Note moyenne
3,7
4249 notes
En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
5
61 critiques
4
189 critiques
3
147 critiques
2
72 critiques
1
18 critiques
0
10 critiques
Trier par :
Filtrer par :
Toutes les notes
# L’Étranger de François Ozon : L’Absurde dissous dans le réalisme sensoriel
Adapter *L’Étranger* d’Albert Camus au cinéma est un exercice presque paradoxal. Comment filmer « l’écriture blanche » ? Comment donner corps à Meursault, ce personnage qui subit le monde par ses sensations physiques tout en refusant de traduire son existence selon les codes moraux de la société ? Dans sa version, François Ozon livre une œuvre plastique d'une grande beauté, mais il se heurte à une limite structurelle : en choisissant le prisme du réalisme et de la sensualité, il transforme un vertige métaphysique en un drame historique et charnel.
---
## 1. Le piège de la grille clinique : Un Meursault alexithymique mais trop incarné
L'une des grandes réussites de surface du film est sa restitution textuelle du comportement de Meursault (incarné par Benjamin Voisin). Le spectateur contemporain y décèle immédiatement un profil clinique d’**alexithymie** : une incapacité chronique à nommer ses émotions (*« cela ne voulait rien dire »* lorsqu'on lui parle d'amour), un surinvestissement des stimuli physiques (la chaleur, l'éclat du soleil, le désir brut pour Marie) et une pensée opératoire, purement pragmatique.
Cependant, le cinéma d'Ozon – cinéaste du corps, du trouble et du désir – commet un contresens philosophique en esthétisant cette pathologie. Chez Camus, ce détachement est le véhicule de l'**Absurde** (la confrontation entre l'homme en quête de sens et le silence du monde). Chez Ozon, la beauté solaire des images et la complicité charnelle avec Marie (Rebecca Marder) réinjectent du romanesque là où il faudrait de la vacuité. Meursault passe alors pour un jeune homme nonchalant et sensuel, plutôt que pour l’incarnation de l’honnêteté radicale et du vide existentiel.
---
## 2. Le procès : Un Absurde prisonnier du naturalisme
Le pivot du film réside dans la scène du procès, ce moment théâtral où la société bascule dans le grotesque en jugeant Meursault non pas pour le meurtre de l'Arabe, mais pour « avoir enterré sa mère avec un cœur de criminel » (le grief suprême étant d'avoir bu un café au lait et fumé une cigarette devant le cercueil).
Ozon capte l'ironie et l'absurdité de ces répliques, mais la mise en scène reste impuissante à en faire un choc philosophique. Pourquoi ? Parce que le cinéaste s'est enfermé dans un cadre réaliste et naturaliste durant la première heure du film. Pousser l'absurdité du procès à son paroxysme métaphysique aurait exigé des distorsions visuelles majeures. Or, le faire au milieu d'un film si formellement classique aurait paru totalement **décalé et artificiel**. Ozon fait le choix de préserver la cohérence réaliste de son œuvre, mais ce choix se fait au détriment du souffle camusien : l’Absurde y est traité comme une simple bizarrerie judiciaire, un dysfonctionnement de l'époque, et non comme une condition humaine universelle.
---
## 3. Le contre-exemple d'Orson Welles : L'Absurde par la structure
Pour comprendre ce qui manque cruellement au film d'Ozon, il faut le confronter à l'adaptation du *Procès* de Kafka par Orson Welles en 1962. Welles a compris une vérité fondamentale : on ne peut pas filmer l'existentialisme ou l'absurde avec une grammaire visuelle réaliste. Si l'on déploie linéairement les forces en présence, le contraste entre les deux cinéastes devient saisissant sur trois niveaux majeurs.
### Le pacte de lecture initial
Tout se joue dès les premières minutes du film. Orson Welles ouvre *Le Procès* par la parabole « Devant la Loi », mise en scène à travers une saynète d'animation surréalisante et hypnotique. Ce choix fort avertit immédiatement le spectateur qu'il n'entre pas dans un film policier traditionnel, mais dans un conte philosophique et allégorique. À l'inverse, François Ozon ouvre *L'Étranger* sur une reconstitution historique extrêmement soignée de l'Alger de 1938. Le pacte scellé avec le spectateur est d'emblée celui d'un drame d'époque réaliste, ce qui va lourdement hypothéquer la suite.
