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Ninideslaux
107 abonnés
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2,5
Publiée le 12 novembre 2025
Fallait il vraiment réaliser ce film? Tout bien réfléchi, et bien qu'il soit assez fidèle, la réponse est non. Mettre un visage, et de surcroit un visage plutôt charmant (Benjamin Voisin), à ce personnage opaque, insensible, dépourvu de tout affect, de toute émotion humaine? Non. Alors la photographie en noir et blanc est magnifique; on se dit que le noir et blanc peut, finalement, mieux montrer, être en quelque sorte plus réaliste, plus vrai que la couleur.. Il me semble que l'amoureuse de Meursault (Rebecca Marder vraiment ravissante) prend dans le film une importance plus grande que dans le livre. Il est vrai que je l'ai lu il y a si longtemps..... Les personnages secondaires sont savoureux. Pierre Lottin dans le rôle de l'ami (si on peut dire que Meursault a des amis) et vaguement proxénète Sintès en fait naturellement des tonnes! Et Denis Lavant est plus que convaincant dans celui de l'autre voisin qui vit pour son chien... et bat son chien. Fallait il vraiment personnaliser "l'Arabe" et lui inventer une soeur? Mais surtout, j'ai absolument détesté la dernière demi heure du film et cette scène avec l'aumonier de la prison (il faudrait que je retrouve le livre et le relise pour savoir ce qu'il en est vraiment) où notre taiseux en dit plus en cinq minutes pour cracher sa haine de l'église et son athéisme? Y aurait il donc un sujet qui le fasse sortir de son inexistence? Moralité: bof...
L’adaptation est très belle et le héros a tout à fait cette notion de simplicité dans ses émotions. Il agit selon son instinct et n’analyse pas ses conséquences. J’avais aimé le livre même si l’on retrouve davantage de pensées intimes sur sa mère. Ici elle est effacée au profit du meurtre. Mais la philosophie est bien là dans les actes et les silences. Pas mal.
A défaut d'avoir lu ou étudier l’œuvre d'Albert Camus, j'ai saisi l'opportunité qu'elle soit portée à l'écran par le réalisateur François Ozon. Les premières images sont sans appel, nous plongeant au cœur de l'Algérie "française", la pellicule en noir et blanc nous donnant une sensation d'immersion. Meursault est un personnage atypique. A la fois taciturne et froid, vivant l'instant présent sans pour autant apprécier le goût de l'existence. Dans une forme de contradiction permanente en acceptant tout et son contraire. Se refusant de juger ou d'être jugé à son tour. Si la vie avec Marie lui semble douce, l'engagement n'a aucune valeur à ses yeux. Insaisissable ! Benjamin Voisin ne donne pas l'occasion au spectateur de détourner le regard ! Cristallisant toute notre attention. On retrouve volontiers Christophe Malavoy ! Très belle distribution ! A voir Absolument !
Belles images, belle reconstitution de la ville et des passants...Mais que c est long ! L acteur principal filmé sur toutes les coutures est un peu trop fallot.
À défaut d’être porteuse d’une vision singulière du roman éponyme d’Albert Camus, ou d’offrir une expérience cinématographique qui transcende ce classique de la littérature française, cette adaptation est honnête et soignée. Soignée en termes de reconstitution, de réalisation et d’image (superbe noir et blanc). Honnête dans le sens où elle suit plutôt littéralement le récit et en restitue l’essentiel en termes de contenu (portrait d’un homme étranger à tout, évocation de l’absurdité de l’existence, critique de la justice des hommes). François Ozon s’est permis quelques petits ajouts et petites variations, d’une manière qu’on peut trouver pertinente et cohérente. En intégrant au début du film des “actualités” de l’époque, en développant le personnage de la sœur de la victime de Meursault et en donnant un nom, au final, à cette victime (comme le fait Kamel Daoud dans son roman “Meursault, contre-enquête”), le cinéaste inscrit davantage l’histoire dans la cadre colonial et donne une résonnance également politique au crime de Meursault, en plus de la perspective nihiliste. Ce qui va dans le sens de l’anticolonialisme de Camus. Ozon confère par ailleurs au personnage central plus de sensualité qu’il ne semble en avoir dans le roman, en extrapolant à partir d’informations narratives présentant un homme qui pense peu et se satisfait de ressentis basiques (vague contentement du quotidien, désirs sexuels). Côté style narratif, pas de voix off, dans la première moitié du film, pour retrouver le “je” du roman, mais une écriture cinématographique qui tente de transposer l’écriture blanche de Camus, avec beaucoup de silence à la clé. Ça n’a malheureusement pas le même impact et on apprécie de retrouver davantage le verbe camusien dans la seconde moitié. Côté interprétation, enfin, si la prestation de Benjamin Voisin se tient en elle-même, l’acteur donne peut-être à son personnage plus l’image d’un homme fermé que celle d’un homme vraiment indifférent. Pour conclure : si la tonalité de cette adaptation appliquée est certainement moins sèche et saisissante que le livre, elle illustre néanmoins plutôt bien sa dimension philosophique et son mystère.
