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Un peu déçu par ce film qui semblait avoir eu beaucoup de succès, il fait un peu vieux par les images et le contexte, même si on sait qu'en cas d'élections l'ambiance peut être chaude et dangereuse
Fort de ses 230 millions d'habitants, le Nigeria est le film qui, après l'Inde, au niveau mondial, produit le plus de films par an. Et pourtant, il parait que "Un jour avec mon père" est le premier film nigérian à faire partie d'une sélection au Festival de Cannes. Présenté l'an dernier dans la section Un Certain Regard, il a obtenu une mention spéciale à la Caméra d'Or. Une mention spéciale très méritée car le film a de nombreuses qualités. L'histoire racontée, d'abord, qui nous ramène en 1993 le jour où les résultats de l'élection présidentielle du 12 juin 1993 doivent être annoncés. Persuadé qu'il va enfin pouvoir toucher son salaire, Folarin a emmèné ses 2 fils à Lagos. Les choses ne vont pas se passer comme il l'espérait mais le film va nous donner une très intéressante peinture de ce qu'est la vie à Lagos, une ville de 15 millions d'habitants, alors qu'elle vit sous la coupe d'un gouvernement militaire et dans l'espoir d'un grand changement politique. En parallèle, le film propose une autre peinture, très belle, celle des rapports entre un père et ses 2 fils, âgés de 11 et 8 ans. C'est d'ailleurs la perte de leur père alors qu'ils étaient très jeunes qui a incité les frères Akinola Davies et Wale Davies à écrire le scénario de "Un jour avec mon père" et, pour le premier, à le réaliser. L'image de ce film, tourné sur pellicule 35 mm, est magnifique. Ce sont 2 véritables frères qui interprètent les fils de Folarin et ils sont d'une grande crédibilité dans leur façon de découvrir l'agitation d'une grande ville africaine et des facettes de leur père qui, jusque là, leur étaient inconnues.
Une très originale idée de suivre la journée de ce père souvent absent qui prend ses deux enfants avec lui pour aller à la capitale (Lagos) et leur montrer, par fragments, son histoire personnelle, celle de leur mère, mais surtout la réalité d’un pays (en 1993) désorganisé, livré à l’armée, omniprésente dans chaque décor sonore ou visuel de ce film très soigné, où les inconnus surgissent en gros plan avec une grande variété de mélodies traditionnelles jouées à la guitare électrique pour mieux nous montrer cette multitude de visages singuliers et attachants… mais tous perdus et noyés dans ce pays qui apparaît sans avenir.
Et beaucoup de détails sur des mains ou des regards qui se croisent pour rappeler que l’amour est le vrai ciment de la société…
Et beaucoup de détails sur des mains ou des regards qui se croisent pour rappeler que l’amour est le vrai ciment de la société…
L Afrique , Lagos, ses couleurs , son monde grouillant , 1993, l élection présidentielle, les militaires , et puis et surtout un père , magnifique de transmission et de tendresse , deux jeunes garçons avides de voir et d essayer de comprendre .... ,
A voir , sans hésiter .
A voir , sans hésiter .
Un film magnifique, une plongée au Nigeria à hauteur d'enfants. Un rythme lent qu'il faut apprivoiser.
le calme avant le tempête, mais la tempête qui gronde quand même, pas seulement en toile de fond, on suppute des choses sur le papa... et justement, en premier plan, le rôle de père, être proche de ou combattre pour... il faut choisir la bonne bataille...et laquelle a t'il choisie?
Deux tableaux dans ce premier long-métrage partiellement autobiographique. Le tableau intime d’une relation entre père et fils. Le tableau social et politique du Nigéria de 1993, en plein chaos électoral, sous contrôle (et répression) militaire. Le film est tourné à hauteur d’enfants de 8 et 11 ans, avec l’ambition semble-t-il d’épouser leur regard, leur subjectivité, à travers leur découverte d’un monde urbain et leur compréhension toute relative du monde des adultes. Même si ce principe aurait pu être traité avec une plus grande cohérence (en faisant en sorte que le film offre toujours ce point de vue), le résultat est intéressant. Vibrant et sensoriel. La réalisation, la photo et le montage posent très joliment un style impressionniste et “atmosphérique”, qui laisse sourdre la tendresse et la tristesse d’un récit mélancolique, mêlant souvenirs et onirisme. Le trio d’acteurs principaux est convaincant. Belle présence notamment de Ṣọpẹ́ Dìrísù dans le rôle du père.
