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Christian RZ
97 abonnés
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3,0
Publiée le 15 novembre 2025
L’Etranger ne parle pas d’un meurtre, mais plutôt d’un suicide, celui d’un homme qui ne s’investit pas dans ce monde qui ne lui est pas spécialement hostile, mais qui lui est indifférent et proprement étranger. Un suicide réussi somme toute, ou l’Etranger de Camus rencontre son Mythe de Sisyphe : « un homme sans espoir et conscient de l’être n’appartient plus à l’avenir. »
Une jeune fille amoureuse ultra convenue et très gentille, comme il se doit pour les jeunes filles amoureuses n'est-ce pas, de gros plans sur la moue du jeune acteur choisit beau mec, ainsi que sur son corps, une photographie en noir et blanc très esthétisante : le début est ennuyant mais nous sommes censés le trouvé beau... La grande musique arrive quand il va se passer quelque chose, les portes s'ouvrent de façon symétrique quand le héros rentre... Non, vraiment il n'y a pas grand chose d'original dans ce film, pas même la prétention d'Ozon...
C’est la 1e fois qu’un film se révèle juste après l’avoir vu. Il est comme le roman, difficile, puisqu’il vient nous bousculer et nous chercher dans notre conception de la société, ce qui est socialement acceptable… ou choquant. Il opprime son spectateur durant 2h avec de la lenteur et des cris intérieurs qui permettent à la fin du film comme une « explosion » de credo et de réflexion personnelles sur sa propre vision de la vie. C’est pour moi la force du film, qui bénéficie de magnifiques prises de vue, d’une photographie léchée et d’un très bon jeu d’acteurs. Un voyage au cœur de l’étranger qui vit en chacun de nous.
Un film poignant qui marque et tient en haleine. Contrairement au livre que j’ai lu et qui ne m’a jamais passionné et m’a fait détester le personnage de Meursault, ce film m’a énormément plu. Je me suis vraiment attaché à Meursault et j’ai éprouver une réelle pitié pour lui à l’inverse du mépris que j’ai ressentit en lisant le livre. Je le conseille à n’importe qui souhaite redécouvrir cette œuvre d’un nouvel œil pour mieux l’apprécier.
Remarquable adaptation du roman. Du début à la fin chaque scène est pensée, écrite et réalisée avec rigueur. Certes le choix du noir et blanc nous replonge dans l époque mais on regrette quand même la couleur. En effet les paysages méditerranéens n en auraient été que plus flamboyants et auraient contrasté avec la noirceur du propos. Acteur sensationnels . François Ozon est vraiment un grand cinéaste.
Je viens d aller voir ce film car je ne l avez pas lu ,un grand classique tres agréable a regarder,le choix de conserver l image en noir et blanc surprend un film grandiose tres bien filmé. Merci
Un drame intense et maîtrisé, porté par une atmosphère mystérieuse et un sens aigu de la mise en scène. L’Étranger explore la solitude, l’identité et le poids du passé avec une sensibilité rare, offrant un récit à la fois intime et universel.
La réalisation, élégante et précise, prend le temps de développer ses personnages, tout en jouant subtilement sur les non-dits et les regards. Le film avance avec douceur mais ne manque jamais de tension intérieure, créant une immersion émotionnelle profonde.
L’acteur principal livre une performance bouleversante, pleine de retenue et de vérité, tandis que les seconds rôles apportent une belle densité au récit. L’écriture, fine et nuancée, interroge la place de chacun face à la société, aux autres, mais aussi face à soi-même.
Un film fort et sensible, qui parle de différence, de regard extérieur et de quête de sens avec beaucoup d’élégance. L’Étranger s’impose comme un drame remarquable de cette année 2025
Chef d’œuvre absolu. Dès les premières images, on entre dans l’atmosphère paisible et ensoleillée de l’Algerie coloniale. L’esprit de l’époque est savamment reconstitué à travers les cafés d’autrefois, les costumes, le rythme d’un monde sans réseau dont on se sent un brin nostalgique. L’histoire se déroule lentement comme si on lisait le livre assis confortablement dans son fauteuil en en tournant les pages avec, en supplément, une dimension esthétique qui ne peut être dans le livre puisque celle-ci se dégage de chaque plan, chaque image pensée comme un tableau à travers le cadre, les postures des personnages et surtout un subtil travail du clair obscur. Le texte et le récit sont fidèles au roman. Beau travail.
Très belle, adaptation de Camus par Ozon, avec une photo en noir et blanc, absolument sublime. Visiblement, le réalisateur a aimé filmer Benjamin Voisin, absolument énigmatique et magnétique. La métaphore de la colonisation et le rendiu d’une Alger française est bienvenue, subtile et puissante. Les seconds rôles sont très forts et contribuent à l’atmosphère etouffante du film.
Dans cette adaptation fidèle du monument d'Albert Camus, François Ozon réussit à ne pas tomber dans la caricature, l'étroitesse ou l'idéalisation d'un personnage central de la littérature et philosophie du XXe siècle. Même, il profite de cette caméra pour disséminer des détails et accentuer la séparation coloniale : par la toute première voix-off du film style reportage exotique, par la première réplique "J'ai tué un Arabe" et par les habits uniformes d'un côté et de l'autre tout au long du film. Il met au 1er plan la question coloniale. Ensuite, il choisit un Meursault élégant, fringant, bien coiffé, bel homme, qui plaît aux femmes et qui ne cesse de se regarder dans le miroir. Doit-on y voir par là qu'il regarde au fond de son âme ou admire sa plastique ? Toute la 1ère partie du film, l'absurde se mélange à la nonchalance, ce qui peut perturber l'appréhension de la nature de ce personnage. Aux deux scènes cruciales (meurtre et aumônier), Ozon plonge dans une interprétation homoérotique et queer étonnante mais assez merveilleuse qui met au même plan Eros et Thanatos la pulsion de vie et la pulsion de mort, et c'est même à cette première scène qu'il choisit d'intégrer le seul passage lu du livre alors que la caméra dezoom progressivement en s'allant vers le ciel. Enfin, plus qu'une adaptation le film rend hommage à Albert Camus, d'abord sans trahir ni caricaturer sa pensée. Puis, en disséminant des références à l'oeuvre entière de Camus. Sans cesse, il filme la mer et la ville sous un solei lde plomb inspiré sans doute des pages des Noces ou de l'Eté. Et c'est deux gendarmes qui amènent Meursault en haut d'une colline où est jonchée une guillotine, et cette ascension terminée par le bruit sourd d'un lâcher de lame n'est sans rappeler la condition de Sisyphe et l'ouvrage éponyme Le Mythe de Sisyphe. Le film est réussi.