(Trop) parfaitement fidèle au roman d'A. Camus, le roman fouille peut-être un peu moins le personnage, obligé qu'est F. Ozon de ne pas reproduire le cheminement des pensées in petto de Meursault. Les acteurs sont bons, mais très beaux, presque trop. La photo, très beau noir et blanc, est superbe. Seul bémol, elle ne donne pas le sentiment de la chaleur étouffante d'Alger ; F. Ozon a beau demander à ses acteurs, dans la scène du procès, d'agiter frénétiquement leurs éventails, on n'y croit pas beaucoup... (il aurait mieux fait de faire transpirer ses acteurs, mais les auréoles sous les bras ne sont sans doute pas assez jolies...). Le racisme profond de l'époque est bien rendu, quand "tuer un arabe" n'est pas vraiment un homicide, mais c'est aussi bien dit/montré dans le roman. Bref, film intéressant, mais comme souvent, l'adaptation d'un livre majeur n'apporte pas grand chose de neuf...
Hier, j’ai vu "L'étranger" au cinéma : c'est rare mais je trouve ce film excellent et je vous le recommande vivement. Certes, c'est un film un peu particulier mais c'est le meilleur de François Ozon, à mon sens. J'avais gardé un très mauvais souvenir de la lecture obligatoire de L'étranger de Camus en classe seconde et là, avec cette adaptation, on est plongé très vite dans l'ambiance grâce à une bande-son très riche en son d'ambiance mais aussi par une musique vraiment en accord avec le sujet. Les images (en noir et blanc) sont très soignées aussi bien au niveau du cadrage que de l'éclairage. Benjamin Voisin incarne parfaitement le personnage principal, les autres acteurs sont très bons aussi. J'ai eu un peu la même impression que lorsque je suis allé voir "L'amant", une adaptation du roman de Marguerite Duras où on se trouve en immersion totale en Asie , avec le vent et les sons de la rue, les images torrides, à voir aussi absolument.
N'ayant pas lu le livre j'ai découvert l'Etranger par ce film. J'ai aimé le côté visuel, photographique. Le noir et blanc apporte élégance et sensualité. La passion amoureuse est filmée avec beaucoup d'esthétisme. De la lenteur, des gros plans. La mer, le soleil, la plage tout est mis en valeur... et c'est beau. Le personnage de Meursault quant à lui est dérangeant, un "animal à sang froid", sans émotions, quasiment mutique. On espère que l'amour, voir le crime vont lui procurer des émotions positives ou même négatives mais non, il traverse sa vie (le film) sans jamais livrer ses sentiments. Pas de pleures, pas de rires, pas d'affect. On est sur un profil psychiatrique. Dérangeant. Un seul interlocuteur arrive à le pousser dans ses retranchements et à le faire parler, s'énerver...un prêtre. Cela fait presque du bien de voir Meursault faire des phrases, se révolter.... mais on est déjà à la fin du film. Quelle morale tirer de ce personnage, de ce film ? Quel message retenir de Camus ? L'absurdité de la vie, l'inutilité des relations humaines...je ne sais pas bien. Un film triste, une vision de l'existence noire et sans plaisir. Un petit coup de gueule pour finir... Dans ce film on retrouve aussi Pierre Lottin qui nous fait encore et encore du Lottin....stop !
je reconnais la qualité du jeu d'acteur et celle des scènes filmées mais le rythme du film est affreusement long. Ça correspond certes sûrement a celui du livre , mais j'ai eu beaucoup de mal a le regarder.
Chapeau bas. Oser s’attaquer à une telle œuvre, c’est culotté. L’ambiance de l’écrit est bien respectée et la narration est fidèle. L’usage du noir et blanc est parfaite. Bref c’est que du bon. Reste quelques petites longueurs tout de même et mieux vaut y aller si on a lu et apprécié le livre, sinon ça risque d’être pesant. Clin d’œil musical bien apprécié au générique de fin avec The Cure et leur titre « Killing an Arab » directement inspiré des frasques de Meursault sur la plage.
On ne sent pas la chaleur, la lourdeur, la sécheresse, l'insignifiance, les douleurs du chien, ni même finalement l'absurde sauf peut-être par contraste lors de l'apparition de la superbe Marie, une révélation. Les scenes de paillote sont ridicules, le moment pédoérotique relou, pour le reste c'est très appliqué très lèché, trop : kasba, femmes voilées, autocars, clopes, décors, ... Finalement le grand moment est celui du dialogue avec le prêtre et les citations du roman qui rappellent combien cette oeuvre est énorme.. et pas ce film.
Très beau film même s'il est un peu long (2h). Benjamin Voisin est exceptionnel, c est Le grand acteur de sa génération. Le reste du casting est impeccable. Les images sont magnifiques, renforcées par le noir et blanc.
J'étais sans préjugés et même sous l'influence de connaissances diverses enchantées. Au début j'ai voulu y croire. Mais vers le premier tiers, j'ai commencé à m'ennuyer ferme. Assez pénible film français, long, à l'esthetique soignée digne d'un film publicitaire, bourré d'anachronismes et d'incohérences visuelles de tout ordre. Propos creux ou rebattu et dépassé. Sans doute celui de Camus, que ce film, ne m'a pas donné enve de relire. Allez plutôt voir L'Inconnu de la grande arche, sans prétention, avec un propos clair et plus humaniste.
L'une des plus belles cinématographie de l'année, image soignée et sensuelle qui n'est peut-être pas toujours accessible quand on est pas familier avec l'œuvre d'origine.