Film dérangeant et brillant qui sidère par sa mise en scène et ses personnages. Une véritable découverte qui laisse promettre de prochains films exceptionnels. Un cinéaste est né.
film vu en avant première lors du festival du film britannique et irlandais à Dinard. film qui traite de la réinsertion du personnage principal dans la société. on suit l'histoire de ce personnage, à travers ses démons, ses mauvaises habitudes, on s'accroche à ses changements de comportement à son envie de progresser dans ses relations professionnelles et personnelles et ses échecs.
Le beau gosse de Sans filtre, c'était lui, Harris Dickinson. Pas qu'un emballage séduisant, notre citoyen britannique, au vu de son premier film, en tant que réalisateur, le plutôt réussi Urchin. Pourtant, son démarrage semblait s'inscrire dans un courant social anglais que l'on croit connaître par cœur. La suite ne démontrera pas nécessairement le contraire, mais le primo-cinéaste nous montre rapidement que son arc ne se contente pas de tirer une seule flèche, dans un récit bien écrit, qui colle aux basques de son personnage principal, en lutte avec lui-même et avec ses addictions, mais sans négliger pour autant les protagonistes secondaires. Mais Dickinson se permet surtout de s'éloigner de temps à autre de son caractère réaliste pour des bouffées oniriques surprenantes et propres à nous emmener loin du misérabilisme fangeux dans lequel le long métrage aurait pu s'enliser. Que nenni, avec sa mise en scène enlevée et une interprétation de bonne facture, comme c'est souvent le cas dans les œuvres réalisées par des comédiens, le film relève en grande partie son pari de nous attacher à son héros dont les fêlures sont évidentes. Harris Dickinson ne s'est octroyé qu'un rôle minuscule et laisse toute la place à Frank Dillane qui nous éblouit par son talent polymorphe pendant plus de 90 minutes.
Sans être étonnant dans son geste, DICKINSON livre un film très frontal, pas forcément subtil, mais d'une telle intensité et radicalité émotionnelle, que l'on se laisse prendre par l'émotion avant tout, emmené par le brillant Franck DILLANE, tout simplement impérial
Mike est à la rue. Il enchaîne un quotidien difficile où même ses amis sans-abri peuvent être une menace, demandant de l'argent autour de lui et errant dans les rues de Londres. Un jour, il croise la route d'un homme qui semble travailler à la City et avoir des moyens. Quand ce dernier lui propose de lui acheter à manger, Mike l'emmène dans un recoin sombre du quartier.
spoiler: "Urchin" est la douloureuse expérience d'un homme qui tente de se reconstruire mais pour lequel la vie est comme un grand-huit en permanence. Mike parvient à remonter la pente et atteint des sommets de sobriété, confiance en soi, résolution de ses problématiques... avant de chuter à nouveau et tout détruire sur son passage. La séquence de la danse contemporaine m'a percuté de plein fouet. On comprend qu'on ne nous a pas tout dit. Le reste du film est un peu inégal et pas toujours équilibré. Je n'ai pas compris le lien avec la grotte souterraine par exemple.
Ce film fait un peu écho à Meteors dans cette même compétition Un Certain regard, en s’intéressant à des profils en marge de la société, comme prédestinés à la déchéance.