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2,0
Publiée le 23 mars 2026
À l'image de la maison du début privée de son toit, la famille d'Anna et de Magnús n'est plus en un seul morceau. Les parents sont en pleine séparation, mais ça ne se fait pas brutalement et brusquement. L'histoire de cette famille est racontée avec un certain détachement et beaucoup de désinvolture comme si on regardait un petit film de vacances suspendu dans le temps. Autant dire que c'est très superficiel et que le spectateur n'apprend rien sur cette crise conjugale. Il ne se passe rien d'intéressant dans cette tragi-comédie familiale à la dimension très personnelle pour Hlynur Palmason. Au moins, les images sont belles, mais encore heureux, j'ai envie de dire quand on tourne dans un tel cadre. Le réalisateur n'a pas tout raté, mais comme c'était le cas pour "Hvítur, hvítur dagur", je n'ai pas accroché à son film.
J'ai l'impression de ne pas avoir vu le même film que les autres mais je n'y ai vu aucune joie, ni tendresse ni légèreté.. ni beauté même enfin si une beauté froide comme le film.. tout est un peu clinique, c'est filmé un peu comme un documentaire mais de façon très froide, sans aucune tendresse pour les personnages qui du coup n'en dégagent pas, on a donc pas vraiment d'attachement pour les personnages. On les observe de très loin et aucune émotion ne se dégage jamais sauf à la toute fin et lors de l'incident de la flèche. J'ai trouvé la fin spoiler: déchirante et c'est d'autant plus dur que pendant les presque 2h du film (qui se font bien sentir), rien ne nous y prépare dans le sens où tout manque cruellement d'émotion. C'est peut-être parce que je suis en dépression mais j'ai surtout vu un quotidien plutôt sinistre où tout le monde est blasé, où tout est vain spoiler: (les efforts de l'artiste pour promouvoir son art tous comme les tentatives du mec pour reconnecter avec son ex partenaire ou avec ses enfants) , où la vie n'est que la succession de tâches à répéter (cuisine, travail..) et les moments familiaux sympas et la nature ne contrebalancent en rien ce que j'ai perçu comme une lassitude d'exister chez la mère comme chez le père bref pour moi c'était pas un film feel good du tout.
C’est un film assez expérimental mais surtout qui peut laisser perplexe… On suit la trajectoire d’une famille, le temps d’une année où les parents se séparent. Quelques jolies séquences au milieu d’un film brouillon et trop décousu.
Le réalisateur islandais Hlynur Pálmason continue de nous surprendre.
Après l'atmosphérique et mélancolique Un jour si blanc et l'épique Godland, il nous propose ici une chronique en demi-teinte qui ne ressemble à rien de connu : il s'agit de suivre pendant un an le quotidien d'une famille dont les parents se séparent (ou pas, on ne sait pas trop).
Le film dessine en creux un tableau tendre de l'amour : la trace de celui qui unissait deux adultes, et qui rechigne à s'effacer complètement, confronté à celui bien réel qui unit les parents aux enfants.
Cette chronique délicate est joliment enchâssée dans les décors toujours extrêmement photogéniques de la campagne islandaise. Elle se teinte de multiples teintes irisées, n'hésitant à proposer de nombreuses digressions délicieuses et pince-sans rire, souvent à la limite d'un grotesque poétique (comme la visite du galeriste, ou l'épisode de la flèche).
La mise en scène tente beaucoup de choses (scènes fantasmées, enchaînement rapide de petites vignettes, gros plans), qui toutes semblent très justes pour conter les sentiments.
Une réussite qui ravira ceux qui n'attendent pas d'un film qu'il raconte forcément une histoire.
Un film inventif et tendre, qui passe avec intelligence de la pesanteur à la grâce. Un rythme et un entrelacement narratif singulier mais malheureusement pas assumé jusqu'au bout par Pálmason, qui alourdit tragiquement l'ensemble par une musique mélancolique incessante et des traitements manierés de certains passages, comme s'il avait peur de faire confiance à ses spectateurices. Le film passe à côté de lui-même, dommage
L'AMOUR QU'IL NOUS RESTE - Hlynur Pálmason | ⭐ 5,5/10
Après Godland, accueilli avec ferveur à sa sortie, le réalisateur islandais revient avec un film plus léger en apparence, centré sur une rupture amoureuse et ses conséquences sur toute une famille, racontée sur un mode décalé.
Le plus grands atout du film est sans nul doute la splendeur brute des paysages islandais, avec ces étendues volcaniques, ces plaines balayées par le vent.
Mais très vite, le film donne aussi l’impression de cocher un certain nombre de cases attendues : lenteur assumée, plans fixes entre le contemplatif et le documentaire, humour absurde qui cherche à désamorcer la mélancolie du récit... une formule qui finit par faire tomber le film dans une caricature du film pour lecteur de Télérama de 70 ans, où la distance ironique prend le pas sur l’émotion, empêchant toute véritable implication affective.
Quelques séquences isolées fonctionnent très bien, portées par une poésie indéniable. Mais le rythme, extrêmement lent, et l’accumulation de plans fixes étirent inutilement le récit. Les incursions surréalistes, certes originales, renforcent encore ce sentiment de mise à distance, comme si le film refusait de se laisser traverser par une émotion plus directe.
Reste une œuvre foisonnante et insolite, qui aborde le thème du divorce sous un angle original, mais aussi un brin prétentieuse, trop consciente de son étrangeté pour réellement toucher.
