Le film est réussi sauf sur un point. Le scenario ajoute des éléments au livre dont est tiré le film. En particulier une scène très violente, pénible qui rompt avec l'esprit du reste du film. On a voulu choquer le public et pour cela on en rajoute. C'est discutable sur le plan éthique car on manipule le spectateur, pas forcément crédible sur le plan historique, complaisant, inutilement mélo. Dommage
En avant première au fectival du film Italien de Quimper. L'histoire de Cécilai, de toutes ses orphelines de la musique. Le pouvoir des hommes sur la vie des femmes.. La liberté, la musique. On découvre Vivaldi dans l'intensité de sa musique. Je n'ai pas vu les deux heures passées. Un chef d'oeuvre, une prise de conscience sur la difficulté d'être une femme à cette époque et encore aujourd'hui.
excellent film qui nous plonge dans le quotidien glaçant d un orphelinat de jeunes filles à Venise début 18ème. la musique comme porte de sortie ...fait entrevoir des moments de bonheur
Vivaldi et moi, un titre réducteur, et même un peu niaiseux, qui cache toutefois un pur joyau et un régal de cinéma pour les yeux et les oreilles... le bouillonnement musical, la splendeur palatiale et architecturale de la sérénissime au XVIIIème siècle, son ivresse de fêtes et de musique virevoltante, la renommée de ses luthiers, ses moeurs patriarcales et religieuses étroites et rigides, mais dissolues aussi... tout y est, juste et ciselé, un travail d'orfèvre, pas une fausse note, des images comme des chefs d'oeuvre picturaux, des interprètes flamboyants, subtils et magnifiques. On en sort transi, ébloui, conquis.
Un film d’une rare beauté ! Magnifique réalisation sur Vivaldi , la musique, et la liberté , qui pousse notre réflexion sur la condition féminine au 17-18e siècle !
Si comme moi vous vous attendez à entendre beaucoup de musique comme dans Amadeus vous serez un peu déçu. Ce film n’a pas pour objet d'évoquer la puissance créatrice du prêtre roux. De fait on nous épargne la fameuse musique de répondeur.....jusqu'au générique final! À peine, et subtilement évoquée lors de la découverte du "monde de dehors" par Cecilia. Non, l’objet du film est plutôt la vie de ces orphelines ou filles abandonnées confiées aux " bons soins" des soeurs d’ un couvent où elles sont formées à devenir musiciennes pour distraire les nobles à l'église le dimanche (histoire vraie). Et c’est plutôt bien fait: la complicité et la rivalité entre les filles, la dure vie en dehors des répétitions et des concerts et au final le pauvre devenir de ces filles mal nées. L'ignominie et la cruauté de ces gens de pouvoir et d'argent, chose qui n’a pas bien changée depuis. Une belle image, des dialogues intéressants, des acteurs très naturels, bien que j'aurais aimé un peu plus de profondeur sur les seconds rôles. Vivaldi n'a pas une très bonne image entre lacheté et soif de reconnaissance, mais finalement un brave gars envers sa protégée ! La version VOST est indispensable, l’italien est une si belle langue! Bon il y a un peu de Vivaldi quand même et heureusement, la seconde partie est un peu mollassone . Quant à l'épilogue ça laisse interrogatif : quel devenir pour une jeune femme innocente du monde extérieur, sans famille, sans amis, sans argent au début du 18ème siècle?...Au pire violentée et tuée au détour d’un chemin, au mieux boniche/esclave chez des nobliaux, mais on ne croit pas à un avenir dans un orchestre réputé!
Un bon film représentatif de la dure réalité de la vie des jeunes femmes orphelines au XVIIIe siècle, aussi une bonne expérience auditive qui nous permet de plonger dans le génie artistique de Vivaldi. Je recommande !
