Un scénario et une mise en scène aux abonnés absents. Une romance qu'on voit venir sans aucun rebondissement, les dialogues, pourtant sympas peuvent tomber dans le ridicule à certains moments. C’est très creux, mais ça a le mérite d’éviter les clichés souvent présents dans les comédies françaises.
Je ne m'attendais à rien mais j'ai quand même été déçue... Je savais qu'il fallait poser son cerveau mais là rien ne va... l'écriture est molle, aucun réels enjeux pour les personnages, pas d'antagoniste.
On a rarement vu un film donner autant l'impression de ne rien avoir à dire. Le récit piétine, les dialogues sonnent creux et l'ensemble ressemble à un téléfilm étiré jusqu'au long métrage. Même l'affiche, d'une banalité confondante, semble annoncer le manque d'ambition de l'ensemble. Heureusement, India Hair apporte une présence et une finesse de jeu qui rappellent qu'elle mérite des rôles à la hauteur de son talent. Sans elle, il ne resterait guère qu'un profond ennui.
Vu à Cannes. Je n'ai pas rencontré une autrice, j'ai regardé un petit film gentillet sans réelle histoire bien en dessous des autres films sélectionnés. Les actrices restent cependant plaisantes à regarder.
À force de fuir le conflit, l’ambivalence et toute forme d’aspérité humaine, le film s’enferme dans une bienveillance démonstrative qui finit par ressembler moins à une proposition de cinéma qu’à un programme de développement personnel.
Dans Les Matins merveilleux, une petite musique finit par devenir difficile à ignorer : la sensation que le film ne cherche pas seulement à raconter une histoire, mais aussi à faire reconnaître la légitimité morale du regard qui la porte. On peut y voir, peut-être, l'effet d'une position d'autrice encore exposée, nourrie par les enjeux qu’impliquent sa transidentité, qui confronte souvent au regard des autres et à la nécessité de faire reconnaître sa propre légitimité. Mais cette tension relève moins d’une faiblesse que d’un moment de construction artistique : il est possible qu’elle s’estompe dans les films suivants, à mesure que la cinéaste n’aura plus besoin de prouver la justesse de son regard pour simplement l’exercer.
Les Matins merveilleux ressemble plus à un téléfilm qu’à une véritable proposition de mise en scène. Non pas à cause de son sujet mais en raison de sa grammaire visuelle extrêmement illustrative.
La réalisatrice empile les couches de guimauve avec une telle conviction qu’on finit par se demander si quelqu’un, sur le plateau, a envisagé l’hypothèse d’un dosage. Ce qui devait émouvoir finit par provoquer un début d’indigestion sentimentale si bien que certaines scènes basculent dans la parodie involontaire. On aurait simplement aimé que le film fasse un peu plus confiance à ses actrices et un peu moins à sa réserve industrielle de chamallows affectifs.
Tout est platement fonctionnel. Champ/contrechamp sage, lumière mimi, caméra poliment empathique collée aux visages comme si le simple fait d’être près des acteurs suffisait à produire de l’intimité. Mais où est le point de vue ? Où est le travail du cadre, du rythme, de la distance, du hors-champ ? On ne sent jamais une pensée de cinéma organiser les émotions. Les scènes ne sont pas construites : elles arrivent avec leur petit capital émotionnel déjà emballé, déroulent leur intention puis repartent sans avoir été transformées par la mise en scène. Le film ne crée pas l’émotion ; il nous informe qu’elle est censée avoir lieu. À certains moments, on a presque l’impression d’assister à une lecture filmée du scénario. Les acteurs parlent, les situations s’enchaînent, la machine narrative fonctionne au minimum syndical. Un film peut être minimaliste, discret, anti-spectaculaire mais encore faut-il qu’il ait une forme. Ici, la retenue ressemble surtout à une absence de regard.
Les Matins merveilleux donne curieusement l'impression d'un film daté. Pas au sens vintage ou mélancolique, plutôt au sens d’un regard qui semble regarder ses personnages jeunes à travers une bibliothèque émotionnelle qui n’est manifestement pas tout à fait la leur. On sent très fortement les références, les sensibilités, les fantasmes relationnels de la réalisatrice plaqués sur des personnages qui peinent parfois à les habiter naturellement. Certaines scènes ont un léger parfum de projection générationnelle. Le film n’invente finalement pas grand-chose de son époque ; il la recompose avec des outils émotionnels un peu familiers, un peu déjà-vus, appliqués avec beaucoup de conviction à des personnages qui auraient peut-être gagné à être laissés un peu plus tranquilles. Et c’est peut-être là que le film devient le plus frustrant : on devine chez les actrices quelque chose de plus libre, de plus imprévisible, de plus contemporain, bref de plus intéressant, mais malheureusement jamais exploité.
J’ai beaucoup aimé Les Matins merveilleux, pour le film évidemment, mais aussi pour ce qu’il représente dans le paysage actuel. Il y a quelque chose de très beau à voir enfin une réalisatrice trans qui filme une autre femme trans, trouver sa place dans une sélection comme Cannes. En regardant le photocall, j’étais sincèrement heureuse de voir ça. Pas dans une logique de communication institutionnelle, simplement avec la sensation concrète que les choses bougent. Et au-delà de toute lecture politique, le film existe par sa propre sensibilité.
Le vrai mystère des Matins merveilleux, ce n’est pas tant le film que sa présence dans la sélection cannoise. Parce qu’il faut être honnête: découvrir ce film au milieu d’une sélection censée défendre des propositions de cinéma fortes a quelque chose d’assez sidérant. Non pas qu’il soit catastrophique, le film est surtout incroyablement anodin. Gentil, appliqué, et profondément mineur. Il n’y a pratiquement pas de mise en scène, la narration flotte, les personnages existent surtout comme véhicules de bienveillance, et l’ensemble donne souvent l’impression d’un premier film persuadé que les bons sentiments suffisent à faire du cinéma. Le fait que la réalisatrice soit la sœur de Camille Cottin ne prouve évidemment rien à lui seul. Mais dans un milieu où les réseaux, les noms et le capital de visibilité comptent énormément, la question se pose forcément.
Les Matins merveilleux affiche de jolies intentions : douceur, empathie, réparation collective. Mais derrière cette façade bienveillante, le film souffre d’un problème plus fondamental : il n’y a pratiquement pas de mise en scène. Les scènes s’enchaînent sans souffle, sans point de vue, sans invention formelle. La narration manque de tension, les personnages secondaires sont à peine dessinés, et tout semble filmé sur le même registre tiède et illustratif. On a moins l’impression de regarder un film que d’assister à une succession d’intentions commentées. Plus gênant encore, on sent constamment la réalisatrice chercher à attirer la lumière sur la beauté de sa démarche. Le film paraît moins préoccupé par ses personnages que par l’image qu’il veut renvoyer de son autrice. À force de vouloir se tirer la couverture, Les Matins merveilleux finit par transformer sa bienveillance affichée en posture un peu complaisante. Au final, la sincérité revendiquée ne suffit pas à masquer ce qui manque le plus ici : du cinéma, du regard, et une véritable mise en scène.