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3,0
Publiée le 7 janvier 2026
Après avoir appris que le corps de sa mère a été découvert quarante ans après sa disparition, Dong-hwan tente d'élucider les circonstances de sa mort dans l'espoir d'en savoir plus sur sa vie. Il est aidé par une productrice de télévision qui a les yeux qui brillent quand elle réalise que son décès cache une sombre histoire... D'une interview à une autre et d'une révélation à une autre, ils reconstituent le puzzle d'une époque où il ne faisait pas forcément bon vivre. Une société individualiste et superficielle où les plus faibles et les marginaux sont exploités, traités comme des moins que rien et victimes d'abus physiques et verbaux. Même s'il ne l'a pas connue, c'est une reconstitution difficile pour le fils qui doit entendre des témoignages horribles. L'histoire est prévisible avec un coupable très vite évident, mais tout ce qu'il y a autour sur la cruauté humaine, les préjugés et l'injustice donne de l'intérêt et de la profondeur au récit. Ce n'est pas ce que Sang-ho Yeon a fait de mieux, mais c'est pas mal.
Le réalisateur coréen quitte le film d'horreur pour un film entre thriller psychologique et drame familial avec, et c'est le cinéaste qui l'affirme, un sujet central qui est que notre société porte aux nues la beauté et porte au pilori la laideur en sachant bien tous que tout ceci est bien subjectif... ou pas ! Une journaliste qui effectue un reportage justement sur le beauté des sceaux d'un artiste aveugle va vite montrer toute la laideur du journalisme à sensation, c'est-à-dire devenir le charognard opportuniste qui va fouiller dans un secret de famille pour un article qui promet forcément le goût du malaise et du sang, le tout à l'insu du plein gré d'un fils quarantenaire qui se laisse vampiriser. Au fil des rencontres le puzzle des événements passés 40 ans plus tôt se révèlent jusqu'à deux gros dénouements, deux twists très différents sur le fond comme sur la forme... SPOILERS voir site !... Deux passages essentiels loin de convaincre, d'abord parce que la première révélation n'a rien d'inattendu, on le sait et on attend juste l'instant où ça arrive enfin, puis la second révélation n'aurait justement jamais dû l'être et laisser le mystère ouvert, aussi bien pour l'effet malaisant, l'imagination étant toujours plus forte, et enfin parce qu'au final l'intrigue en devient complètement incompréhensible. Site : Selenie
Le thème de The Ugly doit tenir particulièrement à cœur de son réalisateur pour qu'il tourne un long métrage adapté de son propre roman graphique. Sujet que l'on pourrait résumer simplement : nous vivons dans une société qui exalte la beauté plus que de raison et ostracise la laideur avec ostentation. On pourrait y ajouter le handicap, rendu le plus souvent invisible pour ne pas choquer les valides, non ? Le film n'a rien à voir avec les œuvres spectaculaires et violentes de Yeon Sang-ho, dont le célébrissime Dernier train pour Busan, même s'il s'agit d'un autre type de violence, plus sournoise. Tourné avec une équipe légère et doté d'un budget dérisoire, à l'aune des grosses productions coréennes, The Ugly va et vient entre présent et passé, dans une ambiance assez sordide, avec un suspense qui révèle ses vérités en deux temps, le dernier en guise de dénouement, lequel aurait pu être effacé, de manière à laisser l'imagination du spectateur faire son travail. Le film a un côté trop explicatif et ses tentatives d'humour s'avèrent peu efficaces, dans un ensemble à la fois tragique et malaisant. Au royaume de l'aveuglement, que décrit Yeon, dans tous les sens du terme, la beauté reste reine, cette réalité va de soi, mais fallait-il une histoire aussi torturée et glauque pour le démontrer ? Mais bon, les dégoûts et les douleurs, n'est-ce pas...
Je tiens à saluer le cinéma coréen, pour avoir encore une fois décortiquer avec profondeur, une problématique, ici celle des apparences physique, de la laideur ( UGLY) . Je dois dire que la fin du film fait réfléchir, voire s’autocritiquer le spectateur Lambda, que je suis. Comme toujours dans le cinéma coréen la mise en scène, la photographie, le jeu d’acteurs sont impeccables, voire esthétiques. On respire aussi au niveau format ( 1 h42). Décidément les coréens ne sont pas insensibles, il ont des choses à raconter, et ils le font avec talent….Une musique aurait peut être donné plus d’intensité, à certains passages, finalement c’est tout ce qui m’a manqué. Je conseille sans hésiter, amateurs ou pas du cinéma asiatique.
"Présenté au TIFF 2025, The Ugly, Yeon Sang-Ho abandonne l’ampleur spectaculaire de ses blockbusters fantastiques pour un thriller psychologique intimiste et glaçant. Adapté de son propre roman graphique, le film explore la marginalisation, la violence sociale et le poids des apparences à travers le destin tragique d’une femme stigmatisée pour son visage. Entre suspense, drame familial et réflexion sociale, Yeon interroge la laideur de l’humanité et les standards qui déterminent ce qui est aimé… ou méprisé."
