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C'est un Jean Moulin complètement apolitique qui nous est présenté ici… Le film se concentre sur l'arrestation et la torture du personnage, mais dépouillé de l'histoire de la résistance et de l'engagement moral et politique de la résistance face au nazisme, il peine à restituer l'enjeu. On a l'impression qu'il aurait mieux valu inventer un personnage de fiction plutôt que de convoquer une aussi grande figure pour si peu la raconter...
Reconstitution soignée, Lellouche digne, mais Nemes se montre étonnamment sage pour le cinéaste du Fils de Saul : la mise en scène élégante et les contre-jours léchés finissent par esthétiser la torture plutôt que de la confronter vraiment. Klaus Barbie version Eidinger frôle la caricature de méchant de cinéma. On attendait l'audace, on obtient un bel objet respectueux — et sans risque.
Vu en avant-première au Festival de Cannes, très bon film bien joué et bien réalisé, je recommande !
Pauvre Gilles Lelouche est parfaitement crédible dans ce rôle difficile.
Ceci dit, sur le fond, tout le monde connait la destinée de Jean Moulin, chargé par le Général d’unifier la résistance intérieure, le rendez-vous de Caluire et l’arrestation avec le terrible Barbie. Contrairement à certains réalisateurs Nemes n’en rajoute pas, il reste fidèle à son sujet, son talent seul ajoute de la force à son récit, grâce à une forme est particulièrement soignée. Alors que j’avais eu un peu de mal avec son premier film (le fils de Saul) qui restait très nébuleux, j’ai beaucoup aimé sa façon de tenir sa caméra dans un clair-obscur proche de son sujet. Cela m’a permis d’entrer dans le film d’autant plus facilement et d’en apprécier toutes ses qualités : atmosphère brumeuse, lignes sombres, un style décidemment très personnel mais qui fonctionne très bien ici.
Ceci dit, sur le fond, tout le monde connait la destinée de Jean Moulin, chargé par le Général d’unifier la résistance intérieure, le rendez-vous de Caluire et l’arrestation avec le terrible Barbie. Contrairement à certains réalisateurs Nemes n’en rajoute pas, il reste fidèle à son sujet, son talent seul ajoute de la force à son récit, grâce à une forme est particulièrement soignée. Alors que j’avais eu un peu de mal avec son premier film (le fils de Saul) qui restait très nébuleux, j’ai beaucoup aimé sa façon de tenir sa caméra dans un clair-obscur proche de son sujet. Cela m’a permis d’entrer dans le film d’autant plus facilement et d’en apprécier toutes ses qualités : atmosphère brumeuse, lignes sombres, un style décidemment très personnel mais qui fonctionne très bien ici.
Présenté en compétition officielle à Cannes 2026, Moulin voit László Nemes s’éloigner du biopic patrimonial pour suivre la chute, l’épuisement et la résistance intérieure de Jean Moulin. Un film sombre, tendu, parfois imparfait, mais assez puissant pour faire vaciller le mythe et retrouver l’homme.
Il y a dans Moulin une idée qui le distingue radicalement du biopic patrimonial qu’il aurait pu être, et qu’il refuse de bout en bout. László Nemes ne s’intéresse pas aux faits d’armes de Jean Moulin, pilier de la Résistance, extension de la voix de De Gaulle sur un territoire sous occupation nazie. On s’intéresse à sa chute, à sa disparition silencieuse et douloureuse, aux derniers jours d’un homme que l’Histoire a transformé en symbole et que le cinéaste hongrois s’attache à dépouiller de tout aspect iconique. Le film s’ouvre sur un parachutage nocturne dans un ciel que l’on croirait peint, et dès ce premier plan, tourné en 35mm avec une photographie signée Mátyás Erdély, on comprend qu’on ne verra pas un simple film de commémoration. Moulin avance dans les ombres, les reflets, le hors-champ. Il joue avec la lumière comme avec la vérité, en la laissant toujours à moitié voilée.
Jean Moulin a porté des dizaines de noms dans sa lutte contre l’occupant nazi : Régis, Max, Rex, Joseph, Jean Mercier, Jacques Martel, Romanin, Joseph Marchand, Richelieu, Alix. Chaque pseudonyme est un masque supplémentaire, une couche d’identité ajoutée pour protéger la suivante, jusqu’à ce qu’on ne sache plus très bien qui se cache derrière. C’est précisément ce vertige que Nemes choisit de filmer : non pas l’homme que l’histoire a décidé d’admirer, mais celui qui, derrière l’accumulation de pseudonymes, se retrouve seul face à lui-même et face à celui qu’on nomme « Le Boucher de Lyon », Klaus Barbie.
