Hitch Parade
Depuis 2005 et Ma vie en l’air, Rémi Bezançon réalise et écrit régulièrement des films qui, sans tutoyer l’excellence, déçoivent rarement. Cette fois il consacre ses nouvelles 104 minutes à la comédie policière. Colette, professeure de cinéma spécialisée dans l’œuvre de Hitchcock, soupçonne son nouveau voisin d’en face d’avoir tué sa femme. Réalité ou déformation professionnelle ? Son mari, François, écrivain de romans historico-policiers un peu désuets, est d’abord sceptique face à l’obsession de Colette pour ce prétendu crime. Il se laisse cependant embarquer dans cette enquête rocambolesque, et, à mesure que les indices s’accumulent et que le mystère s’épaissit, ce couple ordinaire se transforme en duo de détectives hors pair. Alors, y a-t-il vraiment eu un crime au 3èmeétage ? Franchement sympa et enlevé, ce film va surtout réjouir les fans du grand Hitchkock qui n’est autre qu’un grand cri d’amour assumé au maître du suspense.
Même si on peut la trouver trop bavarde, cette comédie est menée tambour battant, au point de laisser passer quelques invraisemblances, mais bon ! On s’en moque un peu. Et puis le cinéphile que je suis, grand amateur d’Hitchcock qui plus est, s’est régalé. Le film est jalonné par un nombre incroyable de clin d’œil au réalisateur de Fenêtre sur cour, à commencer, ici, par une grosse partie de l’intrigue. Des plus subtils – la musique de Gounod qui servait de générique aux émissions Alfred Hitchcock raconte, au faux caméo d’un faux Alfred dans le hall de l’hôtel -, aux plus évidents, allant jusqu’à une fausse interview du cinéaste, réalisée grâce à l’IA. C’est souvent drôle, allègre, ludique et surtout ne tente à aucun moment de se prendre au sérieux, même si le suspense est assez bien mené. Reste que le final me paraît plutôt raté
– le duel final est assez pitoyable -,
et surtout très loin de celles que nous a réservées l’Alfred dans la plupart de ses chefs d’œuvre. Bezançon est un bon cinéaste, Hitchcock un génie.
Outre le scénario, le film repose évidemment sur la performance de son trio d’acteurs. Gilles Lellouche se démultiplie, mais devrait arrêter de marmonner, ça devient pénible et le spectateur perd une partie des dialogues, Laetitia Casta, - que je ne trouve pas toujours très bonne comédienne, mais ça reste un avis personnel, car d’autres y voient une ressemblance avec l’inoubliable Grace Kelly (???) -, et Guillaume Gallienne, dont on apprend au passage qu’il est très à l’aise avec la langue des signes. Voilà un film bourré d’idées, pas toutes très bien exploitées, mais qui se regarde avec plaisir et un petit sourire qui ne vous quitte pas durant et même après la séance. c’est déjà pas mal.