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Jerome
50 abonnés
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4,0
Publiée le 11 février 2026
Une famille se décomposant confrontée à l'engagement mystique d'une adolescente avec une analyse subtile et intelligente des comportements de chacun de ses membres..
Que voilà un film qui frappe fort ! Ce qui est intéressant c'est le terreau dans lequel cette foi se développe, car foi il y a c'est indéniable. C'est la fragilité de cette adolescence, ses manques, ses blessures car c'est évidemment là que va se loger sa foi, sa tante n'a pas tort. Cela parle de ce que nous faisons de nos enfants : comment nous les conditionnons, les "pressurisons", les manipulons, les laissons seuls. Pour moi, les personnages les plus détestables sont indiscutablement la belle-mère et le père de la jeune fille. Le père fuyant, lâche, taiseux,arrogant, manipulateur (sur la question de l'héritage) ; il ne s'occupe pas de sa fille sauf, bien sûr, quand elle approche un garçon, ne lui laissant de ce fait aucune chance de connaître autre chose. Il est l'homme du modèle patriarcal par excellence. La mère supérieure n'a évidemment pas son reste dans l'art subtil de la manipulation pour appâter "ses ouailles" et les amener à entrer au couvent. La jeune fille a la foi et la foi n'est pas discutable mais le reste ?La tante qui est toujours sur le mode de la colère m'apparaît être le personnage le plus vrai et pleinement humain (avec la grand-mère). Elle pose les vraies questions sur sa place dans la famille, sur les agissements de son frère, sur ses manquements en tant que père, sur sa spolation de l'héritage. Etonnament, je trouve que c'est elle qui serait le plus près de Dieu car c'est le personage qui aime dans ce film, qui défend les gens qu'elle aime. Elle n'a pas la foi mais elle a la foi dans ce qui serait de vrais échanges et un vrai équilibre entre les gens. Elle se bat pour la justice et l'amour des siens. C'est un personnage complexe, touchant, vivant. La foi est incompréhensible pour ceux qui ne l'ont pas car elle relève d'une autre sphère et la vocation n'a pas à être discutée puisqu'elle est personnelle, intime. Mais ici aucune chance n'est donnée à la jeune fille de soigner ses manques autrement que par la foi, et, ce, par le manquement des hommes, de son père, de ses confesseurs. TRES BON FILM. PERCUTANT. EMOUVANT.
J’ai vu le film ce matin aux halles ! Une pépite ! Les Dimanches aborde frontalement un sujet rare au cinéma : la vocation religieuse d’une adolescente et le séisme intime que cela provoque dans une famille contemporaine. Le film ne tranche jamais entre foi et scepticisme ; il observe les tensions, l’incompréhension et l’amour qui persistent malgré tout. Plus qu’un film sur la religion, c’est une réflexion fine sur la liberté individuelle face aux attentes familial.
J'ai vu le film en avant-première aux Halles : excellent film sur un sujet sensible. Les réalisatrices et réalisateurs espagnoles reviennent en force depuis Sorogoyen et la Mesias. Viva Espana :)
Un chef d’oeuvre d’une puissance théorique et émotionelle insoupçonnée ! Alauda Ruiz De Azúa s’impose dès son deuxième long metrage comme le présent et futur du cinéma espagnol. Le film dissèque avec une intelligence remarquable les rapports de force et dynamique de pouvoir au sein d’une famille de la classe moyenne supérieure de Bilbao apres que la fille ainée annonce sa volonté de rentrer dans les ordres. Dit comme cela, ça peut sembler ennuyeux mais la cinéaste le fait avec une telle empathie et un tel amour et respect de ses personnages que ca en touche au sublime. Le film montre avec une precision fascinante a quel point nos trajectoires de vie et notre destin sont construits de petites decisions et des petites contingences et hasards de la vie, cela pourrait nous donner le vertige mais l’effet obtenu ici est d’ordre métaphysique. Allez voir ce film, que vous soyez un anticlerical laicard, un bigot au cul-bénit ou ni l’un ni l’autre : vous trouverez dans ce film des clés de compréhension qui valident votre grille de lecture de l’ordre du monde sans pour autant délegitimer celles des autres.
