Une bonne surprise. Pour son premier long métrage en tant que réalisateur, le beau gosse de SANS FILTRE revisite avec habileté le drame social anglais, trouvant un juste équilibre entre classicisme et liberté de ton.
Ai vu « Urchin » du comédien et réalisateur britannique Harris Dickinson dont c’est la première réalisation. Le film a été projeté au Festival de Cannes 2025 dans la Sélection « Un certain regard » et a obtenu un prix pour l’interprétation de son comédien principal Frank Dillane magnétique. Un scénario très original qui ne s’éloigne jamais de sa colonne vertébrale, une mise en scène discrète et efficace et un comédien dont la caméra suit les faits et gestes au plus près et celle-ci traduit avec justesse l’aura fantastique de ce comédien qui ne fait qu’une bouchée de son rôle assez complexe et énigmatique. Grâce aux errances du personnage, de ses changements de foyers, de petits boulots et les enchainements de galères multiples nous découvrons toute une série de super comédiens. Urchin veut dire oursin en anglais… c’est ce qu’est Mike, enfant orphelin, placé à droite à gauche et qui se retrouve à vivre dans la rue dès sa vie d’adulte. Mike est plein de vie mais pique les gens qui l’aident, qui s’intéresse à lui… c’est son mode de protection et de défense. Après un séjour en prison, il essaye de se reprendre en main et de mieux maitriser les choses et ses agissements incontrôlés mais la tâche est ardue. Le film est d’une grande vérité (on pense souvent à Ken Loach) et d’une belle humanité, où même les seconds rôles ont le temps d’être caractérisés et d’être mis en valeur. Mike dégage toujours de l’empathie et c’est ce qui fait le charme immense de ce premier long métrage qui préfigure la maturité de son réalisateur. Cet oursin mêle le réalisme et l’onirisme de front pour le plus grand plaisir du spectateur. Aucun misérabilisme, aucune facilité, aucun dolorisme : le résultat est un film assez fort et surtout original car il sait se démarquer du cinéma social anglais dont il s’inspire. Une belle découverte.
Faut-il lever son popotin du canapé & du Netflix pour lui ? Spoiler : oui ! Bon premier film. Tous ceux (immense majorité) échappant à l'aigreur d'être un critique professionnel verront ses défauts mais sans s'appesantir dessus tant sa fraîcheur l'emporte. Il n'y a pas de dénouement clair prêt-à-penser, ni de catharsis psy. C'est conflictuel, alambiqué, des épousailles d'opposés, et débrouillez vous avec ça, film d'un acteur et films d'acteurs, encore une fois les britons là-dessus surclassent les sempiternels films d'auteurs made in France. L'ornière du pathos est évitée. Que reste-t-il à se mettre sous la dent comme lui s'enfile des rails ?
Notre oursin se laisse bercer par les courants, se cogne d'obstacles en obstacles, les cogne, se cogne lui-même étranger à sa propre étrangeté d'être dissocié de l'intérieur. Quête du laisser-aller, tout arrêter, se coucher là par terre, jusqu'à la mort, une quasi attente de réincarnation pour recommencer sa propre vie dans le fantôme de l'amour jamais reçu. Nostalgie de la boue (concept existant vraiment). C'est filmé telle une lucidité en blessure la plus proche du soleil (R. Char). Tout foirer pour revivre le moment où tout a foiré, fœtus. Avec jouissance maladive, élan juvénile puéril, puit sans fond de douleur trop adulte. Squelette de normalité décharnée. Épouvantail à bonheur. Ça imprime la rétine. C'est du cinéma, pas de la télé même 120 pouces 4K. Allez-y. Ne serait-ce que pour ce moment où le petit groupe de marginaux planant dans leurs fringues recyclées atterrissent parmi le parterre de spectateurs bobos sapés d' originalités criardes et superficielles, dans une grande pièce artistique où se déroule une performance "happening" faussement viscérale. Le non-sens rencontre le non-sens et rien ne se passe : cela en devient mollement violent, toute notre époque.
