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Benoadujoconde
1 critique
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4,0
Publiée le 1 avril 2026
J'ai beaucoup apprécié ce film qui montre à la fois une réalité brute mais réaliste de certains pays d'Afrique, la tension sur un fil où tout peut basculer mais aussi une véritable création artistique en les prises de vue, en l'action des acteurs avec une justesse et une profondeur remarquables. Et en les silences et musiques, en écho, poétiques. Prometteurs d'une carrière longue à poursuivre tant pour les Acteurs que pour toute la Réalisation. Merci infiniment
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2,0
Publiée le 11 juin 2026
« Mourir pour le Nigeria, c'est mourir pour rien. » Folarin se rend à Lagos dans l'espoir d'obtenir le paiement de ses salaires impayés. Il est accompagné par ses deux fils dans ce qui sera un court, mais important voyage, que ce soit pour leur relation ou pour le souvenir qu'il laissera. « My Father's Shadow », c'est une quête initiatique dans une capitale qui ne sert pas simplement de décor, mais qui prend vie. Lagos est un personnage à part entière, avec ses fractures sociales, ses divergences politiques et ses nombreux personnages. C'est très animé autour du trio, mais c'est pourtant de leur côté qu'il y a quelque chose à creuser avec cette distante relation père-fils. Folarin, dont l'air pensif ne le quitte pas, fait tout pour ne pas inquiéter ses fils. Il les protège du mieux qu'il peut, même si cela veut dire endosser le mauvais rôle. Quelques moments intimes et attendrissants malheureusement noyés dans une mise en scène lourdingue et un montage saccadé. D'un côté, c'est à l'image du rythme effréné de la ville, mais que c'est fatigant à la longue. Au final, un film dont le fond m'a intéressé tandis que la forme m'a laissé totalement indifférent.
Présenté en compétition officielle à Cannes 2025, ce film nigérian raconte la journée d'un campagnard qui va emmener ses deux fils (11 et 8 ans) vers la capitale Lagos. "Un jour avec mon père" se situe en 1993, en plein chaos politique. L'émotion et la tension ne sont pas tout de suite palpables même si ce travailleur est bien exploité par son patron. La journée se déroule au gré de baignades (superbe moment), de glaces et de retrouvailles. Néanmoins, la figure paternelle transmet des valeurs de respect à ses enfants et tout cela est filmé avec maestria. On sent le vécu du cinéaste Akilona Daevis pour signer une réflexion intéressante sur un monde avec lequel les deux petits vont devoir composer. Une réussite.
Film choc de Akinola Davies. Nigéria, 1993. Deux frères traversent Lagos avec leur père un jour d'élection dans un pays où la démocratie est encore fragile. C'est le récit du jour où les deux enfants découvrent la violence du monde, les élections encadrées par des mitraillettes, les salaires qui ne sont pas versés et les trahisons secrètes au sein des couples. On pourrait reprocher au réalisateur le trop grand esthétisme de son film, pour autant le monde découvre là un jeune talent sachant parfaitement manier sa caméra et parvenir à créer une atmosphère étouffante. Captivant.
Mention spéciale à la Caméra d’Or au dernier Festival de Cannes, ce premier film aurait sans doute mérité de repartir avec la récompense principale. Il coche en effet toutes les cases : émotion, audace formelle, intelligence du regard, et surtout une histoire intime qui s’inscrit dans un contexte politique plus large.
La mise en scène impressionne par sa maturité. Chaque plan est une proposition visuelle à part entière, époustouflant de poésie. Le film avance comme un souvenir qui se recompose, avec cette sensation troublante de naviguer entre mémoire et imagination. La caméra, constamment à hauteur d’enfant, capte avec justesse ce mélange de douceur et d’inquiétude propre aux souvenirs d’enfance, lorsque l’on observait et ressentait les choses sans toujours les comprendre.
Au centre, la relation entre le père et ses enfants apporte une vraie chaleur. Elle agit comme un refuge face à la violence sociale et politique qui entoure les personnages. Le film parvient ainsi à être à la fois réconfortant et révoltant. D’un côté, la tendresse familiale ; de l’autre, les injustices qui surgissent progressivement.
Certains pourront regretter que le contexte politique du Nigeria ne soit pas davantage expliqué. Mais le film choisit la subtilité : spoiler: une page de journal lue dans un bus, un reportage diffusé à la télévision en arrière-plan dans un bar..., quelques détails qui suffisent à comprendre ce qui se joue.
Hypnotisant, parfois presque onirique, le film ressemble à un long rêve éveillé. Cette manière de brouiller les repères n’est pas sans rappeler le cinéma de David Lynch : une douceur apparente, presque irréelle, progressivement traversée par des fissures venues du réel. L'enfance est vue comme un refuge, un espace fragile, entre douceur et inquiétude, menacé par un monde que l’on comprend encore mal.
