Le réalisateur islandais Hlynur Pálmason n’est pas homme à se laisser enfermer dans un genre particulier, bien au contraire. Après "Winter brothers" en 2018, un film social lorgnant sur le polar et à la radicalité assumée, après "Un jour si blanc" en 2020, véritable polar cette fois-ci, après ""Godland en 2022, film qui nous amenait dans la 2ème moitié du 19ème siècle alors que l’Islande était toujours soumise à la domination du Danemark, Hlynur Pálmason a choisi, pour son 4ème long métrage, de nous faire partager avec beaucoup de tendresse la vie d’une famille, une femme, un homme, 3 enfants, une chienne, qui, d’une façon plutôt paisible, est en train de se décomposer. L’idée du film lui est venue il y a 4 ans, lorsqu’il tournait "Nest" un court-métrage dans lequel Hlynur Pálmason avait filmé sur plusieurs saisons l’occupation par sa fille et ses 2 fils d’une cabane construite tout en haut d’un arbre. Et le réalisateur, lorsqu’il tournait ce film, de se demander ce que leurs parents pouvaient bien faire pendant ce temps, des parents dont on parlait beaucoup mais qu’on ne voyait jamais ! Dans "L’amour qu’il nous reste", on retrouve les 3 enfants du réalisateur, Ída, déjà présente dans "Godland", Grímur et Þorgils, on pense bien reconnaître le lieu où se déroulait ce court métrage, et, cette fois ci, les parents, Anna et Magnús, sont bien présents, ainsi que Panda, la chienne de la famille. Remplaçant la cabane construite en haut d’un arbre, un poteau est planté dans le sol, poteau auquel est accroché un mannequin de chevalier et qui sera régulièrement utilisé pour faire comprendre aux spectateurs qu’on change de saison. Lorsqu’on parle d’une famille, on évoque souvent le toit qui l’abrite et c’est par le toit d’un bâtiment qui s’envole que commence le film : le clin d’œil est évident, cette famille qui vit dans la campagne, sur la côte sud de l’Islande, n’est pas au meilleur de sa forme. En fait, Anna et Magnús sont séparés, mais, que ce soit le fruit de « l’amour qu’il leur reste » ou celui d’un désir commun de protéger leurs enfants, cela ne les empêche pas de se réunir régulièrement autour d’un bon repas en plein d’air ou de partir ensemble, avec les enfants, pour randonner dans la nature environnante. La suite sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film. Film vu au Festival de Cannes.