Film fainéant comme pas permis…
Tout est bâclé, du scénario aux dialogues, en passant par le cadre, rien ne va.
Les acteurs sont au minimum syndical pour certains (Kiberlain a déjà joué ce même type de personnages souvent. Elle fait ça bien, mais on se lasse), voire en sous-régime (Lottin, dans son désormais sempiternel registre du “mec-bourru-qui-se-laissera-attendrir-malgré-tout-car-au-fond-il-a-un-coeur-gros-comme-ça”…) Bouhhh, c’est fatigant…!
Les séquences s’enchaînent sans intérêt (le coup de l’appart “empreinté", quelle idée niaiseuse, y avait pas moyen de rendre tout ça plus crédible?), et surtout sans fluidité et sans lien: chaque nouvelle saynète est un nouveau cheveu qui tombe sur la soupe (le mot-clé étant “soupe”) : que dire de cette scène gênante où Lottin réapparait comme par magie après avoir envoyé bouler la petite famille…???… Eh ben oui, il fallait bien qu’il revienne dans l’histoire, mais là aussi, il y avait sans doute un truc plus fin à trouver. Ça serait bien que les scénaristes se creusent un peu les méninges, parfois, sans se contenter de la première idée facile qui vient.
Mais le pire, je crois, c’est cette absence de travail manifeste dans l’écriture des dialogues: on a le sentiment que les acteurs sont partis en impro, reprenant des mots ou des phrases 4-5 fois de suite :
“Pourquoi?
-pourquoi?
-oui, pourquoi?
-pourquoi? Parce que…”
Penser que suite à ça, le réal ait pu dire: "Super, on garde, c’est dans la boite!”, c’est surréaliste.
À l’arrivée, on a un truc bancal, qui n’intéresse pas, auquel on ne croit pas, qui ne choisit pas son camp.
Dans quel genre classer ce film, c’est la question du jour.. Ou quand on veut à la fois faire une comédie sociale (pas très drôle) et un drame médical (pas crédible), mais que les deux ne se rejoignent pas, sinon par un montage au forceps.
Avec tout ça, le temps parait loooooong… Grosse différence entre temps réel et temps ressenti..
“L’éternité c’est long, surtout vers la fin”, comme disait l’autre, on en a l’exemple parfait.