Une œuvre à la fois personnelle et politique, sensible et audacieuse, qui impose de véritables choix esthétiques sans jamais sacrifier la clarté et la puissance de son propos, et dont la richesse et la beauté invitent à de multiples revisionnages.
Lagos, 1993. Deux gamins embarqués dans le sillage d'un père qu'ils connaissent à peine, à travers une mégalopole sous tension. Comme dans "Moonlight" ou "Aftersun", Akinola Davies Jr. construit son récit dans les interstices, là où l'enfance perçoit sans encore nommer. Le film ne raconte pas tant une journée qu'il ne la restitue par fragments, comme la mémoire les livre : lacunaires, intenses, faussement nets. Les deux frères captent les silhouettes des adultes, déchiffrent les échanges à demi-mots, lisent la rue sans la comprendre. De leur point de vue, la grande ville et la grande histoire s'infiltrent en sourdine. C'est là toute la réussite du film : tenir ce regard d'enfant jusqu'au bout, entre candeur et pressentiment sourd. La mise en scène mêle intime et politique sans forcer la lisibilité, et c'est autant une qualité qu'une limite. Mais la frontière entre souvenir réel et souvenir reconstruit reste universelle et poignante.
"«Un père et ses 2 fils» Voici un Road Movie nigérian qui nous fait suivre ce père allant à Lagos pour toucher sa paye (impayée depuis des mois). Il emmène ses 2 garçons qui le voient peu et sont trop contents de voyager avec leur Daddy. En parallèle, nous sommes en 1993, des élections sont organisées par la junte et l’espoir de démocratie prend le pays, dont ce père qui espère tant un changement pour son pays. La déception ne tardera pas. Les vues de Lagos, de la « fourmilière » nigériane, de la débrouille et de l’embrouille sont bien restituées et les enfants vraiment touchants. Primé à Cannes"
La violence de la répression politique au Nigeria (et sans doute ailleurs) vu par des gamins, qui perçoivent leur père comme une cible des "forces de l'ordre" (j'ai pensé à ce titre à L'Homme sur les quais de Raoul Peck -1993). Mais qui est vraiment celui qui vient consacrer une journée à ses deux fils ? Un mystère qui rajoute une dose de poésie à cette histoire.
une belle réalisation très bien filmée que cet itinéraire de deux enfants avec leur père qui traversent une ville où la tension engendrée par des élections truquées est perceptible et le drame sous jacent. ce père qui est plutôt une ombre ( comme le titre original ) car le récit manque de lisibilité sur son destin... malgré de belles qualités visuelles et une grande poésie ce film n'échappe pas à certaines longueurs...
Le réalisateur livre un pan de son passé en nous entraînant avec lui et son frère, à hauteur d'enfant, dans une journée qui semble ordinaire au premier abord, malgré la crise politique qui couve au Nigeria, et l'espoir suscité par l'élection en cours, mais une journée qui va compter intimement pour ces deux enfants. Au rythme des déambulations du trio dans Lagos et de leurs rencontres, la relation avec le père, qui apparaît d'abord comme un personnage impressionnant, presque inquiétant, va évoluer progressivement avec une ouverture et une tendresse spoiler: qui rendent la fin d'autant plus brutale .
Beau film un peu lent, kaléidoscope de contraires : poétique, onirique et réaliste ; intime et politique, pédagogique et dépaysant à mes yeux d'européenne, passionnant et émouvant Les acteurs, adultes (y compris les seconds rôles) et enfants sont très bien C'est aussi très bien filmé, alternance de gros plans et de plans larges, belle image Un film que je recommande, tellement loin du cinéma formaté !
La promotion du film Un jour avec mon père met en avant une vision originale de l’Afrique ainsi qu’une photographie remarquable, récompensée par la Caméra d’or au Festival de Cannes. j'ai aimé : - J’ai particulièrement apprécié la beauté visuelle du film et cette invitation au voyage, à la fois poétique et immersive. - Le travail sonore, notamment les rythmes et les tam-tams, contribue également à créer une ambiance unique et captivante. Je n'ai pas aimé - j’ai trouvé que l’histoire manquait parfois de clarté et partait un peu dans toutes les directions, ce qui rend l’ensemble assez énigmatique. Malgré cela, le film parvient à dénoncer avec justesse la misère et la corruption en Afrique, tout en offrant un regard triste mais profondément émouvant sur la réalité vécue par de nombreux Même si j’ai eu un peu de mal à entrer pleinement dans le récit, l’expérience reste marquante grâce à sa force visuelle et émotionnelle. Ma note