### La grammaire visuelle et spatiale
Cette divergence de départ se prolonge dans l'utilisation même de la caméra et de l'espace. Chez Welles, l'absurde est sécrété directement par l'image : il filme des décors cyclopéens, des plafonds écrasants et utilise des angles de caméra déformants pour transcrire visuellement la paranoïa bureaucratique. Chez Ozon, la mise en scène reste d'un grand classicisme. Malgré une très belle esthétique et l'usage du noir et blanc, la lumière reste chaleureuse et les cadres très sages. L'absurde n'est alors jamais généré par la mise en scène ; il est uniquement dit par le texte et les répliques des acteurs.
### Le geste de cinéma global
Finalement, c'est la philosophie même de l'adaptation qui sépare les deux œuvres. Orson Welles fait le choix de trahir la lettre du texte de Kafka pour mieux en sauver l'esprit métaphysique par une réinvention visuelle totale. François Ozon, au contraire, respecte scrupuleusement la lettre et le déroulement du roman de Camus, mais il en dissout le souffle et le vertige dans un confort visuel et un naturalisme trop rigides pour bousculer le spectateur.
---
## Conclusion : Un fait divers tragique plutôt qu'un mythe existentiel
En définitive, le film de François Ozon est une œuvre élégante, portée par des acteurs impeccables, mais qui illustre le texte sans jamais le transcencer. En refusant de rompre avec le naturalisme, Ozon condamne l'Absurde à n'être que thématique, là où Welles prouvait qu'il devait être structurel.
En voulant rendre Meursault plus humain, plus proche de son contexte historique et de ses pulsions physiques, le film rate la marche de la métaphysique. Il nous reste un très beau film sur l'incompréhension sociale et le destin tragique d'un homme indifférent, mais le grand film sur le vertige de l'Absurde camusien, lui, reste encore à faire.
Adapter *L’Étranger* d’Albert Camus au cinéma est un exercice presque paradoxal. Comment filmer « l’écriture blanche » ? Comment donner corps à Meursault, ce personnage qui subit le monde par ses sensations physiques tout en refusant de traduire son existence selon les codes moraux de la société ? Dans sa version, François Ozon livre une œuvre plastique d'une grande beauté, mais il se heurte à une limite structurelle : en choisissant le prisme du réalisme et de la sensualité, il transforme un vertige métaphysique en un drame historique et charnel.
---
## 1. Le piège de la grille clinique : Un Meursault alexithymique mais trop incarné
L'une des grandes réussites de surface du film est sa restitution textuelle du comportement de Meursault (incarné par Benjamin Voisin). Le spectateur contemporain y décèle immédiatement un profil clinique d’**alexithymie** : une incapacité chronique à nommer ses émotions (*« cela ne voulait rien dire »* lorsqu'on lui parle d'amour), un surinvestissement des stimuli physiques (la chaleur, l'éclat du soleil, le désir brut pour Marie) et une pensée opératoire, purement pragmatique.
Cependant, le cinéma d'Ozon – cinéaste du corps, du trouble et du désir – commet un contresens philosophique en esthétisant cette pathologie. Chez Camus, ce détachement est le véhicule de l'**Absurde** (la confrontation entre l'homme en quête de sens et le silence du monde). Chez Ozon, la beauté solaire des images et la complicité charnelle avec Marie (Rebecca Marder) réinjectent du romanesque là où il faudrait de la vacuité. Meursault passe alors pour un jeune homme nonchalant et sensuel, plutôt que pour l’incarnation de l’honnêteté radicale et du vide existentiel.
---
## 2. Le procès : Un Absurde prisonnier du naturalisme
Le pivot du film réside dans la scène du procès, ce moment théâtral où la société bascule dans le grotesque en jugeant Meursault non pas pour le meurtre de l'Arabe, mais pour « avoir enterré sa mère avec un cœur de criminel » (le grief suprême étant d'avoir bu un café au lait et fumé une cigarette devant le cercueil).