L’homme derrière le mythe
La première partie du film, qui se déploie dans un Lyon occupé, est filmé comme un labyrinthe hitchcockien, installant une aura paranoïaque avec efficacité. Chaque travelling révèle des regards suspicieux, des issues bouchées, des surcadrages dans lesquels le visage de Moulin n’apparaît jamais tout à fait entier. La photographie en pellicule fait de la ville occupée un espace de surveillance et de terreur diffuse, où la lumière elle-même semble hésiter à se montrer. On pense à Jean-Pierre Melville et à L’Armée des ombres, mais sans la flamboyance, car Nemes refuse la permissivité narrative du cinéaste français et préfère coller à la causalité des événements, à l’impossibilité de faire confiance. Cette première partie manque parfois de tension, le récit peinant à trouver son rythme dans la multiplicité des fronts à coordonner, une limite que le scénario d’Olivier Demangel, pourtant solide dans ses intentions, ne parvient pas toujours à dépasser.
Tout change à l’arrestation, et c’est là que le film trouve vraiment sa puissance. Une fois Moulin entre les mains de la Gestapo, les espaces se resserrent de façon inexorable. La salle d’interrogatoire, la cellule de la prison Montluc, la salle de torture. Le Cinémascope transforme ces pièces en étau. Les surfaces inexorables encadrent le personnage plutôt qu’elles ne lui donnent de l’air. Face à Barbie, incarné par Lars Eidinger avec une élégance glaçante, Moulin, sous les traits de Gilles Lellouche, se décompose lentement, millimètre par millimètre. La joute verbale entre les deux hommes ressemble à une valse entre deux gentlemen, avant de dériver vers quelque chose de plus sombre. Barbie ne hurle quasiment jamais et c’est ce calme policé qui rend son sadisme insupportable. Et Moulin, lui, tremble. Nemes ne le fait jamais passer pour un roc, car il est terrifié à l’idée de parler. Lellouche porte cette résignation avec une justesse inattendue, laissant peu à peu apparaître un homme épuisé qui n’a peut-être plus vraiment envie de mourir pour sa patrie. C’est ça, le vrai choc du film, non pas le courage héroïque, mais l’endurance d’un homme qui n’en peut plus et qui tient quand même. La violence reste majoritairement hors-champ ou suggérée, comme une scène de dissuasion nocturne et une danse humiliante, et Nemes, comme dans Le Fils de Saul, sait que montrer celui qui regarde est parfois plus terrifiant que de montrer ce qu’il voit.
Tout n’est pas réussi pour autant. La séquence de La Marseillaise ne sait pas adopter le bon ton, et le sur-symbolisme est symptomatique d’une coproduction TF1 qui impose parfois ses limites, rendant alors le film moins nuancé qu’il ne pourrait l’être. Quelques séquences secondaires manquent aussi de densité, et la comtesse de Forez, personnage fictif joué par Louise Bourgoin, reste un contrepoint émotionnel un peu ténu. Mais ces réserves ne font pas vaciller l’ensemble. Car Moulin réussit l’essentiel : il préfère creuser la question de la résistance, comme un idéal, un concept et une dimension humaine, au lieu de la glorification d’un héros. Il touche la vérité historique pour mieux bouleverser. Et si l’on songe à ce à quoi la libération de la France a tenu, à l’endurance silencieuse d’hommes et de femmes que l’on croyait impeccables dans leurs rôles de contre-espionnage, avant qu’une trahison directe ou invisible ne vienne les rappeler à leur condition mortelle, alors ce film, imparfait mais sincère, a le mérite rare de ne pas nous laisser quitter la salle le cœur léger.
Il y a dans Moulin une idée qui le distingue radicalement du biopic patrimonial qu’il aurait pu être, et qu’il refuse de bout en bout. László Nemes ne s’intéresse pas aux faits d’armes de Jean Moulin, pilier de la Résistance, extension de la voix de De Gaulle sur un territoire sous occupation nazie. On s’intéresse à sa chute, à sa disparition silencieuse et douloureuse, aux derniers jours d’un homme que l’Histoire a transformé en symbole et que le cinéaste hongrois s’attache à dépouiller de tout aspect iconique. Le film s’ouvre sur un parachutage nocturne dans un ciel que l’on croirait peint, et dès ce premier plan, tourné en 35mm avec une photographie signée Mátyás Erdély, on comprend qu’on ne verra pas un simple film de commémoration. Moulin avance dans les ombres, les reflets, le hors-champ. Il joue avec la lumière comme avec la vérité, en la laissant toujours à moitié voilée.
