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Hautevillejp
1 critique
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0,5
Publiée le 13 novembre 2025
Bien souvent lorsque le livre est chiant, le film qui en est tiré l’est un peu moins. Malheureusement pas cette fois … je pense que le film réussi l’exploit d’être encore plus chiant que le livre !
Tout le monde parlera d'un somptueux noir et blanc, d'une caméra filmant amoureusement l'émouvante idylle de Meursault & Marie sur ces plages algériennes écrasées de soleil et saignées des populations autochtones dès 1830 par la politique coloniale des deux Restaurations qui y a exporté sans vergogne tous ses poncifs culturels et leurs vertus cardinales afin d'y justifier leurs profits...La facture esthétique du film de François Ozon en appelle effectivement aux plus grands. Voilà pour la forme. Le fond n'en est pas moins l'acteur majeur : Meursault, "Etranger", "Antéchrist", semble avoir sous l'effet d'on ne sait quel Hasard, s'être rendu lui-même exsangue ainsi que son langage ou que l'expression de ses émotions, de toutes les idées reçues et attendues de par la bienséance de la Doxa coloniale majoritaire. Les années de genèse propres à l'écriture de Camus ne vont-elles pas d'ailleurs de 1938 pour l'ébauche à 1942 pour la publication, c'est-à-dire à la période même où le territoire culturel français est-lui même menacé d'expropriation par l'occupant nazi ? Mieux, n'assiste-t-on pas à une véritable Transfiguration au sens que l'on put donner au drame Chrétien de l'époque Baroque, quand le Ciel et la Terre complexifiaient de volutes diaboliques le canon de leur communication, réglée sur la seule Liturgie vaticane fondatrice DU SENS et dont la philosophie de l'ABSURDE serait devenue l'un des antidotes. La scène d'apothéose, magnifiquement scandée, où s'opposent dans le clair-obscur de la geôle, Benjamin Voisin et Swann Arlaud n'est-elle digne du Saint-Genest de Jean Rotrou? Car à la différence d'un exorcisme, les deux rôles se floutent mutuellement, se fondent et se confondent. En découle une rédemption toute physique, en pleine osmose entre la Création et le Condamné dont le tort, comme l'énonce Marie Cardona, fut de ne dire jamais que la vérité et sans doute d'ignorer aussi l'immense susceptibilité de la Pupille Humaine aux intimidations pénétrantes du faisceau lumineux ... Pupille, Christ de l'oeil, comme le chante l' Apollinaire de Zone... Père fondateur de l'Existentialisme européen, Kierkegaard n'avait-il inauguré et illustré dès l'ère post-napoléonienne, cette même "écharde dans la chair" résultée de l' ABSURDE geste d'Abraham? Incise métaphorique, à n'en pas douter mais encore et surtout ultime remède à la cécité quand le centurion du Golgotha transperça de sa lance le flanc de l'Autre Condamné en proférant pour Rome le Blasphème idolâtre de la Passion selon le Juif Jésus, Homme-Dieu selon Marc et Matthieu, Homme Juste selon Luc, demeuré plus fidèle à la source juive, Roi des Juifs dont surgira l'Esprit de Vérité selon l'Evangile de Jean et son messianisme du Paraclet. Ainsi se résoudrait alors l'équation selon Meursault, Esprit de Vérité et Fils de l'Homme déconstruisant le SENS pour qu'advienne enfin une Justice capable d'accomplir l'Ecriture, c'est à dire de reprendre à César la terre promise à Abraham ainsi qu'à sa double descendance... Ne lit-on pas aussi en filigrane une anamnèse des colonialismes et des diasporas ainsi engendrées dont la moindre n'est pas celle de l'Ecriture, afin qu'elle pût s'accomplir avant l'Apocalypse, par l'ouverture de son septième sceau ?
Cette fois encore François Ozon semble avoir à en découdre autour du fameux dilemme entre Dogme et Foi, entre le Sacré et les ambiguïtés profanantes de certains hommes de Dieu. Il nous en livre un ouvrage filmique et un commentaire littéraire de l'Etranger d'Albert Camus que je qualifierai de véritable Joyau! N'en contribue-t-il pas à l'ouverture de ce septième sceau qui hantait aussi Ingmar Bergman et couvait déjà chez les Alchimistes du Grand Oeuvre, également proies de l'Inquisition catholique et romaine?
