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Luc.M
10 critiques
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2,5
Publiée le 21 juin 2026
Dans Les Matins merveilleux, une petite musique finit par devenir difficile à ignorer : la sensation que le film ne cherche pas seulement à raconter une histoire, mais aussi à faire reconnaître la légitimité morale du regard qui la porte. On peut y voir, peut-être, l'effet d'une position d'autrice encore exposée, nourrie par les enjeux qu’impliquent sa transidentité, qui confronte souvent au regard des autres et à la nécessité de faire reconnaître sa propre légitimité. Mais cette tension relève moins d’une faiblesse que d’un moment de construction artistique : il est possible qu’elle s’estompe dans les films suivants, à mesure que la cinéaste n’aura plus besoin de prouver la justesse de son regard pour simplement l’exercer.
J'ai adoiré ce film. Entre humour et mélancolie, il y règne une ambiance nonchalante. Pourtant, des messages passent : révolte, tolérance, respect de l'autre Il suffit de se laisser emporter par un trio d'acteurs très inspirés pour être conquis. Le film leur doit beaucoup. India Hair est parfaite et ses comparses, Raya Martigny et Éric Cantonna n'ont rien à lui envier...et l'humour y est toujours présent. Un premier film plein de promesses pour Avtil Besson.
Film sans aucun intérêt qui peut ne pas être vu quand on a mieux à faire!!!! Du déjanté pas naturel du tout qui amuse un peu au début mais on se rend compte que c est juste pour meubler l écran : cela lasse! Vraiment creux, decousu, .....et ennuyeux au possible. Les acteurs jouent et sont difficilement presents dans un film sans intérêt.
Un film d’une tendresse rare, à rebours d’un cinéma criard et virevoltant, qui s’autorise des errances, des bafouilles, des silences chez des personnages tout entièrement aimables si ce n’est qu’iels doutent. Et c’est justement ce doute qui laisse place à l’écoute, à l’ouverture à l’autre, et finalement à des rencontres qui sauvent tout ou presque.
Les Matins merveilleux donne curieusement l'impression d'un film daté. Pas au sens vintage ou mélancolique, plutôt au sens d’un regard qui semble regarder ses personnages jeunes à travers une bibliothèque émotionnelle qui n’est manifestement pas tout à fait la leur. On sent très fortement les références, les sensibilités, les fantasmes relationnels de la réalisatrice plaqués sur des personnages qui peinent parfois à les habiter naturellement. Certaines scènes ont un léger parfum de projection générationnelle. Le film n’invente finalement pas grand-chose de son époque ; il la recompose avec des outils émotionnels un peu familiers, un peu déjà-vus, appliqués avec beaucoup de conviction à des personnages qui auraient peut-être gagné à être laissés un peu plus tranquilles. Et c’est peut-être là que le film devient le plus frustrant : on devine chez les actrices quelque chose de plus libre, de plus imprévisible, de plus contemporain, bref de plus intéressant, mais malheureusement jamais exploité.
À force de fuir le conflit, l’ambivalence et toute forme d’aspérité humaine, le film s’enferme dans une bienveillance démonstrative qui finit par ressembler moins à une proposition de cinéma qu’à un programme de développement personnel.
Il ne faut pas attendre une dramaturgie. Tout l'intérêt et toute la beauté du film c'est de montrer la simplicité des choses. Et surtout de celles que l'on pourrait penser complexes, délicates. Il y a une grande authenticité dans ce film, et donc de vérité
J’ai beaucoup aimé Les Matins merveilleux, pour le film évidemment, mais aussi pour ce qu’il représente dans le paysage actuel. Il y a quelque chose de très beau à voir enfin une réalisatrice trans qui filme une autre femme trans, trouver sa place dans une sélection comme Cannes. En regardant le photocall, j’étais sincèrement heureuse de voir ça. Pas dans une logique de communication institutionnelle, simplement avec la sensation concrète que les choses bougent. Et au-delà de toute lecture politique, le film existe par sa propre sensibilité.
Tres beau premier film, plein de douceur et de mélancolie, il y a de la chaleur dans cette proposition et ca fait du bien ! India Hair est formidable !
J’écoutais la réalisatrice parler du film en interview, elle disait qu’un de ses gros problèmes est d’arrêter de fumer. Elle a tout résumé avec cette phrase. Ce film n’a rien à défendre, c’est un film qui aussitôt vu, part en fumée. Le degré zéro du cinéma.
Les Matins merveilleux affiche de jolies intentions : douceur, empathie, réparation collective. Mais derrière cette façade bienveillante, le film souffre d’un problème plus fondamental : il n’y a pratiquement pas de mise en scène. Les scènes s’enchaînent sans souffle, sans point de vue, sans invention formelle. La narration manque de tension, les personnages secondaires sont à peine dessinés, et tout semble filmé sur le même registre tiède et illustratif. On a moins l’impression de regarder un film que d’assister à une succession d’intentions commentées. Plus gênant encore, on sent constamment la réalisatrice chercher à attirer la lumière sur la beauté de sa démarche. Le film paraît moins préoccupé par ses personnages que par l’image qu’il veut renvoyer de son autrice. À force de vouloir se tirer la couverture, Les Matins merveilleux finit par transformer sa bienveillance affichée en posture un peu complaisante. Au final, la sincérité revendiquée ne suffit pas à masquer ce qui manque le plus ici : du cinéma, du regard, et une véritable mise en scène.
Tout est platement fonctionnel. Champ/contrechamp sage, lumière mimi, caméra poliment empathique collée aux visages comme si le simple fait d’être près des acteurs suffisait à produire de l’intimité. Mais où est le point de vue ? Où est le travail du cadre, du rythme, de la distance, du hors-champ ? On ne sent jamais une pensée de cinéma organiser les émotions. Les scènes ne sont pas construites : elles arrivent avec leur petit capital émotionnel déjà emballé, déroulent leur intention puis repartent sans avoir été transformées par la mise en scène. Le film ne crée pas l’émotion ; il nous informe qu’elle est censée avoir lieu. À certains moments, on a presque l’impression d’assister à une lecture filmée du scénario. Les acteurs parlent, les situations s’enchaînent, la machine narrative fonctionne au minimum syndical. Un film peut être minimaliste, discret, anti-spectaculaire mais encore faut-il qu’il ait une forme. Ici, la retenue ressemble surtout à une absence de regard.
La réalisatrice empile les couches de guimauve avec une telle conviction qu’on finit par se demander si quelqu’un, sur le plateau, a envisagé l’hypothèse d’un dosage. Ce qui devait émouvoir finit par provoquer un début d’indigestion sentimentale si bien que certaines scènes basculent dans la parodie involontaire. On aurait simplement aimé que le film fasse un peu plus confiance à ses actrices et un peu moins à sa réserve industrielle de chamallows affectifs.
Les Matins merveilleux recycle les codes les plus éculés du cinéma d'auteur français contemporain sans jamais parvenir à les dépasser. Son héroïne faussement fantasque, ses personnages faussement excentriques et sa quête de renaissance semblent moins relever d'une nécessité que d'un cahier des charges. À vouloir provoquer l'émotion à coups d'effets de mise en scène démonstratifs, le film finit par produire l'effet inverse : tout paraît calculé. Les personnages secondaires ne sont que des satellites gravitant autour de l'héroïne, privés de toute véritable épaisseur, tandis que les rares scènes qui pourraient enfin faire respirer le récit sont escamotées par des ellipses frustrantes. Le paradoxe est cruel : en prétendant raconter un éveil à la liberté, Les Matins merveilleux reste enfermé dans une forme convenue, incapable de prendre le moindre risque.