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ned123
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4,0
Publiée le 27 avril 2026
J’ai vu un film... qui s’attaque à l'incroyable "L’Étranger" d’Albert Camus, François Ozon ne livre pas une simple illustration littéraire, mais une relecture moderne, sublime et intelligemment politique.
Le cinéaste capte, par touches chirurgicales, une atmosphère de masculinité toxique, raciste et violente. Dans ce contexte colonial brûlant, Meursault observe le mal sans interférer, spectateur d'un monde dont il est l'intrus. Benjamin Voisin est impressionnant de retenue.. Il incarne ce personnage nébuleux avec une neutralité troublante. Son jeu épouse parfaitement l’essence de l’antihéros camusien : un homme effacé, désintéressé, dont l'absence d'émotion devient un acte de rébellion involontaire contre les conventions sociales.
Ozon fait le choix audacieux d’un noir et blanc somptueux, ce qui donne au film une dimension intemporelle et renforçant la sécheresse du récit. Là où le roman passait par les mots, le réalisateur réussit à créer l'impression avec le silence, les regards et la lumière qui traduisent l'absurde.
Malgré une dernière partie un peu didactique, le film réussit l’exploit de transposer la radicalité d'un protagoniste insaisissable. C’est une œuvre fascinante sur la solitude d'un homme qui, en refusant de mentir sur ses sentiments, finit par attirer sa propre destruction. Un pari risqué, mais magistralement relevé.
A l’image du choix du noir et blanc, Ozon livre un film à l’os. Sans superflus que ce soit au niveau de la réalisation, du jeu, des dialogues. Malgré un casting prestigieux, les véritables stars ce sont les cadres et la lumière. Une master classe de cinéma mais qui est un peu trop contemplatif dans sa première partie et trop explicatif dans la 2ème.
Film dramatique écrit et réalisé par François Ozon, L’Étranger est un long-métrage plutôt de bonne facture. L'histoire se déroule à Alger, en Algérie française, à la fin des années trente, et nous fait suivre Meursault, un jeune homme vivant seul, venant de perdre sa mère qui vivait dans un asile. À peine après avoir enterré sa défunte mère, il fait la rencontre de Marie, une jeune femme qu'il avait perdu de vue. Commence alors une idylle. Mais lorsque Raymond, son voisin, en conflit avec un arabe, tombe avec lui sur ce dernier sur une plage, une rixe éclate, provoquant la chute de Meursault. Ce scénario, assez fidèlement adapté du roman éponyme d'Albert Camus, publié en 1942, s'avère globalement prenant à visionner tout du long de sa durée de près de deux heures. Une durée qui se fait tout de même ressentir dû à sa lenteur et à sa première partie trop longue. En effet, l'intrigue prend vraiment beaucoup de temps avant de réellement décoller via l'élément déclencheur qui survient à peu près à la moitié du récit. Il faut donc se montrer patient et le métrage aurait gagné à être amputé d'une bonne demi-heure afin de rentrer plus rapidement dans le vif de son sujet. Car si les séquences concernant la mort de sa mère, le deuil qui en suit et sa romance avec sa dulcinée sont primordiales, elles auraient pu êtres plus condensées. Mais à partir de l'acte irréparable changeant la destiné du principal intéressé, la narration devient plus intéressante, notamment à la faveur du procès qui en découle. Cependant, pas mal d'éléments scénaristiques sont assez désagréables, à commencer par la passivité de l'accusé et de sa défense catastrophique. Mais c'est bien sa personnalité peu loquace, détachée et dépourvue de sensibilité qui le rende antipathique. Et cela est franchement problématique tant on se moque bien de son sort vu qu'il n'est nullement attachant. On ne comprend tout simplement pas sa psychologie. C'est également dommage que la victime ne soit pas plus approfondie. En l'état, on ne ressent rien pour elle. Et si cela est raccord avec le propos du roman, rien n'empêchait de lui ajouter cette profondeur qui aurait été cohérente avec le message final. La thématique de la colonisation et de la différence de traitement entre les indigènes et les colonisateurs est-elle intégrée de façon subtile, trop subtile. Il aurait été pertinent de davantage développer cet aspect. L'ambiance est pour sa part ni assez dramatique, ni assez emplie de tension pour dégager quelque chose. L'ensemble est porté par des