Film glaçant, relatant la vie d'un marginal qui essaye de s'en sortir mais retombe dans ses addictions malgré les aides qu'on lui apporte car il est en dehors de la société, très belle interprétation
À travers l’histoire d’un jeune toxicomane sorti de prison, le premier long métrage de Harris Dickinson a l’incontestable mérite de ne pas proposer de vérités ni de solutions toutes faites. Au contraire, il nous interroge et nous oblige à regarder, toutes et tous, notre part la plus sombre, tout en faisant preuve d’une réelle maîtrise du langage cinématographique.
Vu en avant-première dans le cadre du Festival Télérama au Nouvel Odéon (Paris 6e). Plongée convaincante dans la vie d'un jeune SDF à Londres. Ni pathos ni misérabilisme : le tout sonne très juste grâce notamment à la performance de Frank Dillane dans le rôle principal, qui incarne magnifiquement ce personnage inadapté, incapable de se prendre en charge. Le réalisme social de ce parcours chaotique est ponctué par des intermèdes oniriques, poétiques. Après de premières séquences nous montrant la vie de Mike dans la rue, son passage en prison pour quelques mois pour avoir agressé et volé un homme cherchant pourtant à l'aider lui permet un nouveau départ : hébergé dans un foyer et suivi par une assistante sociale, il commence un boulot dans la restauration et tente de remonter la pente... Mais ses addictions ne vont pas tarder à le rattraper... Cette première œuvre sincère nous rend sensible l'enfermement du héros dans ses travers, l'interprétation habitée de Frank Dillane humanisant ce personnage sur le fil.
Urchin adopte une approche sociale directe tout en se tenant à distance de tout misérabilisme. Le film s’intéresse avant tout à des individus atypiques, incapables de s’adapter durablement à un système pensé pour des trajectoires normées. La dépendance n’y est jamais montrée comme une faute morale, mais comme un mécanisme d’adaptation face à un monde qui tolère mal les fragilités.
À Londres, Mike survit dans la rue, oscillant entre petits boulots et errance, jusqu’à une incarcération qui marque une rupture. À sa sortie, un cadre social lui est proposé, structurant, rassurant en apparence, mais profondément dissonant avec son fonctionnement intérieur. Mike s’y accroche pourtant, conscient que ce rythme est la seule alternative possible, même s’il ne parvient jamais à s’y fondre complètement.
Autour de lui, d’autres figures en marge dessinent des trajectoires parallèles, parfois porteuses d’espoir, parfois brisées. Chaque réussite observée agit comme un rappel cruel de l’incapacité ressentie par ceux qui n’y arrivent pas. Le film montre alors comment l’échec devient intime, presque silencieux, nourrissant une spirale de déni et de rechute. Harris Dickinson filme cette tension sans jamais juger ses personnages. La société apparaît en arrière-plan comme un système rigide, rarement ajusté aux singularités qu’il prétend réparer. Urchin avance une idée simple et dérangeante : tout le monde ne peut pas être réparé de la même manière ni au même rythme.
Le casting participe pleinement à cette justesse. Frank Dillane incarne Mike avec une fragilité contenue qui évite tout cliché, tandis que Megan Northam apporte une présence retenue et singulière, renforçant l’ancrage européen du film. Ensemble, ils donnent chair à des existences rarement mises en lumière, rappelant que derrière chaque parcours marginal se cache une histoire unique, complexe et profondément humaine.
Aucun doute : "Urchin" est un film social. Un film social en provenance de Grande-Bretagne, a priori, on serait tenté de faire le rapprochement avec le cinéma de Ken Loach, sauf qu’il en diffère grandement sur au moins un point, un point très important qui plus est : lorsque Ken Loach s’intéresse de près à un personnage dans une situation sociale difficile, on ne peut que ressentir de l’empathie pour ce personnage, le réalisateur nous montrant clairement que c’est la Société, avec toutes ses injustices, qui est la cause principale de cette situation ; alors que, dans "Urchin", au contraire, la Société, au travers de ses services sociaux, offre à Mike, à plusieurs reprises, des possibilités de s’en sortir et c’est lui qui, à chaque fois, par son comportement, parvient à les faire capoter. Sans en arriver à détester Mike, difficile quand même, dans ces conditions de ressentir une profonde empathie pour lui ! A chaque fois, c’est plutôt « il l’a bien cherché » qui domine. Critique complète sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film. Film vu au Festival de Cannes 2025.
