L’Étranger
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471 critiques spectateurs

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Jipéhel
Jipéhel

101 abonnés 601 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 octobre 2025
L’indifférent

Depuis 1999, François Ozon, c’est « Monsieur 1 film par an ». Et très souvent pour le meilleur. Voici donc la cuvée 2025, avec cette adaptation du best-seller d’Albert Camus. Faut-il tout de même rappeler le sujet ? Pour les plus jeunes d’entre vous, ou certains et certaines qui n’auraient pas lu ce chef d’œuvre : Alger, 1938. Meursault, un jeune homme d’une trentaine d’années, modeste employé, enterre sa mère sans manifester la moindre émotion. Le lendemain, il entame une liaison avec Marie, une collègue de bureau. Puis il reprend sa vie de tous les jours. Mais son voisin, Raymond Sintès vient perturber son quotidien en l’entraînant dans des histoires louches jusqu’à un drame sur une plage, sous un soleil de plomb…Ce film a été présenté en avant-première mondiale lors de l’édition 2025 de la Mostra de Venise. Une pure merveille signée Ozon qui a su ne pas oublier Camus et ses personnages sublimés par un noir et blanc somptueux et une distribution en état de grâce.
Avec le Petit Prince et Voyage au bout de la nuit, ce texte compte parmi les plus lus au monde. Et pourtant ! Jugé difficile à adapter, le roman de Camus n’a effectivement été porté qu’une seule fois à l’écran en 1967 par Visconti… sans succès malgré les présences de Mastroianni, Anna Karina, Bernard Blier et Bruno Cremer. C’est sans doute la conséquence du personnage central qui est tout sauf sympathique. Maussade, médiocre, taiseux, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne provoque pas naturellement l’empathie. Il est donc plus que casse gueule de raconter à l’écran l’histoire de ce type de personnage. Force est de constater que Ozon réussit à reproduire le vide à l'écran, l'étrangeté à soi-même voire l'absurde qui planent sur cette histoire. On trouverait presque à Meursault, une certaine forme de liberté, lui qui par son étrangeté aux sentiments attendus, se positionne au-delà de toute convention sociale : cette liberté sans pareille de l'inconnu au sein de la foule. Et surtout, le soleil, si cher au romancier, devient ici, grâce aux somptueuses images, un personnage à part entière. Il s’infiltre partout, dans la chambre mortuaire, à travers le disque baigné de lumière de la rencontre amoureuse, jusque dans la cellule du condamné… Tout simplement admirable.
Le casting s’élève au niveau des hautes ambitions du cinéaste. Benjamin Voisin, - décidément un grand acteur -, campe l’anti héros détestable avec un talent tout particulier. Il est entouré par Rebecca Marder, Pierre Lottin, Denis Lavant, Swann Arlaud, Christophe Malavoy, Nicolas Vaude, Jean-Charles Clichet, Mireille Perrier… tous impeccables. A noter le choix de François Ozon avec Killing an arab de The Cure pour le générique de fin. En rappelant que, si le roman de Camus commence par le célèbre Aujourd’hui maman est morte, la première parole prononcée par Meursault dans ce drame n’est autre que j’ai tué un arabe. Ce film est une merveille et donne envie de lire ou relire encore et encore le chef d’œuvre de Camus qui écrivit dans Le Mythe de Sisyphe : Le nombre de mauvais romans ne doit pas faire oublier la grandeur des meilleurs.
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 octobre 2025
En refermant L’Étranger, on garde en tête le choc d’un film qui respire le silence et la chaleur. François Ozon ne filme pas l’absurde, il l’incarne, dans chaque souffle, chaque lumière blanche, chaque visage déserté. Benjamin Voisin s’y fond jusqu’à disparaître, Rebecca Marder y dépose une émotion vibrante, et la caméra semble suspendue au temps. Entre fidélité et réinvention, Ozon signe une œuvre d’équilibre : à la fois hommage à Albert Camus et miroir d’une époque qui cherche encore son humanité. Un film brulant et certes très scolaire, mais pour mieux déplacer l'attention du spectateur sur le sujet et non la forme !
traversay1

4 481 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 octobre 2025
C'est un truisme que d'affirmer qu'adapter Camus est plus difficile que de puiser dans Simenon, au hasard. C'est qu'il n'est pas question de trahir l'esprit de l'auteur de L'Étranger, tout en essayant de rendre ses préoccupations, sinon modernes, tout du moins intemporelles et philosophiques. Visconti s'y est un peu cassé les dents, avec un Mastroianni peu inspiré et Ozon n'a pas de mal à faire mieux, dans un constant respect à l'œuvre littéraire, mais en ne retenant que deux monologues de Meursault et en se concentrant, face à l'insensibilité caractéristique de son héros devant l'absurdité et l'indifférence du monde, sur plusieurs scènes clés, dont évidemment celle de la plage, sous un soleil de plomb, et l'expression vaut son pesant de métal. Benjamin Voisin libère son tempérament vers la fin du film et ne semble jamais hors-sujet, pas plus qu'une Rebecca Marder formidable, qui mériterait d'être césarisée. spoiler: Le racisme de la société française d'Alger, larvée, est montrée sans ambiguïté et Ozon recrée la ville avec soin, sans pour autant en faire trop dans la reconstitution. Il n'en oublie pas non plus la célèbre chanson des Cure, adaptation frappante et séminale du livre, en deux minutes et vingt-deux secondes.
Si la version d'Ozon de L'Étranger est fidèle à Camus, elle l'est également du style d'un cinéaste français à la filmographie abondante dont le côté apparemment hétéroclite n'est qu'un leurre.
norman06

