Encore un biopic, vous dites vous en voyant le titre de ce film. Erreur : le personnage d'Antonio Vivaldi, surnommé le prêtre roux (d'ailleurs pas très roux dans le film !), tient bien un rôle important dans ce film, adapté du roman de Tiziano Scarpa, mais ce n'est pas le rôle principal. En fait, le film cherche à nous faire connaitre ce qu'étaient à Venise, aux 17ème et 18ème siècles, ces Ospedales, ces institutions qui accueillaient et élevaient des nouveau-nés abandonnés, des orphelins, des enfants illégitimes et des enfants de familles plus connu des 4 Ospedales qui existaient alors à Venise avait pour nom L' Ospedale della Pietà et il doit sa renommée à Antonio Vivaldi qui y fut engagé en 1703 comme maître de violon. Le film montre que cette institution avait à la fois une politique charitable, permettant à des enfants "mal nés" d'être éduqués, en particulier dans la pratique de la musique, et un côté beaucoup reluisant, faisant office d'arrangeuse de mariages entre de riches représentants de la société vénitienne, le plus souvent veufs et âgés, et des pensionnaires de l'Ospedale. Bien entendu, cela se faisait moyennant finances, le futur époux apportant une dot qui profitait à l'Ospedale. Cecilia, choisie comme véritable personnage principal du film est une de ces pensionnaires, excellente violoniste très vite remarquée par Vivaldi, et qui est partagée entre son désir de quitter en se mariant la vie de prisonnière qu'elle vit dans l'hospice et son amour de la musique qui ne peut perdurer qu'en restant dans l'hospice auprès de Vivaldi. Le réalisateur Damiano Michieletto est un metteur en scène d'opéras de grande renommée mais, à 50 ans, "Vivaldi et moi" est son premier film de cinéma. Malheureusement, cela a tendance à ce voir. Certes, il y a de belles images, de beaux costumes, de la belle musique, certes le réalisateur n'a pas commis l'erreur de créer une véritable liaison amoureuse entre Antonio et Cecilia, se contentant de suggérer de façon plutôt habile les liens existant entre elle et lui, des liens bâtis sur une admiration réciproque, mais on ne peut s'empêcher de noter quelques erreurs de débutant quant à la conduite du récit et, surtout, dans le montage du film. On ressort du film quelque peu insatisfait en matière de connaissance de ce qui se passait dans ces ospedales et on note de fâcheux oublis historiques, le plus important étant que le nom de Francesco Gasparini n'est jamais cité, alors qu'il était le Maître de chapelle de l'Ospedale della Pietà lorsque Vivaldi est arrivé et, à ce titre, son supérieur hiérarchique. Mais au fait, pourquoi la représentante des pensionnaires a-t-elle Cecilia comme prénom ? Parce que Sainte Cécile est la patronne de la musique et des musiciens ? Ou bien pour faire un clin d’œil à Cecilia Bartoli ?