C’est un type bien François. Y a qu’à voir son film L’Étranger pour en être convaincu. spoiler: Il a fait mieux que l’adapter le bouquin d’où qu’ça vient, il l’a corrigé, même, comme on corrige quelqu’un. Pim ! Pam ! Ce qu’il lui a mis dans la gueule ! À la fin du film, il a donné un nom à l’arabe du livre, où c’était juste « l’arabe » qu’on disait. Ça le heurte, François, ce genre de choses. Ça le froisse. Alors il corrige. Pif ! Paf ! Et il lui donne tout l’attirail du mort à l’arabe, une tombe et une sœur qui pleure devant la tombe. En faisant ça, il sauve l’honneur que je dis ! En plus, ça manquait, au cinéma, ce genre de scènes d’une femme qui pleure un homme sur sa tombe. Et puis il a pas glissé tout ça discrétos sous le tapis, entre deux scènes au milieu du film, ni vu ni connu, hop, pensez-vous ! Il l’a rangé à la toute fin, en point d’orgue qu’on dit, après les mots de Meursault qui s’ouvre « pour la première fois à la tendre indifférence du monde », et qui souhaite « qu’il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu’ils m’accueillent avec des cris de haine ». Fallait pas que le spectateur reste sur ça, il pigerait pas bien le truc. Non, fallait rester sur l’idée de François, la femme qui pleure l’arabe qui a un nom, ça on pige tout de suite. Quitte à contredire l’indifférence par les larmes, c’est pas grave. C’est mieux, même, c’est plus humain, pas comme Meursault. Et finir sur son idée à lui, c’est que justice, c’est son film ou c’est pas son film à François !
L'histoire est celle de Mersault, un jeune homme, sans histoire, dont la mère vient de mourir.
Cette adaptation est une réussite : l'histoire est respectée, l'interprétation des acteurs est magistrale et l'émotion qu'on ressent en voyant le film est la même qu'en lisant le livre. Il faut savoir que le livre n'est certes pas épais mais le récit est long. Chose qui est respectée dans le film.
Ici, on va se concentrer sur les émotions, les raisons d'un acte et le jugement des gens. Meursault ne parle pas pour rien dire et n'exprime pas de faux émotions. Il ne les exprime pas d'ailleurs, chose qui lui sera reprochée d'ailleurs.
J'ai trouvé l'interprétation de Benjamin Voisin parfaite. Il a compris et retranscrit Meursault tel qu'il est dans le livre. On pourrait croire qu'il est indifférent, qu'il se laisse porter mais ce n'est pas le cas et c'est grâce à l'interprétation réussie de l'acteur. J'ai eu beaucoup de plaisir à retrouver Rebecca Marder et Pierre Lottin aussi. J'aime bien voir Lottin dans un registre autre que Les Tuche, il est doué dans les drames.
J'ai remarqué un jeu avec le noir et blanc tout au long du film : certains personnages sont en blanc ou en noir au début puis, au cours du récit, leurs tenues vont s'assombrir ou s'éclairer. Cela dépend de l'évolution du personnage et j'ai trouvé cela très intéressant de faire passer un message visuellement.
J’ai adoré ! Tout concourt à retrouver l’atmosphère du chef d’œuvre de Camus: le noir et blanc, la chaleur, la lumière, juste ce qu’il faut de lenteur. Le jeu des acteurs, à commencer bien sûr par Benjamin Voisin dans son personnage de Meursault, errant entre indifférence, froideur et ennui dans une vie trop grande pour lui…
Ma note et pourquoi : 4 / 5 Un très beau film, une très belle lumière sublimée par le noir et blanc. Des acteurs portés au sommet par cette histoire. Une excellente mise en scène. Bravo...❤️❤️❤️ What else.
Je pense que François Ozon livre la plus fidèle adaptation du roman de Camus telle que j'aurais pu l'imaginer, mais c'est finalement ce qui en fait sa faiblesse. Le choix du noir et blanc, la fidélité aux dialogues, la représentation constante d'un homme sans valeurs et sans normes font qu'on apprécie fortement de voir du Camus à l'écran. Une grande force du film à mon avis est de faire ressortir les situations et les comportements de Meursault complètement surréalistes comme plausibles. Le jeu des 3 acteurs principaux est aussi impressionnant dans une adaptation presque théâtrale, qui prend son temps. Cependant, le film ne crée aucune surprise, est long à certains moments, et pose la question de l'intérêt de représenter à l'écran le roman de Camus (à part lui redonner une visibilité). Les dialogues s'enchaînent et ne pénètrent pas forcément l'esprit ; comme la lecture du texte est ardue (un des plus difficiles d'accès et perturbants de Camus à mon avis), la compréhension de ce que Camus veut nous montrer est encore plus difficile à travers l'écran. La représentation de l'Algérie coloniale est bienvenue (c'est un choix du réalisateur, contesté par d'autres interprètes de Camus), mais elle ajoute une nouvelle complexité à l'interprétation du film.
