Les Dimanches
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traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 octobre 2025
Repérée avec l'excellent Cinco lobitos (Lullaby), Alauda Ruiz de Azúa, cinéaste basque, était un nom dont il fallait visiblement se souvenir. La preuve éclatante en est donnée avec Les Dimanches qui a décroché la Concha de Oro au festival de Saint-Sébastien, la récompense suprême. Le sujet du film est étonnant, démodé, d'une certaine façon, spoiler: puisqu'il s'agit de l'avenir qu'envisage sérieusement une jeune fille de 17 ans, à savoir, plaise à Dieu, passer le reste de sa vie cloîtrée dans un couvent. Jusqu'au bout du film, cependant, le suspense restera entier quant à la décision finale de l'adolescente
. Mais l'intérêt principal se situe finalement ailleurs, à l'intérieur de sa propre famille, dont les réactions diffèrent selon les individus, et ce ne sont pas ceux censés être les plus tolérants et aimants qui vont se révéler les plus généreux dans leur jugement. Le film enregistre les craquelures dans un ensemble jusqu'alors uni, du moins en apparence, avec une certaine jubilation, voire cruauté. La religion et la famille ne sortent pas indemnes dans ce jeu de la vérité et des préjugés et la cinéaste se fait clinique dans sa démonstration, avec un sens du récit ébouriffant et des pincées d'humour et d'ironie qui ne manquent pas de sel. Il faut saluer la performance étonnante de l'héroïne du film, Blanca Soroa, qui semble véritablement touchée par la grâce. Il faudra s'y résoudre, bien que difficile à se remémorer et à orthographier correctement, le nom de Alauda Ruiz de Azúa est désormais à inscrire aux côtés des meilleurs cinéastes espagnols contemporains.
remyll
remyll

256 abonnés 578 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 février 2026
Le meilleur film à voir en ce moment au cinéma.
Ce film espagnol multi-primé en Espagne, et notamment au festival de San Sebastien au pays basque, est en effet captivant et éblouissant. L’Espagne - pays très catholique et curieusement devenu très coulant en matière de PMA, d’avortements et …d’euthanasie, présente donc ici un film sur le thème de la vocation au sacerdoce d’une grande adolescente désirant intégrer une congrégation religieuse. Elle vit au sein d’une famille moderne bourgeoise plutôt libérale et d’évidence peu pratiquante voire athée pour la tante de celle qui s’y destine. Le rôle principal d’Ainara est tenu par Blanca Soroa qui est admirable et vraiment convaincante, tout comme les autres interprètes d’ailleurs. La musique et les chants sont magnifiques. Ce film est un bijou à voir et à revoir pour ceux qui (comme moi) ont un peu de mal à tout comprendre dans la langue espagnole.
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 février 2026
Les Dimanches s’inscrit dans une veine profondément humaniste, où la foi n’est jamais traitée comme un dogme mais comme une expérience intérieure, fragile et parfois déstabilisante. Le film suit Ainara, adolescente au seuil de l’âge adulte, dont la décision personnelle agit comme un révélateur des failles familiales. Plus qu’un récit sur la religion, l’œuvre interroge le moment précis où un individu doit choisir, alors même que tout semble encore incertain.

Alauda Ruiz de Azúa refuse toute opposition frontale entre croyance et raison. La foi d’Ainara n’est ni idéalisée ni mise à distance, elle est montrée comme une réalité vécue, intime, qui cohabite avec le doute et la peur de se tromper. En miroir, le regard sceptique de Maite, interprétée par Patricia López Arnaiz, se construit à partir d’une inquiétude très concrète. Derrière la rigidité apparente se cache une crainte universelle, celle de voir un être aimé se fermer des possibles avant même d’avoir pu les explorer.

Le film aborde également la notion de deuil sous une forme symbolique. Il ne s’agit pas seulement de perdre quelqu’un, mais de renoncer à une image attendue, à un parcours rêvé, à un récit familial rassurant. Les rituels, notamment ceux du dimanche, fonctionnent comme des tentatives de maintien de l’harmonie, jusqu’à ce qu’une décision intime vienne fissurer l’équilibre. Ce cadre permet au film d’explorer les non-dits, les manques affectifs et les tensions latentes, sans jamais désigner de coupable.

