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Tomkajankova
1 abonné
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2,0
Publiée le 28 juillet 2026
Les Matins merveilleux recycle les codes les plus éculés du cinéma d'auteur français contemporain sans jamais parvenir à les dépasser. Son héroïne faussement fantasque, ses personnages faussement excentriques et sa quête de renaissance semblent moins relever d'une nécessité que d'un cahier des charges. À vouloir provoquer l'émotion à coups d'effets de mise en scène démonstratifs, le film finit par produire l'effet inverse : tout paraît calculé. Les personnages secondaires ne sont que des satellites gravitant autour de l'héroïne, privés de toute véritable épaisseur, tandis que les rares scènes qui pourraient enfin faire respirer le récit sont escamotées par des ellipses frustrantes. Le paradoxe est cruel : en prétendant raconter un éveil à la liberté, Les Matins merveilleux reste enfermé dans une forme convenue, incapable de prendre le moindre risque.
Vu en avant première. Ce film est vraiment spécial, joyeux et émouvant , on ressort de la séance le cœur plein. On est sur une histoire atypique dans son approche du deuil, du lien familial et amoureux, c’est extrêmement salutaire. Chacun y trouvera son petit bonheur. Mention spéciale : Première fois que je vois un film dans lequel une des actrices est une femme trans et ce n’est pas un sujet, elle est juste là pour son personnage de Marina, c’est vraiment une avancé! La musique du film, une partition originale de guitare classique, c’est élégant et originale. Ce film, un premier film est plein de choix audacieux. Tout en douceur.
Il y a des films dont on a très vite le sentiment qu'il n'y avait qu'une comédienne pour interpréter le rôle principal : celle qui, justement, interprète ce rôle ! Franchement, qui d'autre que India Hair pour incarner Charlie, cette jeune femme attachante, mélange de timidité et de force tranquille, qui tient à respecter la dernière volonté de sa grand-mère qui l'a élevée dès son plus jeune âge en allant en voiture jusqu'à Cavalière, au bord de la mer dans le Var sur la commune du Lavandou, afin d'apporter un lot de 33 tours à un dénommé Titou dont elle n'avait jamais entendu parler ? Qui d'autre ? On peut peut-être penser à Isabelle Carré ou à Sara Giraudeau, mais le choix de India Hair était à coup sûr le meilleur. On peut presque dire la même chose du choix d'Eric Cantona pour interpréter le rôle de Titou, un fan de disco à la fois bourru et chaleureux dont Charlie va s'apercevoir qu'il a très bien connu Florence, sa mère au point qu'on en arrive à se demander, et Charlie également, s'il n'est pas ce père que Charlie n'a jamais connu. Cette mère, emportée très jeune par un cancer et que Charlie n'a pratiquement pas connue, Titou va lui en montrer des images et lui apprendre qu'il fut un temps où, à Cavalère, elle était surnommée la reine du disco. Pour Charlie, il y a aussi la rencontre avec Marina, une femme transgenre parfaitement interprétée par Raya Martigny et qui ne la laisse pas indifférente. Et, pour le spectateur, il y a la peinture très juste d'une station balnéaire hors saison. Vous l'aurez compris : ce premier long métrage d'Avril Besson, fille d'une peintre et d'un architecte, est une réussite très prometteuse ! Film vu au Festival de Cannes 2026.
Un scénario et une mise en scène aux abonnés absents. Une romance qu'on voit venir sans aucun rebondissement, les dialogues, pourtant sympas peuvent tomber dans le ridicule à certains moments. C’est très creux, mais ça a le mérite d’éviter les clichés souvent présents dans les comédies françaises.
Je ne m'attendais à rien mais j'ai quand même été déçue... Je savais qu'il fallait poser son cerveau mais là rien ne va... l'écriture est molle, aucun réels enjeux pour les personnages, pas d'antagoniste.
