De Rémi Bezançon, je ne connais pas grand-chose, en revanche d’ersatz de "Fenêtre sur cour", beaucoup plus. Car c'est mon Hitchcock préféré et j'adore le concept du film : du voyeurisme se mêlant à une enquête policière. Sauf qu'on a quand même vite fait le tour et puis, du coup, l'intrigue en devient forcément prévisible. J'étais donc un peu dubitatif quant à ce film tout en étant quand même attiré. De par l'affiche déjà puis la bande-annonce qui donne tout de suite un ton comique à l’ensemble. Et c'est une des raisons pour laquelle j'ai beaucoup aimé cet espèce de remake qui revisite complètement le film d'Hitchcock tout en en gardant les fondements.
C'est ainsi que l'on retrouve un couple au bord de la crise, François et Colette, dont cette dernière assiste à ce qu'elle croit être le meurtre de sa voisine par le mari de cette dernière. Ensemble, le couple va donc se rapprocher pour élucider l'affaire. Et tout est dit dans les premières minutes lorsque Colette, professeure en analyse cinématographique spécialisée dans les Hitchcock, analyse "Fenêtre sur cour" avec ses élèves. Elle révèle tout de suite les ficèles de l'intrigue et quel est le véritable sujet du film : la romance, celle des deux héros. Et il en est de même ici mais, avec encore une fois, cette touche d'humour qui est fortement la bienvenue. D'autant plus que l'alchimie du couple fonctionne très bien et que Gilles Lellouche a un impeccable rythme comique dont chacune de ses répliques fait mouche.
Mais alors qu'en est-il de l'intrigue dans tout ça ? Si l'on connait "Fenêtre sur cour", le film en devient alors extrêmement prévisible. Eh bien, pas forcément ! Car Colette, encore une fois, est fascinée par Hitchcock et puis François est écrivain. Alors est-ce un véritable meurtre ou une réalité fantasmée par un couple cherchant avant tout un prétexte pour se retrouver ? C'est en ça que le film se démarque des autres ersatz et l'enquête reste prenante dans tous les cas.
Mais également car nous sommes face à un film complètement méta. Ses personnages ont en effet conscience d'être "dans un film", invoquent plusieurs fois ouvertement les règles du genre ou se conduisent comme des personnages d'Hitchcock, Colette allant même jusqu'à adopter certaines coiffures de Kim Novak. En allant plus loin, on pourrait dire que c'est un peu le "Scream" du suspense, c'est-à-dire un film qui a conscience des codes de son genre et qui s'amuse avec, allant même jusqu'à invoquer Hitchcock lui-même en voix-off dans une scène particulièrement efficace.
Ainsi, "Le Crime du 3e étage" n'est pas qu'une simple copie, c'est un film beaucoup plus malin qu'il n'en a l'air, en plus d'être très drôle.