Quelle claque ce film ! Vu en avant première à l'Atalante à Bayonne. J'avais adoré la mini série QUERER sur ARTE de la même réalisatrice, sur les violences sexuelles. Et là elle fait un film incroyable. cela fait des jours qu'on en parle tout le temps avec les amis avec qui je suis allé le voir. Je suis complétement du coté de la tante dans le film, Maïté, qui est totalement athée et mes amis qui sont croyants sont complétement du coté de cette jeune fille qui décide de rentrer dans les ordres, d'autre complétements du coté du mari de maïté, et mon frère du coté du père ! Incroyable la force de cette réalisatrice de ne juger personne et d'essayer de comprendre tout le monde. Tout le monde a ses raisons. Et quelle mise en scène ! Rien que pour les choeurs des lycéenes qui chantent INTO MY ARMS de Nick Cave, j'en ai la chair de poule ! Quel film sur l'adolescence et ses mystères. Le meilleur film de l'année pour moi ! Je comprend mieux pourquoi ça a été un immense succès en Espagne, un des premiers au box office espagnol en 2025 !
Tout simplement le plus beau et le meilleur film que j'ai vu depuis très longtemps. Un film qui rassemble, et qui ouvre un débat sain sur la foi. Dans un monde où les questions religieuses sont ultras tendus, voilà un film qui fait du bien à tout le monde.
Magnifique film espagnol que j’ai vu en avant première au festival de Angers où il a reçu le grand prix ! Je ne m’attendais pas à être aussi conquise par ce film. C’est un sujet souvent très peu abordé et je trouve que la réalisatrice a fait ça avec beaucoup de justesse, de sensibilité et de bienveillance. La jeune actrice est incroyable. Je recommande vivement :)
Un très beau film dont la religion est le fil conducteur mais qui aborde beaucoup d'autres sujets : l'amour, l'adolescence, les relations familiales, la sensibilité... La réalisatrice n'impose rien, les personnages sont très bien construits, j'ai eu la sensation de ne pas être prise dans un univers manichéen malgré le sujet. Elle nous laisse le choix, nous propose des pistes et nous amène surtout à la réflexion et à l'échange après avoir vu le film. Mention spéciale pour la jeune actrice principale qui parle peu mais transmet beaucoup.
Ainara a dix-sept ans. Intimement attirée par la vie monastique, elle hésite à prendre le voile. Mais sa vocation religieuse se heurte à bien des résistances. La société la considère comme une bizarrerie anachronique. Sa famille y voit le risque d’un endoctrinement sectaire.
Ce film est un bijou qui décevra à la fois les croyants les plus convaincus qui, à son pitch, escomptaient un film de la même veine que "Sacré Coeur", et les laïcards forcenés qui dégainent leurs revolvers dès qu’ils entendent le mot religion. Car "Les Dimanches" réussit miraculeusement à tenir la balance égale entre les deux extrêmes, celui d’une religiosité pure de tout questionnement et celui d’un sécularisme qui considère toute pratique religieuse comme une dangereuse dérive sectaire.
Comment peut-on devenir religieuse aujourd’hui ? C’est sur un mode presqu’ironique que la question est posée tant elle peut sembler anachronique. Comment diable (!) une jeune adolescente en pleine possession de ses moyens pourrait-elle être attirée de nos jours par une vie de réclusion et de silence entre les quatre murs d’un couvent glacial au milieu de vieilles filles voilées et velues ?
Alors que le lycée se termine, la vie offre tous ses possibles à Ainara : l’université, les études, les voyages, les fêtes… Son père, endetté jusqu’au cou par l’ouverture de son restaurant, sa tante, qui sert à Ainara de mère de substitution depuis la mort de sa génitrice, et sa grand-mère l’incitent à croquer la vie. Ils réagissent très mal quand Ainara s’ouvre à eux de son projet. Certes, en bons Espagnols, ils ont été élevés dans la foi catholique mais ne sont plus guère pratiquants. Ils craignent pour leur fille/nièce/petite-fille chérie qu’elle se fasse embrigader et ne puisse faire machine arrière. Que doivent-ils faire ? la laisser partir au risque de la perdre ou qu’elle se perde ? la retenir contre sa volonté ?
La jeune actrice Blanca Soroa oppose son visage de madone et son épaisse chevelure à la Mona Lisa coupée par une sage raie au milieu à tout le tohu-bohu qui règne autour d’elle. Elle n’entretient pas de relation malsaine au corps ou à la chasteté. Il n’y a chez elle aucun manque à combler, aucun traumatisme à soigner, juste un appel qui se fera peut-être entendre et auquel elle est prête à répondre. C’est peut-être la partie la plus difficile à comprendre pour ceux qui, comme moi, n’ont pas la foi : l’entrée dans les ordres n’est pas une décision souveraine mais la réponse à un appel transcendant.
Un film tout simplement époustouflant, la performance des comédiens est dingue, l'émotion qui sans dégage laisse sans voix. Le propos du film est parfaitement mesuré, l'écriture d'une intelligence rare, c'est un film à voir en famille sans aucun doute !
