Au départ on suit donc avec tendresse le périple endeuillé de Charlie/Hair mais très vite le scénario va se construire sur deux facettes inégales, l'une inspirée touchante décalée entre Podalydès et le duo Kervern-Delépine, puis l'autre plombée par une histoire d'amour qui ne fonctionne jamais à l'écran. Le récit se construit autour de deux personnages, celui de Marina/Martigny qui ne nous touche jamais, trop dans la caricature et surtout qui ne semble exister que par la complaisance aux drogues dures. Raya Martigny joue plutôt son propre rôle sans aucune nuance ou implication émotionnelle. L'idylle est téléphonée, on y croit pas. Les personnages secondaires sont accessoires, on se demande toujours si un enjeu ou une intrigue va émerger. La partie où Titou/Cantona entre en jeu est très nettement la plus réussie. Cantona offre une performance en contre-emploi total, avec autant de charme que d'auto-dérision en doux passionné nostalgique du disco, et surtout toutes les meilleures scènes du film sont en lien direct ou indirecte avec Titou/Cantona, de la séquence assez magique de la danse disco au passage pleine d'émotion de la vidéo "vintage" avec la maman. Dommage, au final, on conseille de remonter le film et rester sur un court métrage focalisé sur la rencontre avec Titou... Site : Selenie
Pour une fois, ce n'est pas tant le voyage qui compte, mais la destination, dans Les matins merveilleux, faux road movie, en substance. L'héroïne endeuillée va se retrouver, hors saison, du côté de Lavandou et d'une poignée d'habitants aussi solitaires qu'elle. Avril Besson travaille avec la délicatesse d'une dentellière des sentiments tels que la nostalgie ou la mélancolie dans une œuvre qui s'autorise aussi un brin de poésie ou une poussée de burlesque. Plus que son intrigue, qui n'a rien de spectaculaire, c'est la bienveillance du film envers des personnages en attente d'illumination qui convainc, à un rythme de croisière, dans une économie de moyens et d'arguments qui n'empêchent pas l'éclosion d'une émotion réelle, même passagère. Dans ce récit à taille humaine, India Hair, Raya Martigny et Éric Cantona forment un beau trio, rien d'héroïque chez eux, mais une flamme à réveiller, que cela passe par un bar à karaoké, une boîte de nuit ou un bord de mer.spoiler: La cinéaste ne rate pas ses deux scènes clés : celle d'un Cantona inspiré en Travolta méridional et celle d'un inattendu premier échange de baisers. Le voyage est terminé, la destination atteinte ne sera peut-être que provisoire, mais peu importe, des existences ont pris un virage et nous en avons été les témoins attentifs et attendris, au moins un peu.
Charlie (India Hair), la trentaine, vient de perdre sa grand-mère, qui l'a élevée après la mort de sa mère emportée dans la fleur de l'âge par un cancer du sein fulgurant. Pour exécuter ses volontés, elle gagne Cavalière, dans le sud de la France, près de Toulon, pour y restituer à Titou (Eric Cantona) un lot de vieux vinyles trouvés dans l'héritage. Sur place, Charlie fait la connaissance de Marina (Raya Martigny).
"Les Matins merveilleux" est un petit film français qui ne paie pas de mine et qui m'a ravi. Ce n'est pas un film sur le deuil, comme le début de son pitch pourrait le laisser augurer, la mort de la grand-mère de Charlie ne servant que de prétexte à une intrigue qui se déploie bientôt près de la Méditerranée à une encâblure des îles d'Hyères.
Son histoire peut sembler trop prévisible : on voit venir, gros comme un camion, que Charlie découvrira que Titou est en fait le père dont sa mère ne lui avait jamais révélé l'identité. Mais fort heureusement, le scénario évite cette révélation trop téléphonée et prend une autre direction que je n'avais pas imaginée.
J'ai été enthousiasmé par ce film, projeté à Cannes hors compétition, pour deux raisons. La première est la prestation d'India Hair, qu'on voit régulièrement depuis une dizaine d'années. Elle fut nommée deux fois au César du meilleur espoir féminin : en 2013 pour "Camille redouble" et en 2021 pour "Poissonsexe" ; mais, à presque quarante ans, elle a désormais sauté la case de la jeune première prometteuse pour devenir une actrice installée au centre du cinéma français et en haut de ses affiches : "Mandibules", "Trois amies", "Les Barbares"... Elle n'est que bienveillance dans ces "Matins merveilleux", toujours positive, toujours aimable, au point qu'on se demande si elle ne va pas verser dans l'excès de bonnes manières. C'est la fille avec qui on adorerait passer la soirée, la journée et pourquoi pas les vacances tant la vie semble simple et sans complication auprès d'elle.
