L’Étranger
Note moyenne
3,7
3857 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

477 critiques spectateurs

5
61 critiques
4
184 critiques
3
140 critiques
2
67 critiques
1
16 critiques
0
9 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
1000gr2Sci
1000gr2Sci

23 abonnés 264 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 novembre 2025
L’Étranger n’est pas un film, c’est une marche funèbre sous le soleil, où chaque plan transpire l’absurde avec la sécheresse d’une gifle métaphysique. Meursault ne pense pas, il constate ; il ne vit pas, il dérive — et la caméra, fidèle à Camus, refuse toute émotion facile, tout espoir consolant. C’est un monde sans pourquoi, filmé avec une cruauté lumineuse, où même la mer semble indifférente à la mort. Un chef-d’œuvre austère et solaire, qui vous laisse nu face à l’inconfort d’exister.
Totoscope
Totoscope

11 abonnés 115 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 novembre 2025
François Ozon s’attaque à un monument en adaptant le roman cultissime et réputé inadaptable d’Albert Camus. Un défi XXL qui s’appuie sur un choix fort : celui de refuser - à de rares exceptions près - l’usage de la voix-off. Un choix osé, qui rend ce personnage, à la psyché insondable, encore plus opaque. Ce qui ne facilitera pas la tâche aux spectateurs qui ne connaissent pas le texte dont on retrouve pourtant le propos : celui d’un homme jugé monstrueux, non pour son crime - le meurtre d’un Arabe - mais parce que sa personnalité ne colle pas avec les attentes de la société. Meursault refuse le jeu social et devient le symbole d’une jeunesse qui, face à l'absurdité d’un monde illisible, creux et violent, choisit le néant et la déconnexion.

Plastiquement c’est sûrement l’Ozon le plus réussi. C’est très beau, très agréable à regarder mais justement ça l’est peut-être trop. Trop propre, trop glamour pour ce que c’est censé représenter. La mise en scène épurée, le noir et blanc léché, les décors et les acteurs sublimes, offrent une sensualité profonde, fascinante, une aura pleine de mystère, quasi surréaliste mais, à l’inverse du Queer de Guadagnino sorti plus tôt cette année, on ne ressent pas assez la chaleur, la sueur, l’alcool, la clope. Tout cela est atténué par une esthétique élégante qui évoque presque une carte postale de l’Algérie française.

Et pourtant, on sent percer une remise en contexte de l’œuvre avec une critique de la colonisation française, de l’invisibilisation et de la ségrégation des “indigènes”. En ce sens, il fait davantage de Sintés un envahisseur qui méprise et exploite les Arabes et surtout il donne du poids (et un prénom) au personnage de Djamila, la sœur de l’Arabe, ainsi qu’à Marie, l’autre personnage féminin.

L’introduction et la conclusion viennent, elles aussi, confirmer que, sans y parvenir parfaitement, Ozon propose une réactualisation ambitieuse et bienvenue du mythe Meursault dans un monde moderne désenchanté et en pleine crise identitaire. Un film, formellement sublime, qui navigue quelque part entre fidélité académique et relecture critique.
Lord-Aslan
Lord-Aslan

1 critique Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 novembre 2025
Je l'ai vu hier, je le compare du coup aux deux films que j'ai vus au cinéma récemment (la femme la plus riche du monde, et Chien 51). C'est nettement au-dessus pour moi.
Le noir et blanc est beau esthétiquement et même si B. Voisin parle très peu, il passe beaucoup d'émotions dans son visage et ses expressions. Chaque spectateur y lira les émotions qu'il veut y lire.
La seule chose qu'on peut regretter à mon sens est de ne pas pouvoir sentir les odeurs, dans mon souvenir le livre de Camus faisait appel à tous les sens, notamment l'odorat.