La force de Les Dimanches réside dans son écriture nuancée et dans l’interprétation de ses actrices. Blanca Soroa impose une présence retenue et profondément habitée, tandis que Patricia López Arnaiz compose un personnage traversé par des contradictions, capable de douceur comme de dureté. Leur confrontation ne cherche pas la victoire mais met en scène un conflit affectif pur, où chacun agit au nom de l’amour.

En dépassant la seule question religieuse, le film interroge ce qui fait encore sens dans une société contemporaine traversée par le doute. La foi, la famille et le besoin de repères s’y croisent sans réponses définitives. Les Dimanches propose ainsi un regard rare sur l’adolescence, le choix et la transmission, laissant au spectateur la liberté de ses propres interrogations.


En conclusion :
Un film sur l’amour, le deuil et la recherche de soi. La force du film réside dans la combinaison des différentes personnes qui entourent cette jeune fille. On peut désirer le meilleur pour un proche, et pourtant ne pas supporter qu’il puisse aspirer à aller vers un métier, une religion sortant de notre logique ou de notre idéologie. Pourtant, vouloir le meilleur pour quelqu’un, n’est-ce pas l’accompagner dans ses choix et ses aspirations ? Finalement, qui fait la plus belle preuve d’amour ? Ce père, qui fait preuve d’amour en acceptant que sa fille parte.

Blanca Soroa est la révélation de ce film, Patricia López Arnaiz est explosive et insuffle tantôt de la douceur maternelle et une forme de rigidité.
islander29

1 028 abonnés 2 662 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 février 2026
Un film très intelligent, je trouve, qui prouve une vraie réflexion sur la foi, comme on peut en avoir quand on est adolescent. C’est presque un cas d’école que ce film, car d’un cas particulier, d’une famille, chaque spectateur pourra se reconnaître à un moment ou l’autre de sa vie…..La foi est elle un don de Dieu ? Grande question à laquelle le film tente de répondre….Cela en est presque déstabilisant, par la subtilité du questionnement de la famille autour de la jeune novice, disons l’élue de Dieu…..Ce film espagnol, ( pays beaucoup plus croyant que la France, je crois) se base sur des faits quasi irréfutables, sur la liberté de croire, avec argumentation et contra argumentation, entre les proches et les sœurs du couvent, entre le père et la fille, bref sous différents angles, et c’est très enrichissants….la jeunesse se pose beaucoup de questions, la foi est une réponse dont hélas on ne mesure pas à cet âge ni le potentiel, ni le danger…..Un film que je conseille à tous les pédagogues et les séminaristes, qui propose une réflexion fondamentale sur l’appel de Dieu….Moi ça m’a même fait un peu peur…., Je conseille à partir d’un certain âge….Un trop jeune public ne saisirait pas les clés du film…...Très bonne version espagnole et jeu d'acteurs
Corbett
Corbett

43 abonnés 122 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 février 2026
Quelle claque ce film ! Vu en avant première à l'Atalante à Bayonne. J'avais adoré la mini série QUERER sur ARTE de la même réalisatrice, sur les violences sexuelles.
Et là elle fait un film incroyable. cela fait des jours qu'on en parle tout le temps avec les amis avec qui je suis allé le voir. Je suis complétement du coté de la tante dans le film, Maïté, qui est totalement athée et mes amis qui sont croyants sont complétement du coté de cette jeune fille qui décide de rentrer dans les ordres, d'autre complétements du coté du mari de maïté, et mon frère du coté du père ! Incroyable la force de cette réalisatrice de ne juger personne et d'essayer de comprendre tout le monde. Tout le monde a ses raisons.
Et quelle mise en scène ! Rien que pour les choeurs des lycéenes qui chantent INTO MY ARMS de Nick Cave, j'en ai la chair de poule ! Quel film sur l'adolescence et ses mystères. Le meilleur film de l'année pour moi ! Je comprend mieux pourquoi ça a été un immense succès en Espagne, un des premiers au box office espagnol en 2025 !
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 février 2026
Ainara a dix-sept ans. Intimement attirée par la vie monastique, elle hésite à prendre le voile. Mais sa vocation religieuse se heurte à bien des résistances. La société la considère comme une bizarrerie anachronique. Sa famille y voit le risque d’un endoctrinement sectaire.