Ozon capte l'ironie et l'absurdité de ces répliques, mais la mise en scène reste impuissante à en faire un choc philosophique. Pourquoi ? Parce que le cinéaste s'est enfermé dans un cadre réaliste et naturaliste durant la première heure du film. Pousser l'absurdité du procès à son paroxysme métaphysique aurait exigé des distorsions visuelles majeures. Or, le faire au milieu d'un film si formellement classique aurait paru totalement **décalé et artificiel**. Ozon fait le choix de préserver la cohérence réaliste de son œuvre, mais ce choix se fait au détriment du souffle camusien : l’Absurde y est traité comme une simple bizarrerie judiciaire, un dysfonctionnement de l'époque, et non comme une condition humaine universelle.
---
## 3. Le contre-exemple d'Orson Welles : L'Absurde par la structure
Pour comprendre ce qui manque cruellement au film d'Ozon, il faut le confronter à l'adaptation du *Procès* de Kafka par Orson Welles en 1962. Welles a compris une vérité fondamentale : on ne peut pas filmer l'existentialisme ou l'absurde avec une grammaire visuelle réaliste. Si l'on déploie linéairement les forces en présence, le contraste entre les deux cinéastes devient saisissant sur trois niveaux majeurs.
### Le pacte de lecture initial
Tout se joue dès les premières minutes du film. Orson Welles ouvre *Le Procès* par la parabole « Devant la Loi », mise en scène à travers une saynète d'animation surréalisante et hypnotique. Ce choix fort avertit immédiatement le spectateur qu'il n'entre pas dans un film policier traditionnel, mais dans un conte philosophique et allégorique. À l'inverse, François Ozon ouvre *L'Étranger* sur une reconstitution historique extrêmement soignée de l'Alger de 1938. Le pacte scellé avec le spectateur est d'emblée celui d'un drame d'époque réaliste, ce qui va lourdement hypothéquer la suite.
### La grammaire visuelle et spatiale
Cette divergence de départ se prolonge dans l'utilisation même de la caméra et de l'espace. Chez Welles, l'absurde est sécrété directement par l'image : il filme des décors cyclopéens, des plafonds écrasants et utilise des angles de caméra déformants pour transcrire visuellement la paranoïa bureaucratique. Chez Ozon, la mise en scène reste d'un grand classicisme. Malgré une très belle esthétique et l'usage du noir et blanc, la lumière reste chaleureuse et les cadres très sages. L'absurde n'est alors jamais généré par la mise en scène ; il est uniquement dit par le texte et les répliques des acteurs.
### Le geste de cinéma global
Finalement, c'est la philosophie même de l'adaptation qui sépare les deux œuvres. Orson Welles fait le choix de trahir la lettre du texte de Kafka pour mieux en sauver l'esprit métaphysique par une réinvention visuelle totale. François Ozon, au contraire, respecte scrupuleusement la lettre et le déroulement du roman de Camus, mais il en dissout le souffle et le vertige dans un confort visuel et un naturalisme trop rigides pour bousculer le spectateur.
---
## Conclusion : Un fait divers tragique plutôt qu'un mythe existentiel
En définitive, le film de François Ozon est une œuvre élégante, portée par des acteurs impeccables, mais qui illustre le texte sans jamais le transcencer. En refusant de rompre avec le naturalisme, Ozon condamne l'Absurde à n'être que thématique, là où Welles prouvait qu'il devait être structurel.
En voulant rendre Meursault plus humain, plus proche de son contexte historique et de ses pulsions physiques, le film rate la marche de la métaphysique. Il nous reste un très beau film sur l'incompréhension sociale et le destin tragique d'un homme indifférent, mais le grand film sur le vertige de l'Absurde camusien, lui, reste encore à faire.
Mon dieu !!
Quelle catastrophe ce film !!
Peu de dialogue, peu de musique , un personnage principal froid à souhait.
Bref l’ennui absolu.
Ozon n’a rien osé.
Nul de chez nul.
Quelle catastrophe ce film !!
Peu de dialogue, peu de musique , un personnage principal froid à souhait.
Bref l’ennui absolu.
Ozon n’a rien osé.
Nul de chez nul.