"Le récit se déploie dans un enchaînement croisé entre deux époques, à travers les confessions de ceux qui ont côtoyé l’épouse d’un maître artisan de sceaux aveugle, Yeong-gyu (Kwon Hae-hyo). Reconnue, moquée et humiliée pour son visage « laid et hideux », elle disparaît alors que son fils, Dong-hwan (Park Jeong-min), n’est qu’un nourrisson. Quarante ans plus tard, la découverte de ses ossements déclenche une enquête menée par Dong-hwan et une journaliste qui traque le scoop sur les circonstances de sa disparition. La mère, dont le visage est volontairement caché, devient le prisme par lequel Yeon Sang-Ho explore la cruauté de la société sud-coréenne et ses standards de beauté, désormais reconnus au-delà de ses frontières, et utilisés comme vecteur d’intimidation envers ceux considérés comme « différents »."
"La première heure de The Ugly est remarquable : suspense, tension et révélations s’enchaînent avec fluidité, et les dialogues qui accompagnent les flashbacks sont suffisamment bien amenés pour ne pas casser le rythme, malgré un chapitrage quelque peu artificiel et superflu. Cependant, au-delà de ce premier acte, le récit devient plus linéaire et prévisible, et l’attention du spectateur peut fléchir. Néanmoins, Yeon Sang-Ho parvient à densifier sa réflexion sur le féminicide et la violence structurelle envers les femmes dans les dernières minutes, où la vérité éclate brutalement, comme un coup de marteau, avec des conséquences irréversibles pour les personnages."
"Du côté des limites, le rythme inégal et la prévisibilité du twist peuvent frustrer certains spectateurs, et la narration repose parfois un peu trop sur des dialogues explicatifs avant d’être illustrés dans des flashbacks. En définitive, The Ugly est un thriller psychologique qui, malgré ses défauts, s’impose comme une réflexion lucide et viscérale sur la laideur de l’humanité et les injustices liées à l’apparence. Comme le rappelle la citation centrale du film : « Ce qui est beau est respecté. Ce qui est laid est méprisé. »"
Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Avec The Ugly, Yeon Sang-ho signe un drame psychologique qui emprunte les codes de l'enquête sans jamais se limiter au suspense. La découverte des ossements d'une femme disparue quarante ans plus tôt ouvre un récit où chaque révélation modifie la perception des personnages autant que celle du spectateur. L'enquête menée par Im Dong-hwan devient progressivement une exploration de la mémoire familiale, des non-dits et des préjugés qui traversent plusieurs générations.
Le film est surprenant, une maitrise du cadrage pour retarder jusqu'au bout la révélation du visage de la femme-mère. Une mise en scène sous tension, un jeu d'acteur intense et une photographie qui alterne artistique et classique. Nous sommes cloués à notre fauteuil à chercher des indices, trouver des reflets du visage interdit ! Une réalisation fine et un art de la mise en scène de la tension.
Cette mécanique transforme le spectateur en véritable enquêteur. Chaque détail, chaque silence et chaque déplacement du regard deviennent des indices susceptibles de remettre en cause les certitudes construites depuis le début du récit. Le visage absent finit par occuper tout l'espace narratif, comme si l'invisible devenait plus puissant que ce qui est montré.
Le film dépasse rapidement le simple cadre du thriller. Il interroge la manière dont une société construit sa mémoire collective, choisit ce qu'elle conserve et ce qu'elle préfère effacer. La Corée des années 70 apparaît sous un angle rarement représenté, celui des ouvriers, des artisans et des oubliés du développement économique. Cette dimension sociale nourrit constamment les trajectoires individuelles sans ralentir le rythme de l'enquête.
Porté par des interprétations intenses et une tension psychologique qui ne faiblit jamais, The Ugly trouve son équilibre entre émotion, réflexion et cinéma de genre. Il confirme la capacité de Yeon Sang-ho à construire des récits où la quête de vérité devient avant tout une confrontation avec les blessures humaines et les zones d'ombre de l'histoire.
Beau et puissant à la fois, Sang-Ho YEON livre un film qui prend le meilleur du mélodrame, pour livrer au spectateur, une intense plongée dans la vie d'une famille, et surtout, dans l'œil d'un enfant, face au passé de ses parents
Un fils apprend qu'on a retrouvé, quarante ans après sa disparition, le squelette de sa mère, et se lance dans une enquête sur cette femme fantôme. Yeon Sang-ho, connu pour "Dernier train pour Busan", change complètement de registre avec ce thriller tortueux et anxiogène qui met à nu la violence ordinaire faite aux femmes. Le mystère finit par s'épuiser vite, l'intrigue suit un chemin assez balisé et ses rebondissements se devinent d'avance. Le vrai intérêt du film se loge ailleurs, dans la fable morale et sociale qu'il déploie autour du poids des apparences en Corée du Sud. Le récit navigue entre férocité et émotion, en creusant les strates de l'histoire coréenne avec une vraie acuité. Implacable et réussi.
vu en avp au festival du film international de La Roche sur Yon 2025. Film bien mené, intrigue plutôt intéressante. Mais pourtant le sentiment que le traitement reste trop sage, pas assez intense. Et surtout une fin à mon sens plutôt bancale (il ne faut pas en dire plus)
Un bon polar coréen qui mêle enquête et fresque historique. C'est noir, souvent misogyne et surprenant. On suit le fils et le journaliste remonter l'enquête aux fur et à mesure des pseudos interviews. Les acteurs sont excellents. C'est juste dommage que le dénouement soit spoilé dès le début du film. Mais en réalité le plus important n'est pas la fin en soit, mais de suivre le fil de l'enquête, sur deux époques jusqu'à sa conclusion implacable.
Après avoir marqué le cinéma de genre avec des œuvres mêlant horreur, fantastique et critique sociale, Sang-Ho Yeon revient avec The Ugly, un thriller psychologique d'une grande noirceur où le mystère familial devient le révélateur des failles les plus profondes de l'âme humaine. Plus intimiste que ses précédents travaux, le film privilégie la tension émotionnelle à l'esbroufe, tout en conservant la puissance de son regard sur la société.
L'histoire s'ouvre sur la découverte des ossements d'une femme disparue depuis quarante ans. Son mari, maître artisan aveugle de naissance, vit reclus depuis des décennies, admiré pour la finesse des sceaux qu'il grave malgré son handicap. Lorsque leur fils décide de faire la lumière sur cette disparition, il met au jour une succession de secrets enfouis qui vont bouleverser tout ce qu'il croyait savoir de sa famille. À mesure que l'enquête progresse, le film délaisse le simple mystère criminel pour explorer les zones les plus sombres de la culpabilité, du mensonge et de la violence ordinaire.
Le scénario impressionne par sa construction méthodique. Sang-Ho Yeon installe un suspense progressif où chaque révélation éclaire différemment les événements passés. Loin des effets de surprise gratuits, le récit s'attache à déconstruire les apparences et interroge la notion même de monstruosité. La véritable « laideur » évoquée par le titre n'est jamais physique : elle réside dans les choix, les silences et les compromissions des êtres humains.
Jeong Min Park livre une prestation d'une grande intensité, incarnant un homme partagé entre son besoin de vérité et la peur de découvrir l'impensable. Hae-hyo Kwon compose un personnage d'une remarquable ambiguïté, dont la fragilité apparente masque une profondeur troublante. Shin Hyon Bin apporte une sensibilité précieuse à un récit où chaque personnage porte les stigmates d'un passé impossible à effacer.
La mise en scène privilégie une atmosphère austère, faite de silences, de lumières tamisées et de cadres rigoureux. Chaque espace semble chargé de mémoire, tandis que le rythme volontairement mesuré laisse le spectateur s'immerger dans cette enquête morale autant que criminelle. La photographie, élégante et mélancolique, accompagne parfaitement cette descente dans les profondeurs de la conscience humaine.
Au-delà de son intrigue policière, The Ugly est une réflexion sur l'héritage des fautes, la transmission des traumatismes et la difficulté d'affronter une vérité longtemps enfouie. Sang-Ho Yeon confirme une nouvelle fois sa capacité à utiliser les codes du thriller pour questionner les parts les plus obscures de l'être humain.
À la fois thriller psychologique et drame familial, The Ugly impressionne par la maîtrise de son écriture et la profondeur de ses personnages. Porté par une mise en scène d'une grande élégance et des interprétations remarquables, le film s'impose comme une œuvre aussi troublante que profondément humaine.
Un excellent polar coréen pour une fois plutôt sobre au niveau du jeu d'acteur (on est loin de Parasite...). La scène finale, bien que prévisible, est absolument bouleversante.
Excellent !!! La folie des Hommes, partie 1890989999.... Le paraître et ce que pensent les autres sont un poison, malheureusement la société est comme ça et quand on se balade sur les RS, on voit que ce n'est pas près de changer. Même en entretien d'embauche, on va se baser sur ça.... Ce qui est complètement débile vu que la beauté est subjective et parfois dépend uniquement de ce une seule personne dit et propage.
Bref j'ai adoré ce film, les thématiques abordés,les acteurs... Et la famille de sa mère... Mais quel bande de petit merdeux.!
le cinéma coréen ne manque pas de talent . un scénario inattendu , original , une intrigue bien menée , surprenante , une bonne surprise . ambiance glauque, lumière crépusculaire : je recommanderais .