Lyrique et parfaitement maîtrisé au niveau de la réalisation. Sans aucun doute le plus beau film visuellement de François Ozon . Benjamin Voisin est impressionnant dans l'intensité. Beau et fort
Je me demandais sincèrement comment François Ozon allait réussir l’adaptation de L’Étranger, roman presque impossible à transposer tant l’essentiel se joue dans les creux, l’apathie, le silence de Meursault. Adapter, c’est forcément trahir : choisir, couper, réinventer. Et pourtant, la trahison d’Ozon ne trahit rien. Elle s’accorde, avec une sobriété rare, à l’esprit du livre.
La photographie, superbe, travaille la lumière et les contrastes comme si la vie elle-même était délavée. Tout semble légèrement retiré du monde, comme Meursault lui-même : une existence en nuances ternes, sans éclats, qui épouse parfaitement la tonalité du roman.
La lenteur du film est un autre choix fort. On est loin du rythme trépidant des blockbusters, mais cette lenteur est nécessaire, presque morale : elle nous oblige à ressentir la torpeur, l’inertie, le temps qui ne s’écoule qu’à moitié. Elle nous place au même endroit que Meursault, cet endroit où rien ne déborde.
Benjamin Voisin, lui, incarne un Meursault d’une justesse étonnante. Il joue l’absence sans vide, l’opacité sans lourdeur. Son corps, sa voix, son regard composent un personnage qui ne réagit pas mais qui existe malgré tout, comme un mystère parfaitement tenu. Les rôles secondaires, d’une grande précision, accentuent encore cette étrangeté autour de lui.
Au final, Ozon signe une adaptation sobre, lente, rigoureuse, et paradoxalement fidèle : fidèle non pas à la lettre, mais à cette vibration intérieure, à cette sensation de vie décolorée qui fait de L’Étranger une expérience unique.
Est-il possible d'adapter le chef-d'œuvre de Camus au cinéma ? François Ozon a eu le courage de s'y essayer et a (presque) réussi. "Réussi" car il a trouvé le ton juste et la bonne façon de filmer. Le noir et blanc, les silences, il a su créer une atmosphère chaude et lourde, une ambiance ambigue où ne perlent sur les corps brûlants d'Alger que les non-dits. C'est parfaitement réussi. On retrouve l'esprit de l'oeuvre. Le jeu mesuré et subtil de Benjamin Voisin n'y est pas non-plus étranger (désolé). "Presque" parce qu'il y a le procès, et là, soudain, sans raison, François Ozon dérape. Il se met à faire parler Meursault, en voix off, avec les mots de Camus, les phrases du livre. L'erreur est là. Car non-seulement la beauté de sa plume donne envie d'abandonner l'écran pour relire le roman, mais cela comble de surcroît le silence qui est inhérent à l'oeuvre. Très beau film. Presque parfait.
Je n'ai pas aimé ce noir et blanc métallique, je n'ai'pas aimé ce ton sentencieux et déclamatoire. Je n'ai pas aimé la froideur et la distance dans la posture et les interprétations des comédiens. Etranger je l'ai été tellement je me suis senti exclu du film.
Une histoire difficile à porter à l'écran,mais l'exercice est très réussi !Le personnage principal nous devient attachant malgré son détachement au monde qui l' noir et blanc augmente la force du Voisin est chef d'oeuvre !
En dépit d'un apparent statisme, c'est un film-brasier brûlé par le soleil ardent de l'Algérie et consumé par le choix du noir-et-blanc. Benjamin Voisin est à la hauteur de ce rôle très difficile de cet être quasi mort-vivant, habité par un nihilisme aux confins de la folie. On sort toutefois de la sidération quand ce personnage taiseux et insondable "se lâche" dans la scène en prison. Ce retournement casse un peu la magie grise qui émanait jusque là des différentes séquences. Mais sans doute est-ce dû à la fidélité au roman d'Albert Camus, que j'ai du coup envie de lire.
on s'ennuie, mais la photographie est sublime. Benjamin est sous-estimé, c'est juste à la dernière scène qu'il se réveille et Rebecca joue encore son énième rôle de petit ami romantique.
"je suis condamné parce que je n'ai pas pleuré à la mort de ma mère..." Il n'est pas bon d'être différent, de ne pas avoir de certitude. Finalement ce Meursault m'émeut étrangement...
Un film lent, assez contemplatif et fidèle au roman de Camus. Voisin donne du relief au personnage de Meursault, et le rend plus humain que je ne l’ai jamais imaginé.
Est ce parce que j'ai lu et relu le livre et que je ne reconnais pas Meursaut? Toujours est il que je suis très déçu. Meursaut a, dans le livre, une vie intérieure intense qu'il aurait peut-être été possible de traduire par plus de voix off. Certains rajouts par rapport au livre frisent le ridicule, tout comme certains personnages. Commencer le film par le titre de Cure alors que le début du roman est l'une des phrases les plus célèbres de la littérature (et qui donne tout de suite le ton du personnage) n'est pas la meilleure déviation par rapport au roman. J'ai en revanche bien aimé le procès
Le film m'a paru long, mais en me replongeant dans le livre et dans tout ce qu'il raconte implicitement j'ai compris tous les choix qui ont été fait. Je trouve cette adaptation magnifique et bouleversante, elle apporte un univers unique qui m'a charmée.
Un bon film le sujet est bien traité meme si la modernité de l'histoire de s'impose pas. Le monde de l'Algérie française est bien loin et le personnage principzl sans émotion est vraiment difficile a supporter