Sous ses dehors familiers, dans l'univers de Hong Sang-soo, Ce que cette nature te dit est l'un des films les plus cruels et les plus profonds du cinéaste sud-coréen. Oui, les agapes y sont plantureuses et l'alcool délie les langues, mais sous des dehors bienveillants, les longues conversations peuvent devenir cinglantes et cacher des conceptions divergentes de l'existence. La rencontre inopinée d'un poète et de sa fiancée, avec la belle-famille en devenir du premier, ne servirait-elle pas de crash-test pour le futur gendre ou, tout du moins, un moment d'évaluation, réalisé sans aménité ? Le cinéma de Hong s'interroge sur le sens de la vie, sans y trouver de réponse aucune, puisqu'il n'y en a guère, et se complaît dans la contemplation des belles choses, puisqu'elles sont le seul réconfort à attendre. La poésie, elle, est un outil, mais que peuvent les mots, si ce n'est effleurer ces splendeurs, et encore faut-il admettre une certaine humilité dans sa vision. Mis bout-à-bout, les différents chapitres du film composent une élégie modeste autour du monde qui nous entoure et une évocation à l'esprit presque sardonique sur la vérité des relations humaines, tapies sous le vernis du respect et de la tolérance, lequel peut vite se craqueler, sous l'effet de quelque nourriture trop abondante et d'excès de boissons enivrantes.
Le Taïwanais Tsai Ming-liang mène sa vie de réalisateur avec son acteur fétiche, Lee Kang-sheng ; de même, rares sont les films du Coréen Hong Sang-Soo sans Hae-hyo Kwon. Au point qu’il est parfois difficile de se plonger dans les personnages incarnés par l’un et l’autre, l’image de leurs précédentes interprétations étant imprimée dans la mémoire. Hae-hyo Kwon jouait dans quatre films du prolifique Hong Sang-Soo sur cinq que je connaissais, La Voyageuse, La Romancière, le film et le heureux hasard, Juste sous vos yeux et La femme qui s’est enfuie (mais pas dans Introduction). C’est lui encore dans les deux films du Coréen pas encore sortis en France que j’ai pu visionner, By the Stream et What Does That Nature Say to You (Ce que cette nature te dit, dont la sortie française est annoncée pour le 29 octobre 2025). Même recours au flou (de la pellicule, des caractères) dans ces deux films, mêmes ambiances rohmériennes, même dialogues empreints de la plus triviale banalité recherchée dans une forme de distanciation. Dans By the Stream, Hae-hyo Kwon campe un vieux metteur en scène de théâtre un peu seul et incertain du talent qu’il a pu avoir ou dispose encore ; dans Ce que cette nature te dit, il est le père d’une jeune fille n’ayant pas trouvé bon de présenter son petit ami de trois ans à ses parents et découvrant finalement le phénomène : un fils de bonne famille se disant poète et désireux de liberté dont la recherche d’une vie d’écriture ne passe pas par la case alimentaire. C’est Hong Sang-Soo dans les deux cas, beau !
C'est le vingt-deuxième film de Hong Sang-Soo que je critique sur ce blog, et il me faut constater que l'excitation du début se mue petit à petit en lassitude.
J'espérais, au vu des retours presse et de la longueur inhabituelle du film (1h48), que le réalisateur coréen retrouve l'ampleur narrative de ses débuts, ou au moins la vigueur des expérimentations formelle de son milieu de carrière.
Malheureusement, l'objet du film est très ténu (un jeune poète est présenté à sa belle famille) et si on retrouve par moment le sel du cinéma de HSS (des fissures dans les conversations qui semblent dévoiler d'insondables abysses), l'ensemble est plutôt ennuyeux et manque de relief.
Il reste la petite musique habituelle, toujours agréable à retrouver : les bouteilles d'alcool, la force de caractère des femmes, les glissements subtils de ton, les questions métaphysiques qui surgissent aux détours d'une phrase ou d'un souvenir.
La façon de filmer la nature est atone et on se demande ce que le titre peut bien vouloir dire. Quant aux essais formels, ils se traduisent ici à proposer progressivement une image de plus en plus floue aux spectateurs, procédé déjà utilisé par le cinéaste, mais qui ne me convainc pas.
Pour conclure, le film est plus dense que les derniers, ce qui laisse penser que l'état de santé de Hong Sang-Soo s'est amélioré - et c'est tant mieux, mais le résultat n'est pas totalement convaincant.
Aussi enjoué que bien barré, SANG-SOO démontre une nouvelle fois son savoir faire pour construire des personnages, avec une technique radicale, mais peut être un peu trop simple, qui reste à hauteur de ce qu'il souhaite montrer : la simplicité d'une rencontre
On a l'impression d'avoir vu et revu ce film de Hong Sang-Soo d'innombrables fois. On peut sauver ici les personnages des deux sœurs, toutes deux attachantes. Celui du poète est en revanche assez caricatural dans l'univers du cinéaste, spoiler: son pétage de plomb final étant trop évident . Pas le plus léger des longs-métrages du réalisateur même si la pertinence de la plupart des dialogues justifie que l'on y jette un œil.
Je ne sais pas ce que nature te dit mais le cinéma, lui, il te dit de fuir les films de Hong Sang-Soo !!! Deux catastrophes dans la même année ("La voyageuse", sorti en début d'année 2025, atteignait déjà les sommets de l'ennui). Alors chapeau l'artiste ! En même temps, des films sans scénario, sans intrigue, ni dialogues, on peut en tourner dix dans l'année. Contrairement à son précédent "In water" (2024), l'image n'est pas floue. Ça progresse... Mais bizarrement, je ne sais pas s'il faut s'en réjouir ?! Au secours !
Un film bricolé, à l’image mollassonne et un peu floue, et où les acteurs semblent improviser librement sur les qualités respectives du paysage, de la voiture, du prétendant, de la sœur, de la mère, du père ou de la fiancée putative… le nigaud étant le spectateur !
Donghwa, jeune poète rencontre sa belle famille le temps d’une journée. Il découvre l’environnement familial de sa petite amie mais aussi ce que les autres projettent de lui. La réalisation est simple (peut être trop), et malgré quelques scènes sympathique, l’ennui demeure une grande partie du temps.
Infatiguable amoureux du cinéma et qui arrive à sortir au moins un film par an en bricolant, Hong Sanshoo à ses fans. Le film la "voyageuse" m' avait refroidi avec isabelle Huppert. Celui ci est vendu comme la version coréenne de "mon beau père et moi". On en est loin quand même. Ici c 'est plutôt contemplation et introversion même si tout se glisse dans les détails et les nuances...
Au final je me suis quand même ennuyé avec en plus une qualité d image bricolo
Un coup de cœur qui amène Hong Sangsoo dans un grand classique de la comédie : la rencontre entre le petit copain d'une jeune fille et sa belle-famille. Mélange délicieux d'humour et de cruauté, sur fond de critique sociale.
Jubilatoire !!!!! Le film est très drôle, mordant, parfois cruel d'une limpidité formelle impressionnante. L'un des meilleurs Hong Sang son récents....