La seconde est Raya Martigny, top model transgenre qui a grandi à La Réunion et dont le 1m92 a arpenté les catwalks avant de passer devant la caméra. Iel est d'une beauté folle et surtout d'un naturel désarmant dans cette histoire où sa transidentité n'est jamais questionnée, semble aller de soi pour tous ceux qui évoluent autour d'elle, qu'il s'agisse de son ancien petit ami qui aimerait tant renouer avec elle ou de Charlie qui découvre auprès d'elle une nouvelle vie.
Il y a des films dont on a très vite le sentiment qu'il n'y avait qu'une comédienne pour interpréter le rôle principal : celle qui, justement, interprète ce rôle ! Franchement, qui d'autre que India Hair pour incarner Charlie, cette jeune femme attachante, mélange de timidité et de force tranquille, qui tient à respecter la dernière volonté de sa grand-mère qui l'a élevée dès son plus jeune âge en allant en voiture jusqu'à Cavalière, au bord de la mer dans le Var sur la commune du Lavandou, afin d'apporter un lot de 33 tours à un dénommé Titou dont elle n'avait jamais entendu parler ? Qui d'autre ? On peut peut-être penser à Isabelle Carré ou à Sara Giraudeau, mais le choix de India Hair était à coup sûr le meilleur. On peut presque dire la même chose du choix d'Eric Cantona pour interpréter le rôle de Titou, un fan de disco à la fois bourru et chaleureux dont Charlie va s'apercevoir qu'il a très bien connu Florence, sa mère au point qu'on en arrive à se demander, et Charlie également, s'il n'est pas ce père que Charlie n'a jamais connu. Cette mère, emportée très jeune par un cancer et que Charlie n'a pratiquement pas connue, Titou va lui en montrer des images et lui apprendre qu'il fut un temps où, à Cavalère, elle était surnommée la reine du disco. Pour Charlie, il y a aussi la rencontre avec Marina, une femme transgenre parfaitement interprétée par Raya Martigny et qui ne la laisse pas indifférente. Et, pour le spectateur, il y a la peinture très juste d'une station balnéaire hors saison. Vous l'aurez compris : ce premier long métrage d'Avril Besson, fille d'une peintre et d'un architecte, est une réussite très prometteuse ! Film vu au Festival de Cannes 2026.
Séance spéciale au Festival de Cannes. Spécial, c'est bien le mot au sens de ce qui est particulier, qui sort de l'ordinaire, qui est inhabituel. Fil conducteur : après le décès de sa grand-mère qui l'a élevée au décès "foudroyant" (sic) de sa mère, le personnage principal se rend au Lavandou hors saison estivale (c'est d'un morne !) pour y ramener à un destinataire inconnu d'elle un lot de disques vinyles période disco (1973 - 1980). Pour elle qui a 32 ans ça ne dit rien et c'est un genre musical qui la laisse indifférente. Mais ce sera le retour vers un passé, celui de sa mère. Et l'occasion de rencontres, de découverte, d'étonnement, d'amorces de réponses à du non-dit. Cela reste somme toute assez superficiel sur le plan narratif et scénaristique. Pas de tensions, pas de rebonds, un déroulé sans réelle surprise. Meilleur souvenir, la scène de début - celle de la découverte du décès de la grand-mère - qui pouvait annoncer quelque chose de caustique. Ce ton restera toutefois isolé.
Les Matins merveilleux : les souvenirs qui restent
Les Matins merveilleux d'Avril Besson traverse le deuil par ce qu'il possède de plus étrange, la disparition progressive des traces et la naissance simultanée de nouvelles. Charlie (India Hair), après la mort de sa grand-mère, prend la route avec les vinyles disco de sa mère. Elle rencontre Titou (Éric Cantona), qui a autrefois aimé celle-ci, puis Marina (Raya Martigny), autre solitude avec laquelle quelque chose devient encore possible.
On oublie le son d'une voix, on a l'impression que non, mais peu à peu le rire, le timbre tout s'efface de la mémoire. On peut parfois retrouver des vidéos, des enregistrements, mais aussi tôt on va oublier à nouveau le son d'une voix. Les scientifiques expliquent que bien souvent c'est la première chose qui disparait. Étrange, non ? Comme une emprunte particulière qui ne peut jamais être figée autrement que par un enregistrement externe. On imagine se souvenir aussi du visage des proches, on se souvient de la sensation du contact d'une main, de la peau ou la sensation de la chaleur qui nous envahit quand on pense à un parfum... C'est ineffable, mais pourtant notre cerveau nous donne l'impression que ça existe encore en nous.
Le film travaille précisément cet entre-deux. Les vinyles ne rendent personne à Charlie, ils font surgir chez Titou une mémoire qu'elle ne possède pas, tandis que Marina appartient déjà aux souvenirs en train de se construire. Un baiser, une plage vide, quelques gestes ordinaires deviennent peut-être les archives affectives de demain. Le bonheur reste inconstant, fragile, justement parce qu'il est vécu avant de savoir ce qu'il laissera.
