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Nanie
2 critiques
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4,5
Publiée le 2 décembre 2025
Un très beau film, très bien joué, excellente adaptation du livre de Camus. Un très beau travail dans le jeu des regards et des postures et une musique qui marque la cadence. Ce film est bouleversant et profond. Je le conseille vivement.
En refermant L’Étranger, demeure l’impression saisissante d’un film qui respire le silence et la chaleur. François Ozon ne se contente pas de filmer l’absurde : il le fait vivre dans chaque souffle, chaque éclat de lumière, chaque visage vidé de sens. Benjamin Voisin s’y dissout presque, tandis que Rebecca Marder apporte une vibration émotionnelle rare, et la caméra semble suspendre le temps. Entre fidélité et réinterprétation, Ozon trouve un juste équilibre : un hommage à Albert Camus autant qu’un reflet d’une époque en quête d’humanité. Un film brûlant et, certes, très scolaire — mais ce dépouillement recentre volontairement le regard du spectateur sur le fond plutôt que sur la forme.
Sûrement très fidèle au roman d’Albert Camus. Mais peu de souvenir. Le film est lent, le personnage principal, joué par Benjamin Voisin excellent, n’a aucune émotion. Cela m’a ennuyé… pas du ressort de Ozon qui filme le Maghreb superbement et met en avant ces acteurs divinement bien. Rebecca Marder, jeune amoureuse et Pierre Lottin, en proxénète nous régale. Rien que pour la réal, la photo et les acteurs je mets 3/5.
Ayant lu le roman de Camus il y a très longtemps, je ne suis pas en mesure de porter un avis sur la fidélité de son adaptation par le talentueux cinéaste, François Ozon. Par contre, j'ai pris beaucoup de plaisir lors de cette projection. Benjamin Voisin (rôle à Cesar) incarne le personnage de Merseault de manière remarquable, quasi mutique, puis distillant des réflexions presque philosophiques. Son histoire d'amour, son amitié toxique avec Sintès, et surtout l'ensemble filmé avec un noir et blanc nous replongeant dans l'Algérie de 1938 subjugue. Cette histoire est somme toute assez classique, mais elle va crescendo, comme si la chaleur embrasait les esprits. Rebecca Marder, Pierre Lottin ou même Swann Arlaud contribuent à la réussite du film.
Le film déploie un vrai sens de l’esthétique, avec une mise en scène très contemplative et des images particulièrement soignées. Le portrait de ce jeune homme, incarné par Benjamin Voisin, est remarquablement construit : l’acteur joue avec justesse et s’approprie pleinement son personnage. Quel dommage, pourtant, que l’on s’ennuie si souvent…
Meursault est-il un monstre moral ? Vu ce jour la lecture cinématographique par François Ozon de "L'Etranger" de Camus, très bon film qui épouse l'essentiel de l’œuvre initiale, qui en offre une belle quintessence visuelle, ce en noir et blanc... On découvre un Benjamin Voisin, beau comme Apollon, dans la peau de ce personnage apathique qui assiste en spectateur curieux à son propre procès, qui désire plus qu'il n'aime l'irradiante Marie, qui ne regrette rien, imperméable à toute chose ici-bas et réfractaire également aux promesses du ciel Le roman de Camus, mené à la 1ère personne, grâce à l'art de la focalisation interne, nous permettrait de pénétrer les pensées de l'anti-héros, là où le cinéma doit ruser en utilisant le dialogue entre Meursault et son amie afin de nous dévoiler le for intérieur du personnage, "héros" qui pourtant n'aime pas parler, d'où une légère dissonance par rapport au roman La narration de la scène du crime en plein soleil sur la plage était une gageure à filmer et on retrouve avec puissance cette violence radicale d'un soleil sans concession, ce couteau qui brille dans la lumière aveuglante, ce geste qui fait basculer le "héros" du bonheur qui était le sien vers l'implacable machinerie du malheur Les personnages féminins gagnent en densité dans le film, Marie et l'Algéroise violentée par son amant maquereau sont celles qui incarnent une humanité sensible qui ne permettent pas, hélas, d'éviter la mort ni au jeune trentenaire blanc ni à l'"arabe" tué de 5 coups de revolver. Les scènes d'amour sont magnifiques de volupté, le désir est palpable entre Meursault et Marie de même que la chaleur accablante d'une Algérie que le jeune homme observe avec l’œil attentif de l'écrivain qui lui a donné naissance On peut cependant regretter que François Ozon ait ajouté deux scènes plus politiques non fidèles au roman, qui apportent des précautions relatives aux relations d'alors entre la France et l'Algérie alors que le roman de Camus ne fait montre d'aucune empathie à l'égard des colonisés, ce qui le rend donc beaucoup plus dur, inexorable et tragique que la lecture cinématographique et davantage donc emblématique d'une pensée de l'absurde où rien ni personne ne peut être sauvé Un grand film !