Jean Moulin a porté des dizaines de noms dans sa lutte contre l’occupant nazi : Régis, Max, Rex, Joseph, Jean Mercier, Jacques Martel, Romanin, Joseph Marchand, Richelieu, Alix. Chaque pseudonyme est un masque supplémentaire, une couche d’identité ajoutée pour protéger la suivante, jusqu’à ce qu’on ne sache plus très bien qui se cache derrière. C’est précisément ce vertige que Nemes choisit de filmer : non pas l’homme que l’histoire a décidé d’admirer, mais celui qui, derrière l’accumulation de pseudonymes, se retrouve seul face à lui-même et face à celui qu’on nomme « Le Boucher de Lyon », Klaus Barbie.
L’homme derrière le mythe
La première partie du film, qui se déploie dans un Lyon occupé, est filmé comme un labyrinthe hitchcockien, installant une aura paranoïaque avec efficacité. Chaque travelling révèle des regards suspicieux, des issues bouchées, des surcadrages dans lesquels le visage de Moulin n’apparaît jamais tout à fait entier. La photographie en pellicule fait de la ville occupée un espace de surveillance et de terreur diffuse, où la lumière elle-même semble hésiter à se montrer. On pense à Jean-Pierre Melville et à L’Armée des ombres, mais sans la flamboyance, car Nemes refuse la permissivité narrative du cinéaste français et préfère coller à la causalité des événements, à l’impossibilité de faire confiance. Cette première partie manque parfois de tension, le récit peinant à trouver son rythme dans la multiplicité des fronts à coordonner, une limite que le scénario d’Olivier Demangel, pourtant solide dans ses intentions, ne parvient pas toujours à dépasser.
Tout change à l’arrestation, et c’est là que le film trouve vraiment sa puissance. Une fois Moulin entre les mains de la Gestapo, les espaces se resserrent de façon inexorable. La salle d’interrogatoire, la cellule de la prison Montluc, la salle de torture. Le Cinémascope transforme ces pièces en étau. Les surfaces inexorables encadrent le personnage plutôt qu’elles ne lui donnent de l’air. Face à Barbie, incarné par Lars Eidinger avec une élégance glaçante, Moulin, sous les traits de Gilles Lellouche, se décompose lentement, millimètre par millimètre. La joute verbale entre les deux hommes ressemble à une valse entre deux gentlemen, avant de dériver vers quelque chose de plus sombre. Barbie ne hurle quasiment jamais et c’est ce calme policé qui rend son sadisme insupportable. Et Moulin, lui, tremble. Nemes ne le fait jamais passer pour un roc, car il est terrifié à l’idée de parler. Lellouche porte cette résignation avec une justesse inattendue, laissant peu à peu apparaître un homme épuisé qui n’a peut-être plus vraiment envie de mourir pour sa patrie. C’est ça, le vrai choc du film, non pas le courage héroïque, mais l’endurance d’un homme qui n’en peut plus et qui tient quand même. La violence reste majoritairement hors-champ ou suggérée, comme une scène de dissuasion nocturne et une danse humiliante, et Nemes, comme dans Le Fils de Saul, sait que montrer celui qui regarde est parfois plus terrifiant que de montrer ce qu’il voit.
Tout n’est pas réussi pour autant. La séquence de La Marseillaise ne sait pas adopter le bon ton, et le sur-symbolisme est symptomatique d’une coproduction TF1 qui impose parfois ses limites, rendant alors le film moins nuancé qu’il ne pourrait l’être. Quelques séquences secondaires manquent aussi de densité, et la comtesse de Forez, personnage fictif joué par Louise Bourgoin, reste un contrepoint émotionnel un peu ténu. Mais ces réserves ne font pas vaciller l’ensemble. Car Moulin réussit l’essentiel : il préfère creuser la question de la résistance, comme un idéal, un concept et une dimension humaine, au lieu de la glorification d’un héros. Il touche la vérité historique pour mieux bouleverser. Et si l’on songe à ce à quoi la libération de la France a tenu, à l’endurance silencieuse d’hommes et de femmes que l’on croyait impeccables dans leurs rôles de contre-espionnage, avant qu’une trahison directe ou invisible ne vienne les rappeler à leur condition mortelle, alors ce film, imparfait mais sincère, a le mérite rare de ne pas nous laisser quitter la salle le cœur léger.