personnages en demi-teinte, interprétés par une distribution tout de même convaincante, même si Benjamin Voisin paraît parfois un peu trop poser pour la caméra. Sa petite amie est elle jouée par Rebecca Marder. Mais c'est bien Pierre Lottin, le voisin de Meursault, qui crève l'écran et dégage beaucoup plus de sympathie et de profondeur que le rôle principal, ce qui est quand même anormal. Le reste de la distribution comporte Denis Lavant, Swann Arlaud, Christophe Malavoy, Nicolas Vaude, Jean-Charles Clichet ou encore Mireille Perrier. Tous ces individus entretiennent malheureusement des rapports ne procurant aucune émotion, pas même la romance à sens unique ou la peine encourue. Cela est en parti dû à des échanges soutenus par des dialogues trop neutres et carrément soporifiques lorsqu'ils sortent de la bouche d'un Meursault sans aucune conviction. C'est d'autant plus dommage qu'ils sont déclamés avec un phrasé franchement appréciable. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français s'avère qualitative. Sa mise en scène est sobre mais soignée et évolue dans des environnements agréables. Le travail de reconstitution d'époque est également honorable. Mais c'est dans son choix du noir et blanc que l’œuvre se démarque car il lui donne une très belle esthétique léchée, parvenant même à nous faire ressentir la chaleur écrasante d'un soleil de plomb pourtant dépourvu de couleur. Ce ravissant visuel est accompagné par une bande originale signée Fatima Al Qadiri, dont les compositions mélodieuses confèrent une certaine atmosphère à certains moments clés, tout en restant paradoxalement discrètes. Reste un dernier acte un peu longuet venant s'achever sur une fin réussie venant ainsi mettre un terme à L’Étranger qui, en conclusion, est un film méritant d'être admiré, en dépit de ses défauts.
Adaptation moderne d'un des grands romans du XXème siècle, cette version de "L'étranger" capte de façon précise cette ambiance colonialiste de l'Algérie des années 40, où certains Français donnent l'impression de vivre dans un monde parallèle, où les "indigènes" font partie du décor mais semblent constituer une portion congrue du microcosme local. Sans doute plus politique que le beau film de Visconti, cette œuvre d'Ozon pointe admirablement la veulerie de Meursault, son indifférence au monde et aux gens qui l'entourent, grâce à l'interprétation nuancée de Benjamin Voisin. Pierre Lottin est également fort convaincant dans le rôle de Raymond, tout comme le reste d'un casting parfaitement choisi, où l'on retrouve réunis, dans de petits rôles, Denis Lavant et Mireille Perrier, le couple du premier long-métrage de Leos Carax.
Tout comme Meursault, son personnage, le livre était pénible, antipathique, frustrant. Le film embrasse les mêmes défauts qui n'en sont que les caractéristiques propres. Le noir et blanc léché, la caméra subtile d'Ozon complice d'une masculinité toxique, l'extranéité de Benjamin Voisin subliment le propos. Et si la 2e partie plus froide encore (et moins aboutie) a tendance à expliquer les silences, cette version est superbe.
très belle adaptation du roman de Camus. Porté par une magnifique photo en noir et surtout en blanc, Ozon livre un portrait juste de cet homme en retrait. Benjamin Voisin, tout en intériorité, fait preuve d un fort charisme. une réussite.
Avec *L’Étranger*, François Ozon livre une adaptation élégante et habitée du chef-d'œuvre de Camus, explorant avec brio les thèmes de l’absurde et de l’aliénation sociale. Sa mise en scène, d'une grande sobriété, parvient à capter la chaleur écrasante et l'ambiance sensorielle du roman, tout en conservant une distance glaciale nécessaire au récit. Le scénario brille par sa fidélité aux dialogues originaux, parvenant à rendre cinématographique l'introspection complexe du protagoniste. Benjamin Voisin offre une interprétation magistrale de Meursault, trouvant l'équilibre parfait entre l'indifférence apparente et une humanité souterraine déconcertante. Les seconds rôles apportent une belle profondeur lors de la seconde partie, renforçant la critique du système judiciaire. Seul léger bémol : une structure narrative parfois très linéaire qui empêche le film de s'émanciper totalement du texte source pour surprendre le spectateur. Cette œuvre reste néanmoins une réussite formelle et dramatique, portée par une vision artistique d'une grande clarté.
