Un jour avec mon père
Note moyenne
4,0
687 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

79 critiques spectateurs

5
7 critiques
4
32 critiques
3
26 critiques
2
12 critiques
1
2 critiques
0
0 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 mars 2026
"Un jour avec mon père" invente l'Afrique au cinéma. Jamais on avait vu ce continent ainsi, tant il est toujours montré au travers du regard des occidentaux. Le récit est entièrement fondé sur l'expérience sensible des campagnes et des villes qu'on traverse au gré d'une pérégrination sans but précis. On retrouve un certain nombre de dispositifs du cinéma d'art et d'essai international, mais renouvelés, ne serait-ce que par la réalité montrée. La bande-annonce laisse entrevoir l'effet kaléidoscopique de cette expérience des sons, des couleurs et des ambiances, mais seule la vision du film en salle vous en démontrera la richesse. C'est toujours inventif, toujours beau. Couleur et lumière, on l'a dit, mais aussi musique, utilisée ici comme des esquisses sonores qui s’interrompent mystérieusement. Le casting est très réussi. Les deux enfants sont complémentaires et le père est admirable. Les seconds rôles sont aussi souvent très bons (le gardien chantant, la serveuse, etc.).
Par son thème, le film rappelle beaucoup le fameux "Aftersun". Le mystère plane sur cette journée avec un père que tout le monde semble retrouver après une longue absence. On pense aussi à une sorte d'étrange "Ulysse" de James Joyce, par cette trajectoire flottante. Le biographique et le politique s'enchevêtrent continuellement en cette journée exceptionnellement passée avec un père souvent absent, dans un contexte électoral tendu. Or les deux dimensions se recoupent plus intimement qu'on ne le croit. spoiler: La fin du film le fait comprendre ; une seconde vision le démontre : en fait, cette journée n'a jamais eu lieu. Le père est mort depuis bien longtemps. L'extrême étrangeté de son surgissement dans le récit, apparaissant dans une chambre après sa douche, le laissait penser (pour ceux qui reverront le film, vous apprécierez l'effet surnaturel du vent annonçant l'apparition ; les enfants s'en étonnent eux-mêmes). Cherchant ses vêtements, le père tombe sur une autre habit, bleu et blanc, dont on comprendra à la toute fin que c'est l'habit de deuil de ses fils. Et si tout le monde est surpris de le retrouver à Lagos (y compris sa propre sœur), c'est parce qu'il est toujours surprenant de rencontrer un mort (non ?). Les deux dernières minutes constituent donc un twist fondamental, à l'image de celui qu'on avait vu dans "Aftersun" ou dans "Only the river flows".

En deux mots, un film complexe et envoûtant, mêlant récit familial biographique et enjeux politiques, superbement servi par une mise en scène ouatée. Une grande réussite !
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 mars 2026
Caméra d'or mention spéciale ( cannes 2025 ) est desservi par un scénario trop relâché qui part dans plusieurs directions sans véritablement en traiter une.

Le titre original en dit beaucoup plus sur le film " l'ombre de mon père". L'absence parentale, la trahison, le secret, la disparition. On imagine les traumas que devront porter les deux frères !

Malheureusement, à part la scène de la plage et la toute fin, le film ne tient pas ses promesses. Dommage !
traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 mars 2026
Deux gosses à Lagos, en compagnie de leur père, dans le Nigeria éruptif de 1993, alors que le résultat des élections se fait attendre. D'emblée, le film d'Akinola Davis, en partie autobiographique, s'apparente à un récit à hauteur d'enfants, dans lequel la mémoire ne semble avoir retenu que certains visages ou conversations, rendant l'ensemble troublant et flottant, comme des réminiscences aux contours parfois incomplets. Un jour avec mon père s'impose comme une sorte de road-movie urbain dans la tentaculaire Lagos et dans lequel les sensations affluent, au fil de moments heureux et de connivence, entre un homme et ses deux fils, comme suspendus cependant devant une menace militaire postée à chaque coin de rue. Le réalisateur, dans un style très personnel, de temps en temps à la limite de l'afféterie, rend hommage à un père trop absent et témoigne de l'histoire tumultueuse de son pays, le Nigeria, où l'espoir de la démocratie a été presque toujours un leurre. Ce n'est pas un film si facile d'accès, mais dont le déroulement sur une seule journée peut être perçu comme un voyage, géographique, temporel et filial, ce qui en fait un objet à la fois mystérieux, opaque, tendu et cependant chaleureux et par certains côtés naïf, comme peut l'être un enfant dans les pas de son père.
ben desiles
ben desiles

