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Corinne76100
86 abonnés
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4,0
Publiée le 23 novembre 2025
Film assez ambivalent et dérangeant. Le film est lent et ennuyeux, excepté la dernière demie heure mais pourtant on reste scotché par la prestation de B Voisin, par son attitude passive.
Très belle, adaptation de Camus par Ozon, avec une photo en noir et blanc, absolument sublime. Visiblement, le réalisateur a aimé filmer Benjamin Voisin, absolument énigmatique et magnétique. La métaphore de la colonisation et le rendiu d’une Alger française est bienvenue, subtile et puissante. Les seconds rôles sont très forts et contribuent à l’atmosphère etouffante du film.
Magnifique photo N&B, sublimée par l'éclairage et les cadrages, superbe travail du chef op. Très bien interprété, l'essence du livre est respectée, bien que la seconde partie du bouquin ne représente qu'un tiers du film (il faut dire qu'elle est moins cinématographique) et quelques libertés dans le montage. Un très bon Ozon, surtout pour quelqu'un qui apprécie principalement la mise en scène
Fidèle et excellente adaptation du livre. Les comédiens sont à la hauteur, en deux mots bravo Ozon. Meursault, un type sans prénom dont le patronyme fleure bon le terroir. Un grand cru de Bourgogne, un Meursault svp. Camus à paradoxalement choisi pour le nom de son personnage une métonymie. Précisément parce que Meursault n'appartient pas, n'est pas concerné, refuse de prendre parti. C'est d'ailleurs ce que la société lui reproche par l'entremise du procureur, de l'avocat ou de l'aumônier. On n'interroge pas le sentiment d'appartenance pas plus que la foi. Le bouc émissaire est la figure inversée du héros. A ne pas vouloir appartenir il est stigmatisé. À aucun moment, hormis dans le titre, il n'est fait mention du terme étranger. Le substantif n'apparaît en fait qu'une fois. De mémoire, le procureur reproche â Meursault d'avoir accepté la proposition "d'un étranger" de boire un café sur le lit de celle qui lui a donné le jour. Dès lors il est condamné. En anglais l'étranger c'est l'alien : De l’anglais alien, extraterrestre, étranger, de l’ancien français alien, aliene, du latin aliēnus « qui appartient à quelqu’un d’autre » ...
Réalisation de François Ozon du l’ illustre roman d’ Albert Camus, qui, tout comme « La peste » sont des « Books to read » hyper connus notamment grâce au parcours scolaire. Filmé en Noir & Blanc, comme pour mieux coller au contexte si particulier de l’ Algérie Française, le scénario reste fidèle au roman, opposant magistralement un mutisme exacerbé du personnage principal : Meursault incarné par Benjamin Voisin, et relevé par le voisin de palier Raymond Sintès, joué avec un certain panache ( Piere Lottin ). Ce dernier apporte un dynamisme si antagoniste au profil « interdit » de Meursault. A signaler, une interprétation pétillante de la jeune amie Marie Cardona que Rebecca Marder illumine. Elle nous fait supporter un rythme affreusement lent, sans être oppressant. Mais l’ ensemble reste difficile et pas certain que notre jeunesse puisse découvrir toute l’ originalité de l’œuvre d’ A Camus à travers cette « traduction ». Elle est très forte, mais difficile à digérer. Pour ma part elle me donne l’ envie de revoir la version « Italienne » de Luchino Visconti de 1967 reprise en 2009, avec au casting Marcello Mastroianni dans le rôle principal et Anna Karina qui précède Rebecca Marder et entre autres B Cremer, B Blier, G Wilson…..Cependant, souhaitons à R Marder une récompense qui semble évidente dans cette version austère « pur jus » et Bravo à F Ozon d’ avoir su recréer un personnage « vide » et néanmoins puissant, sans aucune aide musicale notamment. Les plaidoiries sont jouissives…..!!**
