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Même si l’intérêt de "Les silences de Riyad" se situe un cran en dessous de celui de "Wadjda" ou de celui de The Perfect Candidate", ce film dont Haifaa Al Mansour a écrit le scénario en collaboration avec son mari, l’américain Brad Niemann, a le mérite de nous informer sur l’évolution de l’Arabie Saoudite tout en nous intéressant à une enquête policière. Le mérite aussi de nous présenter à nouveau le jeu tout en finesse de Mila Al Zahrani, l’interprète de Nawal, déjà présente dans The Perfect Candidate. Critique complète sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film.
La réalisatrice saoudienne Haifaa Al-Mansour a de la suite dans ses idées. Après les excellents Wajda et The Perfect Candidate, Les silences de Riyad peut ainsi considéré comme le dernier volet d'une trilogie sur la place des femmes et les obstacles à leur émancipation dans son pays. Le film commence par la découverte d'un corps dans le désert, celui d'une lycéenne non identifiée. La cinéaste investit les codes du genre policier pour, croit-on, commenter et critiquer les us et coutumes d'une société farouchement religieuse et patriarcale. L'enquête parallèle menée par l'héroïne du long métrage s'écarte des sentiers battus et à travers le portrait évolutif de celle-ci évoque, entre autres, le statut de femme divorcée dans le royaume saoudien et le regard souvent comminatoire des autres sur une existence isolée des hommes. Le film est plutôt efficace dans sa progression dramatique, en dépit d'un caractère parfois filandreux et d'une fluidité pas toujours parfaite. La conviction de son interprète principale Mila Al-Zahrani fait beaucoup pour s'attacher à son personnage, avec un côté obsessionnel et sa manière d'affronter les hommes jusqu'à la limite.
spoiler:
Les silences de Riyad s'achemine donc vers un dénouement assez classique et satisfaisant avec résolution de l'affaire à la clé, mais c'est à ce moment-là qu'intervient un twist final à l'américaine qu'on aurait tendance, a priori, à juger comme aberrant, voire ridicule, et à contre-courant de tout ce qui avait du sens auparavant. Pourquoi une telle conclusion ? Une concession à la censure ou une sorte de pied-de-nez plus subtil qu'il n'y parait de prime abord, dans une revendication féministe radicale, quelque peu contestable, tout de même, eu égard aux conséquences ? Vous avez trois heures.
Vu en avant-première au festival Reims Polar. Une enquêtrice amateur mène l'enquête toute seule. Le dénouement final et surprenant et inattendu.
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