culture japonaise et de l’art du kabuki. Sincèrement un film suspendu ou je suis ressorti envahi d’émotion, troublé de sentiments forts profonds intenses. Courrez voir ce film qui dure 3 h quand même mais ce type de film vous fait vibrer découvrir prendre conscience que c’est génial le cinéma. J’ai pas les mots suffisant mais le cinéma asiatique je connaissais peu et depuis quelques temps où je commence à m’y intéresser davantage, c’est d’une rare beauté sensibilité justesse. Et merci Bravo
Voilà un film fascinant. Même en ne connaissant que peu de choses du Japon, on reste scotché par la beauté des images de cette saga à rebondissements sur une longue amitié. En dépit de sa durée, on ne s'ennuie jamais entre l'alternance de scènes de la vie des artistes de Kabuki et de leur entourage encore sous l'influence de conventions culturelles et sociales très strictes et de scènes du spectacle merveilleusement filmées. Les deux acteurs principaux sont au top, tant sous leurs fards qu'au quotidien. Un seul petit bémol pour moi, quelle idée d'avoir parfois pollué le son original du spectacle Kabuki par de la musique occidentale pseudo-dramatisante !
Fresque japonaise somptueuse. On ne voit pas le temps passer malgré la durée annoncée. C'est magnifique (les scènes théâtrales), c'est tragique, cette ambivalence est bouleversante.
La réalisation de ce film japonais est d’une veine assez classique, tout comme l’histoire de ses deux frères de lait qui finissent par se déchirer. Ce qui l’est beaucoup moins, c’est l’univers dans lequel se déroule l’histoire du film, à savoir le Kabuki. Pour nous occidentaux cette forme de théâtre nous est complètement inconnue. Le kabuki est un art extrêmement codifié, qui vient mêler le chant à la danse dans une forme de jeu épique des acteurs. On pourrait peut-être chez nous l’associer à une forme d’opéra. Et dans le Kabuki, les onnagatas sont des hommes qui interprètent des personnages féminins. Mais tout leur talent doit alors exprimer la féminité aussi bien voire mieux que pourrait le faire une femme.
Le titre originel du film « Kokuhō », est davantage porteur de sens pour comprendre la portée romanesque du film. Sa signification est en effet « trésor national », ce qui est une haute distinction au Japon. II existe aussi le titre de « trésor national vivant » qui concerne des personnes qui vont exceller dans la maîtrise d’un art ou d’un artisanat. Ceux qui jouissent de cette émérite certification, reçoivent alors une dotation annuelle du gouvernement japonais, dans le but de préserver ces biens immatériels qu’ils détiennent.
Étrangement, le juste équilibre de l’histoire dans cet univers si singulier fait qu’on ne voit pas passer le temps. Nous sommes happés dans ces étranges jeux de scènes de personnages aux splendides costumes et aux maquillages de geishas, dont les histoires sur la scène font échos à la vie des deux protagonistes. L’un est d’une lignée d’onnagata, qui lui permettrait de pouvoir prétendre hériter par son sang, du titre honorifique de son père biologique, grand maître de Kabuki. Quand l’autre disciple est un jeune orphelin d’une famille de Yakuzas, que le maître a repéré pour ses talents et élève aux côtés de son propre fils.
Ce film est une occasion unique de pouvoir appréhender un art d’une grande subtilité dont les codes nous sont complètement étrangers. Il semble comme l’indique l’affiche du film que plus de 11 millions de japonais soient allés le voir, peut-être est-ce là l’occasion pour tout un peuple de renouer par le cinéma avec un pan de leur patrimoine qui tend à disparaître…
3 heures qui passent comme 30 minutes; de nombreux "morceaux" de Kabuki mais jamais longs. Ce film traite d'un sujet qui touche d'autres professions (médecins, avocats..): comment faire pour que votre descendance vous succède ? Comment transmettre votre savoir et maintenir votre fond de commerce ?
C'est vrai que film est très beau, qu'il nous pour emmène vraiment dans un bel univers. C'est très intéressant de découvrir cet art japonais. Par contre en termes d'écriture et de montage... Il n'y a pas de scénario, juste deux amis qui parfois s'aiment et parfois de bastonnent. Le rythme est atrocement lent. Aucune émotion n'est soulevée. Au bout de 2h de film, on commence à se dire "c'était bien on a compris le principe, on peut s'arrêter là". Une scène un peu épique est placée à 2h, où tout le monde se dit "ça y est c'est la scène finale", et non ! Après cette scène on passe encore 1h à guetter la scène finale en se disant "ça y est c' est maintenant"! Des gens sont partis avant la fin, et il fallait entendre le nombre de soupirs d'agacements qu'il y avait dans la salle dès 2h de film. A ajouter à cela que le Kabuki est du théâtre où les rôles féminins sont tenus par des hommes. Et les imitations de voix de femmes par les hommes sont certes typiques, mais commencent à taper sur les nerfs au bout de 2h. Elles s'accompagnent de musique jouées à la flûte très stridente : à plusieurs reprises j'ai dû me boucher les oreilles et je n'étais pas le seul. Un film à recommander uniquement aux gens déjà passionnés par cet univers, mais moi j'ai passé un mauvais moment et ça m'a dégouté de cet art japonnais. Dommage.
Le théâtre japonais possède ses codes, ses histoires, ses costumes, ses acteurs, son esthétique : il est exigeant et particulier. Racontée sur près de 50 ans, la rivalité de deux onnagatas montre également qu'il est cruel car il demande plus que du talent : des relations, un peu comme des yakuzas mais artistiques. Captivant.
Excellent par le rythme qu'il parvient à insuffler et les rebondissements entre les personnages, ce film nous présente le kabuki, nous parle de transmission, de respect des traditions, de passion pour son art, de parrainage, de rivalité et d'amitié au fil des décennies. L'ensemble est servi par une interprétation de grande qualité et les récits des pièces qui reflètent les états d'âme de certains personnages au moment de l'interprétation. C'est émouvant, ambiguë, subtil et esthétiquement irréprochable
Une immersion fascinante dans le monde du Kabuki (cette forme de théâtre traditionnel japonais dont les rôles féminins sont tenus par des hommes, les Onnagata), à travers le destin de deux élèves doués dans le Japon de la deuxième moitié du 20ème siècle. Le film est d’une beauté formelle stupéfiante servie par une mise en scène virtuose et des acteurs éblouissants. Sa tension dramatique vient de la rivalité mais aussi de la fraternité entre les deux acteurs qui ont été formés ensemble mais avec des légitimités opposées : fils légitime et le fils spirituel du maître... Mais les deux sont prêts à tout donner pour leur art, quitte à pactiser avec le diable… Le film dure près de trois heures mais on ne voit pas le temps passer, éblouis que nous sommes par tant de beauté et d’intensité, comme on peut l’être par les spectacles de Bob Wilson. Pendant ces trois heures, nous sommes au Japon dans le monde du Kabuki avec des acteurs fous de leur art. C’est une expérience que je recommande vivement.