Je n’ai pas lu le roman de Camus …roman très célèbre surtout par son écriture ….mon regard sur le film est donc très éloigné de ce qui a pu faire la renommée du livre . J’ai particulièrement aimé l’esthétique, les images , les lumières qui donnent à l’ensemble un côté froid et détaché , comme Meursault l’est . La reconstitution des années 40 en Algérie française est plutôt réussie . Peut être serai je tentée de lire le livre afin de pouvoir apprécier encore plus ce film….ou de le trouver totalement raté ?
Un film très fidèle au livre. La retrancription de celui-ci est juste, les lieux et ambiances sont identiques à que ce j'avais en tête lors de la lecture du livre ! Merci pour ce film !
Une belle adaptation : la reconstitution historique est sublimée par un noir et blanc tour à tour pudique et flatteur, le casting est pléthorique et excellent, Benjamin Voisin campe un Meursault à la fois séduisant et effrayant. J'ai tardé à aller voir ce film car j'avais peur qu'il ne trahisse le roman. J'avais tort, ce film est un très bel hommage à ce roman unique. Sur le fond, le personnage principal est aussi difficile à comprendre et aussi peu attachant que dans le livre, ce qui est le gage ultime d'une adaptation réussie.
Je n'ai pas lu le roman d'Albert Camus dont il est adapté au cinéma par le talentueux cinéaste François Ozon mais j'ai beaucoup aimé ce film qui est très énigmatique du début à la fin ! C'est le livre Français le plus lu au monde et c'est vrai qu'il vaut le coup de s'intéresser à cette curieuse histoire. Murceau est un jeune homme mystérieux, silencieux, qui vit en Algérie, y travaille. Le jour de l'enterrement de sa mère, il montre très peu d'émotion. Il rencontre une charmante demoiselle qu'il a perdu de vue et file le parfait amour. Il a un voisin violent qu'il sympathise mais ce dernier a des ennemis Musulmans , dont deux vers une plage où l'un se fera tuer par le personnage principal de cinq coups de revolvers dont s'ouvrira un procès et une incarcération révélateur. La première partie est assez silencieuse ou les plans se fixent essentiellement sur le personnage principal interrogatif incarné magnifiquement par Benjamin Voisin, l'histoire d'amour avec la ravissante Rebecca Marder, puis la deuxième partie leve le voile. Le fait de filmer "L'étranger" en noir et blanc reflète bien l'époque du récit sur pellicules l'Algérie comme un hommage au cinéma de cette période là. Dans le casting, il y a aussi d'excellents comédiens comme Pierre Lottin, Denis Lavant, Swann Arlaud ou Christophe Malavoy. Une très bonne œuvre qui vaut le coup d'y jeter un œil.
Où l'on retrouve un Camus filmé. Benjamin Voisin campe un Meursault parfait dans son laconisme et sa sensibilité cachée par un manteau d'indifférence. La plage, le soleil aveuglant, l'Arabe, le couteau. Tout y est. Le télégramme : Maman décédée, enterrement demain. Puis le procès où tout le charge surtout de n'avoir pas pleuré à la mort de sa mère. Un chef-d'oeuvre
Réaliser une adaptation du roman d'Albert Camus, des décennies après celle de Luchino Visconti, n'était pas une mince affaire. Le pari est plutôt réussi, avec un casting neuf (ça nous change des habituels acteurs du cinéma français...) et une trame respectée par rapport au roman. Le film n'est pas exceptionnel, mais les atmosphères du roman y sont retranscrites avec une fidélité bluffante. Mention pour la photographie qui est magnifique.