Pour la réalisatrice Haifaa Al Mansour, Les Silences de Riyad constitue la pièce manquante d'une trilogie amorcée avec Wadjda puis poursuivie avec The Perfect Candidate. Les trois films se déroulent dans la ville fictive d'Al-Safan et mettent en scène des femmes qui défient les normes sociales imposées par leur environnement. Cette nouvelle œuvre vient ainsi prolonger plus de dix ans de réflexion sur la place des femmes en Arabie saoudite.
Si le film aborde frontalement les inégalités de genre, sa réalisatrice tenait à éviter le film à thèse. Elle a choisi de raconter son propos à travers les codes du thriller et de l'enquête policière. Le mystère entourant l'identité de la jeune victime sert ainsi de moteur narratif, permettant d'explorer progressivement des réalités sociales complexes sans jamais sacrifier le suspense.
Le personnage de Nawal, jeune employée de commissariat qui refuse d'abandonner une affaire classée, est directement issu des interrogations de la cinéaste sur la visibilité des femmes dans la société. En imaginant une enquête menée depuis un point de vue féminin, Haifaa Al Mansour souhaitait mettre en lumière celles dont les histoires restent souvent invisibles. Le parcours de Nawal devient alors une quête de vérité autant qu'une quête d'émancipation.
Pour porter ce thriller, la production a confié le rôle principal à Mila Al-Zahrani, qui incarne Nawal. Son personnage est présent dans la quasi-totalité du récit et guide le spectateur au cœur des zones les plus secrètes de Riyad. Le casting s'appuie majoritairement sur des comédiens saoudiens afin de renforcer l'authenticité du regard porté sur le pays et sa société contemporaine.
Si Les Silences de Riyad revendique un ancrage profondément saoudien, sa fabrication repose sur une collaboration internationale. La photographie a été confiée à Monty Rowan, tandis que les décors sont signés Martin Sullivan. Cette combinaison de talents venus d'horizons différents a permis de donner au film une esthétique de thriller moderne tout en préservant la singularité de son cadre saoudien.