Adaptation du chef d'oeuvre et classique du grand Albert Camus, je m'étais préparé en lisant quelques critiques à un massacre en règle... verdict : pas de massacre, un film très classique avec néanmoins quelques ajouts et éléments contemporains particulièrement discordants, je vais expliquer tout ça ! Tout d'abord, François Ozon sait manier une caméra, certains plans sont magnifiques, le choix du noir et blanc est payant, l'atmosphère et les décors coloniaux sont splendides et tout cela nous transporte véritablement dans cette époque révolue. Rien à redire aussi du côté des acteurs qui sont tous excellents, Benjamin Voisin incarne un très bon Meursault dans toute sa mollesse et son regard vide et le reste est à l'avenant. Mais le souci est qu'Ozon se soit senti obligé d'actualiser le roman et le propos de Camus alors que ceux-ci se veulent universels. Cela passe donc par de maladroites et absurdes dénonciations du colonialisme et du racisme alors que le roman se suffisait en lui-même, une poignée de scènes sont ainsi rajoutées et dénaturent à mon avis une adaptation qui était jusque là, littérale et parfaite (je parle par exemple despoiler: la confrontation complètement déconnectée de la soeur et de Marie au tribunal, une scène avec un restaurateur raciste alors qu'un algérien montre au contraire sa solidarité et sa compassion envers un homme qui a tué un des siens ). Je regrette aussi qu'Ozon ait choisi de modifier l'incipit mais aussi spoiler: l'excipit du roman , choix apparemment conscient de sa part puisqu'il a évoqué avoir voulu se détacher de l'empreinte trop coloniale (?) de l'oeuvre. Mais je m'attendais à pire !
Un scénario poignant, mais on ne s'attendait pas à moins, une réalisation au cordeau et surtout un Benjamin VOISIN captivant font de ce film en noir et blanc une totale réussite. Je le reverrai avec plaisir. Un très bon moment de cinéma.
Très bonne adaptation du roman d'Albert camus par François ozon et ses acteurs benjamin voisin et rebecca marder et de l'ambiance de l'Algérie française de lepoque avec séparation entre les français et les arabes qùils appelaient led Indigènes.
Un sentiment contrasté peut se dégager de ce premier visionnage de L'Etranger. Si le film a le mérite de proposer une adaptation de l'un des chefs-d'œuvre de la littérature française en réunissant un casting convaincant, un personnage principal fort bien joué, des décors, costumes, paysages et musiques qui font leur effet, dans un choix du noir et blanc pertinent, il me semble toutefois qu'il pèche par facilité à la fin, concédant à la version originale de Camus un trop grand nombre d'altérations qui relèvent de la moraline et du progressisme ambiants. Ainsi, le prêtre rendant visite au condamné à mort est présenté comme ambivalent, charriant une étonnante et légitimement malsaine séduction. De même, la sœur du défunt estime que son identité arabe serait secondaire dans le procès qui finit par condamner Meursault. Autant d'éléments proprement absents du livre, à condition de le lire, et de le lire bien, et qui apparaissent comme des concessions faites à l'esprit de notre temps, rendant le film quelque peu étranger au livre dont il est tiré.
Benjamin Voisin est très plaisant à regarder ( belles épaules et musclé à point ) , Rebecca Marder est très jolie ( pour les messieurs ) , le noir et blanc est chic comme une pub , mais qu' est ce qu' on s' ennuie . M. Meursault n' aime rien ni personne , il tue un Algérien sur un malentendu et est condamné à mort sans que ça le dérange . C'est probablement une adaptation fidèle de la nouvelle de Camus , mais ça ne donne pas envie de la relire , ni de conseiller le film .
Bravo à F. Ozon d'avoir réussi à adapter de main de maître une oeuvre que l'on croyait inadaptable. La qualité de la distribution est également à souligner. On a l'impression que Benjamin Voisin est devenu acteur pour incarner Meursault. Tout se passe comme si Camus lui-même avait réalisé ce chef d'oeuvre.
Très belle photographie. Très belle mise en scène. Mais la direction d'acteurs, digne d'un mauvais spectacle de théâtre, vient gréver par un montage un peu longuet (mais qui se veut sans doute à l'image de l’écriture de Camus).
La scène finale en guise de "pour ceux qui n'auraient pas compris" aurait pu avoir son charme de point final si Ozon avait permis à ses acteurs de jouer plus sincèrement. Là, on sort juste avec l'impression que le spectateur est pris un peu pour un idiot.
Le film séduit d’abord par sa beauté visuelle : la lumière, les paysages, la chaleur de l’Algérie sous occupation française… tout y est restitué avec justesse et sensibilité. La musique, la caméra, le jeu des acteurs — tout semble à sa place, avec une sobriété maîtrisée.
Et pourtant, quelque chose manque. Dans le roman, Camus fait de cette scène du meurtre un moment suspendu, presque métaphysique. Le soleil devient un personnage, la chaleur un poison, le corps un instrument qui échappe à la conscience. Ce n’est plus un geste, c’est une sorte de vertige, un déraillement où la nature commande plus que l’homme.
Dans le film, cette dimension se perd. Le geste paraît trop décidé, trop clair. Là où Camus nous plongeait dans l’incompréhensible, le film nous montre une action. J’aurais voulu sentir ce moment d’aveuglement, d’automatisme, où le monde devient plus fort que la volonté.
Le film reste beau, mais il manque ce frisson métaphysique qui, dans le livre, glace autant qu’il éblouit.