56 abonnés 118 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 25 mars 2026
au début, n'étant jamais allé en Afrique noire, j'ai été émerveillé par l'immersion qu'offre le film, toutes ces couleurs, ces odeurs qu'on devine, cette agitation, ce tumulte...mais au bout d'un moment, j'ai commencé à m'ennuyer. Les conversations ne sont guère passionnantes. On devine que le père soutient un parti à qui on a volé les élections, mais ce n'est toujours qu'une juxtaposition de dialogues sans grand intérêt. Certes la vie est faite de ça, de retrouvailles avec une soeur, de beignets ou d'une glace qu'on mange en se promenant, de bribes de conversation qu'on saisit dans un bus, mais c'est un peu léger pour faire un film.
velocio

1 538 abonnés 3 499 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 avril 2026
Fort de ses 230 millions d'habitants, le Nigeria est le film qui, après l'Inde, au niveau mondial, produit le plus de films par an. Et pourtant, il parait que "Un jour avec mon père" est le premier film nigérian à faire partie d'une sélection au Festival de Cannes. Présenté l'an dernier dans la section Un Certain Regard, il a obtenu une mention spéciale à la Caméra d'Or. Une mention spéciale très méritée car le film a de nombreuses qualités. L'histoire racontée, d'abord, qui nous ramène en 1993 le jour où les résultats de l'élection présidentielle du 12 juin 1993 doivent être annoncés. Persuadé qu'il va enfin pouvoir toucher son salaire, Folarin a emmèné ses 2 fils à Lagos. Les choses ne vont pas se passer comme il l'espérait mais le film va nous donner une très intéressante peinture de ce qu'est la vie à Lagos, une ville de 15 millions d'habitants, alors qu'elle vit sous la coupe d'un gouvernement militaire et dans l'espoir d'un grand changement politique. En parallèle, le film propose une autre peinture, très belle, celle des rapports entre un père et ses 2 fils, âgés de 11 et 8 ans. C'est d'ailleurs la perte de leur père alors qu'ils étaient très jeunes qui a incité les frères Akinola Davies et Wale Davies à écrire le scénario de "Un jour avec mon père" et, pour le premier, à le réaliser. L'image de ce film, tourné sur pellicule 35 mm, est magnifique. Ce sont 2 véritables frères qui interprètent les fils de Folarin et ils sont d'une grande crédibilité dans leur façon de découvrir l'agitation d'une grande ville africaine et des facettes de leur père qui, jusque là, leur étaient inconnues.
Naughty Doc

1 040 abonnés 530 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 mai 2025
Premier film d'Akinola Davies, et premier film nigérien sélectionné à Cannes, My Father's Shadow se veut un exutoire autobiographique pour son auteur, qui a vécu enfant la bascule du Nigéria vers la dictature en 1993. Pour autant, toute cette rension politique fait figure de second plan dans ce film avant tout centré entre 2 frères et leur père (impeccable Sope Dirisu), alors que ce dernier est condamné par la maladie.
Une virée dans Lagos qui perd souvent son focus à mon sens au gré des rencontres, mais qui conserve un aspect résolument touchant.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 1 avril 2026
Un jour avec mon père est un film nigérian assez pointu : se déroulant dans les années 1990, il fait référence à d'obscurs évènements politiques qui vous laisseront totalement à côté du chemin si vous n'êtes pas un fin connaisseur du pays.

Sa construction est aussi très recherchée, à l'image des premières scènes, qui, associées à la dernière, semblent indiquer que tout le film n'est peut-être qu'un rêve.

Si on n'est pas très attaché à comprendre le sens d'une oeuvre, on pourra peut-être apprécier le style du réalisateur Akinola Davies Jr, qui emprunte beaucoup de codes au cinéma d'auteur européen : couleurs délavées, tournage en 35mm, gros plans signifiants, écrans blancs.

J'ai trouvé pour ma part que malgré ses qualités (on est parfois happé par une atmosphère ou un plan), le film manquait d'énergie et se perdait un peu dans l'ambition de son écriture sophistiquée. L'acteur principal britannique, Sope Dirisu, a une belle présence (on peut le voir dans la série Gangs of London).