Sublime film très sensoriel et tout en nuances subtilités évocations et suggestions...la réalisation est très belle, on est happé des le début par cette atmosphère, cette réalité particulière...ce film m'a profondément marquée...il est profond et doux...un grand film
Un film magnifique. La photographie est belle et imaginative, toute au service de la narration, avec un grain rappelant les photos de famille et de vacances de l'époque. Un voyage quasi onirique dans les rues de Lagos sous une tension politique grandissante. Une claque !
Des acteurs au top pour ces retrouvailles « entre hommes » dans un Nigeria complexe très finement décrit une belle réussite récompensée à Marrakech.
Le film est un récit initiatique très bref - sur une journée - où on suit, à leur hauteur, deux frères de 8 et 11 ans avec leur père pour un voyage de la campagne où ils habitent à Lagos, mégapole tentaculaire où se concentre le pouvoir économique, social, culturel et politique du pays.
Entre les scènes intimes de rires, de chamaille ou de prescriptions éducatives, on voit des plans en zoom sur des soldats dans des chars, sur des articles de journaux ou des flashbacks effrayants et mystiques de leur père. Au compte-goutte, on comprend que ce père n'est pas très présent, car il travaille beaucoup, et c'est d'ailleurs pour récupérer des salaires impayés qu'ils se rendent à Lagos, cependant il est suggéré qu'il a des activités politiques et une liaison.
J'ai beaucoup aimé le rythme du film, qui prend des codes du film documentaire, ainsi que la tendresse des personnages qui leur donne un caractère vrai et naïf. Il pèse sur ces personnages des ombres et des fantômes qui sont omniprésents mais jamais visibles : la mère, l'oncle dont un des fils porte le prénom, le président élu et le camp de Bonney Camp.
Rétrospectivement, le film peut être compris comme un épilogue, un retour aux sources avant la bascule, un dernier moment familial avant d'être rattrapé par la réalité politique.
Entre les scènes intimes de rires, de chamaille ou de prescriptions éducatives, on voit des plans en zoom sur des soldats dans des chars, sur des articles de journaux ou des flashbacks effrayants et mystiques de leur père. Au compte-goutte, on comprend que ce père n'est pas très présent, car il travaille beaucoup, et c'est d'ailleurs pour récupérer des salaires impayés qu'ils se rendent à Lagos, cependant il est suggéré qu'il a des activités politiques et une liaison.
J'ai beaucoup aimé le rythme du film, qui prend des codes du film documentaire, ainsi que la tendresse des personnages qui leur donne un caractère vrai et naïf. Il pèse sur ces personnages des ombres et des fantômes qui sont omniprésents mais jamais visibles : la mère, l'oncle dont un des fils porte le prénom, le président élu et le camp de Bonney Camp.
Rétrospectivement, le film peut être compris comme un épilogue, un retour aux sources avant la bascule, un dernier moment familial avant d'être rattrapé par la réalité politique.
Nigeria, 1993. Élection présidentielle, un espoir de changement. Un massacre. L'attente. Dans ce contexte tendu, un père passe une journée avec ses deux garçons à Lagos. Une photo très travaillée. Des détails, des visages, des plans sur la banalité du quotidien, l'espoir. Contemplatif et très descriptif avec ses nombreux plans fixes, ce film arrive à capter une ambiance à travers ce trio qui déambule dans la ville; les difficultés, les ambitions et les désillusions de tout un peuple
Un père amène ses deux fils à Lagos pour aller récupérer l’argent qui lui est dû. Et passer du temps avec eux.
Nous sommes en 1993 les élections ont eu lieu et les militaires vont peut être rendre le pouvoir aux civils. Ou pas.
Un très bon premier film, et une Caméra d’Or cannoise méritée, pour ce trip sensoriel et naturaliste de jeunes garçons qui découvrent le monde des adultes. Et ses mystères.