À défaut d’être porteuse d’une vision singulière du roman éponyme d’Albert Camus, ou d’offrir une expérience cinématographique qui transcende ce classique de la littérature française, cette adaptation est honnête et soignée. Soignée en termes de reconstitution, de réalisation et d’image (superbe noir et blanc). Honnête dans le sens où elle suit plutôt littéralement le récit et en restitue l’essentiel en termes de contenu (portrait d’un homme étranger à tout, évocation de l’absurdité de l’existence, critique de la justice des hommes). François Ozon s’est permis quelques petits ajouts et petites variations, d’une manière qu’on peut trouver pertinente et cohérente. En intégrant au début du film des “actualités” de l’époque, en développant le personnage de la sœur de la victime de Meursault et en donnant un nom, au final, à cette victime (comme le fait Kamel Daoud dans son roman “Meursault, contre-enquête”), le cinéaste inscrit davantage l’histoire dans la cadre colonial et donne une résonnance également politique au crime de Meursault, en plus de la perspective nihiliste. Ce qui va dans le sens de l’anticolonialisme de Camus. Ozon confère par ailleurs au personnage central plus de sensualité qu’il ne semble en avoir dans le roman, en extrapolant à partir d’informations narratives présentant un homme qui pense peu et se satisfait de ressentis basiques (vague contentement du quotidien, désirs sexuels). Côté style narratif, pas de voix off, dans la première moitié du film, pour retrouver le “je” du roman, mais une écriture cinématographique qui tente de transposer l’écriture blanche de Camus, avec beaucoup de silence à la clé. Ça n’a malheureusement pas le même impact et on apprécie de retrouver davantage le verbe camusien dans la seconde moitié. Côté interprétation, enfin, si la prestation de Benjamin Voisin se tient en elle-même, l’acteur donne peut-être à son personnage plus l’image d’un homme fermé que celle d’un homme vraiment indifférent. Pour conclure : si la tonalité de cette adaptation appliquée est certainement moins sèche et saisissante que le livre, elle illustre néanmoins plutôt bien sa dimension philosophique et son mystère.
Remarquable adaptation du roman. Du début à la fin chaque scène est pensée, écrite et réalisée avec rigueur. Certes le choix du noir et blanc nous replonge dans l époque mais on regrette quand même la couleur. En effet les paysages méditerranéens n en auraient été que plus flamboyants et auraient contrasté avec la noirceur du propos. Acteur sensationnels . François Ozon est vraiment un grand cinéaste.
Un nouveau film de François Ozon est toujours une curiosité: bilan globalement positif pour son 24e long-métrage qui compte, à mes yeux, 2 atouts et 1 défaut. Ce à quoi j'ai été le plus sensible est sans doute la beauté formelle de ce film qui semble être avant tout une œuvre esthétique. C'est un film que je trouve vraiment très réussi esthétiquement, dans un noir et blanc somptueux. L'autre point fort du film est la qualité de son interprétation: la subtile performance de Benjamin Voisin est pour beaucoup dans la réussite du film. Rebecca Marder et Pierre Lottin complète un casting de haut niveau. Un bémol hélas: le film est un peu plombé par sa lenteur et ses longueurs, notamment dans la première partie consacrée à l'enterrement de la mère de Meursault, une partie qui traîne en longueurs pour planter le décor d'Alger dans les années 30.
Difficile d appréhender l œuvre de Camus grâce à ce film, belle image certes mais un film qui se traîne en longueur, l anémie de la réalisation arrive à m achever avant la fin …
Super film qui m'a beaucoup plu d'après le livre éponyme d'Albert Camus. François Ozon choisit le noir et blanc (comme dans son précédent film "Frantz") pour nous faire revivre cette période de l'histoire où l'Algérie était française et où arabes et français de métropole se côtoyaient. Il a choisi un casting d'exception : Benjamin Voisin très bon en homme coupé de ses émotions, Rebecca Marder toute en lumière et délicatesse, Pierre Lottin dans sa simplicité et surprise réjouissante vers la fin du film avec Swann Arlaud en prêtre de confesse. De très beaux plans cinématographiques, un jeu très réussi avec la lumière. On reconnait la touche sensuelle propre à Ozon. Le personnage principal donne l'impression de subir sa vie, de ne pas être vraiment maître de son destin, il invoque le hasard pour justifier un coup de feu, quand sa petite amie lui demande s'il l'aime, il répond que cela n'a pas d'importance. Personnalité intéressante et déroutante.