le N&B sied particulièrement à cette adaptation du roman d'Albert Camus. Le film s'articule en deux parties, même si on sait depuis le début quel en est le fil conducteur : "j'ai tué un arabe" déclare Meursault à ses codétenus alors qu'on l'emprisonne dans une cellule sans confort, infestée de rats avec plusieurs dizaines d'autres personnes. La première partie, c'est la vie quotidienne du personnage principal, taciturne, sans émotion, sans véritable opinion : l'enterrement de sa mère où il ne manifeste rien, sa petite amie à qui il ne peut dire qu'il l'aime, ses voisins dont un souteneur qui va l'entrainer malgré lui, sans réelle volonté, sans renoncement non plus, au gré de circonstances qui auraient pu être maitrisées, jusqu'au meurtre absurde, absurde comme la vie qui pour Meursault, n'a aucun sens aucun but, ce qui sera développé dans la seconde partie avec les scènes du procès où il ne nie pas, ne se défend pas, jusqu'à la visite de l'Aumonier avant on exécution où il va refuser toute assistance et approche spirituelle. Les acteurs sont excellents, les images superbes, l'ambiance coloniale et la révolte qui sourd déjà sont jute esquissées à petites touches. Evidemment, comme le personnage est lisse, voire antipathique, le émotions sont plus de nature philosophique ( l'absurdité de la vie) et esthétiques qu'affectives
Ce qui frappe tout de suite, c’est la photo. Le noir et blanc est absolument somptueux, vraiment le gros point fort du film. Chaque plan est léché, presque hypnotisant — clairement, c’est là que réside tout son charme. Mais du coup, ça déséquilibre un peu l’ensemble. La mise en scène devient presque secondaire, comme éclipsée par cette esthétique très marquée, et même si le jeu des acteurs est juste, il peine à exister face à une image aussi dominante. Au final, c’est un film très beau à regarder, indéniablement, mais dont la plus grande qualité devient aussi son principal défaut : la forme prend tellement le dessus qu’elle finit par écraser le reste. Un peu frustrant, même si ça reste une belle expérience visuelle.
Une adaptation fidèle du roman d’Albert Camus où Benjamin voisin tire son épingle du jeu. Une jolie photographie et certains plans très esthétiques. La mise en scène est bonne, la lenteur et les dialogues très justes. Pas mal
Je n’ai pas lu le roman de Camus …roman très célèbre surtout par son écriture ….mon regard sur le film est donc très éloigné de ce qui a pu faire la renommée du livre . J’ai particulièrement aimé l’esthétique, les images , les lumières qui donnent à l’ensemble un côté froid et détaché , comme Meursault l’est . La reconstitution des années 40 en Algérie française est plutôt réussie . Peut être serai je tentée de lire le livre afin de pouvoir apprécier encore plus ce film….ou de le trouver totalement raté ?
Adaptation délicate du roman culte de Albert Camus, le film de François Ozon parvient à encapsuler la jeunesse en mal-être, cette sensation d’être dépassé par un monde absurde et étranger. Fidèle dans l’esprit mais libre dans la forme, Ozon glisse l’ennui, le malaise et l’isolement de son héros dans une Algérie coloniale résonnant avec nos crises contemporaines. La bascule vers une seconde partie plus iconographique affaiblit pourtant le souffle initial : là où la mise en scène cherchait le fantastique niché dans le réel, elle reste prisonnière d’une esthétique trop décorative pour tirer pleinement de ce grand texte sa force vertigineuse. Malgré une interprétation convaincante de Benjamin Voisin (grandement aidé par une photographie qui le sublime), l’ensemble reste à mi-chemin entre révélation et frustration.
au fil des ans, je m'aperçois avoir vu beaucoup de films de OZON. avec des opinions très variées, tout comme le sont les sujets très différents qu'il aborde. En voyant L'ETRANGER, j'ai retrouvé l'insensibilité aux autres de Meursault, l'indifférence aux "indigènes" et la chaleur moite des étés algériens. Rien que pour cela, le pari est réussi, et l'interprétation mutique de B. Voisin convaincante. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est le meilleur film du réalisateur, n'exagérons pas, mais le noir et blanc choisi convient bien à l'époque et le résultat a levé les appréhensions que j'avais avant d'aller le voir. Comme si Ozon nous donnait l'envie de relire Camus? Voilà qui nous rajeunit. cinéma - Novembre 2025
L’Etranger ne parle pas d’un meurtre, mais plutôt d’un suicide, celui d’un homme qui ne s’investit pas dans ce monde qui ne lui est pas spécialement hostile, mais qui lui est indifférent et proprement étranger. Un suicide réussi somme toute, ou l’Etranger de Camus rencontre son Mythe de Sisyphe : « un homme sans espoir et conscient de l’être n’appartient plus à l’avenir. »
Aurait il été possible de faire un film moins ennuyeux avec une telle histoire? Pour avoir un avis plus circonstancié il va falloir relire le livre. Dans l’immédiat, il me semble que le résultat, sans être désagréable, n’est quand même pas extraordinaire. Le respect du texte donne parfois l’impression d’être au théâtre, à regarder une tragédie grecque un peu « pompeuse », surtout à la fin. Instructif mais pas subjuguant.