Les Silences de Riyad
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velocio

1 543 abonnés 3 519 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 août 2026
Même si l’intérêt de "Les silences de Riyad" se situe un cran en dessous de celui de "Wadjda" ou de celui de The Perfect Candidate", ce film dont Haifaa Al Mansour a écrit le scénario en collaboration avec son mari, l’américain Brad Niemann, a le mérite de nous informer sur l’évolution de l’Arabie Saoudite tout en nous intéressant à une enquête policière. Le mérite aussi de nous présenter à nouveau le jeu tout en finesse de Mila Al Zahrani, l’interprète de Nawal, déjà présente dans The Perfect Candidate. Critique complète sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film.
Pascal
Pascal

256 abonnés 2 479 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 août 2026
Polar tout de même raté, mais dont certains aspects du scénario permettent de porter un regard pas inintéressant, sur la condition de la femme en Arabie Saoudite.

La mise en scène est empotée, le scénario pas formidable, jusqu'au dernier quart d'heure, moment largement le plus réussi, grâce à une trouvaille tout sauf banale qui rachète ( un peu )
l'ensemble.

Vu au MK2 Hautefeuille
CREOTIVEMEDIA
CREOTIVEMEDIA

115 abonnés 364 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 août 2026
Les Silences de Riyad confirme le regard engagé d'Haifaa Al Mansour sur les mutations de la société saoudienne. Délaissant le drame intimiste pour le thriller d'investigation, la cinéaste construit un récit tendu où une enquête criminelle devient le révélateur des silences, des injustices et des rapports de pouvoir qui traversent une société en pleine évolution.

Dans le désert saoudien, le corps d'une adolescente est retrouvé sans identité. Faute de famille pour signaler sa disparition, l'affaire est rapidement refermée. À Riyad, Nawal, une jeune employée du commissariat, refuse pourtant d'abandonner ce dossier. En remontant le fil de la vie de la victime, elle découvre une vérité bien plus vaste qu'un simple fait divers, mettant progressivement sa propre sécurité en péril.

Le scénario conjugue efficacement les codes du polar et du drame social. L'enquête progresse avec rigueur, chaque révélation dévoilant une nouvelle facette d'un système où les apparences dissimulent des réalités plus complexes. Sans jamais sacrifier le suspense, le film interroge la place des femmes, le poids des traditions et les difficultés rencontrées par celles et ceux qui choisissent de faire éclater la vérité.

Mila Al Zahrani livre une prestation d'une grande intensité dans le rôle de Nawal. Son interprétation, tout en retenue, traduit avec justesse la détermination d'une femme qui refuse de détourner le regard malgré les risques encourus. Aziz Gharbawi apporte une présence nuancée à cette enquête, tandis que Shafi Al Harthy complète une distribution particulièrement solide.

La mise en scène privilégie une tension sourde, où les grands espaces désertiques contrastent avec les lieux clos de la capitale. La photographie joue sur les lumières et les silences pour installer une atmosphère pesante, tandis que le rythme maîtrisé laisse progressivement émerger les enjeux humains et politiques du récit. Haifaa Al Mansour confirme son talent pour raconter de grandes histoires à travers des destins individuels.

Au-delà de son intrigue policière, Les Silences de Riyad est une réflexion sur la mémoire, l'effacement et le courage de celles et ceux qui refusent que certaines vies tombent dans l'oubli. Le film rappelle qu'une enquête peut parfois révéler bien davantage qu'un coupable : elle peut mettre en lumière les mécanismes d'une société tout entière.

Élégant, maîtrisé et profondément captivant, Les Silences de Riyad dépasse le cadre du thriller pour livrer un drame humain d'une grande puissance. Haifaa Al Mansour signe une œuvre engagée et subtile qui confirme sa place parmi les grandes voix du cinéma contemporain.
Dominique J.
Dominique J.

3 abonnés 5 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 avril 2026
Vu en avant-première au festival Reims Polar. Une enquêtrice amateur mène l'enquête toute seule. Le dénouement final et surprenant et inattendu.
traversay1