425 abonnés 1 823 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 octobre 2025
Très bonne adaptation de Camus, et l'un des meilleurs films de François Ozon. Sobre et lyrique à la fois, et interprété à la perfection.
La Pirate
La Pirate

4 abonnés 18 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 novembre 2025
Film vu en avant-première en octobre 2025 : L’Étranger de François Ozon, d’après le roman d’Albert Camus.

Une réussite sur tous les plans…
Le choix de filmer en noir et blanc…
L’accent mis sur les effets sensoriels : les bruits, la chaleur, le soleil…
Une volonté de montrer les questionnements que suscite l’absurdité des situations…
Deux acteurs fabuleux dans leur interprétation…

Extrait d’un passage de Benjamin Voisin sur France Culture dans « L’invité(e) des matins » :
Pour Benjamin Voisin, le rôle de Meursault exige un effacement total : “Ozon m’a demandé de ne pas jouer : 'Si jamais on te voit réciter, la caméra va être hermétique et pire que ça, le rôle va passer à côté” m'a-t-il dit'." Le comédien évoque un exercice d’équilibriste entre neutralité et incarnation : “Presque, c’est de l’antijeu, et en même temps, il me demande de composer, d’être quelqu’un d’autre que moi-même.” En cherchant la justesse, il confie avoir voulu “retrouver l’instinct un peu animal de l’acteur”, plutôt que d’intellectualiser le rôle.
Benjamin Voisin décrit une méthode fondée sur la patience et l’observation : “Mon métier, c’est de comprendre l’intimité des autres pour jouer l’intimité des personnages.” Il dit avoir relu inlassablement texte et scénario : “Je pense que j'ai lu cent fois le scénario et cent fois le livre. Il faut que l’intimité du texte soit digérée à tel point qu’on n’y pense plus.”

Un film esthétique que j’ai adoré !

Un film vu dans le cadre de l’UNIPOP de ville en ville : une sélection de rencontres de l’Unipop de Pessac (Histoire et Cinéma), proposées aux cinémas de France, retransmises en direct, et accompagnées de la projection d’un film.
Christophe B
Christophe B

7 abonnés 4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 octobre 2025
Benjamin Voisin est grand. Sur scène comme au cinéma, il fascine. Fabuleuse adaptation casse-gueule d'un roman inadaptable. La caméra d'Ozon amoureuse de son héros et de sa partenaire hypnotise. Evidemment, ce film exigeant, lent et en noir et blanc n'a pas vocation à devenir un "blockbuster". Mais pour quiconque a, comme moi, découvert le cinéma avec les chefs-d'oeuvre d'Antonioni, Kurosawa et Bergman -- et ces noms viennent naturellement à l'esprit, cet Etranger rappelle ce que la cinéma peut avoir en commun avec la littérature ambitieuse. Si l'on accepte la mise en condition, la vertu du spectateur est récompensée par un magnifique voyage introspectif. Gloire à François Ozon de lui avoir demandé, gloire à Benjamin Voisin de lui avoir offert la sobriété têtue qui sied au rôle. A me relire, je devine comme on pourrait imaginer un film chiant, avec un jeu plat et ce fut pour moi tout le contraire. C'est dense, chaud, métallique, intense, jamais prétentieux, jamais inutile. On en sort augmenté.
No Spoiler
No Spoiler

23 abonnés 62 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 octobre 2025
Ozon a su capter l'essence du roman de Camus en révélant dans un noir et blanc sublime toute l'ardeur du soleil et tout l'absurde de la condition humaine. Il y ajoute légitimement un message d'amour au peuple algérien piétiné par la colonisation.
Saltabanque22
Saltabanque22

27 abonnés 118 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 septembre 2025
Film vu en avant-première. Un film lent à l’image du livre. Un très bon jeu d’acteur de la part de Rebecca Marder et de Benjamin Voisin.
larramendy
larramendy

15 abonnés 79 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 novembre 2025
Décevant.
Ozon rend une copie propre mais sans profondeur. Ce qui fait la beauté du livre, c’est que le personnage de Meursault, ballotté par les événements, sans opinions et sans affect nous est pourtant profondément attachant.
Or dans le film, il est froid, insensible à tout, presque antipathique. De ce fait, le film semble extérieur à l’histoire, sans l’humanité profonde qui fait la valeur du livre. D’autre part, certains ajouts sont un peu inutiles.
C’est une adaptation honnête mais qui risque, je le crains, de dispenser les spectateurs de lire « L’étranger ».
Alexandre Gauthier
Alexandre Gauthier