Une bonne surprise pour ma part.
Mahaliafeller004
Mahaliafeller004

2 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 novembre 2025
super film, j'ai cependant trouvé qu'il y avait quelques longeures à la fin... Sinon très bonne adaptation du roman de Camus
Sébastien D.
Sébastien D.

12 abonnés 85 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 novembre 2025
C'est une réussite d'adaptation car le film est aussi long à regarder que le livre est chiant à lire.
heureusement que les acteurs sont excellents Benjamin Voisin, Rebeka Marder et Pierre Lotin.
Dommage d'imposer le noir et blanc car il y a tellement de belles couleurs au Maghreb.
Rideau sur l'Écran
Rideau sur l'Écran

102 abonnés 226 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 novembre 2025
Adaptation délicate du roman culte de Albert Camus, le film de François Ozon parvient à encapsuler la jeunesse en mal-être, cette sensation d’être dépassé par un monde absurde et étranger. Fidèle dans l’esprit mais libre dans la forme, Ozon glisse l’ennui, le malaise et l’isolement de son héros dans une Algérie coloniale résonnant avec nos crises contemporaines. La bascule vers une seconde partie plus iconographique affaiblit pourtant le souffle initial : là où la mise en scène cherchait le fantastique niché dans le réel, elle reste prisonnière d’une esthétique trop décorative pour tirer pleinement de ce grand texte sa force vertigineuse. Malgré une interprétation convaincante de Benjamin Voisin (grandement aidé par une photographie qui le sublime), l’ensemble reste à mi-chemin entre révélation et frustration.
PASCAL C
PASCAL C

27 abonnés 296 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 novembre 2025
Une photo, une reconstitution au service de cette histoire universelle : que sommes nous donc venu(e)s faire dans cette galère ? Quel sens donner à notre existence ? Un beau film.
sylounette
sylounette

59 abonnés 243 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 novembre 2025
je n'ai pas retrouvé Camus..
j'ai trouvé un film long long long, lent lent lent.. avec une première partie sans paroles quasiment.. Je me suis ennuyée et je n'avais qu'une hâte c'est que cela se termine !!
Pour moi c'est totalement râté et je suis surprise de voir que certains sont enthousiasmés par ce film.. à moins de vouloir jouer à l'intello ? car il ne faut pas exagérer, il est normal que certains aiment mais pas à crier au chef d'oeuvre
BerD
BerD

6 abonnés 62 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 novembre 2025
L’adaptation du livre de Camus force l’admiration. Meursault y apparaît comme l’incarnation de la philosophie de l’absurde developpée par l’auteur en son temps. Philosophie un peu datée mais qui pose de vraies questions. Un film âpre à resituer dans son contexte au risque de passer à côté voire de se méprendre complètement sur ses intentions.
_ko21lh
_ko21lh

1 critique Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 novembre 2025
L'adaptation du 'L'Étranger' par François Ozon échoue là où on pouvait le craindre : en voulant rendre Camus lisible, elle le trahit. Ozon rend le récit plus lisse, plus « cinématographique », et c’est là que le film perd toute la beauté et la force du texte.
Le roman enfermait le lecteur dans la conscience froide et distante de Meursault. Ici, Ozon abandonne ce point de vue interne pour un regard extérieur, censé offrir une vision plus réaliste et accessible. Pourtant, le résultat manque cruellement de naturel : tout paraît joué, figé, artificiel. Les relations sociales, censées être observées à distance, conservent une froideur impersonnelle qui rappelle le regard de Meursault sans jamais l’assumer vraiment. On ne sait plus si le film adopte un point de vue interne ou externe, et ce flottement permanent finit par désorienter sans jamais nourrir la réflexion.
Benjamin Voisin incarne un Meursault d’apparence juvénile, presque romantique — à mille lieues du personnage indifférent et passif imaginé par Camus. Les scènes de sexe, en plus d’être inutiles, apportent une forme de romantisme qui trahit complètement la sécheresse du texte original.
Les ajouts d’Ozon — donner des noms aux Arabes, expliciter la question coloniale — affaiblissent le propos plus qu’ils ne l’enrichissent. Certes, il est naturel de partager son point de vue moral, mais le silence du roman est bien plus fort que les mots qu’on y ajoute. Camus laissait au lecteur la liberté de lire dans ce silence une dénonciation, ou non ; Ozon, lui, tranche. Résultat : ce qu’il propose est déjà entendu, prévisible, politiquement faible et finalement assez plat. Dans le contexte de 2025, ce silence aurait résonné bien plus fort qu’un discours « déjà entendu » qui n’engage rien et affaiblit la violence de la colonisation que le roman suggère par omission.
On sort du film non pas troublé comme après avoir lu Camus, mais frustré. L’Étranger d’Ozon ne laisse pas place au doute ni au questionnement : tout est lissé, cadré, expliqué. Ce qui devait être dérangeant devient simplement plat.
Caro Cinéma
Caro Cinéma

