Pour écrire L'Affaire Zanetti, Leonardo Di Costanzo s’est inspiré d’un fait divers survenu en Italie en 2009 : l’histoire de Stefania Albertani, condamnée pour le meurtre de sa sœur. Le cinéaste s’est surtout appuyé sur les entretiens menés en prison par les criminologues Adolfo Ceretti et Lorenzo Natali. Leur livre Io Volevo Ucciderla a servi de base documentaire au film.
Pour incarner Elisa avec le plus de précision possible, Barbara Ronchi a commencé à travailler cinq mois avant le tournage. Le réalisateur voulait éviter toute interprétation trop démonstrative ou mélodramatique. Les répétitions ont donc porté sur les silences, les hésitations et les micro-réactions du personnage. Un travail minutieux destiné à rendre l’ambiguïté d’Elisa constamment troublante.
Roschdy Zem a été engagé après que Leonardo Di Costanzo l’a découvert dans Roubaix, une lumière. Le réalisateur cherchait une présence calme et attentive pour le personnage du professeur Alaoui. Il a immédiatement pensé à l’acteur français pour sa capacité à transmettre l’écoute et l’autorité sans surjeu. Zem a ensuite rencontré les véritables criminologues ayant inspiré le film pour nourrir son interprétation.
Même si l’intrigue se déroule dans un centre pénitentiaire suisse, la prison de Moncaldo n’existe pas réellement. Les décors ont été conçus comme un lieu plus ouvert et apaisé qu’une prison traditionnelle. Leonardo Di Costanzo voulait détourner le film des codes classiques du thriller carcéral. L’objectif était de concentrer toute l’attention sur la parole et la confrontation psychologique entre les personnages.
Bien qu’italien, Leonardo Di Costanzo a décidé de tourner le film en français. Il souhaitait éviter que le contexte social italien serve d’explication au passage à l’acte d’Elisa. Ce choix lui permettait de donner une portée plus universelle au récit. Le réalisateur entretient aussi un lien personnel fort avec la langue française grâce à sa formation aux Ateliers Varan.
Pour la première fois de sa carrière, Leonardo Di Costanzo utilise des flashbacks dans un de ses films. Mais ces scènes ne montrent jamais “la vérité” objective du crime. Elles représentent uniquement les souvenirs fragmentés et parfois déformés d’Elisa. Le réalisateur voulait que la mémoire devienne une matière mouvante, presque aussi mystérieuse que le personnage lui-même.
Avant de réaliser des fictions, Leonardo Di Costanzo a longtemps travaillé comme documentariste. Sur le plateau, il encourageait donc les acteurs à improviser et à s’approprier les scènes. Après des semaines de répétitions, Barbara Ronchi et Roschdy Zem connaissaient leurs personnages jusque dans leurs réactions les plus instinctives. Le cinéaste disait avoir parfois l’impression de “filmer un documentaire sur leurs interprétations”.
L'Affaire Zanetti a été présenté en sélection officielle à la Mostra de Venise. Le long métrage y a remporté le Prix œcuménique, une distinction saluant les œuvres abordant des questions humaines et morales fortes. Cette récompense souligne parfaitement le cœur du projet : comprendre la violence plutôt que simplement la juger.