Le noir est blanc alterne entre le très beau et le franchement laid. Il a de plus l’immense défaut de très mal retranscrire la chaleur et la pesanteur du soleil qui devrait être au cœur du récit.
Le film est trop mou et son personnage principale trop cryptique
Le film est trop mou et son personnage principale trop cryptique
Contrairement à Visconti, François Ozon s’en sort plus qu’honorablement. Le choix d’un noir et blanc aveuglant est culotté et les libertés prisent pour son adaptation de «L’ Étranger » ne dénature aucunement le manuscrit d’Albert Camus. C’est du bon boulot quoique un poil scolaire notamment dans la deuxième partie du film. Dans le rôle de Meursault, Benjamin Voisin fait l’unanimité.
Un film pénible à regarder (comme le livre est pénible à lire...) mais qui offre une belle interprétation de la part de Benjamin Voisin, de magnifiques images d'un Alger baignant dans le soleil et un hommage au cultissime "Killing an arab" de The Cure.
Rien que pour ça, les 2 heures en noir et blanc du réalisateur François Ozon valent le détour.
Rien que pour ça, les 2 heures en noir et blanc du réalisateur François Ozon valent le détour.
L'histoire est plate, la réalisation pantouflarde, c'est lent, c'est sans émotion comme son personnage principal. C'est justement censé décrire une existence sans y prendre goût...On s'ennuie grave.
J’ai vu un film... qui s’attaque à l'incroyable "L’Étranger" d’Albert Camus, François Ozon ne livre pas une simple illustration littéraire, mais une relecture moderne, sublime et intelligemment politique.
Le cinéaste capte, par touches chirurgicales, une atmosphère de masculinité toxique, raciste et violente. Dans ce contexte colonial brûlant, Meursault observe le mal sans interférer, spectateur d'un monde dont il est l'intrus. Benjamin Voisin est impressionnant de retenue.. Il incarne ce personnage nébuleux avec une neutralité troublante. Son jeu épouse parfaitement l’essence de l’antihéros camusien : un homme effacé, désintéressé, dont l'absence d'émotion devient un acte de rébellion involontaire contre les conventions sociales.
Ozon fait le choix audacieux d’un noir et blanc somptueux, ce qui donne au film une dimension intemporelle et renforçant la sécheresse du récit. Là où le roman passait par les mots, le réalisateur réussit à créer l'impression avec le silence, les regards et la lumière qui traduisent l'absurde.
Malgré une dernière partie un peu didactique, le film réussit l’exploit de transposer la radicalité d'un protagoniste insaisissable. C’est une œuvre fascinante sur la solitude d'un homme qui, en refusant de mentir sur ses sentiments, finit par attirer sa propre destruction. Un pari risqué, mais magistralement relevé.
Le cinéaste capte, par touches chirurgicales, une atmosphère de masculinité toxique, raciste et violente. Dans ce contexte colonial brûlant, Meursault observe le mal sans interférer, spectateur d'un monde dont il est l'intrus. Benjamin Voisin est impressionnant de retenue.. Il incarne ce personnage nébuleux avec une neutralité troublante. Son jeu épouse parfaitement l’essence de l’antihéros camusien : un homme effacé, désintéressé, dont l'absence d'émotion devient un acte de rébellion involontaire contre les conventions sociales.
Ozon fait le choix audacieux d’un noir et blanc somptueux, ce qui donne au film une dimension intemporelle et renforçant la sécheresse du récit. Là où le roman passait par les mots, le réalisateur réussit à créer l'impression avec le silence, les regards et la lumière qui traduisent l'absurde.
Malgré une dernière partie un peu didactique, le film réussit l’exploit de transposer la radicalité d'un protagoniste insaisissable. C’est une œuvre fascinante sur la solitude d'un homme qui, en refusant de mentir sur ses sentiments, finit par attirer sa propre destruction. Un pari risqué, mais magistralement relevé.