Cannes 2026
[LA RÉSISTANCE ! ]
Un film qui est solide dans son scénario, mais qui pèche en termes de thriller et d'espionnage. Il aurait pu davantage exploiter cet angle, même si, au final, c'est difficile pour un film historique. Un jeu d'acteur très solide de la part de Gilles Lellouche et une mise en scène académique qui manque un peu de souffle épique et de spectaculaire.
[LA RÉSISTANCE ! ]
Un film qui est solide dans son scénario, mais qui pèche en termes de thriller et d'espionnage. Il aurait pu davantage exploiter cet angle, même si, au final, c'est difficile pour un film historique. Un jeu d'acteur très solide de la part de Gilles Lellouche et une mise en scène académique qui manque un peu de souffle épique et de spectaculaire.
Ce film se présente comme un hommage à Jean Moulin, mais il en fait surtout un héros d’opérette martyrisé, réduit au supplice physique et à un duel psychologique avec Klaus Barbie, au détriment de sa réalité politique et de toute clarté historique.
En concentrant toute l’attention sur la torture et en présentant une vision très subjectivée de son arrestation, le film simplifie, occulte et reconstruit l’histoire à sa sauce, comme si la Résistance française pouvait se résumer à un long plan‑séquence douloureux plutôt qu’à un combat collectif, politique et correctement documenté .
Au lieu de rendre hommage à un homme de terrain, fédérateur et stratégique, ce Moulin transforme Jean Moulin en icône purement spectaculaire, au service d’un cinéma sombre et bien‑pensant qui préfère la douleur esthétisée au débat historique sincère .
On ne sort pas de la salle avec une meilleure compréhension de ce qu’il a véritablement fait, mais avec une image réécrite, romantique et mensongère d’un des rares héros authentiques de la Résistance.
En concentrant toute l’attention sur la torture et en présentant une vision très subjectivée de son arrestation, le film simplifie, occulte et reconstruit l’histoire à sa sauce, comme si la Résistance française pouvait se résumer à un long plan‑séquence douloureux plutôt qu’à un combat collectif, politique et correctement documenté .
Au lieu de rendre hommage à un homme de terrain, fédérateur et stratégique, ce Moulin transforme Jean Moulin en icône purement spectaculaire, au service d’un cinéma sombre et bien‑pensant qui préfère la douleur esthétisée au débat historique sincère .
On ne sort pas de la salle avec une meilleure compréhension de ce qu’il a véritablement fait, mais avec une image réécrite, romantique et mensongère d’un des rares héros authentiques de la Résistance.
En respect pour les vrais combattants du fascisme qui, eux, ne redoutaient pas de prendre position face à l'innomable.
L'argent fait claquer des dents on dirait.
L'argent fait claquer des dents on dirait.
Vu au festival de Cannes!
L’esthétique pompeuse du film n’est malheureusement pas sauvée par la prestation convaincante de Gilles Lellouche. Lars Eidinger joue plutôt bien le vilain méchant nazi, cependant on se demande parfois si la caricature des Allemands qui crient constamment n’est pas un peu abusive. Au final, un film un peu long, un peu fascinant - difficile de démêler le fait historique du storytelling stylisé d’une Résistance quasi irréprochable face à des nazis sanguinaires et sans pitié aucune.
L’esthétique pompeuse du film n’est malheureusement pas sauvée par la prestation convaincante de Gilles Lellouche. Lars Eidinger joue plutôt bien le vilain méchant nazi, cependant on se demande parfois si la caricature des Allemands qui crient constamment n’est pas un peu abusive. Au final, un film un peu long, un peu fascinant - difficile de démêler le fait historique du storytelling stylisé d’une Résistance quasi irréprochable face à des nazis sanguinaires et sans pitié aucune.