Le vieux amoureux de disco aurait pu être un parfait père adoptif, mais comme le silence a gagné la partie, ça n'a jamais eu lieu. Titou incarne ainsi le « ça aurait pu », quand Charlie et Marina vivent encore dans le « peut-être ». Lui regarde une bifurcation désormais fermée, elles peuvent toujours prendre la suivante. Cette opposition donne au film sa mélancolie sans condamner ses personnages à vivre dans le passé.
La musique prolonge enfin cette circulation entre les temporalités. Le disco réveille les morts sans prétendre les ressusciter, tandis que le générique chanté par India Hair et Raya Martigny laisse les deux femmes terminer ensemble cette parenthèse. On est touché par les maladresse du film et aussi cette bande son très intimiste qui effleure l'âme. La maladresse devient même parfois une qualité, quelque chose d'un peu bancal, sincère, qui correspond assez bien à ces personnages essayant simplement de fabriquer du présent avec ce qu'il leur reste.
Mise en scène simplement ce premier Long-Métrage d'Avril Besson surprend par la fraîcheur de son ton , déborde de tendresse, de douceur et de mélancolie et India Hair, Raya Martigny et Éric Cantona forment un trio attachant .
Ai vu « Les matins merveilleux » premier long métrage de la réalisatrice Avril Besson qui a été projeté au Festival de Cannes dans la sélection « Séances Spéciales ». Charlie (India Hair, une des actrices les plus atypiques du cinéma français actuel) vient d’enterrer sa grand-mère. Dans son testament celle-ci demande à ce que ses disques vinyles, essentiellement du disco, soient donnés à un certain Titou (Eric Cantonna surprenant) qui habite Cavalière près du Lavandou. Charlie « qui n’a ni mec, ni enfant, ni maison, mais une tombe » part à l’aventure et se lie d’amitié dans la station balnéaire avec Marina (hypnotique Raya Martigny) tout en découvrant une partie de l’histoire de sa mère qu’elle a peu connue. Un film d’auteur très charmant avec de très beaux personnages, même s’ils sont un peu trop énigmatiques. La réalisatrice sait saisir les instants insignifiants , les ambiances, les silences avec beaucoup de grâce et d’élégance. Il manque un peu de consistance au scénario pour que nous soyons totalement convaincu par ce premier film original. La cohérence du casting est un des grands points forts du film, où le plaisir des acteurs de jouer cette partition d’atmosphère est totalement perceptible. Charlie se sent tout à coup libre et disponible et se laisse vivre enfin au bord de cette plage méditerranéenne en plein hiver et tout comme la jeune femme, le spectateur se laisse porter par la sobriété, la douceur, la sensibilité et la poésie certaine du scénario. Des personnages solitaires qui se rencontrent et se complètent avec un fond de mélancolie au son de vieux tubes disco, « Les matins merveilleux » est une oeuvre apaisante et si parfois certaines longueurs et facilités cassent un peu l’enchantement, l’optimisme général rattrape toujours ces quelques défauts.
Premier long métrage d'Avril Besson, Les Matins merveilleux est un road movie sensible qui explore le deuil, les rencontres et la reconstruction avec une délicatesse rare. À travers le parcours d'une jeune femme en errance, le film célèbre les hasards de la route et ces instants suspendus capables de redonner un sens à l'existence.
Charlie prend la route peu après la disparition de sa grand-mère. Dans le coffre de sa vieille Twingo, quelques vinyles disco deviennent les derniers témoins d'une histoire familiale qu'elle peine encore à laisser derrière elle. Au fil de son voyage, elle croise Titou, caviste mélancolique dont les souvenirs renaissent au son des disques, puis Marina, jeune femme en quête d'émancipation rencontrée sur une plage presque déserte. Ces rencontres, aussi simples qu'inattendues, transforment progressivement ce voyage sans destination en véritable chemin intérieur.
Le scénario privilégie les émotions aux rebondissements. Avril Besson construit un récit contemplatif où chaque étape, chaque échange et chaque silence participent à dessiner le portrait d'une héroïne en reconstruction. L'écriture évite les effets démonstratifs et préfère laisser les personnages se révéler au fil des rencontres, offrant au film une sincérité qui touche durablement.
India Hair compose une Charlie d'une grande sensibilité, portée par un jeu tout en retenue. Son interprétation traduit avec finesse les contradictions d'une femme qui avance sans savoir exactement ce qu'elle cherche. Raya Martigny apporte une fraîcheur lumineuse au personnage de Marina, tandis que Eric Cantona confirme une nouvelle fois son aisance dans des rôles empreints d'humanité, donnant à son personnage une profondeur discrète mais marquante.