On n'est pas très loin du chef-d'œuvre. L'atmosphère pesante, le choix du noir & blanc, les interprètes comme Benjamin Voisin, la ravissante Rebecca Marder ou Pierre Lottin nous livrent un récit assez fidèle au livre d'Albert Camus. Je crois avoir compris que ce personnage central est finalement "étranger" à la vie, à celles et ceux qui l'entourent, aux évènements et même à sa propre vie. Une vie sans amour, destination désastre ! Ce film véritablement noir pourrait être assez désespérant sur la condition humaine. On aurait envie de dire que l'Homme ne se résume pas à ce tableau noir, qu'il y a de l'espoir et de l'Espérance, mais l'étranger semble tout refuser jusqu'au bout, il passe à côté de tout dans une indifférence et un mutisme ravageur ! Bravo à François Ozon pour la qualité cinématographique de cette œuvre.
Ayant lu le roman quelques années auparavant, je vais donc effectuer une "comparaison". Tout d'abord, le rôle de Meursault est divinement incarné par Benjamin Voisin. Il représente l'image que je m'étais faite du personnage principal en lisant le livre. Quant au reste du casting, tous les rôles sont parfaitement interprétés. Ce film de François Ozon retranscrit avec justesse le roman d'Albert Camus. Je m'attendais à être déçue, ayant absolument adoré le roman et son étude qui m'a conquise. Je n'ai pas décroché durant les deux heures, ayant l'impression que le roman prenait vie. La narration à la troisième personne du singulier m'a étonnée car le roman est écrit depuis l'intériorité de Meursault. Mais cette liberté artistique est très appréciable tout comme l'adaptation en noir et blanc, là où le roman de Camus décrit longuement les couleurs d'Alger. Cela n'empêche pas de retrouver ce soleil éblouissant qui possède tant Meursault. D'une justesse et d'une poésie stupéfiante, je recommande vivement cette adaptation cinématographique à tous les amoureux du premier roman d'Albert Camus, ainsi qu'aux personnes n'ayant jamais sauté le pas de la lecture : vous ne serez pas déçus.
S’attaquer à un chef œuvre littéraire n’est ps toujours facile.., Ozon y réussit avec le traitement de l’image, la restitution de atmosphère coloniale et le jeu de l acteur principal (Voisin) est superbe. L’utilisation du NB et l’évolution des colliers pour chaque personnage en fonction de leur évolution est une idée cinematrographique très interessante , Bref j’ai Bien aimé …
Ce film frappe par son atmosphère coloniale des années 1930 en pleine Algérie française Le choix du noir et blanc est essentiel, car il retranscrit parfaitement l'ambiance et les thématiques sombres de l'œuvre.
La performance de Benjamin Voisin est remarquable. Il incarne l'indifférence radicale de son personnage, une apathie qui s'étend à son environnement, à la société, et même à ses proches. Le protagoniste est émotionnellement détaché, aussi bien face à son amante qu'au deuil de sa mère. Il semble dépourvu de toute émotion, percevant la mort comme une délivrance.
C'est seulement à la fin, lorsqu'il est en prison, qu'il laisse enfin éclater son désarroi et sa peur face à l'imminence de l'exécution. Les thématiques de l'absurdité de l'existence et de la condition humaine sont parfaitement mises en lumière. Son acte criminel — le meurtre de "l'Arabe" — est paradoxalement ce qui donne un sens à sa vie et délivre sa pulsion.
Au-delà du portrait psychologique, le film peut être lu comme une critique acerbe du colonialisme. Il met en évidence la banalité absurde des crimes commis contre les autochtones. Le récit invite à une profonde interrogation sur la légitimité de la colonisation française en Algérie, une terre dont elle n'avait ni besoin réel et qui ne lui apporterait, in fine, que du malheur
Jamais vu le 1er film de Visconti, trop jeune à l'époque, et rarement rediffusé (jamais?). Donc le livre de Camus lu en fin d'adolescence, comme tout le monde, d'un souvenir très ténu, voici le film qui devrait en donner la substantifique moelle. Disons tout de suite que les choix esthétiques sont à la hauteur de l'enjeu: reconstitution de l'époque minimaliste, mais qui nous donne tout de suite l'atmosphère. L'interprétation ne souffre d'aucune faiblesse, et Voisin, mutique, s'en sort très bien. La bande son, moderne et envoutante, n'envahit pas l'écran, au contraire, nous berce dans une sorte d'i réalité. Et c'est peut être là clef du film/livre: on baigne dans un monde concret/réél mais on se sent constamment ailleurs. Ozon par quelques touches, se permet un rappel de l'époque coloniale, je n'ai aucun souvenir de cela dans le livre. A relire donc. Seul le dernier quart d'heure, la prison, l'intervention du prêtre, les derniers plans, appesantissent le propos. Ce sera le seul regret.