Les Dimanches s’inscrit dans une veine profondément humaniste, où la foi n’est jamais traitée comme un dogme mais comme une expérience intérieure, fragile et parfois déstabilisante. Le film suit Ainara, adolescente au seuil de l’âge adulte, dont la décision personnelle agit comme un révélateur des failles familiales. Plus qu’un récit sur la religion, l’œuvre interroge le moment précis où un individu doit choisir, alors même que tout semble encore incertain.
Alauda Ruiz de Azúa refuse toute opposition frontale entre croyance et raison. La foi d’Ainara n’est ni idéalisée ni mise à distance, elle est montrée comme une réalité vécue, intime, qui cohabite avec le doute et la peur de se tromper. En miroir, le regard sceptique de Maite, interprétée par Patricia López Arnaiz, se construit à partir d’une inquiétude très concrète. Derrière la rigidité apparente se cache une crainte universelle, celle de voir un être aimé se fermer des possibles avant même d’avoir pu les explorer.
Le film aborde également la notion de deuil sous une forme symbolique. Il ne s’agit pas seulement de perdre quelqu’un, mais de renoncer à une image attendue, à un parcours rêvé, à un récit familial rassurant. Les rituels, notamment ceux du dimanche, fonctionnent comme des tentatives de maintien de l’harmonie, jusqu’à ce qu’une décision intime vienne fissurer l’équilibre. Ce cadre permet au film d’explorer les non-dits, les manques affectifs et les tensions latentes, sans jamais désigner de coupable.
La force de Les Dimanches réside dans son écriture nuancée et dans l’interprétation de ses actrices. Blanca Soroa impose une présence retenue et profondément habitée, tandis que Patricia López Arnaiz compose un personnage traversé par des contradictions, capable de douceur comme de dureté. Leur confrontation ne cherche pas la victoire mais met en scène un conflit affectif pur, où chacun agit au nom de l’amour.
En dépassant la seule question religieuse, le film interroge ce qui fait encore sens dans une société contemporaine traversée par le doute. La foi, la famille et le besoin de repères s’y croisent sans réponses définitives. Les Dimanches propose ainsi un regard rare sur l’adolescence, le choix et la transmission, laissant au spectateur la liberté de ses propres interrogations.
En conclusion :
Un film sur l’amour, le deuil et la recherche de soi. La force du film réside dans la combinaison des différentes personnes qui entourent cette jeune fille. On peut désirer le meilleur pour un proche, et pourtant ne pas supporter qu’il puisse aspirer à aller vers un métier, une religion sortant de notre logique ou de notre idéologie. Pourtant, vouloir le meilleur pour quelqu’un, n’est-ce pas l’accompagner dans ses choix et ses aspirations ? Finalement, qui fait la plus belle preuve d’amour ? Ce père, qui fait preuve d’amour en acceptant que sa fille parte.
Blanca Soroa est la révélation de ce film, Patricia López Arnaiz est explosive et insuffle tantôt de la douceur maternelle et une forme de rigidité.