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3,0
Publiée le 7 janvier 2026
Après avoir appris que le corps de sa mère a été découvert quarante ans après sa disparition, Dong-hwan tente d'élucider les circonstances de sa mort dans l'espoir d'en savoir plus sur sa vie. Il est aidé par une productrice de télévision qui a les yeux qui brillent quand elle réalise que son décès cache une sombre histoire... D'une interview à une autre et d'une révélation à une autre, ils reconstituent le puzzle d'une époque où il ne faisait pas forcément bon vivre. Une société individualiste et superficielle où les plus faibles et les marginaux sont exploités, traités comme des moins que rien et victimes d'abus physiques et verbaux. Même s'il ne l'a pas connue, c'est une reconstitution difficile pour le fils qui doit entendre des témoignages horribles. L'histoire est prévisible avec un coupable très vite évident, mais tout ce qu'il y a autour sur la cruauté humaine, les préjugés et l'injustice donne de l'intérêt et de la profondeur au récit. Ce n'est pas ce que Sang-ho Yeon a fait de mieux, mais c'est pas mal.
Le thème de The Ugly doit tenir particulièrement à cœur de son réalisateur pour qu'il tourne un long métrage adapté de son propre roman graphique. Sujet que l'on pourrait résumer simplement : nous vivons dans une société qui exalte la beauté plus que de raison et ostracise la laideur avec ostentation. On pourrait y ajouter le handicap, rendu le plus souvent invisible pour ne pas choquer les valides, non ? Le film n'a rien à voir avec les œuvres spectaculaires et violentes de Yeon Sang-ho, dont le célébrissime Dernier train pour Busan, même s'il s'agit d'un autre type de violence, plus sournoise. Tourné avec une équipe légère et doté d'un budget dérisoire, à l'aune des grosses productions coréennes, The Ugly va et vient entre présent et passé, dans une ambiance assez sordide, avec un suspense qui révèle ses vérités en deux temps, le dernier en guise de dénouement, lequel aurait pu être effacé, de manière à laisser l'imagination du spectateur faire son travail. Le film a un côté trop explicatif et ses tentatives d'humour s'avèrent peu efficaces, dans un ensemble à la fois tragique et malaisant. Au royaume de l'aveuglement, que décrit Yeon, dans tous les sens du terme, la beauté reste reine, cette réalité va de soi, mais fallait-il une histoire aussi torturée et glauque pour le démontrer ? Mais bon, les dégoûts et les douleurs, n'est-ce pas...
"Présenté au TIFF 2025, The Ugly, Yeon Sang-Ho abandonne l’ampleur spectaculaire de ses blockbusters fantastiques pour un thriller psychologique intimiste et glaçant. Adapté de son propre roman graphique, le film explore la marginalisation, la violence sociale et le poids des apparences à travers le destin tragique d’une femme stigmatisée pour son visage. Entre suspense, drame familial et réflexion sociale, Yeon interroge la laideur de l’humanité et les standards qui déterminent ce qui est aimé… ou méprisé."
"Le récit se déploie dans un enchaînement croisé entre deux époques, à travers les confessions de ceux qui ont côtoyé l’épouse d’un maître artisan de sceaux aveugle, Yeong-gyu (Kwon Hae-hyo). Reconnue, moquée et humiliée pour son visage « laid et hideux », elle disparaît alors que son fils, Dong-hwan (Park Jeong-min), n’est qu’un nourrisson. Quarante ans plus tard, la découverte de ses ossements déclenche une enquête menée par Dong-hwan et une journaliste qui traque le scoop sur les circonstances de sa disparition. La mère, dont le visage est volontairement caché, devient le prisme par lequel Yeon Sang-Ho explore la cruauté de la société sud-coréenne et ses standards de beauté, désormais reconnus au-delà de ses frontières, et utilisés comme vecteur d’intimidation envers ceux considérés comme « différents »."
"La première heure de The Ugly est remarquable : suspense, tension et révélations s’enchaînent avec fluidité, et les dialogues qui accompagnent les flashbacks sont suffisamment bien amenés pour ne pas casser le rythme, malgré un chapitrage quelque peu artificiel et superflu. Cependant, au-delà de ce premier acte, le récit devient plus linéaire et prévisible, et l’attention du spectateur peut fléchir. Néanmoins, Yeon Sang-Ho parvient à densifier sa réflexion sur le féminicide et la violence structurelle envers les femmes dans les dernières minutes, où la vérité éclate brutalement, comme un coup de marteau, avec des conséquences irréversibles pour les personnages."
"Du côté des limites, le rythme inégal et la prévisibilité du twist peuvent frustrer certains spectateurs, et la narration repose parfois un peu trop sur des dialogues explicatifs avant d’être illustrés dans des flashbacks. En définitive, The Ugly est un thriller psychologique qui, malgré ses défauts, s’impose comme une réflexion lucide et viscérale sur la laideur de l’humanité et les injustices liées à l’apparence. Comme le rappelle la citation centrale du film : « Ce qui est beau est respecté. Ce qui est laid est méprisé. »"
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The Ugly montre que la vraie laideur n’est pas physique, mais dans le regard des autres. Le film explore comment la société peut humilier et écraser quelqu’un, même sans raison.
Le père est écrasé par la peur du jugement et n’ose pas protéger ceux qu’il aime, et son fils répète cette peur des générations passées. Le film montre comment la honte et les mensonges se transmettent silencieusement.
Sobre, touchant et cruel, The Ugly parle de peur, de honte et de responsabilité morale, plus que d’apparence..
vu en avp au festival du film international de La Roche sur Yon 2025. Film bien mené, intrigue plutôt intéressante. Mais pourtant le sentiment que le traitement reste trop sage, pas assez intense. Et surtout une fin à mon sens plutôt bancale (il ne faut pas en dire plus)