Le réalisateur François Ozon ose le pari d’adapter le roman d’Albert Camus et cette audace est payante. Parvenant à insuffler une touche contemporaine tout en conservant l’essence même du récit, il apporte une vision très texturée avec un choix d’un noir et blanc conférant cette essence mystique et brute propre au roman offrant une dimension bien singulière à ce monstre d’indifférence qu’est le personnage principal, brillamment incarné à l’écran par l’acteur Benjamin Voisin et bien entouré par d’excellents seconds rôles. Tout juste on pourra regretter une dernière partie trop verbeuse et didactique dans son approche. C’est une version pleine d’audace et globalement réussie.
Avec "L’Étranger", François Ozon s’attaque à un monument de la littérature française, le roman de Albert Camus. Un pari risqué tant l’œuvre originale, introspective et philosophique, repose sur une intériorité difficile à transposer à l’écran. Et pourtant, le cinéaste parvient à en livrer une adaptation aussi respectueuse que personnelle. Le film suit un homme détaché du monde, indifférent aux conventions sociales, dont la vie bascule après un meurtre presque absurde sur une plage écrasée de soleil. À travers son procès, c’est moins son acte qui est jugé que son incapacité à ressentir ou à se conformer aux attentes de la société. Ozon fait le choix audacieux d’un noir et blanc somptueux, qui confère au film une dimension presque intemporelle. Ce parti pris esthétique renforce la sécheresse du récit, son minimalisme émotionnel, tout en sublimant les décors et les visages. Au cœur du film, Benjamin Voisin impressionne. Il incarne Meursault avec une retenue remarquable, évitant toute surinterprétation. Son jeu, presque neutre, épouse parfaitement l’essence du personnage imaginé par Camus : un homme en décalage total avec le monde, dont l’absence apparente d’émotion devient troublante. Là où le roman passe par les mots, Ozon utilise le silence, les regards, la lumière.
Sur la forme, je n’ai pas vraiment su quelle note mettre, tant les acteurs jouent bien et que paysages et scènes de vie sont bien rendues par la caméra.
Sur le fond, c’est ennuyeux, lent, triste, vide, absurde, manifestement à l’image du livre qui inspira ce film et plus largement l’œuvre de Camus. Jusque dans sa cellule avec l’aumônier, Meursault est aveugle, sourd à l’amour, à la vie, à la Foi, à l’existence, à l’Espérance. Absurde et nihilisme sont les deux relais de cette œuvre.
Sur le fond, c’est ennuyeux, lent, triste, vide, absurde, manifestement à l’image du livre qui inspira ce film et plus largement l’œuvre de Camus. Jusque dans sa cellule avec l’aumônier, Meursault est aveugle, sourd à l’amour, à la vie, à la Foi, à l’existence, à l’Espérance. Absurde et nihilisme sont les deux relais de cette œuvre.
Je ne me lancerai pas dans un comparatif entre le film de François Ozon, et le célèbre roman d'Albert Camus dont il est tiré. D'une part, parce que j'ai lu ce dernier il y a un moment, sans en garder un souvenir précis. D'autre part, car je trouve que cela n'a pas de sens de comparer un objet littéraire et un objet filmique, ces deux médias étant très différents et ne permettant pas le même type d'exploration. Qu'en est-il donc du film de François Ozon ?
Dans l'Algérie française, Meursault est un homme qui parait insensible, déconnecté du monde qui l'entoure, s'émouvant à peine du décès de sa mère. Il rencontre une jolie jeune femme, puis est embarqué malgré-lui dans une rixe avec des locaux, qui va tourner au malheur.
Dès le départ, "l'Etranger" frappe de par sa forme. L'immersion dans l'Algérie coloniale est ambitieuse et très réussie, on s'y croirait (enfin je dis ça en ayant évidemment jamais connu cette époque ni ce lieu, et en sachant que le tournage a été effectué au Maroc !). D'autant que la photographie noir & blanc est particulièrement jolie et paradoxalement chaude, semblant sortie des publicités de mode esthétisées au style rétro.
En revanche, je n'ai pas été emballé par l'intrigue. Le premier tiers traîne des pieds, le mutisme du protagoniste n'aidant pas à dynamiser tout cela. Le récit se réveille surtout grâce aux personnages secondaires, par ailleurs bien campés (dont Pierre Lottin en voisin et proxénète butor). Mais le dernier tiers a tendance à retomber dans ces travers d'introspections presque mutiques, brisées occasionnellement par des dialogues trop littéraire pour du cinéma.