4 502 abonnés 5 400 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 juillet 2026
La réalisatrice saoudienne Haifaa Al-Mansour a de la suite dans ses idées. Après les excellents Wajda et The Perfect Candidate, Les silences de Riyad peut ainsi considéré comme le dernier volet d'une trilogie sur la place des femmes et les obstacles à leur émancipation dans son pays. Le film commence par la découverte d'un corps dans le désert, celui d'une lycéenne non identifiée. La cinéaste investit les codes du genre policier pour, croit-on, commenter et critiquer les us et coutumes d'une société farouchement religieuse et patriarcale. L'enquête parallèle menée par l'héroïne du long métrage s'écarte des sentiers battus et à travers le portrait évolutif de celle-ci évoque, entre autres, le statut de femme divorcée dans le royaume saoudien et le regard souvent comminatoire des autres sur une existence isolée des hommes. Le film est plutôt efficace dans sa progression dramatique, en dépit d'un caractère parfois filandreux et d'une fluidité pas toujours parfaite. La conviction de son interprète principale Mila Al-Zahrani fait beaucoup pour s'attacher à son personnage, avec un côté obsessionnel et sa manière d'affronter les hommes jusqu'à la limite. spoiler: Les silences de Riyad s'achemine donc vers un dénouement assez classique et satisfaisant avec résolution de l'affaire à la clé, mais c'est à ce moment-là qu'intervient un twist final à l'américaine qu'on aurait tendance, a priori, à juger comme aberrant, voire ridicule, et à contre-courant de tout ce qui avait du sens auparavant. Pourquoi une telle conclusion ? Une concession à la censure ou une sorte de pied-de-nez plus subtil qu'il n'y parait de prime abord, dans une revendication féministe radicale, quelque peu contestable, tout de même, eu égard aux conséquences ? Vous avez trois heures.
Yves G.

1 856 abonnés 4 065 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 août 2026
Le corps d’une jeune femme assassinée est retrouvé dans le désert. Personne ne réclame sa dépouille. L’employée dans un commissariat de police, traumatisée par son récent divorce et le décès de son enfant, devient obsédée par cette affaire et se met en tête de l’élucider seule.

Rares sont les films qui nous viennent d’Arabie saoudite. "Wadjda" (2012) et son héroïne entêtée avaient marqué les esprits. C’est sa réalisatrice, Haifaa Al Mansour, qui mène une carrière à cheval entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, qui est aux manettes des "Silences de Riyad".

Il montre une Arabie saoudite rarement filmée, celle des classes moyennes, celle des jeunes qui, pour chasser l’ennui, s’adonnent au rodéo urbain, celle des femmes, en butte à un régime strictement patriarcal mais qui profitent des marges de liberté qui leur sont laissées pour s’émanciper peu à peu : elles ont désormais le droit de conduire et de sortir en cheveux [l’Iran et l’Afghanistan, à l’exception des pays de la péninsule arabique, sont les seuls pays au monde où le port du voile pour les femmes est obligatoire dans l’espace public].

Mais il le fait d’une façon typiquement américaine, dans un polar qui respecte scrupuleusement les règles du genre au risque de sembler bien planplan, avec son lot de révélations, de courses-poursuites et de capitaine de police débonnaire façon "Columbo". spoiler: On bâillerait presque d’ennui si dans les ultimes minutes le scénario ne prenait un tour inattendu et stupéfiant façon "Usual Suspects".
Joce2012
Joce2012

264 abonnés 761 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 août 2026
Très bon film, dont le scénario tient en haleine du début à la fin, de nombreux rebondissements et une fin surprenante
Cadreum
Cadreum

62 abonnés 808 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 août 2026
En 2012, Haifaa Al Mansour dirigeait Wadjda depuis une camionnette garée en bord de rue, au talkie-walkie, la ségrégation lui interdisant de se tenir près de ses actrices. Suivirent deux exils sans nécessité, un biopic de Mary Shelley et une comédie romantique pour Netflix, puis The Perfect Candidate, première production financée par le Conseil saoudien du cinéma. Elle signe aujourd'hui un polar soutenu par la Saudi Film Commission. Trois volets, quinze ans, une courbe ascendante d'intégration — la fillette et sa bicyclette, la candidate et son élection, l'employée et son poste.

L'employée s'appelle Nawal. Elle numérise les dossiers d'un commissariat de Riyad. Conviée un matin sur une scène de crime pour apporter son "regard de femme" à l'examen d'un cadavre d'adolescente trouvé dans le désert, congédiée dès le lendemain, elle poursuit seule, hors cadre et hors autorisation, l'identification d'une morte que l'administration s'apprête à délaisser.

Le métier assigné à l'héroïne commande le reste. Nawal convertit des existences en fichiers consultables ; elle est l'opératrice subalterne de l'archive. Ce qu'elle entreprend ensuite, sur son temps propre et contre sa hiérarchie, arrache un nom à l'oubli quand l'appareil entier a intérêt au silence. Reste le récipient que le film lui fabrique. En confiant l'insurrection à une archiviste, il rend l'insubordination traduisible dans la langue de l'appareil : ce que Nawal obtiendra prendra la forme d'une entrée correctement remplie.