On a rarement vu un film donner autant l'impression de ne rien avoir à dire. Le récit piétine, les dialogues sonnent creux et l'ensemble ressemble à un téléfilm étiré jusqu'au long métrage. Même l'affiche, d'une banalité confondante, semble annoncer le manque d'ambition de l'ensemble. Heureusement, India Hair apporte une présence et une finesse de jeu qui rappellent qu'elle mérite des rôles à la hauteur de son talent. Sans elle, il ne resterait guère qu'un profond ennui.
Vu à Cannes. Je n'ai pas rencontré une autrice, j'ai regardé un petit film gentillet sans réelle histoire bien en dessous des autres films sélectionnés. Les actrices restent cependant plaisantes à regarder.
À force de fuir le conflit, l’ambivalence et toute forme d’aspérité humaine, le film s’enferme dans une bienveillance démonstrative qui finit par ressembler moins à une proposition de cinéma qu’à un programme de développement personnel.
Dans Les Matins merveilleux, une petite musique finit par devenir difficile à ignorer : la sensation que le film ne cherche pas seulement à raconter une histoire, mais aussi à faire reconnaître la légitimité morale du regard qui la porte. On peut y voir, peut-être, l'effet d'une position d'autrice encore exposée, nourrie par les enjeux qu’impliquent sa transidentité, qui confronte souvent au regard des autres et à la nécessité de faire reconnaître sa propre légitimité. Mais cette tension relève moins d’une faiblesse que d’un moment de construction artistique : il est possible qu’elle s’estompe dans les films suivants, à mesure que la cinéaste n’aura plus besoin de prouver la justesse de son regard pour simplement l’exercer.
Les Matins merveilleux ressemble plus à un téléfilm qu’à une véritable proposition de mise en scène. Non pas à cause de son sujet mais en raison de sa grammaire visuelle extrêmement illustrative.
La réalisatrice empile les couches de guimauve avec une telle conviction qu’on finit par se demander si quelqu’un, sur le plateau, a envisagé l’hypothèse d’un dosage. Ce qui devait émouvoir finit par provoquer un début d’indigestion sentimentale si bien que certaines scènes basculent dans la parodie involontaire. On aurait simplement aimé que le film fasse un peu plus confiance à ses actrices et un peu moins à sa réserve industrielle de chamallows affectifs.
Tout est platement fonctionnel. Champ/contrechamp sage, lumière mimi, caméra poliment empathique collée aux visages comme si le simple fait d’être près des acteurs suffisait à produire de l’intimité. Mais où est le point de vue ? Où est le travail du cadre, du rythme, de la distance, du hors-champ ? On ne sent jamais une pensée de cinéma organiser les émotions. Les scènes ne sont pas construites : elles arrivent avec leur petit capital émotionnel déjà emballé, déroulent leur intention puis repartent sans avoir été transformées par la mise en scène. Le film ne crée pas l’émotion ; il nous informe qu’elle est censée avoir lieu. À certains moments, on a presque l’impression d’assister à une lecture filmée du scénario. Les acteurs parlent, les situations s’enchaînent, la machine narrative fonctionne au minimum syndical. Un film peut être minimaliste, discret, anti-spectaculaire mais encore faut-il qu’il ait une forme. Ici, la retenue ressemble surtout à une absence de regard.
Les Matins merveilleux donne curieusement l'impression d'un film daté. Pas au sens vintage ou mélancolique, plutôt au sens d’un regard qui semble regarder ses personnages jeunes à travers une bibliothèque émotionnelle qui n’est manifestement pas tout à fait la leur. On sent très fortement les références, les sensibilités, les fantasmes relationnels de la réalisatrice plaqués sur des personnages qui peinent parfois à les habiter naturellement. Certaines scènes ont un léger parfum de projection générationnelle. Le film n’invente finalement pas grand-chose de son époque ; il la recompose avec des outils émotionnels un peu familiers, un peu déjà-vus, appliqués avec beaucoup de conviction à des personnages qui auraient peut-être gagné à être laissés un peu plus tranquilles. Et c’est peut-être là que le film devient le plus frustrant : on devine chez les actrices quelque chose de plus libre, de plus imprévisible, de plus contemporain, bref de plus intéressant, mais malheureusement jamais exploité.