Très bon film , très bons acteurs, on est pris dans l’histoire et on ne voit pas le temps passer. Beaucoup de sensibilité et de messages sur le couple et l’éducation des enfants dans un décor sauvage d’Islande .
Fait d'une succession de vignettes douces et parfois drôles, le film se construit avec une temporalité qui devient de plus en plus étrange : les saisons se succèdent et pourtant les enfants ne grandissent pas, la situation de quasi-séparation n'évolue plus et on reste dans un temps paradoxal où rien ne bouge et d'où surgit bientôt le surnaturel et le bizarre. Une excellente surprise (après le plutôt ennuyeux Godland.) Le réalisateur semble enfin s'envoler vers quelque chose qu'on espère bientôt exceptionnel.
L’Amour qu’il nous reste est un film qui regarde le monde avec une infinie délicatesse. Trop, peut-être. Hlynur Pálmason filme une séparation non comme un drame, mais comme une lente érosion. Rien n’explose. Tout s’effrite. Les gestes deviennent rares, les mots inutiles, les saisons passent sans qu’on sache exactement ce qui s’est brisé — seulement que quelque chose ne tient plus. La mise en scène est d’une précision presque picturale. Chaque plan semble composé pour durer, pour s’inscrire dans la mémoire comme une photographie légèrement fanée. La nature islandaise n’est jamais spectaculaire : elle encadre, elle absorbe, elle accompagne les silences. Le film préfère la sensation au récit, l’impression au conflit. Et c’est à la fois sa force et sa limite. Car à force de vouloir saisir l’amour dans ce qu’il a de plus discret, le film finit par neutraliser l’émotion. On observe ces personnages plus qu’on ne les ressent. Les enfants, magnifiques de justesse, incarnent le lien fragile qui subsiste, mais même eux semblent parfois figés dans une posture symbolique. Pálmason capte admirablement les petits riens : un regard évité, une main qui hésite, un rire trop bref. Mais il refuse toute montée dramatique, toute faille ouverte. Le film avance comme une respiration régulière, sans jamais accélérer, sans jamais suffoquer. Or une séparation, même douce, est aussi une violence. L’Amour qu’il nous reste est un film honnête, profondément respectueux de ses personnages. Mais cette pudeur extrême empêche parfois l’émotion de s’incarner pleinement. Il reste une impression belle, mélancolique — mais lointaine. Ma note : 10 / 20
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Cinéaste de talent dont chacun des opus m'avaient plu ( " Godland " son film précédent était - selon moi - vraiment remarquable), l'islandais HPamelson, réalise avec son " l'amour qu'il nous reste " son titre, à mes yeux, le plus faible.
J'ignore si le script est inspiré d'un moment de la vie personnelle du cinéaste, mais il m'en a donné l'impression.
La scène sur le bateau de pêcheurs qui se termine pas une empoignade en raison d'un non respect des limites émotionnelles est ( peut-être ?) à l'image de ce que ressentirait le metteur en scène.
Utiliser un médium artistique pour se confier un peu, mais pas tout à fait, est à l'image de " l'amour qu'il nous reste " (2025) et malheureusement de ses limites qui se manifestent de façon assez nette dans sa seconde partie.
On ne saura rien de ce qui a conduit ce couple à se séparer. Les conséquences pour les enfants seront évoquées brièvement, de façon spectaculaire, sachant que l'origine de l'incident, repose sur le non-respect des consignes du père devenu absent.
Le ton fantastique de plusieurs scènes situées dans la seconde partie, qui rompent avec la linéarité de ce qu'on avait vu auparavant, me semblent aussi discutables au plan esthétique.
Alors certes, elles traduisent sans doute, au fond, le climat intérieur chaotique d'un personnage masculin éprouvé profondément par la fin de son couple et peut-être son motif codé ( la relation extra-conjugale avec une femme ?).
What the fuck ? L'expression est à la mode chez les ados - ou l'était il y a quelques années avant d'être à son tour périmée. Elle pourrait grossièrement se traduire : "mais c'est quoi ce truc ?". Ce sont les mots que j'avais sur les lèvres pendant toute la projection, en avant-première, de cet Ovni tourné par un réalisateur islandais dont le précédent film, "Godland", tourné dans les austères paysages d'une nature ingrate, ne laissaient en rien présager le suivant.
De quoi s'agit-il ? C'est difficile à dire. Un documentaire sur une plasticienne qui réalise, à partir de plaques de tôles qu'elle découpe, des toiles abstraites ? L'histoire d'une famille qui lentement se délite ? ou bien au contraire qui essaie d'inventer à sa façon, unique, une manière de continuer à vivre harmonieusement ensemble ?
L'amour qu'il reste est un peu tout cela. Sa construction laisse augurer un événement, une catastrophe, qui [attention spoiler] pourtant jamais ne viendra. Rien ne se passe dans ce film qui, du coup, devient vite lassant. Sauf si la lassitude distillée chez le spectateur est un objectif sciemment recherché par le réalisateur qui vise ainsi à nous faire ressentir intimement la lente dissolution du noyau familial.
Mais il faut être très masochiste (ou très islandais ?) pour trouver du plaisir à ce spectacle déconcertant. Sinon à respirer à pleins poumons l'air vivifiant des hautes latitudes islandaises, filmées dans toutes les saisons et la beauté boréale de l'actrice, dont le nom à lui seul est une promesse de dépaysement, Saga Garðarsdóttir.