Mi Amor
Note moyenne
2,9
175 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

33 critiques spectateurs

5
7 critiques
4
5 critiques
3
5 critiques
2
10 critiques
1
4 critiques
0
2 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

371 abonnés 479 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 mai 2026
Avec Mi Amor, Guillaume Nicloux propose un thriller qui dépasse largement le simple cadre d’une disparition pour s’aventurer sur le terrain plus instable de la perception. Le récit suit Romy (Pom Klementieff), DJ venue mixer aux Canaries avec Chloé (Freya Mavor), dont la disparition brutale agit comme un point de bascule. À partir de là, l’enquête devient secondaire. Ce qui importe, c’est la transformation intérieure du personnage, sa perte progressive de repères, et cette sensation constante que le réel lui échappe.
Le film repose sur une tension diffuse, presque organique. Guillaume Nicloux ne cherche pas à multiplier les effets, il installe au contraire un climat, un déséquilibre. Chaque scène semble légèrement décalée, comme si quelque chose clochait sans jamais se révéler frontalement. Vincent (Benoît Magimel), figure ambiguë, participe pleinement à ce trouble. Protecteur ou dangereux, il incarne cette zone grise dans laquelle le film évolue en permanence.
Le choix des Canaries renforce cette impression. Loin des clichés touristiques, le décor devient un espace mental, changeant, presque hostile. La mise en image accentue ce sentiment avec un travail visuel qui altère les couleurs du monde tout en préservant les visages, créant une fracture entre les personnages et leur environnement. Cette dissociation traduit parfaitement l’état de Romy.
Enfin, la musique joue un rôle central. Elle ne se contente pas d’accompagner l’image, elle guide le spectateur, impose un rythme, crée une forme d’emprise. Peu à peu, le film devient une expérience sensorielle complète. Guillaume Nicloux ne raconte pas seulement une histoire, il enferme le spectateur dans une spirale dont il est difficile de s’extraire.
Eric Michel62
Eric Michel62

4 abonnés 20 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 avril 2026
Vu en avant-première au Grand Action, Mi Amor est un objet cinématographique hors normes, écrit avec une précision chirurgicale et une ambition formelle déconcertante.

Dès les premières secondes, la basse pulse. La musique techno — omniprésente, organique — n’est pas une simple bande-son : elle est le système nerveux du film, le battement de cœur d’une héroïne qui danse au bord du gouffre. On entre dans Mi Amor comme on entre en transe, et le film, hypnotique, ne vous lâche plus.

Pom Klementieff porte ce film sur ses épaules avec puissance. Son personnage, celui d’une DJ en perdition, se jette littéralement dans le vide pour atteindre une vérité que les autres refusent de voir. C’est un rôle extraordinaire, taillé pour une actrice capable de tout. Elle y est à la fois solaire et abîmée, magnétique et fragile, dans un état de transe-vertige que la caméra capte avec une intimité troublante.

Face à elle, Benoît Magimel incarne l’ambiguïté à la perfection. Son personnage — amoureux ? prédateur ? complice ? — évolue dans les zones grises, dans un espace trouble où l’amour et la manipulation se confondent.

Les situations, construites avec une logique implacable, n’excluent jamais le mystère, le trouble ou l’ambiguïté.
Mi Amor est un film qui sait exactement ce qu'il fait : allumer quelque chose, et partir sans éteindre...
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 avril 2026
"Il faut tout de même lui reconnaître une vraie cohérence de départ. Utiliser la Grande Canarie comme double décor, d’abord le paradis fabriqué des touristes, puis, peu à peu, les coulisses d’un territoire autrement inquiétant, comme des couloirs souterrains obscurs, zoos de caïmans, transactions douteuses dans les night-clubs et dérives sectaires autour du Roque Nublo. Nicloux a un œil pour y mettre du vernis dans ces espaces ouverts, donnant par moments une texture visuelle réellement troublante. Pom Klementieff, revenue à l’Europe après une décennie hollywoodienne, porte le film avec une énergie tendue et physique assez impressionnante. Benoît Magimel, lui, impose sa présence magnétique et fragile dans chaque scène, ce mélange de charisme et de timidité qui fait qu’on ne sait jamais s’il est ange ou prédateur. Sur papier, et même à l’écran pendant quelques séquences, ça fonctionne."

"Le problème, c’est que Nicloux a décidé de tout recouvrir. La musique d’Irène Drésel et Sizo Del Givry — composée avant même le tournage et, aux dires du réalisateur lui-même, devenue un « organe vampirisant » du film — sature le récit de bout en bout, 1h55 sans quasi aucune respiration. On comprend l’ambition hypnotique : faire de la techno le pouls intérieur de Romy, son état mental mis en fréquence. Mais là où Óliver Laxe, dans Sirāt, parvenait à rendre la musique électronique spirituelle. Chaque battement portant quelque chose sur la solitude, le deuil, la fin du monde. Ici elle ne fait qu’imiter la tension au lieu de la créer. Elle simule un rythme là où le récit n’en a pas. C’est le symptôme d’un film qui ne fait pas tout à fait confiance à sa propre matière."

"Mi Amor est le film d’un cinéaste qui a eu une sensation forte et qui a construit autour. Ce n’est pas pour autant une trahison totale de ce que Nicloux sait faire. Les Confins du monde tenait sur cette même idée d’un territoire qui dévore ses personnages, et Dans la peau de Blanche Houellebecq avait cette façon de faire tourner le malaise à bas régime. Mais une forme aussi envahissante finit ici par annuler ce qu’elle prétend exalter. La musique bombarde, le montage s’épuise, et l’émotion — celle d’une femme qui perd pied dans un paradis corrompu — reste obstinément hors d’atteinte."

"Mi Amor ne sera pas le film qui réconciliera les sceptiques avec Nicloux. Il y a trop de bonnes intentions sabotées, trop d’outils formels brandis comme des solutions là où ils creusent des problèmes. Reste un film à éclats, avec deux acteurs en centre de gravité qui se battent jusqu’au bout — et le sentiment tenace d’une occasion manquée."

Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse