Trois adieux, d'Isabel Coixet, rappelle Ma vie sans moi, l'un des fleurons de sa filmographie, tourné il y a plus de vingt ans. Mais le contexte est cette fois quelque peu différent, avec une héroïne plus âgée et une intrigue ancrée dans la capitale italienne, qui constitue l'un des personnages de ce drame romantique, si tant est qu'on puisse le qualifier ainsi. L'on y retrouve l'essence du cinéma de la réalisatrice catalane qui adapte ici librement le livre de Michela Murgia, autrice sarde disparue en 2023. La vie est un bel accident, est-il dit lors de la plus touchante scène du film, qui n'en est pas chiche. Ce qui l'empêche de verser dans le mélodrame pur, quoique certaines larmes soient susceptibles de couler, est la délicatesse de la cinéaste, son amour des détails qui ont du sens, mais sa fantaisie, aussi, et sa générosité. Ainsi, si Alba Rohrwacher sublime le film par son habituelle excellence, elle est pour le moins bien secondée par d'autres pointures : Elio Germano, Francesco Carril, Galatea Bellugi. Bien sûr que Trois adieux ne dit rien de neuf sur la philosophie de la vie et de la nécessité du Carpe Diem, Capra et bien d'autres l'ont évoqué chacun à leur manière, mais le film a cette élégance de la forme qui transcende un fond dans lequel la banalité du quotidien est surévaluée à l'aune du destin de chaque être vivant.
Vu en Italie. Dans un film qui s'inspire au roman de Michela Murgia, sans pour autant le copier coller, on saisit tout l'esprit de l'écrivain, et on se souvient de ses pensées pendant les derniers mois de sa vie. Délicat, bien interprété, dans un Trastevere riche en couleurs.