L'ouverture est désertique : plan large tenu, silhouette minuscule, horizon sans repère, aucun contrechamp pour situer un regard. À cette échelle personne n'a tué, l'étendue a absorbé. Une mort sans main appelle une cause à sa mesure, et le film passera deux heures à la chercher du côté du pays. Il la cherche sans jamais rien risquer. On dit à Nawal d'arrêter, elle continue, on le lui redit. La menace reste verbale d'un bout à l'autre, jamais exécutoire, et cette impunité irrigue chaque scène d'obstacle : le récit avance parce que rien ne l'arrête. Les dialogues affirment un pays qui dispose des filles jusqu'à leur disparition ; la mise en scène décrit une société contrariante où l'obstination finit par payer.

L'impunité a son corollaire spatial. L'enquête procède par seuils et chaque enclos cède, chaque lieu livre sa pièce d'information. Un film qui affirme l'opacité du silence produit un pays de plus en plus lisible. La sororité, dans cette économie, cesse d'être une solidarité pour devenir un réseau de renseignement : les femmes se transmettent ce que l'institution refuse de savoir, et leur entraide n'existe que le temps de fournir l'information suivante.

Dans cette direction, le film accorde à Nawal un point de vue, une intériorité, un deuil ; à la morte, il n'accorde qu'un statut. Elle est l'objet du discours de la directrice, des camarades, des familles, de l'enquêtrice, et sa restitution promise (un nom, une dignité) s'opère intégralement dans le registre de l'état civil. Une fille que la société n'a pas laissée exister comme sujet vivant est réintégrée comme sujet de droit posthume, par les catégories mêmes qui l'avaient rendue invisible. À quoi s'ajoute que l'obstination de Nawal lui vient d'une blessure (un deuil). En d'autres mots, il faut à cette femme une plaie pour que sa rébellion demeure racontable.

Reste ce qui n'est jamais montré : les visages du pouvoir. Le hors-champ est constant, les pressions restent implicites, les réseaux d'influence ne se présentent pas au cadre, aucun décideur n'est associé à la décision de classer. La figure est élégante et c'est ce qui la rend suspecte. Quand un cinéma maintient l'oppression hors du plan de bout en bout, rien dans l'image ne permet plus de distinguer la retenue de la prudence contractuelle : l'ellipse et la censure produisent le même plan. Le titre enregistre cette indistinction — des silences pluriels, sans sujet, sans verbe, sans personne qui se taise, un mot qui absout ceux qui l'organisent en faisant du mutisme un climat.

Puis Nawal identifie la morte, et le film retourne l'opération entière.

Un corps sans identité laisse une affaire ouverte, indéfiniment reprenable, susceptible de revenir sur un bureau dans dix ans. Un corps nommé se range. L'identification n'est pas le contraire de l'effacement, elle en est la forme achevée : la seule qui soit définitive, réglementaire, et qui produise du soulagement chez ceux qu'elle enterre. Nawal ne dissimule pas sa victime, elle l'enregistre. Et l'on comprend du même coup pourquoi il lui fallait une enquête, alors qu'elle pouvait saisir un nom depuis son poste : un nom entré sans source est une anomalie que le premier contrôle relève. Il fallait une chaîne de provenance pour que l'entrée devienne irréprochable.

Catastrophique. Un film qui voudrait disculper l'État le laisserait hors de cause ; celui-ci fait mieux. Il l'accuse d'abord, longuement, avec des preuves que le spectateur croit ramasser lui-même, puis il retire l'accusation en exhibant la main qui avait besoin de la formuler. Le soupçon porté sur l'appareil n'était pas une lucidité, c'était un alibi — et le film a fait du spectateur son complice le temps de deux heures avant de le lui apprendre. La Film Commission n'a pas financé un film qui défend l'institution : elle a financé un film qui enseigne que la mettre en cause fut une manœuvre.

Et elle en sort deux fois gagnante. Car ce que Nawal démontre, c'est que le poste où on l'a nommée lui donnait les moyens de tuer sans trace. L'accès des femmes aux fonctions devient la condition technique du crime. Trois volets, quinze ans, une courbe ascendante d'intégration : la fillette et sa bicyclette, la candidate et son élection, l'employée et son poste. Le troisième épisode arrive financé par l'institution dont il enregistre l'ouverture, et il lui rend l'attestation qu'elle pouvait souhaiter : l'inclusion est acquise, la femme incluse tue.
Mélany T
Mélany T

46 abonnés 834 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 août 2026
Le récit dans ses 3/4 est classique mais passionnant, le contexte singulier et captivant et la mise en scène très belle. Mais la révélation finale est artificielle et peu subtile, c'est dommage. L'ensemble reste intriguant.
Amenemhat
Amenemhat

5 abonnés 63 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 août 2026
Un polar peu innovant concernant l'intrigue (avec une chute toutefois inattendue), mais qui se laisse regarder. Il est plus original au regard du lieu où il se passe , une Arabie Saoudite montrant un visage de (relative) modernité sociétale, qui n'a pas dû être pour déplaire au gouvernement actuel.
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