Une belle adaptation : la reconstitution historique est sublimée par un noir et blanc tour à tour pudique et flatteur, le casting est pléthorique et excellent, Benjamin Voisin campe un Meursault à la fois séduisant et effrayant. J'ai tardé à aller voir ce film car j'avais peur qu'il ne trahisse le roman. J'avais tort, ce film est un très bel hommage à ce roman unique. Sur le fond, le personnage principal est aussi difficile à comprendre et aussi peu attachant que dans le livre, ce qui est le gage ultime d'une adaptation réussie.
Je n'ai pas lu le roman d'Albert Camus dont il est adapté au cinéma par le talentueux cinéaste François Ozon mais j'ai beaucoup aimé ce film qui est très énigmatique du début à la fin ! C'est le livre Français le plus lu au monde et c'est vrai qu'il vaut le coup de s'intéresser à cette curieuse histoire. Murceau est un jeune homme mystérieux, silencieux, qui vit en Algérie, y travaille. Le jour de l'enterrement de sa mère, il montre très peu d'émotion. Il rencontre une charmante demoiselle qu'il a perdu de vue et file le parfait amour. Il a un voisin violent qu'il sympathise mais ce dernier a des ennemis Musulmans , dont deux vers une plage où l'un se fera tuer par le personnage principal de cinq coups de revolvers dont s'ouvrira un procès et une incarcération révélateur. La première partie est assez silencieuse ou les plans se fixent essentiellement sur le personnage principal interrogatif incarné magnifiquement par Benjamin Voisin, l'histoire d'amour avec la ravissante Rebecca Marder, puis la deuxième partie leve le voile. Le fait de filmer "L'étranger" en noir et blanc reflète bien l'époque du récit sur pellicules l'Algérie comme un hommage au cinéma de cette période là. Dans le casting, il y a aussi d'excellents comédiens comme Pierre Lottin, Denis Lavant, Swann Arlaud ou Christophe Malavoy. Une très bonne œuvre qui vaut le coup d'y jeter un œil.
Où l'on retrouve un Camus filmé. Benjamin Voisin campe un Meursault parfait dans son laconisme et sa sensibilité cachée par un manteau d'indifférence. La plage, le soleil aveuglant, l'Arabe, le couteau. Tout y est. Le télégramme : Maman décédée, enterrement demain. Puis le procès où tout le charge surtout de n'avoir pas pleuré à la mort de sa mère. Un chef-d'oeuvre
Réaliser une adaptation du roman d'Albert Camus, des décennies après celle de Luchino Visconti, n'était pas une mince affaire. Le pari est plutôt réussi, avec un casting neuf (ça nous change des habituels acteurs du cinéma français...) et une trame respectée par rapport au roman. Le film n'est pas exceptionnel, mais les atmosphères du roman y sont retranscrites avec une fidélité bluffante. Mention pour la photographie qui est magnifique.
Très beau film en noir et blanc qui nous replonge dans l'atmosphère de la colonisation Française en Algérie. Le film est sans partie pris sur l'Algérie Française de cette période et se contente comme le livre de Camus de retracer le parcours de Meursault, personnage taiseux sans empathie et sans état d'ame. La scène finale est plutôt insolite et incompréhensible ou Meursault délivre sans retenue les théories "Camusiennes" alors qu'il n'a pas "dit 3 mots " durant tout le film.
Ozon sait faire du cinéma. La photographie est belle, la musique bien utilisée. Le film retrace bien le livre de Camus. Benjamin Voisin est une erreur de casting à mon avis, son interprétation est fade et ne réussit pas à incarner l'apathie de Meursault.
Un vrai plaisir pour les yeux ce film en noir et blanc. Un personnage principal complexe, difficile à cerner, oscillant entre ange et démon intérieurs. Le contexte politique du roman est restitué par petites touches sans prise de position manichéènne.
Selon moi "l'étranger" se classe dans le trio de tête des meilleures films de François Ozon. Il est d'une esthétique rare, le noir et blanc est sublime, la photographie excellente, la mise en scène soignée. Un régal pour les yeux. Ajoutons à cela une pléiade de très bons acteurs et l'adaptation fort réussie et réactualisée de l'oeuve de Camus ! A ne pas manquer.