81 abonnés 367 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 novembre 2025
Le film séduit d’abord par sa belle photographie, le noir et blanc lui va vraiment bien. Mais malgré cette esthétique, le rythme est assez lent au début.
Puis, à mi-parcours, le film change de ton, il gagne en rythme et en tension et l’ambiance devient de plus en plus dérangeante, presque malaisante.
C’est une œuvre particulière, sombre, pleine de noirceur...
Nine R.
Nine R.

Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 novembre 2025
L’étranger de François Ozon
Je suis allée voir le film comme on retourne sur un lieu de sa jeunesse, avec curiosité, en ayant en tête quelques images fortes et le souvenir d’une incompréhension. Étais-je trop jeune pour saisir toutes les subtilités de cette histoire ?
Comme beaucoup, j’ai lu le livre au collège ; j’avais apprécié son étrangeté et plus encore les analyses que nous en avions faites en classe, encouragés par une bonne prof de français, qui permettait d’en avoir une approche littéraire et “philosophique� stimulante.
Ce roman, à l’inverse de beaucoup de personnes que je connais, ne m’avait pas laissée de marbre en raison de la complexité des thèmes abordés (l’absurdité de la vie, l’indifférence, l’illusion que le monde à un sens etc…) mais la psychologie de Meursault ainsi que la motivation de son acte restaient opaques, réfractaires à une interprétation satisfaisante.
Difficile d’aimer un personnage qu’on ne parvient pas vraiment à comprendre, malheureux, auquel l’identification est quasi impossible.
Je n’ai jamais ressenti le besoin de le relire, à l’inverse de La peste par exemple où il n’est question que d’humanité.
Et, j’avais complètement oublié l’existence de Marie (sublime Rebecca Marder que n’importe quel être humain souhaiterait adorer une vie entière ! ).
Ozon en faisant le choix du noir et blanc et celui d’acteurs très (trop?) photogéniques nous offre un film très esthétique qui s’explique, je crois, par l’intention de montrer, par contraste, l’absurdité du protagoniste à renoncer au charme et à la beauté du monde. Le réalisateur le présente comme un être sensuel, sensible aux sons d’Alger (appel à la prière, bruits de la rue), à l’observation de la vie de ses congénères, aux étreintes charnelles avec sa compagne et aux plaisirs de la baignade.
Mais Meursault n’est habité par rien. Il vit dans un présent perpétuel (il n’a pas d’ambitions professionnelles, ne voit pas l’interêt du mariage mais veut bien se marier) et semble ne se souvenir de rien. Il flotte dans un vide existentiel.
Le film parvient très bien à nous faire ressentir la solitude et même l’absence de mémoire affective de Meursault. Marie dit qu’il ne ment jamais et parle peu mais que ressent-il ? Il est incapable de dire si il aime sa compagne.
Il ne se défend pas lors de son procès, pire il ne montre aucun remord, aucun sens moral. Il évoque le soleil pour justifier son acte, un soleil de plomb accablant, écrasant.
Oui, il est écrasé, coupable ontoliquement ainsi qu’il le dit à l’aumônier dans sa cellule : “nous sommes tous coupables� Mais de quoi ? Est-il coupable de vivre ? Il ne parle jamais de sa mère morte, celle qui lui a donné la vie, ce sont les autres qui en parlent, lui n’a qu’une photo d’elle et pourtant sa présence (absence) imprègne tout le film.
Il demeure bien des interrogations au sujet du meurtre de l’Arabe sur la plage. Le film ne peut y répondre mais aujourd’hui je vois en Meursault un être profondément pathologique, obsédé par la mort (l’incipit du livre est “Aujourd’hui, maman est morte� qu’Ozon a remplacé par “J’ai tué un arabe “) et finalement absorbée par elle, comme s’il l’avait toujours méritée.
Car enfin qui Meursault tue t-il vraiment en passant à l’acte : est-ce l’étranger en lui-même ? Le Meursault qui vit sans se connaître ? Est-ce un père symbole du principe d’autorité?
Et si, au fond, il cherchait qu’on lui accorde la mort que lui-même ne peut se donner.
Bon, je m’égare…
En tout cas, je suis reconnaissante à Ozon de laisser au film sa part de mystère et de m’offrir l’occasion de m’interroger à nouveau sur cette question en rien… absurde !
Dom Domi
Dom Domi