Si le dimanche est un jour particulier dans la législation du travail dans de nombreux pays, c’est parce que ce jour est un jour particulier dans les religions bibliques et, en particulier, dans la religion catholique. Le mot dimanche vient d’ailleurs de l’expression latine « dies Dominicus », jour du seigneur. Comme ce jour est pour beaucoup un jour de repos, il est, ou, du moins, il était très fréquent de voir les familles se réunir pour partager le repas dominical. C’est ce qui se passe régulièrement dans la famille de Ainara, une jeune fille de 17 ans de la région de Bilbao, au Pays Basque espagnol. C’est chez sa grand-mère paternelle que se déroulent ces repas du dimanche et l’annonce faite un jour par Ainara va alimenter les conversations tenues dans ces réunions familiales : alors que la famille de cette jeune fille qui fréquente un lycée religieux et qui s’apprête à passer le bac la voyait bien poursuivre ses études à l’Université, elle vient de demander à Iñaki, son père, l’autorisation de participer à une période d’intégration dans un couvent. En clair, Ainara souhaite aller passer du temps auprès de religieuses cloîtrées afin de confirmer son désir de devenir religieuse. Très vite va se poser dans la famille la question de savoir s’il s’agit d’un choix de vie dicté par une foi sincère ou d’un choix provoqué par une manipulation sournoise. critique complète sur le site où on trouve le tiret du 6 entre critique et film. Film vu aux Rencontres Cinématographiques de Cannes.
Les Dimanches s’inscrit dans une veine profondément humaniste, où la foi n’est jamais traitée comme un dogme mais comme une expérience intérieure, fragile et parfois déstabilisante. Le film suit Ainara, adolescente au seuil de l’âge adulte, dont la décision personnelle agit comme un révélateur des failles familiales. Plus qu’un récit sur la religion, l’œuvre interroge le moment précis où un individu doit choisir, alors même que tout semble encore incertain.
Alauda Ruiz de Azúa refuse toute opposition frontale entre croyance et raison. La foi d’Ainara n’est ni idéalisée ni mise à distance, elle est montrée comme une réalité vécue, intime, qui cohabite avec le doute et la peur de se tromper. En miroir, le regard sceptique de Maite, interprétée par Patricia López Arnaiz, se construit à partir d’une inquiétude très concrète. Derrière la rigidité apparente se cache une crainte universelle, celle de voir un être aimé se fermer des possibles avant même d’avoir pu les explorer.
Le film aborde également la notion de deuil sous une forme symbolique. Il ne s’agit pas seulement de perdre quelqu’un, mais de renoncer à une image attendue, à un parcours rêvé, à un récit familial rassurant. Les rituels, notamment ceux du dimanche, fonctionnent comme des tentatives de maintien de l’harmonie, jusqu’à ce qu’une décision intime vienne fissurer l’équilibre. Ce cadre permet au film d’explorer les non-dits, les manques affectifs et les tensions latentes, sans jamais désigner de coupable.
La force de Les Dimanches réside dans son écriture nuancée et dans l’interprétation de ses actrices. Blanca Soroa impose une présence retenue et profondément habitée, tandis que Patricia López Arnaiz compose un personnage traversé par des contradictions, capable de douceur comme de dureté. Leur confrontation ne cherche pas la victoire mais met en scène un conflit affectif pur, où chacun agit au nom de l’amour.
En dépassant la seule question religieuse, le film interroge ce qui fait encore sens dans une société contemporaine traversée par le doute. La foi, la famille et le besoin de repères s’y croisent sans réponses définitives. Les Dimanches propose ainsi un regard rare sur l’adolescence, le choix et la transmission, laissant au spectateur la liberté de ses propres interrogations.
En conclusion : Un film sur l’amour, le deuil et la recherche de soi. La force du film réside dans la combinaison des différentes personnes qui entourent cette jeune fille. On peut désirer le meilleur pour un proche, et pourtant ne pas supporter qu’il puisse aspirer à aller vers un métier, une religion sortant de notre logique ou de notre idéologie. Pourtant, vouloir le meilleur pour quelqu’un, n’est-ce pas l’accompagner dans ses choix et ses aspirations ? Finalement, qui fait la plus belle preuve d’amour ? Ce père, qui fait preuve d’amour en acceptant que sa fille parte.
Blanca Soroa est la révélation de ce film, Patricia López Arnaiz est explosive et insuffle tantôt de la douceur maternelle et une forme de rigidité.