A mourir d'ennui. C'est bien filmé, les scènes sont belles mais l'obstination du réalisateur dans son combat avec l'existence de dieu et du sens de la vie gâche tout.
finalement quel est le sujet du film et donc du roman ?mystère ou mystique ? N ayant pas lu le roman la bande annonce et le nom du réalisateur m ont interpellée Mais quel ennui! cet homme si jeune et déjà désabusé par la vie insensible à toute émotion meuble la quasi totalité des images certes très belles grâce au noir et blanc. quel est le message mis à part la dernière scène sur la colère ? Enfin il éprouve quelque chose ! reflexion sur la vie ? la déception ? l inutilité des sentiments ? Quelle tristesse !
Eloge du nihilisme La roman de Camus, réputé comme inadaptable et sur lequel Visconti s’était cassé les dents il y a 50 ans, est repris par François Ozon dans une lecture moderne du récit. Ne pas oublier que le roman est écrit en 1939 ; on est encore loin de la Guerre d’Indépendance, Camus met peu l’accent sur cette société fracturée ; mais Ozon arrivé après, en fait un vrai sujet de son film en montrant bien une société ségréguée que les colons se refusent de voir. Critiqué pour ce pas de côté et d’autres, ne pas oublier non plus que le roman a 80 ans, je trouve donc de bon goût que débuter le film par des images d’archive permettant de contextualiser une société proche de l’explosion ; même si Camus a toujours nié avoir voulu parler de cela dans « L’étranger ». Dans le roman comme dans le film, l’étranger au centre du récit est avant tout Meursault ; cet homme, étranger à lui-même et étranger au monde qui l’entoure. Tout au long de l’histoire, on espère trouver les clés de compréhension de ce personnage insondable et insensible au monde qui l’entoure. Et bien c’est un nihiliste et rien d’autre, la longue scène finale avec le prêtre ne fera que le confirmer au terme d’un long monologue de Meursault décrivant son acte comme vide de sens. Et ce détachement envers le monde est passionnant, fasciné moi-même comme l’est son amoureuse Marie qui, elle, est sous le charme mais aussi désemparée par cet homme dont elle cherche la clé. Pour jouer ce rôle si complexe et saisissant, Benjamin Voisin est une incarnation fiévreuse de Meursault, troublant. Ozon en profite aussi, avec beaucoup de sensualité, pour capter toute cette masculinité toxique, raciste et violente. Au-delà ces qualités manifestes, au sortir de la salle, ce qui a imprimé durablement la rétine c’est bien la beauté solaire de ce noir et blanc teinté de surréalisme assumé. La photo est magnifique sans cannibaliser les personnages et le ton du film. Ma seule interrogation réside dans l’usage ou non de la voix intérieure de Meursault présente dans le roman ; Ozon fait le choix de l’oublier au profit des images. La voix off pour être encore plus dans la tête de Meursault aurait-elle apportée un plus tout en se rapprochant du roman ? Un magnifique film français autour d’un personnage monolithique et fascinant : Meursault.
film réussi sur le plan esthétique, choix du noir et blanc et choix des acteurs. après l histoire est "space", le héros est difficile à comprendre, "dans son monde", hermétique à la vie, aux sentiments, comme étranger à lui-même...on a envie de le secouer pour qu il se réveille et qu il arrête de nous prendre pour des c... en disant qu il a fait les choses "par hasard"... La fin est dure. Rebecca Marder et Benjamin Voisin sont remarquables, les autres rôles aussi. Et l image, la lumière, la photo, sont magnifiques...
Un film absolument sublime. François Ozon nous offre une vraie expérience sensorielle. Le rythme est lent, il y a peu de dialogues et chaque plan ressemble presque à une photographie. Benjamin Voisin incarne avec beaucoup de justesse Meursault. Je suis une grande amatrice du roman de Camus et je trouve qu’elle retranscrit très bien l’esprit du livre. Les silences, les regards, la lumière… tout cela renforce ce côté sensoriel qui est déjà très présent chez Camus. Benjamin Voisin réussit à montrer l’indifférence « apparente » de Meursault tout en laissant sentir quelque chose de profondément humain derrière. À mes yeux, le film parvient vraiment à capter l’essence du roman.