Très décu, la bande annonce et les bonnes critiques m'ont donné envie. Mais que vient faire Vivaldi dans cette galère ? Pourquoi lui ? La scène du concert où il cherche sa muse des yeux est affligeante de niaiserie. On ne sent jamais le personnage principal féminin touchée par la grâce et pénétrée par la musique. Ni les différents facettes de la personnalité de Vivaldi d'ailleurs, il passe pour le gentil de service dans un monde de brute alors qu'il n'était pas aussi lisse que cela. Il y a constamment des distances. Malgré tout, certains silences sont plutot beaux et assez bien dosés mais perdent tout leurs sens par un montage pas toujours judicieux. Les dialogues sont pauvres. Tout est convenu, bien pensant, anachronique...
Vu le sujet on pense beaucoup à l'excellent "Gloria !" (2024) de Margherita Vicario, qui reprend le même sujet (l'orphelinat de jeunes filles musiciennes) quelques décennies après. Dans ce nouveau film, la grande différence reste que le rôle principal masculin n'est pas n'importe qui mais le grand Vivaldi. Vis à vis du roman, une intrigue a été ajouté avec quelques personnages et scènes supplémentaires, mais une recherche pointilleuse a été faite aussi sur la réalité du quotidien de ces jeunes filles dans ces institutions. Outre la relation Vivaldi et Cecilia, la reconstitution historique reste réaliste et authentique. Le film est surtout une immersion dans une institution qui apprend aux jeunes filles à devenir artiste en attendant surtout de trouver un mari assez fortuné pour payer la dot à l'orphelinat ; une version sans doute plus douce et envieuse que les fameuses maisons vues dans "The Magdelene Sisters" (2002) dont le scénario est très similaire. Elever à être une musicienne plus ou moins accomplie, et préparer à devenir une épouse soumise, le tout est donc de savoir si Cecilia/Insolia va accepter son destin ou si l'émancipation va devenir une option. Site : Selenie
L’Ospedale della Pietà est un hospice vénitien prestigieux qui, pendant plusieurs siècles, accueillit et éduqua des orphelines. Il se finançait grâce aux dons des grandes familles et aux recettes des concerts de son académie de musique. Au début du XVIIIe siècle, il recrute un prêtre phtisique, Antonio Vivaldi (Michele Riondino). Le maître compte parmi ses élèves une orpheline particulièrement douée, Cecilia (Tecla Insolia).
"Vivaldi et moi" (dont le titre original, "Primavera", est autrement plus subtil puisqu’il fait à la fois référence à l’une des œuvres maîtresses de Vivaldi et au coming-of-age de Cecilia) nous vient d’Italie. Il est l’œuvre de Damiano Michieletto, un réalisateur qui travaillé pour les plus prestigieux opéras du monde. Avec huit nominations, il est le grand favori des prochains David, l’équivalent italien des César, devant "La grazia" de Sorrentino et "Le Dernier pour la route".
Vivaldi et moi n’est pas un biopic sur Vivaldi. Son personnage principal est Cecilia. L’histoire qu’il raconte est celle de son émancipation grâce à la musique et à la rencontre du maestro. Ainsi présenté, on imagine par avance le film qu’on va voir : l’évocation d’abord de l’enfance solitaire de Cecilia, l’arrivée de Vivaldi, l’alchimie immédiate qui se crée entre le maître et sa violoniste, la relation platonique qui peut-être laissera place à des élans plus charnels, etc.
Mais le scénario a le don de nous surprendre. Il le fait grâce à deux rebondissements qui possèdent la double qualité d’être absolument inattendus et totalement cohérents. L’un met en scène Stefano Accorsi dans un rôle secondaire de parfait salaud. L’autre clôt le film.
Vivaldi et moi vaut par sa reconstitution de la République des Doges. Il rappelle, si d’aucunes s’en souviennent, "Rouge Venise" que j’avais vu il y a des lustres à Toulon avec ma défunte sœur. Il rappelle aussi le plus récent "Gloria!" qui se passe lui aussi dans un hospice vénitien une centaine d’années plus tard. Il rappelle enfin le roman de Léonor de Recondo "Le Grand Feu" dont je me suis même demandé s’il n’était pas l’adaptation. Il vaut aussi par sa musique baroque splendide qui a le bon goût d’éviter ce qu’on redoutait par-dessus tout : le recours ad nauseam aux passages trop connus des "Quatre Saisons".