Ai vu « L’étranger » de François Ozon d’après le roman d’Albert Camus. Ce film est une merveille d’adaptation, on y retrouve le style littéraire blanc et minimaliste de l’écrivain et l’atmosphère caniculaire du roman. Un noir et blanc qui fait référence à la fin des années 1930 et qui met bien mieux en valeur la luminosité du soleil de façon irradiante et accablante. Ozon évite toute voix off, et ne cite des extraits du roman qu’à deux brefs moments cruciaux. Le film est en deux parties, la première est pratiquement muette et la seconde très dialoguées jusqu’à l’étourdissement lors d’une confrontation sublime. Meursault (Benjamin Voisin hypnotique) est un jeune homme qui vit dans l’Algérie française. Il vient d’enterrer sa mère. Il travaille dans un bureau, passe son temps libre entre Marie ancienne collègue de bureau qui l’aime (Rebecca Marder) et Raymond (Pierre Lotin) son voisin peu fréquentable qui va le conduire à un drame. Meursault est étranger aux émotions, aux autres et à lui-même. Il est spectateur de la vie. La mise en scène est d’une grande précision artistique (cadrages, élipses, montage) et offre de magnifiques propositions visuelles entre autre celle de voir le monde oriental et le monde occidental vivre en parallèle dans cette ville blanche et aveuglante. Comme l’écriture de Camus, le film d’Ozon est d’une belle épure tout en étant distanciée. Certains plans sont presqu’expressionnistes et d’une beauté sidérante. La photographie de Manu Dacosse est totalement au service du paradoxe qu’il y a entre la fournaise éclatante de la ville et la sombre froideur du personnage principal. La musique très minimaliste et originale de Fatima Al Qadiri apporte aussi à l’atmosphère étrange et magnétique… Ozon offre à Benjamin Voisin un rôle mémorable d’anti-héros toxique dont le comédien hante chaque image par sa beauté et son mutisme. On doit noter la prestation de Swann Arlaud toujours aussi intense, dans le rôle de l’Aumônier. Ozon n’est jamais meilleur que lorsqu’il s’éloigne de son univers. Un très beau film audacieux qui offre un véritable voyage des sens et littéraire qui fait honneur à un roman longtemps jugé inadaptable.
Monument de la littérature du 20 ieme siècle, réputé inadaptable. Je ne l’ai jamais lu et suis donc arrivé à cette projection vierge de toute idée préconçue. Dès le début, une évidence : c’est soigné, propre, très esthétisant. Une image, un noir et blanc, une reconstitution magnifiques, que vient souligner l’interprétation très lisse de Benjamin Voisin, qui semble exercer une véritable fascination sur son réalisateur. Cela se laisse regarder. Toute l’exposition est très réussie, même si l’on reste soi même ( forcément) un peu étranger à tout cela. Très belle scène centrale sur la plage puis une seconde partie plus conventionnelle, plus lourde notamment dans la confrontation avec l’aumônier de la prison , où notre Meursault se transforme soudain en une bête féroce. L’ensemble est respectable, sincère, soigné, mais n’a rien produit sur moi. Reste l’interprétation. Je n’ai jamais beaucoup apprécié B Voisin, et la réconciliation est difficile tant son coté mannequin est ici surexploité par Ozon. Rebecca Marder comme toujours excellente, Pierre Lotin en surchauffe, au bord de l’auto caricature, et un formidable comédien de théâtre, Jean Claude Bolle Reddat ( qui accompagne Meursault pendant les obsèques de la maman)
en noir et blanc, cette adaptation d'un roman, dont le souvenir remonte a mes années de lycée, démarre avec les actualités gaumont . C'était au temps ou l'Algérie était un département français, et la reconstitution de l 'atmosphère de cette période est parfaite : decors, costumes ... tout ceci est servi grâce à une lumière exceptionnelle qui fait peser la chaleur du soleil sur les hommes. la scène ou ils sont au cinéma et regardent "le spountz "est un morceau d'anthologie. Le glissement de son pouce sur les lèvres de Meursaut, le regard plissé devant le soleil, les rais de lumière qui quadrillent les ombres portées au travers des barreaux de la fenêtre de la prison, sont autant d'images/'hommages à de grands films... une réussite incontestable
Le film séduit d’abord par sa belle photographie, le noir et blanc lui va vraiment bien. Mais malgré cette esthétique, le rythme est assez lent au début. Puis, à mi-parcours, le film change de ton, il gagne en rythme et en tension et l’ambiance devient de plus en plus dérangeante, presque malaisante. C’est une œuvre particulière, sombre, pleine de noirceur...