Ce film est un bijou qui décevra à la fois les croyants les plus convaincus qui, à son pitch, escomptaient un film de la même veine que "Sacré Coeur", et les laïcards forcenés qui dégainent leurs revolvers dès qu’ils entendent le mot religion. Car "Les Dimanches" réussit miraculeusement à tenir la balance égale entre les deux extrêmes, celui d’une religiosité pure de tout questionnement et celui d’un sécularisme qui considère toute pratique religieuse comme une dangereuse dérive sectaire.

Comment peut-on devenir religieuse aujourd’hui ? C’est sur un mode presqu’ironique que la question est posée tant elle peut sembler anachronique. Comment diable (!) une jeune adolescente en pleine possession de ses moyens pourrait-elle être attirée de nos jours par une vie de réclusion et de silence entre les quatre murs d’un couvent glacial au milieu de vieilles filles voilées et velues ?

Alors que le lycée se termine, la vie offre tous ses possibles à Ainara : l’université, les études, les voyages, les fêtes… Son père, endetté jusqu’au cou par l’ouverture de son restaurant, sa tante, qui sert à Ainara de mère de substitution depuis la mort de sa génitrice, et sa grand-mère l’incitent à croquer la vie. Ils réagissent très mal quand Ainara s’ouvre à eux de son projet. Certes, en bons Espagnols, ils ont été élevés dans la foi catholique mais ne sont plus guère pratiquants. Ils craignent pour leur fille/nièce/petite-fille chérie qu’elle se fasse embrigader et ne puisse faire machine arrière. Que doivent-ils faire ? la laisser partir au risque de la perdre ou qu’elle se perde ? la retenir contre sa volonté ?

La jeune actrice Blanca Soroa oppose son visage de madone et son épaisse chevelure à la Mona Lisa coupée par une sage raie au milieu à tout le tohu-bohu qui règne autour d’elle. Elle n’entretient pas de relation malsaine au corps ou à la chasteté. Il n’y a chez elle aucun manque à combler, aucun traumatisme à soigner, juste un appel qui se fera peut-être entendre et auquel elle est prête à répondre. C’est peut-être la partie la plus difficile à comprendre pour ceux qui, comme moi, n’ont pas la foi : l’entrée dans les ordres n’est pas une décision souveraine mais la réponse à un appel transcendant.
Jerome
Jerome

50 abonnés 197 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 février 2026
Une famille se décomposant confrontée à l'engagement mystique d'une adolescente avec une analyse subtile et intelligente des comportements de chacun de ses membres..
 Stallworth
Stallworth

6 abonnés 144 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 février 2026
J'avais peur après avoir vu la bande-annonce d'assister à un film trop calme sur la religion et qui me donnerait envie de dormir (j'y suis allé à une séance de 22h). Mais pas du tout. L'histoire est très prenante. Il y a des scènes fortes, et c'est très bien réalisé que cette confrontation des points de vue entre le père et la tante. Les acteurs sont tous très convaincants. L'ambiance religieuse est bien retransmise. Bref, je conseille.
spoiler: J'ai particulièrement aimé la scène très poignante vers la fin lorsque l'on sent que la tante est à bout et dit ses quatre vérités à Ainara (sur ce qu'elle pense du couvent, sur l'amour qu'elle a pour elle...) et que celle-ci lui répond simplement "Je prierai pour toi".
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

129 abonnés 411 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 février 2026
 LES DIMANCHES - Alauda Ruiz de Azua | ⭐ 8/10

Phénomène public et critique en Espagne, multi-récompensé jusqu’au prix du meilleur film au festival de San Sebastian, Les Dimanches raconte l’histoire d’Ainara, une adolescente de 17 ans qui finit son lycée et qui s’interroge sur sa vocation, sentant grandir en elle la foi catholique.

Le film surprend d’abord par sa sobriété, son austérité. Pas de grandes envolées, pas de musique envahissante : beaucoup de scènes dialoguées feutrées, de silences, de regards, de non-dits.