54 abonnés 360 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 12 novembre 2025
Fan du cinéma de Ozon et des livres de Camus, comment passer à côté de ce film ? Je l'ai vu avec une certaine appréhension car le livre de Camus m'est apparu si puissant que je craignais qu'il ne soit pas traduit cinématographiquement à la hauteur du livre. C'est malheureusement ce qui s'est produit ici. La montagne s'est avérée trop haute et le résultat m'a laissé sur ma fin. Le film de Visconti s'est rapproché au mieux du livre sans atteindre l'excellence parce que ce livre, probablement, porte en lui l'essence de la lecture et ne permet pas une traduction autre que par des mots à lire. Le roman : La chute aurait peut-être permis a Ozon de parvenir à faire entrer Camus dans les salles de cinéma avec plus de puissance. Là, l'auteur est servi de manière bancale notamment à la fin où le message de Camus est concentré dans une scène finale qui joue elle-même contre le film en réduisant le message à une tirade sans saveur et trop restrictive
Shining80
Shining80

10 abonnés 28 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 novembre 2025
Une réalisation très soignée qui nous plonge en immersion dans l'Algérie française d'avant guerre. Je sais que le livre d'Albert Camus est réputé particulièrement complexe dans sa narration et difficilement accessible. Le film permet donc une lecture, par son réalisateur, peut être plus claire pour cerner différents points de l'ouvrage. En tout les cas le choix du noir et blanc magnifie les ruelles de la Casbah jusqu'à la plage en passant par les bains d'Alger. La réflexion posée ici est curieusement un peu (juste un peu) en lien avec celle de l'homme qui rétrécit sortie dans cette même période, sur le sens de l'existence. La nonchalance du protagoniste est presque obsessionnelle pour le spectateur, ces phrases telles que " spoiler: Nous n'y pouvons rien
" ou encore " spoiler: Ça n'a pas d'importance
" nous questionnes sans cesse tout au long de l'œuvre. spoiler: La scène du procès est particulièrement réussie je trouve, ainsi que la narration finale et la scène avec le prêtre en visite dans la cellule
. J'ai aimé (à mon étonnement) et recommande cette oeuvre, tout en rappelant que le film ne pourra pas plaire et être accessible à tout le monde.
Timothe Bauer
Timothe Bauer

1 critique Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 novembre 2025
Camus sans la beauté des textes de Camus.
On ne fera jamais aussi bien de l'ancien que l'ancien lui-même, même en noir et blanc.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse