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Benjaminducreux
11 critiques
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1,0
Publiée le 2 août 2026
Le film accumule les maladresses d'écriture, les effets de mise en scène démonstratifs et les personnages esquissés, sans jamais trouver une véritable voix. Face à un objet aussi anecdotique, on en vient à s'interroger moins sur son cinéma que sur l'écosystème qui le porte. Le cinéma français entretient une étrange fascination pour les lignées. Certains réalisateurs semblent arriver dans la lumière avec un tapis rouge déjà déroulé, là où d'autres passent des années à frapper aux portes. Face à un film aussi laborieux que celui-ci, on ne peut s'empêcher de s'interroger : le talent est-il encore le premier critère de sélection, ou certaines filiations ouvrent-elles des portes que le seul mérite peine à entrebâiller ?
Séance spéciale au Festival de Cannes. Spécial, c'est bien le mot au sens de ce qui est particulier, qui sort de l'ordinaire, qui est inhabituel. Fil conducteur : après le décès de sa grand-mère qui l'a élevée au décès "foudroyant" (sic) de sa mère, le personnage principal se rend au Lavandou hors saison estivale (c'est d'un morne !) pour y ramener à un destinataire inconnu d'elle un lot de disques vinyles période disco (1973 - 1980). Pour elle qui a 32 ans ça ne dit rien et c'est un genre musical qui la laisse indifférente. Mais ce sera le retour vers un passé, celui de sa mère. Et l'occasion de rencontres, de découverte, d'étonnement, d'amorces de réponses à du non-dit. Cela reste somme toute assez superficiel sur le plan narratif et scénaristique. Pas de tensions, pas de rebonds, un déroulé sans réelle surprise. Meilleur souvenir, la scène de début - celle de la découverte du décès de la grand-mère - qui pouvait annoncer quelque chose de caustique. Ce ton restera toutefois isolé.
Ai vu « Les matins merveilleux » premier long métrage de la réalisatrice Avril Besson qui a été projeté au Festival de Cannes dans la sélection « Séances Spéciales ». Charlie (India Hair, une des actrices les plus atypiques du cinéma français actuel) vient d’enterrer sa grand-mère. Dans son testament celle-ci demande à ce que ses disques vinyles, essentiellement du disco, soient donnés à un certain Titou (Eric Cantonna surprenant) qui habite Cavalière près du Lavandou. Charlie « qui n’a ni mec, ni enfant, ni maison, mais une tombe » part à l’aventure et se lie d’amitié dans la station balnéaire avec Marina (hypnotique Raya Martigny) tout en découvrant une partie de l’histoire de sa mère qu’elle a peu connue. Un film d’auteur très charmant avec de très beaux personnages, même s’ils sont un peu trop énigmatiques. La réalisatrice sait saisir les instants insignifiants , les ambiances, les silences avec beaucoup de grâce et d’élégance. Il manque un peu de consistance au scénario pour que nous soyons totalement convaincu par ce premier film original. La cohérence du casting est un des grands points forts du film, où le plaisir des acteurs de jouer cette partition d’atmosphère est totalement perceptible. Charlie se sent tout à coup libre et disponible et se laisse vivre enfin au bord de cette plage méditerranéenne en plein hiver et tout comme la jeune femme, le spectateur se laisse porter par la sobriété, la douceur, la sensibilité et la poésie certaine du scénario. Des personnages solitaires qui se rencontrent et se complètent avec un fond de mélancolie au son de vieux tubes disco, « Les matins merveilleux » est une oeuvre apaisante et si parfois certaines longueurs et facilités cassent un peu l’enchantement, l’optimisme général rattrape toujours ces quelques défauts.
film très lent et surtout on ne voit pas trop ou le film veut en venir. Point positif les acteurs jouent très bien et le film n'est pas violent mais cela ne suffit pas a faire un grand film.
Une tranche de vie toute tendre, tout en délicatesse et en justesse. On passe par plein d'émotions on se sent humain et on regarde avec tendresse d'autres humains danser avec leurs blessures. Un petit bijou.
Film français tout en délicatesse sur une jeune femme de 32 ans habitant à Paris qui perd sa grand-mère et qui tient à donner des vinyles à un homme dans le Sud-Est pour respecter ses dernières volontés. Dans ce village, il est simple de nouer la conversation avec les gérants de café et c'est ainsi que Charlie fait la connaissance de Marina. Une connexion entre elles deux se crée immédiatement et Charlie se retrouve hébergée par Marina. N'ayant pas d'obligation la forçant à revenir tout de suite à Paris, Charlie poursuit son séjour dans le Sud, fait la rencontre de cet homme qui a connu sa mère, se met à danser le disco. C'est un film sur les petites joies de la vie (la mer, le soleil, des vidéos du passé, les rencontres) et sur l'importance de savoir prendre le temps. Deux actrices rayonnantes (India Hair et Raya Martigny) sur une playlist chanson française.
Charlie (India Hair), la trentaine, vient de perdre sa grand-mère, qui l'a élevée après la mort de sa mère emportée dans la fleur de l'âge par un cancer du sein fulgurant. Pour exécuter ses volontés, elle gagne Cavalière, dans le sud de la France, près de Toulon, pour y restituer à Titou (Eric Cantona) un lot de vieux vinyles trouvés dans l'héritage. Sur place, Charlie fait la connaissance de Marina (Raya Martigny).
"Les Matins merveilleux" est un petit film français qui ne paie pas de mine et qui m'a ravi. Ce n'est pas un film sur le deuil, comme le début de son pitch pourrait le laisser augurer, la mort de la grand-mère de Charlie ne servant que de prétexte à une intrigue qui se déploie bientôt près de la Méditerranée à une encâblure des îles d'Hyères.
Son histoire peut sembler trop prévisible : on voit venir, gros comme un camion, que Charlie découvrira que Titou est en fait le père dont sa mère ne lui avait jamais révélé l'identité. Mais fort heureusement, le scénario évite cette révélation trop téléphonée et prend une autre direction que je n'avais pas imaginée.
J'ai été enthousiasmé par ce film, projeté à Cannes hors compétition, pour deux raisons. La première est la prestation d'India Hair, qu'on voit régulièrement depuis une dizaine d'années. Elle fut nommée deux fois au César du meilleur espoir féminin : en 2013 pour "Camille redouble" et en 2021 pour "Poissonsexe" ; mais, à presque quarante ans, elle a désormais sauté la case de la jeune première prometteuse pour devenir une actrice installée au centre du cinéma français et en haut de ses affiches : "Mandibules", "Trois amies", "Les Barbares"... Elle n'est que bienveillance dans ces "Matins merveilleux", toujours positive, toujours aimable, au point qu'on se demande si elle ne va pas verser dans l'excès de bonnes manières. C'est la fille avec qui on adorerait passer la soirée, la journée et pourquoi pas les vacances tant la vie semble simple et sans complication auprès d'elle.
La seconde est Raya Martigny, top model transgenre qui a grandi à La Réunion et dont le 1m92 a arpenté les catwalks avant de passer devant la caméra. Iel est d'une beauté folle et surtout d'un naturel désarmant dans cette histoire où sa transidentité n'est jamais questionnée, semble aller de soi pour tous ceux qui évoluent autour d'elle, qu'il s'agisse de son ancien petit ami qui aimerait tant renouer avec elle ou de Charlie qui découvre auprès d'elle une nouvelle vie.
J'ai adoiré ce film. Entre humour et mélancolie, il y règne une ambiance nonchalante. Pourtant, des messages passent : révolte, tolérance, respect de l'autre Il suffit de se laisser emporter par un trio d'acteurs très inspirés pour être conquis. Le film leur doit beaucoup. India Hair est parfaite et ses comparses, Raya Martigny et Éric Cantonna n'ont rien à lui envier...et l'humour y est toujours présent. Un premier film plein de promesses pour Avtil Besson.
Film « paquet de chips »: tu sais que c’est pas bon mais quand tu le regardes tu te dis que c’est pas si mal et quand c’est fini tu passes à autre chose en te disant que la prochaine fois tu fais un vrai repas.
Un très bel hommage au grand Almodóvar et quand on se prénomme Avril, ça sonne comme une évidence. Un très joli film emprunt de nostalgie, d'un bon grain de folie douce, où se croisent des êtres de lumière écorchés vifs ! Un bravo immense à India Hair que je trouve toujours juste, juste formidable, c'est d'abord grâce à elle que je suis allée voir ce film, un immense bravo à Raya Martigny et aussi à Canto, j'aurais aimé un peu plus de disco. J'ai été touchée tout le long du film, mais jamais trop ou pas assez, un juste équilibre !
Les ambitions artistiques d'Avril Besson sont uniquement télévisuelles. Son film est inoffensif, convenu, pépère et doucereux. Les comédiennes jouent juste comme dans la plupart des téléfilms qu'on déverse à longueur d'année sur toutes les chaines. Revient la question lancinante : quel est l'interêt de sortir ce genre de film en salles en plein été ? La réponse est dans la question.