Là où le film aurait pu tomber dans la caricature ou la charge idéologique. Il choisit l’inverse. La jeune héroïne est déterminée sans être exaltée. La tante, farouchement opposée à ce choix, n’est jamais outrancière. Le père, lui, semble surtout perdu. Autour de la jeune femme gravitent des personnages secondaires qui projettent sur elle leurs propres peurs, leurs frustrations, leurs renoncements. Et c’est là que le film devient passionnant, en se focalisant moins sur le choix d'Ainara que sur les conséquences qu'il a sur sa famille et e trouble dans lequel il les plonge.

La mise en scène, très épurée et presque inconfortable dans le rythme qu'elle impose, refuse d’indiquer au spectateur ce qu’il doit penser. Ni le monde catholique n’est idéalisé, ni ses détracteurs ridiculisés. Cette neutralité, donne toute sa force au dilemme moral. Libre à chaque spectateur de se positionner, et c’est précisément ce trouble que le film cultive avec brio. Néanmoins, l'image de la religion véhiculée par le film, certes neutre, mais jamais naïve non plus, et la perspective que cette jeune fille s'y engage si jeune ont suffi à me faire froid dans le dos.

Les Dimanches est un film perturbant, exigeant, jamais démonstratif, et si l'on peut trouver regrettable qu'il s'attache davantage à radiographier avec sévérité les hypocrisies d’une famille bourgeoise et progressiste qu'à souligner l’influence souterraine du catholicisme, tout en mettant en avant un choix plutôt à rebours des luttes féministes actuelles, le film laisse tout de même une impression durable : celle d’avoir été placé, sans béquille, face à une question intime et politique à la fois.

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LaureS
LaureS

20 abonnés 148 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 février 2026
Un film fort, intelligent, subtil, très bien interprété, qui ne prend pas parti et pose beaucoup de questions passionnantes sur les choix à l'adolescence, la famille et les intérêts de chacun
Après j'avoue ne pas m'être sentie très concernée par le questionnement sur la foi chrétienne...
Fleur
Fleur

13 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 février 2026
Que voilà un film qui frappe fort ! Ce qui est intéressant c'est le terreau dans lequel cette foi se développe, car foi il y a c'est indéniable. C'est la fragilité de cette adolescence, ses manques, ses blessures car c'est évidemment là que va se loger sa foi, sa tante n'a pas tort. Cela parle de ce que nous faisons de nos enfants : comment nous les conditionnons, les "pressurisons", les manipulons, les laissons seuls.
Pour moi, les personnages les plus détestables sont indiscutablement la belle-mère et le père de la jeune fille. Le père fuyant, lâche, taiseux,arrogant, manipulateur (sur la question de l'héritage) ; il ne s'occupe pas de sa fille sauf, bien sûr, quand elle approche un garçon, ne lui laissant de ce fait aucune chance de connaître autre chose. Il est l'homme du modèle patriarcal par excellence.
La mère supérieure n'a évidemment pas son reste dans l'art subtil de la manipulation pour appâter "ses ouailles" et les amener à entrer au couvent. La jeune fille a la foi et la foi n'est pas discutable mais le reste ?La tante qui est toujours sur le mode de la colère m'apparaît être le personnage le plus vrai et pleinement humain (avec la grand-mère). Elle pose les vraies questions sur sa place dans la famille, sur les agissements de son frère, sur ses manquements en tant que père, sur sa spolation de l'héritage. Etonnament, je trouve que c'est elle qui serait le plus près de Dieu car c'est le personage qui aime dans ce film, qui défend les gens qu'elle aime. Elle n'a pas la foi mais elle a la foi dans ce qui serait de vrais échanges et un vrai équilibre entre les gens. Elle se bat pour la justice et l'amour des siens. C'est un personnage complexe, touchant, vivant. La foi est incompréhensible pour ceux qui ne l'ont pas car elle relève d'une autre sphère et la vocation n'a pas à être discutée puisqu'elle est personnelle, intime. Mais ici aucune chance n'est donnée à la jeune fille de soigner ses manques autrement que par la foi, et, ce, par le manquement des hommes, de son père, de ses confesseurs. TRES BON FILM. PERCUTANT. EMOUVANT.
Christian RZ
Christian RZ

87 abonnés 266 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 février 2026
Avec un scénario aussi linéaire, le prodige de la foi peut être prodigieusement ennuyeux pour autant qu’on adhère pas tout à fait, même avec des acteurs assez convaincants
Yann C.
Yann C.

