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Clay
7 critiques
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5,0
Publiée le 29 juillet 2026
Un film d’une tendresse rare, à rebours d’un cinéma criard et virevoltant, qui s’autorise des errances, des bafouilles, des silences chez des personnages tout entièrement aimables si ce n’est qu’iels doutent. Et c’est justement ce doute qui laisse place à l’écoute, à l’ouverture à l’autre, et finalement à des rencontres qui sauvent tout ou presque.
À force de fuir le conflit, l’ambivalence et toute forme d’aspérité humaine, le film s’enferme dans une bienveillance démonstrative qui finit par ressembler moins à une proposition de cinéma qu’à un programme de développement personnel.
J’ai beaucoup aimé Les Matins merveilleux, pour le film évidemment, mais aussi pour ce qu’il représente dans le paysage actuel. Il y a quelque chose de très beau à voir enfin une réalisatrice trans qui filme une autre femme trans, trouver sa place dans une sélection comme Cannes. En regardant le photocall, j’étais sincèrement heureuse de voir ça. Pas dans une logique de communication institutionnelle, simplement avec la sensation concrète que les choses bougent. Et au-delà de toute lecture politique, le film existe par sa propre sensibilité.
Les Matins merveilleux affiche de jolies intentions : douceur, empathie, réparation collective. Mais derrière cette façade bienveillante, le film souffre d’un problème plus fondamental : il n’y a pratiquement pas de mise en scène. Les scènes s’enchaînent sans souffle, sans point de vue, sans invention formelle. La narration manque de tension, les personnages secondaires sont à peine dessinés, et tout semble filmé sur le même registre tiède et illustratif. On a moins l’impression de regarder un film que d’assister à une succession d’intentions commentées. Plus gênant encore, on sent constamment la réalisatrice chercher à attirer la lumière sur la beauté de sa démarche. Le film paraît moins préoccupé par ses personnages que par l’image qu’il veut renvoyer de son autrice. À force de vouloir se tirer la couverture, Les Matins merveilleux finit par transformer sa bienveillance affichée en posture un peu complaisante. Au final, la sincérité revendiquée ne suffit pas à masquer ce qui manque le plus ici : du cinéma, du regard, et une véritable mise en scène.
Tout est platement fonctionnel. Champ/contrechamp sage, lumière mimi, caméra poliment empathique collée aux visages comme si le simple fait d’être près des acteurs suffisait à produire de l’intimité. Mais où est le point de vue ? Où est le travail du cadre, du rythme, de la distance, du hors-champ ? On ne sent jamais une pensée de cinéma organiser les émotions. Les scènes ne sont pas construites : elles arrivent avec leur petit capital émotionnel déjà emballé, déroulent leur intention puis repartent sans avoir été transformées par la mise en scène. Le film ne crée pas l’émotion ; il nous informe qu’elle est censée avoir lieu. À certains moments, on a presque l’impression d’assister à une lecture filmée du scénario. Les acteurs parlent, les situations s’enchaînent, la machine narrative fonctionne au minimum syndical. Un film peut être minimaliste, discret, anti-spectaculaire mais encore faut-il qu’il ait une forme. Ici, la retenue ressemble surtout à une absence de regard.
La réalisatrice empile les couches de guimauve avec une telle conviction qu’on finit par se demander si quelqu’un, sur le plateau, a envisagé l’hypothèse d’un dosage. Ce qui devait émouvoir finit par provoquer un début d’indigestion sentimentale si bien que certaines scènes basculent dans la parodie involontaire. On aurait simplement aimé que le film fasse un peu plus confiance à ses actrices et un peu moins à sa réserve industrielle de chamallows affectifs.
Vu à Cannes. Je n'ai pas rencontré une autrice, j'ai regardé un petit film gentillet sans réelle histoire bien en dessous des autres films sélectionnés. Les actrices restent cependant plaisantes à regarder.
Les Matins merveilleux recycle les codes les plus éculés du cinéma d'auteur français contemporain sans jamais parvenir à les dépasser. Son héroïne faussement fantasque, ses personnages faussement excentriques et sa quête de renaissance semblent moins relever d'une nécessité que d'un cahier des charges. À vouloir provoquer l'émotion à coups d'effets de mise en scène démonstratifs, le film finit par produire l'effet inverse : tout paraît calculé. Les personnages secondaires ne sont que des satellites gravitant autour de l'héroïne, privés de toute véritable épaisseur, tandis que les rares scènes qui pourraient enfin faire respirer le récit sont escamotées par des ellipses frustrantes. Le paradoxe est cruel : en prétendant raconter un éveil à la liberté, Les Matins merveilleux reste enfermé dans une forme convenue, incapable de prendre le moindre risque.
Un scénario et une mise en scène aux abonnés absents. Une romance qu'on voit venir sans aucun rebondissement, les dialogues, pourtant sympas peuvent tomber dans le ridicule à certains moments. C’est très creux, mais ça a le mérite d’éviter les clichés souvent présents dans les comédies françaises.
Film génial permettant une fois n’est pas coutume de se sentir bien, pas écrasé, dans un fauteuil de cinéma ou l’émotion négative est souvent celle qu’on utilise pour faire croire que ressentir c’est souffrir.
Les Matins merveilleux d'Avril Besson est un feel-good movie qui tient ses promesses. C'est un film intelligent et sensible qui fait du bien, servi par une distribution inspirée qui donne le sourire longtemps après le générique. India Hair, Raya Martigny et Éric Cantona forment un trio attachant, et l'alchimie entre les deux actrices, déjà perceptible dans le court-métrage Queen Size, irrigue tout le film. L'histoire de Charlie, qui part vers le Sud avec de vieux vinyles disco en héritage à transmettre, est portée par une mise en scène légère et pudique. Le film glisse doucement de la comédie vers une mélancolie tendre, sans jamais forcer le trait, célébrant les rencontres qui font du bien à l'âme.
On a rarement vu un film donner autant l'impression de ne rien avoir à dire. Le récit piétine, les dialogues sonnent creux et l'ensemble ressemble à un téléfilm étiré jusqu'au long métrage. Même l'affiche, d'une banalité confondante, semble annoncer le manque d'ambition de l'ensemble. Heureusement, India Hair apporte une présence et une finesse de jeu qui rappellent qu'elle mérite des rôles à la hauteur de son talent. Sans elle, il ne resterait guère qu'un profond ennui.