Une mise en scène sublime qui nous met dans la peau de deux enfants qui veulent graver dans leur mémoire le souvenir d’un père avant que la vie avance et que celui-ci s’évanouisse.
On pourrait penser à Terrence Malick où Chloé Zhao dans la manière mais c’est un film de Akinola Davies, un futur grand cinéaste à suivre. Sans aucun doute.
Nous sommes en 1993 les élections ont eu lieu et les militaires vont peut être rendre le pouvoir aux civils. Ou pas.
Un très bon premier film, et une Caméra d’Or cannoise méritée, pour ce trip sensoriel et naturaliste de jeunes garçons qui découvrent le monde des adultes. Et ses mystères.
Une mise en scène sublime qui nous met dans la peau de deux enfants qui veulent graver dans leur mémoire le souvenir d’un père avant que la vie avance et que celui-ci s’évanouisse.
On pourrait penser à Terrence Malick où Chloé Zhao dans la manière mais c’est un film de Akinola Davies, un futur grand cinéaste à suivre. Sans aucun doute.
Un jour avec mon père est un film nigérian assez pointu : se déroulant dans les années 1990, il fait référence à d'obscurs évènements politiques qui vous laisseront totalement à côté du chemin si vous n'êtes pas un fin connaisseur du pays.
Sa construction est aussi très recherchée, à l'image des premières scènes, qui, associées à la dernière, semblent indiquer que tout le film n'est peut-être qu'un rêve.
Si on n'est pas très attaché à comprendre le sens d'une oeuvre, on pourra peut-être apprécier le style du réalisateur Akinola Davies Jr, qui emprunte beaucoup de codes au cinéma d'auteur européen : couleurs délavées, tournage en 35mm, gros plans signifiants, écrans blancs.
J'ai trouvé pour ma part que malgré ses qualités (on est parfois happé par une atmosphère ou un plan), le film manquait d'énergie et se perdait un peu dans l'ambition de son écriture sophistiquée. L'acteur principal britannique, Sope Dirisu, a une belle présence (on peut le voir dans la série Gangs of London).
A voir éventuellement.
Sa construction est aussi très recherchée, à l'image des premières scènes, qui, associées à la dernière, semblent indiquer que tout le film n'est peut-être qu'un rêve.
Si on n'est pas très attaché à comprendre le sens d'une oeuvre, on pourra peut-être apprécier le style du réalisateur Akinola Davies Jr, qui emprunte beaucoup de codes au cinéma d'auteur européen : couleurs délavées, tournage en 35mm, gros plans signifiants, écrans blancs.
J'ai trouvé pour ma part que malgré ses qualités (on est parfois happé par une atmosphère ou un plan), le film manquait d'énergie et se perdait un peu dans l'ambition de son écriture sophistiquée. L'acteur principal britannique, Sope Dirisu, a une belle présence (on peut le voir dans la série Gangs of London).
A voir éventuellement.
L’ombre de mon père
Avec sa Mention Spéciale de la Caméra d'Or à Cannes 2025 et le prix du Meilleur premier film aux BAFTA 2026, l’anglo-nigérian Akinola Davies Jr triomphe pour son 1er film, Un récit semi-autobiographique se déroulant sur une seule journée dans la capitale nigériane, Lagos, pendant la crise électorale de 1993. Un père tente de guider ses deux jeunes fils à travers l'immense ville alors que des troubles politiques menacent. 93 minutes qui réinventent le cinéma africain,
Notre cinéaste a écrit le scénario à 4 mais avec son frère. Les deux hommes ont développé l’idée pendant plus de dix ans, en s’inspirant de la perte de leur propre père alors qu’ils n’étaient encore que des enfants. Une fois de plus, le titre original – traduit en sous-titre de ma chronique, – est bien plus fort que celui choisi par les distributeurs français. Il s’agit ici d’une sorte d’allégorie, une ode au lien du sang, une lettre d’amour malgré elle adressée à une figure à la fois admirée et fuyante, dont l’absence structure l’enfance des deux garçons. Le film bascule rapidement dans l’amour du pays dès que la caméra quitte le huis clos familial pour épouser le tumulte d’une ville en suspens. Nous sommes en 1993 et le Nigéria attend les résultats de la première élection présidentielle depuis le coup d’État militaire dix ans plus tôt. L’espoir démocratique flotte dans l’air, mais il est traversé d’une inquiétude sourde. Pour ma part, même si j’ai beaucoup aimé ce film, je trouve que le cinéaste a fait des choix esthétiques – en particulier dans les 1ères minutes -, parfois contestables, comme les trop nombreux plans de coupe bien inutiles à la limité du manérisme, et scénaristiques gênants quand il privilégie l’ellipse oubliant ainsi la fluidité du récit et risquant de perdre des spectateurs en chemin. Mais, si la mémoire demeure incertaine, le contexte politique, lui, s’ancre fermement dans le réel. Aussi les images d’archives viennent-elles fissurer la douceur onirique de la mise en scène et rappeller la brutalité de l’Histoire.