C’est exactement à quoi je m’attends quand je veux voir un film sur une figure majeures de la résistance françaises, pas filmé comme un téléfilm de TF1 ici l’esthétique est très travaillé allié avec un montage du son et de l’image créant littéralement un atmosphère stressante, on a l’impression d’être enfermé avec Jean moulin dans la prison et de subir avec lui le stress et l’anxiété ! Je trouve le film très réussi, juste peut être que Gilles Lellouche n’a peut être pas était pousser a son maximum sur sa performance a cause du scénario qui manque encore de scène de torture visuel ou autre séquence forte dans laquelle Gilles Lellouche aurait pu encore assoir sa position de grand acteur français ! Mais dans l’ensemble j’ai beaucoup aimé ! (Surtout après pleins de film lent avec des longues séquence inutile, il se distingue de la sélection officiel du festival de Cannes 2026)
[Séance de gala avec équipe du film vu dans le grand théâtre lumière au festival de Cannes 2026]
[Séance de gala avec équipe du film vu dans le grand théâtre lumière au festival de Cannes 2026]
Vu au festival de Cannes 2026.
Avec ce sujet fort, Laszlo Nemes met en lumière la fin de Jean Moulin.
En lumière c'est bien le mot, tant la photographie est précise et joue sur tout ce que le chef opérateur et l'éclairage peuvent créer : contraste, contre-jour, ombre chinoise... La lumière sculpte, découpe, précise, la lumière englobe, la lumière raconte. Mais cet emploi minutieux en fait presque un artifice qui rend le film théâtral et sort le spectateur de l'émotion.
Dur d'adhérer aux tensions du film quand on connaît un peu l'Histoire, pas de suspense sur les fausses pistes.
Le réalisateur ne sait pas sur quel pied danser quant à la violence. La montrer, la faire deviner, on se dit qu'il n'a pas forcément réussi à choisir. Tout comme finalement le sujet de son film... Confrontation entre 2 hommes, le film choisit son "camp" en ne s'attardant que sur Moulin. Il m'a manqué plus de scènes avec Barbie existant sans son antagoniste. Le film est déjà (presque trop) long, et je pense qu'il serait compliqué d'en ajouter. Mais soit le film est effectivement un duel, et il me semble un peu déséquilibré dans son traitement, soit c'est "juste" la fin de Moulin et du coup les personnages nazis sont trop prégnants.
La bande originale est plutôt pauvre, en quantité, mais elle interroge aussi par les choix surprenants qui ont été faits.
Gilles Lellouche est crédible en Jean Moulin et Lard Eidiger campe une nouvelle fois un nazi détestable à souhait. Les seconds rôles, malgré un bon casting, m'ont semblé parfois anecdotiques, voire amenés comme un cheveu sur la soupe pour ajouter de la dramaturgie...
À voir pour les qualités techniques
Avec ce sujet fort, Laszlo Nemes met en lumière la fin de Jean Moulin.
En lumière c'est bien le mot, tant la photographie est précise et joue sur tout ce que le chef opérateur et l'éclairage peuvent créer : contraste, contre-jour, ombre chinoise... La lumière sculpte, découpe, précise, la lumière englobe, la lumière raconte. Mais cet emploi minutieux en fait presque un artifice qui rend le film théâtral et sort le spectateur de l'émotion.
Dur d'adhérer aux tensions du film quand on connaît un peu l'Histoire, pas de suspense sur les fausses pistes.
Le réalisateur ne sait pas sur quel pied danser quant à la violence. La montrer, la faire deviner, on se dit qu'il n'a pas forcément réussi à choisir. Tout comme finalement le sujet de son film... Confrontation entre 2 hommes, le film choisit son "camp" en ne s'attardant que sur Moulin. Il m'a manqué plus de scènes avec Barbie existant sans son antagoniste. Le film est déjà (presque trop) long, et je pense qu'il serait compliqué d'en ajouter. Mais soit le film est effectivement un duel, et il me semble un peu déséquilibré dans son traitement, soit c'est "juste" la fin de Moulin et du coup les personnages nazis sont trop prégnants.
La bande originale est plutôt pauvre, en quantité, mais elle interroge aussi par les choix surprenants qui ont été faits.
Gilles Lellouche est crédible en Jean Moulin et Lard Eidiger campe une nouvelle fois un nazi détestable à souhait. Les seconds rôles, malgré un bon casting, m'ont semblé parfois anecdotiques, voire amenés comme un cheveu sur la soupe pour ajouter de la dramaturgie...
À voir pour les qualités techniques
Film vu dans le cadre du festival de Cannes sur la vie de Jean Moulin. Un très grand Gilles et tous les autres acteurs sont également incroyables. A voir
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