La mise en scène accompagne ce mouvement intérieur avec une grande élégance. Les paysages méditerranéens baignés de lumière, les routes secondaires et les lieux traversés deviennent le prolongement des émotions de Charlie. La photographie privilégie les teintes naturelles et les espaces ouverts, tandis que la musique, omniprésente grâce aux vinyles qui accompagnent le voyage, nourrit une douce nostalgie sans jamais sombrer dans le sentimentalisme.
Au-delà du récit initiatique, Les Matins merveilleux parle de transmission, de mémoire et de ces rencontres qui modifient imperceptiblement le cours d'une vie. Le film rappelle que le deuil ne se surmonte pas en oubliant, mais en acceptant que les souvenirs continuent d'accompagner ceux qui restent.
D'une grande délicatesse, Les Matins merveilleux séduit par la justesse de son écriture et la sensibilité de sa mise en scène. Porté par une distribution remarquable, ce road movie intimiste offre une parenthèse lumineuse où chaque rencontre devient une promesse de renaissance.
Voilà de nombreuses années qu’Avril Besson exerce ses talents de monteur – monteure ? monteuse ?... on s’y perd un peu - dans les milieux du cinéma. Pour son 1er film en tant que réalisatrice – ah ben là c’et plus clair ! -, elle a choisi le genre de la comédie romantique. De vieux vinyles disco dans le coffre de sa Twingo, à peine remise de la mort de sa grand-mère, Charlie roule. Elle ne sait pas encore que ces disques ressusciteront les pas de danse de sa mère dans les yeux humides de Titou, caviste rêveur, ni qu’une plage méditerranéenne désertée sera le théâtre de sa rencontre avec Marina, qui rêve son idéal de liberté dans la pizzeria du village. Pour l’instant, elle roule. 87 minutes ni spectaculaires, ni vraiment dramatiques, peuplées de rencontres incongrues et bourrée de délicatesse. Est-ce passionnant pour autant ? Oui, tout ce petit film irradie de naturel, de sollicitude et d’acceptation des différences. En ces temps de haine exacerbée, ça fait du bien. Mais, les bons sentiments peuvent-ils vraiment suffire à faire un bon film. La démonstration est ici faite que, non, ça ne suffit pas. Quand, on constate qu’on attend désespérément qu’une intrigue émerge et, qu’en plus, l’ensemble est frappé d’une grande mollesse dans les dialogues comme dans le montage, un ennui sournois vous guette très rapidement. La tendresse et la pudeur sont certes au rendez-vous, mais les relations entre ces personnages enfermés dans leurs propres solitudes ont du mal à exister vraiment, - sauf dans le dernier quart d’heure -, et sentent un peu l’artificiel. Mais là, où le film trouve sa grande justesse, c’est dans le choix de créer un monde dans lequel les individus ne se réduisent jamais à une seule caractéristique. Le casting est, en vérité, la grande surprise de ce film. D’abord India Hair, à laquelle on donne enfin un rôle à la mesure de son talent. Elle porte ce film avec une fraîcheur et une naïveté qui font du bien. A ses côtés, Raya Martigny, femme « trans », qui irradie cette douce comédie de sa présence et de son charisme. On va les revoir dans un des films les plus attendus de cette rentrée, Garance de Jeanne Herry. Côté hommes, Eric Cantona d’une grande sobriété et Mathias Minne apportent une belle pierre à l’édifice. Avril Besson révèle une voix singulière. Son premier film touche par sa tendresse, son attention aux êtres et sa capacité à faire naître l'émotion à partir de presque rien. Une œuvre modeste qui demande confirmation.
Film français tout en délicatesse sur une jeune femme de 32 ans habitant à Paris qui perd sa grand-mère et qui tient à donner des vinyles à un homme dans le Sud-Est pour respecter ses dernières volontés. Dans ce village, il est simple de nouer la conversation avec les gérants de café et c'est ainsi que Charlie fait la connaissance de Marina. Une connexion entre elles deux se crée immédiatement et Charlie se retrouve hébergée par Marina. N'ayant pas d'obligation la forçant à revenir tout de suite à Paris, Charlie poursuit son séjour dans le Sud, fait la rencontre de cet homme qui a connu sa mère, se met à danser le disco. C'est un film sur les petites joies de la vie (la mer, le soleil, des vidéos du passé, les rencontres) et sur l'importance de savoir prendre le temps. Deux actrices rayonnantes (India Hair et Raya Martigny) sur une playlist chanson française.
L'ensemble est décousu et le manque d'alchimie est dommage mais le récit joli et original et les eaux actrices parfaites nous font passer un beau moment
Nous n'avons pas compris l'utilité de ce film. Bien sûr on aime bien une actrice pour la 1e fois sans doute en rôle titre. Mais on ne voit qu'une succession de vignettes filmées avec paresse, la lassitude s'installe au bout de 45 mns. Quel budget pour tout ça ?