Dommage car Benjamin Voisin est très bon dans cet énigmatique protagoniste, dont le comportement à la fois social (pour la forme) et anti-social (pour les émotions) soulève de nombreuses thématiques philosophiques. Evoquant l'absurde, les normes, les sentiments... et accessoirement le colonialisme, même si j'imagine que ce n'était pas le propos du roman, écrit en 1942.
Dans l'Algérie française, Meursault est un homme qui parait insensible, déconnecté du monde qui l'entoure, s'émouvant à peine du décès de sa mère. Il rencontre une jolie jeune femme, puis est embarqué malgré-lui dans une rixe avec des locaux, qui va tourner au malheur.
Dès le départ, "l'Etranger" frappe de par sa forme. L'immersion dans l'Algérie coloniale est ambitieuse et très réussie, on s'y croirait (enfin je dis ça en ayant évidemment jamais connu cette époque ni ce lieu, et en sachant que le tournage a été effectué au Maroc !). D'autant que la photographie noir & blanc est particulièrement jolie et paradoxalement chaude, semblant sortie des publicités de mode esthétisées au style rétro.
En revanche, je n'ai pas été emballé par l'intrigue. Le premier tiers traîne des pieds, le mutisme du protagoniste n'aidant pas à dynamiser tout cela. Le récit se réveille surtout grâce aux personnages secondaires, par ailleurs bien campés (dont Pierre Lottin en voisin et proxénète butor). Mais le dernier tiers a tendance à retomber dans ces travers d'introspections presque mutiques, brisées occasionnellement par des dialogues trop littéraire pour du cinéma.
Dommage car Benjamin Voisin est très bon dans cet énigmatique protagoniste, dont le comportement à la fois social (pour la forme) et anti-social (pour les émotions) soulève de nombreuses thématiques philosophiques. Evoquant l'absurde, les normes, les sentiments... et accessoirement le colonialisme, même si j'imagine que ce n'était pas le propos du roman, écrit en 1942.
À l'exception de la scène avec l'aumônier, et du personnage de Marie, je ne retiens rien d'intéressant. Le film est très lent, les dialogues vidés de leur substance et résumés à des punchlines, l'ambiance anxiogène. De plus, le réalisateur a rajouté des scènes totalement absentes du livre ! Ce n'est pas à la hauteur de l'œuvre de Camus.
Ce qui frappe tout de suite, c’est la photo. Le noir et blanc est absolument somptueux, vraiment le gros point fort du film. Chaque plan est léché, presque hypnotisant — clairement, c’est là que réside tout son charme.
Mais du coup, ça déséquilibre un peu l’ensemble. La mise en scène devient presque secondaire, comme éclipsée par cette esthétique très marquée, et même si le jeu des acteurs est juste, il peine à exister face à une image aussi dominante.
Au final, c’est un film très beau à regarder, indéniablement, mais dont la plus grande qualité devient aussi son principal défaut : la forme prend tellement le dessus qu’elle finit par écraser le reste. Un peu frustrant, même si ça reste une belle expérience visuelle.
Mais du coup, ça déséquilibre un peu l’ensemble. La mise en scène devient presque secondaire, comme éclipsée par cette esthétique très marquée, et même si le jeu des acteurs est juste, il peine à exister face à une image aussi dominante.
Au final, c’est un film très beau à regarder, indéniablement, mais dont la plus grande qualité devient aussi son principal défaut : la forme prend tellement le dessus qu’elle finit par écraser le reste. Un peu frustrant, même si ça reste une belle expérience visuelle.
je vais copier une autre critique spectateur : "osons ne pas aimer l'étranger" ! Une histoire qui traine en longueur (alors que le livre est super), Pierre Lottin est comme d'habitude, caricatural en voyou, quant à Benjamin Voisin il ne vaut pas mieux.
Ozon m’a toujours paru un cinéaste surfant sur l’air des temps. Trop clinquant pour être convaincant. Ici c’est frappant: tout est frime. Rien d’autre.
- Meilleurs films
- Meilleurs films selon la presse