31 abonnés 74 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 janvier 2026
vu en compétition au festival Premiers Plans d'Angers 2026. après une bonne mise en place de l'intrigue, pas réussi à rester captivé tout le long, probablement du mal à croire ou comprendre le comportement de cette jeune femme. Excellent personnage de la tante en revanche, qui apporte à elle seule du relief à cette histoire
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 567 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 février 2026
Ai vu « Les dimanches » de la réalisatrice basque espagnole Alauda Ruiz de Azua qui a obtenu plusieurs prix dans de nombreux festivals. Ainara (Blanca Soroa) a 17 ans, elle est lycéenne dans une école catholique. Elle partage son quotidien entre ses deux petites soeurs, son père occupé par son restaurant et la chorale de son lycée. Elle se sent de plus en plus attirée par la vie religieuse et veut faire une période d’intégration dans un couvent. Les aspirations d’Ainara vont avoir des conséquences sur l’équilibre familial où chacun prendra partie pour ou contre le projet de la jeune fille. La thématique est suffisamment rare et le traitement scénaristique intelligent pour que « Les dimanches » se démarque de la production actuelle. Des idées de mise en scène, (principalement les cadres), une belle photographie (Bet Rourich) et un casting très homogène où Miguel Garcés, en père absent mais compatissant fait face à Patricia Lopez Arnaiz (très bien) en tante qui est convaincue que l’adolescente influençable a été endoctrinée. Le film est constitué de nombreuses scènes en duo (Ainara et son père, le père et la tante, Ainara et la tante..) où les dialogues très justes laissent aussi une part de mystère ce qui permet au spectateur de se faire son propre avis. Ainara est une jeune femme de son temps qui navigue entre ses souffrances, ses silences, son téléphone, son père absent, le souvenir de sa mère morte. Le personnage est très bien dépeint tout en délicatesse par petites touches. Le film ne prend jamais partie et laisse le spectateur se positionner avec intelligence et en fonction de ses croyances.
Critiques d un passionné
Critiques d un passionné

138 abonnés 263 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 février 2026
Ainara, 17 ans, provoque un véritable cataclysme au sein de sa famille lorsqu’elle décide soudainement d’entrer dans les ordres et d’intégrer un couvent.

Les Dimanches est un drame sensible qui offre une réflexion profonde sur la religion et la quête d’identité. Il brille avant tout par son écriture et par la qualité impressionnante de ses dialogues. Le film aborde un sujet complexe sans jamais juger ses personnages, respectant chaque point de vue avec une rare intelligence.

Si la religion est au centre du récit, le film s’intéresse surtout à ses répercussions sur la cellule familiale. C’est avant tout une chronique intime qui utilise la foi comme révélateur des fractures enfouies. D’un côté, un père inquiet, démuni face à un choix qu’il ne comprend pas mais qui souhaite malgré tout le bonheur de sa fille. De l’autre, une tante athée, prête à tout pour éviter à sa nièce de sacrifier sa jeunesse sur l’autel de la foi.

Le film acquiert alors une dimension universelle : la peur de voir un proche emprunter un chemin qui nous échappe.

Les Dimanches ne force jamais les émotions ni les conflits hystériques, et parvient pourtant à installer une tension presque silencieuse. La mise en scène reste d’une grande sobriété, préférant se concentrer sur les ressentis. Photographie aux tons doux, musique discrète : tout est pensé pour accompagner les émotions sans jamais les surligner lourdement.

Si le film fonctionne avec autant de force, c’est avant tout grâce à la justesse remarquable de ses comédiennes. La jeune Blanca Soroa impressionne par sa retenue et par le mystère qu’elle entretient autour des motivations de son personnage. Mais je retiendrai surtout Patricia López Arnaiz, bouleversante dans le rôle de la tante, dont le jeu nuancé oscille entre inquiétude, incompréhension et amour inconditionnel. Leur relation, finement écrite, devient le véritable cœur émotionnel du film.

Les Dimanches est un film fascinant, d’une justesse et d’une qualité d’écriture exemplaires. Sans jamais forcer le trait, il réussit à toucher profondément, jusqu’à un montage alterné final, bluffant de maîtrise.

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