Vu au ciné "CEUX QUI COMPTENT", comédie dramatique de Jean-Baptiste Leonetti, l'aventure de vie de deux personnes qui se rencontrent suite à un événement pittoresque, deux personnages apparemment incompatibles: l'une veuve avec trois enfants, mère-courage un peu excentrique, voir fofolle mais qui cache une terrible blessure, comme elle tient à le dire elle-même "fauchée mais pas pauvre", l'autre un marginal taiseux et solitaire qu'une histoire douloureuse a isolé et qui ne s'exprime que par une certaine violence, un duo que la vie va faire se confronter. Le scénario, qui tient finalement sur peu de choses, procède par petites touches, parfois drôles, parfois touchantes, parfois les deux à la fois, passant d'une première partie assez explosive en péripéties, presque burlesque parfois, à une deuxième partie plus dramatique et plus tendre, et c'est ce qui fait le charme et l'atout de ce film assez particulier dans son traitement, en évitant constamment les pièges annoncés du pathos ou de l'histoire d'amour convenue. Et surtout il repose sur l'interprétation et surtout l'interaction -pleine de beaux ou bouleversants moments- entre cinq magnifiques comédiens: trois enfants incroyables de justesse et de vérité, dont le prometteur Alexis Rosenstiehl en adolescent rebelle car paumé, plein de rage et d'un amour qu'il n'arrive pas à faire sortir et ressentir, et ce duo mal assorti de deux acteurs qu'on ne présente plus: Sandrine Kiberlain, épatante, aussi bouleversante que détonnante en maman résistante, et Pierre Lottin une nouvelle fois superbe, ici tout en silences et pudeur, qui a du mal à exprimer ses sentiments, à trouver sa place. Une comédie douce-amère réussie où l'humain l'emporte sur le social.