A voir éventuellement.
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 mars 2026
"Il y a des films qui arrivent comme arrivent les souvenirs d’enfance : par effraction, sans prévenir, avec cette netteté particulière des choses qu’on n’a pas cherché à retenir. Un jour avec mon père, premier long métrage du réalisateur britanno-nigérian Akinola Davies Jr., est de ceux-là. On entre dans ce film comme on entre dans une journée ordinaire et on en ressort changé, sans trop savoir pourquoi, avec quelque chose de chaud et de douloureux logé quelque part dans la poitrine."

"Le Nigéria est au bord du précipice. L’élection présidentielle du 12 juin 1993 vient d’être annulée par la junte militaire, et dans les rues de Lagos, quelque chose gronde et se fissure. Mais pour Akin et Remi, deux frères de huit et onze ans, ce jour-là a une seule signification : leur père est présent. Folarin — grand, charismatique, solaire et fragile à la fois — a surgi ce matin dans leur vie comme une apparition. Il est de ceux qui partent souvent et qui reviennent rarement. Alors les garçons ne posent pas de questions. Ils prennent la journée pour ce qu’elle est : un cadeau."

"Car la journée de Folarin n’est pas que sentimentale. Elle a une raison concrète, presque dérisoire à côté de ce qu’elle va devenir : récupérer six mois de salaire impayé auprès d’un employeur qui se dérobe, qui fuit ses responsabilités. Dans un pays où le pouvoir — politique ou patronal — ne rend de comptes à personne, un homme comme Folarin court après ce qui lui est dû, avec ses enfants dans le sillage, dans une ville agitée. Et au détour d’une rue, des soldats traversent le plan, le regard droit, face caméra, l’espace d’un instant. Ce regard n’est pas narratif, il n’explique rien. Il est à la fois une menace immédiate et le fantôme d’un traumatisme déjà inscrit dans la chair de la ville. Et Davies Jr. n’a pas besoin de l’appesantir, car Lagos sait ce que ce regard signifie."

"Chibuike Marvellous Egbo et Godwin Egbo — frères dans la vie comme à l’écran — apportent quelque chose qu’aucune direction d’acteurs ne peut vraiment fabriquer. Ils ont une complicité d’un naturel absolu, une façon de se tenir la main ou de se regarder qui appartient aux gens qui ont grandi ensemble pour de vrai. Le film reste constamment à leur hauteur, dans leur regard, dans leur façon de recevoir ce père mystère avec une intensité mêlée de retenue, comme s’ils savaient déjà, sans pouvoir le dire, que cette journée ne durerait pas."

"Et finalement, comme pour tous les deuils, la distinction importe moins qu’on ne le croit. Ce qui reste — qu’il soit vrai ou inventé — est tout aussi réel dans le corps de celui qui se souvient. Dans un pays où le politique trahit, où l’employeur fuit, où les soldats menacent et où les héros viennent d’ailleurs, il ne reste qu’une chose qui tienne vraiment : l’amour. Pas l’amour idéal, propre, sans accrocs — mais celui qui se glisse dans les disputes de frères, dans les silences d’un père et dans une journée ordinaire arrachée à l’oubli. C’est l’amour qui panse les douleurs et qui comble les trous de mémoire. [...] Mais ce qui compte, au fond, est beaucoup plus simple. Un jour avec mon père est un film qui donne envie d’appeler quelqu’un qu’on n’a pas appelé depuis trop longtemps. C’est suffisant. Et c’est déjà beaucoup."

Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 mars 2026
Dans Un jour avec mon père, Akinola Davies Junior s’appuie sur une matière profondément intime pour construire un récit à la fois simple dans sa structure et riche dans ses résonances. Le film suit une journée à Lagos, en 1993, alors que le Nigeria traverse une période de fortes tensions politiques. Ce contexte, jamais appuyé, agit pourtant comme une toile de fond constante, presque organique, qui influence chaque interaction sans jamais écraser l’intime.

Au centre du récit, la figure de Folarin (Sopé Dìrísù) impose une présence à la fois charismatique et fragile. Derrière son rôle de père, censé incarner l’autorité et la stabilité, se dessine un homme en décalage, incapable de combler pleinement le vide qui s’est installé. Cette ambiguïté nourrit tout le film. Les deux enfants, eux, avancent dans ce voyage avec une forme de lucidité silencieuse, comme s’ils percevaient déjà ce qui leur échappe.