7 abonnés 1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 octobre 2025
Vu au Mk2 de Bastille. Film de grande qualité, fidèle au livre. Belle photographie & beau jeu d’acteur. Comme dans l’original, la narration se garde de porter un jugement de valeur sur les personnages, leurs actions, leur moralité, sur la situation politique de l’Algérie d’alors… Le personnage principal est étranger à toutes ces choses, et le film l’est d’une certaine manière aussi. L’idée que la vie humaine n’a aucun sens prédéterminé et que notre existence est profondément absurde est très bien retranscrite. Le peu de dialogue ne rend pas l’ensemble ennuyant. La fin est cependant un peu longue.
evariste75
evariste75

210 abonnés 248 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 octobre 2025
Chef-d'œuvre absolu, vive le noir et blanc !

Très belles images renforcées par le mutisme du personnage principal, très beau couple avec Rebecca Marder, plus émouvante que jamais...

Ce film interrogé profondément, philosophiquement...

Un très beau jeu de personnages, sans oublier le proxo Sintes....

Et la relation mère-fils dans tout ça ?
PLR
PLR

556 abonnés 1 770 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 novembre 2025
« L’étranger » d’Albert Camus, roman traduit dans de nombreuses langues et valeur sûre et permanente des études de littérature, incontournable au lycée puisque c’est l’œuvre la plus étudiée en classe de première… pour le baccalauréat. Avant de voir cette adaptation ou après pour se rafraîchir les codes narratifs, lire par exemple la notice Wikipédia sur l’œuvre. Les évoquer ici ce serait spoiler, c’est-à-dire révéler un élément clé de l'intrigue de l’œuvre, au point de gâcher à autrui l'effet de surprise et le plaisir de la découverte. Mais c’est la rançon des incontournables. On ne s’étonnera pas d’un style scolaire. Ce sont les pages et le découpage du roman… à l’écran. Le spectateur s’enfoncera dans une narration porteuse d’un message, d’une vision désabusée (oups, c’est spoiler) du monde. C’est d’un personnage qu’il s’agit, de son détachement envers les évènements qu’il subit, attitude et message hautement philosophiques. Révision : c'est lui l'étranger à sa propre histoire. Là vous êtes de retour sur les bancs du lycée ! Puisse ce film aider le spectateur à s’approprier ou se réapproprier une œuvre essentielle. Tout le monde n’a pas fait la classe de première, filières générales. Moi le premier ! Sur le plan cinématographique, la reconstitution par l’image de l’Algérie française, du moins la ville européanisée d’Alger, est particulièrement bien travaillée. Dans les détails, l’Arabe du cru est un indigène. Des choses comme ça qui remémorent ou interpellent peut-être.
Yann C.
Yann C.

31 abonnés 74 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 octobre 2025
vu en avp à La Rochelle. Superbe photo et N&B. Pour le reste, un film qui ne m'a jamais embarqué, grosse déception.
Marclille
Marclille

35 abonnés 127 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 octobre 2025
Film de grande qualité relevant le défi de l'adaptation du roman d' Albert Camus. Finesse de l'interprétation de l'ensemble des acteurs, beauté des images restituant l'univers de l'intransigeant Meursault, étrange étranger.
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 octobre 2025
Si Ozon reste très fidèle au roman on note deux grands changements, à savoir les rôles féminins plus développés, Marie/Marder et Djemila/Bouzaouit, et surtout cette dernière qui a ici un prénom qu'elle n'a pas dans le roman, d'ailleurs paradoxalement on peut rappeler que Camus ne nomme aucun arabe dans son roman qui sont impersonnels, c'est d'ailleurs un paramètre qui a servi pour critiquer le roman, rappelant ainsi une sorte de relent colonialiste. Ozon assume et crée une filiation avec les films d'époque avec surtout "Pépé le Moko" (1937). Le film est donc scindé en deux parties, comme le roman, une première partie où Meursault visite sa défunte mère, son deuil mal assumé ou incompris, son idylle avec Marie, son amitié avec Sintès jusqu'à ce drame, pet une seconde partie très judiciaire avec le procès, et les états d'âmes (ou pas !) de Meursault. Le livre original est l'un des plus lus et donc des connus au monde, on ne s'attardera pas sur les éléments philosophiques et/ou psychologiques archi connus mais par contre on s'aperçoit plus frontalement des incohérences et/ou invraisemblances de l'histoire... SPOILERS voir site !... On adore la performance de Benjamin Voisin, on savoure le visuel et la reconstitution "colonialiste", les thématiques sont passionnantes, mais le côté policier-judiciaire n'est pas toujours convaincant et le dernier acte est un peu trop long. A conseiller malgré tout.
Site : Selenie
Les meilleurs films de tous les temps