vu en avp au Festival Premiers Plans d'Angers 2026 : beau 1er film, sur un sujet plutôt déjà vu, qui nous embarque dans les déambulations de ce personnage, remarquablement interprété ! Il y a une réelle tendresse dans l'oeil du réal. Une approche assez singulière
Décidément, on ne compte plus les passages du devant au derrière de la caméra cette année. Et même les plus jeunes comédiens ne sont pas en reste puisqu’ici c’est le jeune et prometteur Harris Dickinson qui nous propose un premier film plutôt encourageant. Du haut de ses vingt-huit printemps, le talentueux comédien vu dans la Palme d’or « Sans filtre », « Babygirl » et bientôt en John Lennon dans les films sur les Beatles livre une œuvre pétrie de sincérité et d’humilité. « Urchin » signifie « gamin des rues » en anglais et le film nous enjoint à en suivre un. Tout cela commence un peu comme un documentaire où on suit les errances et larcins de Mike, le personnage principal et Urchin du titre. Dickinson semble s’y connaître puisqu’il a été bénévole pour bon nombre de sans-abris et personnes dans le besoin dans les quartiers populaires de Londres durant sa jeunesse, ce qui imprègne le film d’un réalisme indéniable. Puis, on prend la direction du drame social sur la réinsertion de ces personnes mises au ban de la société.
Dans cette partition qui ne tolère pas d’approximation, Frank Dillane est impressionnant aussi bien dans son jeu immersif que dans ce qu’il parvient à dégager physiquement. On dirait qu’il a vraiment vécu dans la rue tant sa dégaine, sa manière de se mouvoir et d’interagir est mimétique avec les sans-abris que l’on pourrait rencontrer au coin de sa rue. Si la réalisation de Dickinson nous apparaît timide dans son ensemble, il ose certaines choses avec plus ou moins de réussite. Si certaines envolées lyriques comme cette scène de danse sous drogues autour d’un feu de camp confinent au sublime, on est moins emballé par ses digressions oniriques dont ce final presque ridicule dans ses envolées métaphoriques absconses. « Urchin » est donc un essai imparfait et parfois maladroit mais qui s’avère sincère et surtout prometteur pour un jeune acteur qui l’était tout autant et qui a confirmé son talent. Il ne serait pas étonnant que ses qualités de cinéaste soient perfectibles et de plus en plus consacrées. À suivre...
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Ce premier long métrage de ce jeune réalisateur anglais qui raconte l’itinéraire chaotique de ce jeune délinquant SDF est bien réalisé et scénarisé. Sans jamais tomber dans le misérabilisme, le réalisateur suit ce jeune, magnifiquement interprété par Frank DILLANE, qui cherche à s’en sortir et trouver enfin un sens à sa vie au gré de ses rencontres et des aides juridiques et sociales. Mais ce n’est pas simple et les rechutes le guettent. Ce film est bien rythmé sur un scénario bien construit qui maintient l’intérêt du spectateur.
(Film visionné en projection de presse le 10/12/2025 au cinéma le Balzac à Paris)
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3,0
Publiée le 1 décembre 2025
Mike est un toxicomane sans-abri qui survit grâce à la mendicité et à des délits. Un marginal qui, après un séjour en prison, tente de se réinsérer dans une société qui a déjà beaucoup à faire. « Tu n'es pas une priorité ». S'il est aidé, le retour à la vie normale est délicat et son nouvel équilibre fragile. Harris Dickinson dresse le portrait d'un homme à la fois perfide et vulnérable qui est difficile à cerner et plein de contradictions. Une histoire de découverte de soi et de rédemption incertaine où l'échec et l'espoir prennent le dessus chacun leur tour. Frank Dillane est très bon dans ce rôle malgré le manque de consistance d'un récit qui semble parfois artificiel à l'image de ces éléments surréalistes et oniriques qui n'apportent rien. Une manière de se défiler dans les moments importants à l'image de cette fin très frustrante. Bref, un premier long-métrage sympathique qui tient principalement la route grâce aux personnages.