La mise en scène adopte un rythme volontairement flottant, laissant place aux silences, aux regards, aux gestes suspendus. Il en résulte une sensation de rêverie constante, presque irréelle, renforcée par une photographie qui joue sur la chaleur, la lumière et une certaine écrasante matérialité des corps. Ce traitement visuel contribue à installer un climat instable, entre réalité tangible et impression diffuse d’absence.

Le film interroge alors la transmission, non pas comme un héritage structuré, mais comme une tentative incomplète, parfois maladroite. Les paroles du père, les conseils, les injonctions, prennent une dimension particulière dans ce contexte. Ils ne sont plus seulement éducatifs, ils deviennent essentiels, presque urgents.

En filigrane, c’est aussi le portrait d’un pays qui se dessine. Un Nigeria encore porté par une forme d’espoir, mais déjà traversé par des tensions profondes. Cette dualité entre espoir collectif et fragilité individuelle renforce la portée du récit.

Malgré certaines hésitations formelles, le film trouve sa force dans sa sincérité. Il ne cherche pas à surligner ses émotions, mais à les laisser émerger. Cette retenue donne à l’ensemble une dimension touchante, presque fragile, où chaque moment semble compter.
Chris G
Chris G

41 abonnés 67 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 juin 2025
Magnifique film nigérian qui nous embarque avec ce père et ses deux enfants dans une grande aventure depuis la campagne où ils vivent vers la ville de Lagos. Une photo grandiose, et une mise en scène au plus près des gens et des petits détails de la vie bouillonnante dans ce contexte de crise démocratique dans les années 90.
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 mars 2026
Deux jeunes frères, Olaremi et Akinola, passent une journée à Lagos avec leur père au lendemain des élections présidentielles de 1993 dont la junte militaire jusqu’alors au pouvoir tarde à reconnaître les résultats.

Caméra d’or à Cannes, Bafta du meilleur premier film, ce film nigérian est largement autobiographique. Son réalisateur a perdu son père à l’âge de deux ans à peine et l’a écrit avec son frère aîné.

"Un jour avec mon père" a deux qualités. La première est de nous plonger dans le Nigéria des années 90, un pays rarement filmé, à une période critique de son histoire. Il nous montre une mégalopole grouillante en pleine ébullition. Les militaires omniprésents patrouillent les rues ; la foule attend impatiemment les résultats de l’élection et la proclamation de la victoire de leur candidat, MKO Abiola ; la situation est électrique. On comprend progressivement que le père des enfants, militant politique, a été arrêté par la police et peine à évacuer ce traumatisme.

La seconde est de le faire à hauteur d’enfant, à travers les yeux des deux garçonnets. Le procédé n’est pas nouveau. Il a été utilisé jusqu’à la trame depuis "Jeux interdits" ou "Le Voleur de Bicyclette". On l’a récemment retrouvé sous des latitudes aussi différentes que l’Irak de Saddam Hussein ("Le Gâteau du président") l’Allemagne de 1945 ("Une enfance allemande") ou Madagascar en 1972 ("L’Île rouge"). Il n’en demeure pas moins très efficace. Ce qu’on voit de Lagos, c’est ce qu’en voient deux garçons de neuf et onze ans, qui n’en comprennent pas la géographie mais sont soufflés par son immensité, sa densité et le bruit qui y règne. Pour accentuer ce ressenti impressionniste, qui fait parfois penser à la texture des films de Terrence Malick, le réalisateur a utilisé une pellicule 35mm.
Ufuk K

617 abonnés 1 719 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 mars 2026
."Un jour avec mon père", acclamé par la critique et lauréat de multiples distinctions (Festival de Cannes, British Independent Film Awards 2025, Bafta Awards cette année), s'avère être un drame semi biographique sans plus. Malgré une entame laborieuse de plus d'une heure, le nouveau film du multirécompensé réalisateur anglo-nigérian Akinola Davies Jr propose une œuvre nuancée. La photographie et le montage atteignent par moments des sommets d'envoûtement, portés par la justesse des deux jeunes comédiens et la prestation marquante de Sope Dirisu dans le rôle du père. Le récit offre également des éclairages précieux, d'allure documentaire, sur le coup d'État et la crise électorale de 1993 au Nigeria.
Olivier Barlet
Olivier Barlet