Bien sûr, le casting nous est inconnu, ce qui ne retire rien à la valeur de Sope Dirisu, Chibuike Marvellous Egbo, Godwin Egbo, même si on peut regretter la quasi absence de la mère, pourtant décrite comme celle qui assume le poids du quotidien et garantit la survie du foyer, Mais n’oublions pas que ce drame est filmé à hauteur d’enfant. Aussi, en mettant en scène une mémoire trouée, entre fantasme et archive, le film ouvre un dialogue entre générations. Il donne forme à un deuil à la fois intime et collectif, celui d’un père pour ses enfants, mais surtout celui d’un espoir démocratique avorté pour le pays.
Avec sa Mention Spéciale de la Caméra d'Or à Cannes 2025 et le prix du Meilleur premier film aux BAFTA 2026, l’anglo-nigérian Akinola Davies Jr triomphe pour son 1er film, Un récit semi-autobiographique se déroulant sur une seule journée dans la capitale nigériane, Lagos, pendant la crise électorale de 1993. Un père tente de guider ses deux jeunes fils à travers l'immense ville alors que des troubles politiques menacent. 93 minutes qui réinventent le cinéma africain,
Notre cinéaste a écrit le scénario à 4 mais avec son frère. Les deux hommes ont développé l’idée pendant plus de dix ans, en s’inspirant de la perte de leur propre père alors qu’ils n’étaient encore que des enfants. Une fois de plus, le titre original – traduit en sous-titre de ma chronique, – est bien plus fort que celui choisi par les distributeurs français. Il s’agit ici d’une sorte d’allégorie, une ode au lien du sang, une lettre d’amour malgré elle adressée à une figure à la fois admirée et fuyante, dont l’absence structure l’enfance des deux garçons. Le film bascule rapidement dans l’amour du pays dès que la caméra quitte le huis clos familial pour épouser le tumulte d’une ville en suspens. Nous sommes en 1993 et le Nigéria attend les résultats de la première élection présidentielle depuis le coup d’État militaire dix ans plus tôt. L’espoir démocratique flotte dans l’air, mais il est traversé d’une inquiétude sourde. Pour ma part, même si j’ai beaucoup aimé ce film, je trouve que le cinéaste a fait des choix esthétiques – en particulier dans les 1ères minutes -, parfois contestables, comme les trop nombreux plans de coupe bien inutiles à la limité du manérisme, et scénaristiques gênants quand il privilégie l’ellipse oubliant ainsi la fluidité du récit et risquant de perdre des spectateurs en chemin. Mais, si la mémoire demeure incertaine, le contexte politique, lui, s’ancre fermement dans le réel. Aussi les images d’archives viennent-elles fissurer la douceur onirique de la mise en scène et rappeller la brutalité de l’Histoire.
Bien sûr, le casting nous est inconnu, ce qui ne retire rien à la valeur de Sope Dirisu, Chibuike Marvellous Egbo, Godwin Egbo, même si on peut regretter la quasi absence de la mère, pourtant décrite comme celle qui assume le poids du quotidien et garantit la survie du foyer, Mais n’oublions pas que ce drame est filmé à hauteur d’enfant. Aussi, en mettant en scène une mémoire trouée, entre fantasme et archive, le film ouvre un dialogue entre générations. Il donne forme à un deuil à la fois intime et collectif, celui d’un père pour ses enfants, mais surtout celui d’un espoir démocratique avorté pour le pays.
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