329 abonnés 433 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 mars 2026
Un film d’atmosphère, d’une grande beauté plastique et sonore. Les impressions, les gestes et les silences parlent davantage que la trame du récit, si bien que le film est une véritable expérience sensorielle, renforcée par la bande originale de Duval Timothy et CJ Mirra qui évite l’afrobeat attendu pour se rapprocher du post-rock. Ce beau filme respire ainsi dans une sourde étrangeté. Sans doute celle que développe sans le dire la mémoire. Lire la critique sur le site d'Africultures.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 avril 2026
Un père amène ses deux fils à Lagos pour aller récupérer l’argent qui lui est dû. Et passer du temps avec eux.
Nous sommes en 1993 les élections ont eu lieu et les militaires vont peut être rendre le pouvoir aux civils. Ou pas.
Un très bon premier film, et une Caméra d’Or cannoise méritée, pour ce trip sensoriel et naturaliste de jeunes garçons qui découvrent le monde des adultes. Et ses mystères.
Une mise en scène sublime qui nous met dans la peau de deux enfants qui veulent graver dans leur mémoire le souvenir d’un père avant que la vie avance et que celui-ci s’évanouisse.
On pourrait penser à Terrence Malick où Chloé Zhao dans la manière mais c’est un film de Akinola Davies, un futur grand cinéaste à suivre. Sans aucun doute.
Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 868 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 février 2026
Vu à Montréal.

Le début du film avec ses multiples plans rapprochés sur des choses aussi disparates que des insectes, le ciel, une gouttière ou encore la terre, assorti d’une bande sonore assez angoissante, peut faire peur. En tout cas, on nous donne l’impression d’entrer dans, au choix, un rêve ou un cauchemar. La toute fin avec son décès qui nous fait douter sur la véracité et l’objectivité de tout ce que l’on a vu avant confirme cette impression d’onirisme, de moments fantasmés et donc d’une ligne de flottaison entre le songe rêveur ou cauchemardesque. Cet aspect n’est pas ce qui plaît le plus dans « Un jour avec mon père ». On commence d’une manière étrange et on finit sur une note ambiguë pas vraiment nécessaire. Mais il serait dommage de circonscrire notre impression à ces cinq à dix minutes max car dans ce qu’il y a entre deux, le film nous convainc le plus souvent.

Ce premier film que l’on sent largement autobiographique, comme une lettre d’amour d’un fils à son père, dégage quelque chose de rare et de précieux sur bien des aspects. Déjà, tout concourt à le rendre original. D’abord, sa nationalité cinématographique est extrêmement rare sur les écrans de cinéma occidentaux; il est en effet assez inédit de voir une œuvre produite et tournée au Nigéria, un pays qui produit pourtant beaucoup de films à la manière de l’Inde et son Bollywood. En outre, le film se déroule sur une seule journée dans un laps de temps bien précis : le jour du résultat des élections en 1993. Tout cela rend « Un jour avec mon père » aussi exotique qu’intéressant. Tout n’est cependant pas parfait, il y a quelques longueurs et un gros déséquilibre dans ce récit initiatique à hauteur d’enfant. En effet, les scènes très réussies et magnétiques se heurtent à d’autres beaucoup moins plaisantes ou trop longues (celle de la plage par exemple).

Ceci mis de côté, les jeunes acteurs non professionnels et celui qui joue leur père sont d’un naturel incontestable. Le grain de l’image et la manière de filmer la ville tentaculaire de Lagos donne un joli cachet à « Un jour avec mon père ». On y voit la fascination et l’amour de ses deux gamins pour leur père tandis que dans le monde d’adulte se passe des choses bien plus graves (la junte militaire, le manque d’argent du père, la maîtresse, ...). Et on ressent ce côté oppressant et crépusculaire au sein de cette chronique autant que les enfants. Une chronique pleine de moments touchants, de moments forts et de moments plus en apesanteur. Les très nombreux plans de coupe durant le film sont peut-être de trop, frôlant le maniéré, et cette volonté d’onirisme mystérieux n’était peut-être pas la meilleure des idées mais le film demeure assez peu commun, original et maîtrisé pour mériter plus qu’un coup d’œil.

Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.
Les meilleurs films de tous les temps