Film d'épouvante réalisé par Ben Leonberg, dont c'est le premier long-métrage derrière la caméra, Good Boy est une œuvre à l'emballage parfait mais au contenu décevant, pour un résultat de bonne facture, cependant frustrant tant cela aurait pu être mieux. L'histoire nous fait suivre Todd, un homme souffrant d'une maladie respiratoire qui quitte New York pour la campagne. Il s'installe ainsi dans la maison rurale de son défunt grand-père, accompagné de son chien Indy, un Retriever de la Nouvelle-Écosse. Vera, la sœur de Todd, s'inquiète de son isolement, croyant la demeure hantée et responsable de la mort de leur aïeul, ainsi que de l'évolution de sa maladie. À peine arrivés dans le lieu, Indy perçoit une présence dans la maison. Ce scénario s'avère hélas en dents de scie à visionner tout du long de sa durée d'à peine une heure et quart. Une courte durée qui se fait pourtant ressentir, ce qui n'est vraiment pas bon signe. Pourtant, l'intrigue débute de façon prometteuse en nous plongeant dès ses premiers instants dans son ambiance inquiétante et grâce à son concept atypique nous faisant vivre le récit via le point de vu du chien. Malheureusement, au fil des minutes, on se rend rapidement compte des limites. La structure est toujours la même, à savoir une montée en tension faisant planer une menace pour qu'au final il ne se passe absolument rien. Ce schéma artificiel est ainsi répété tout du long, devenant rapidement redondant et caduque. Résultat, on sait pertinemment que toutes ces scènes ne mèneront à rien. De plus, la narration n'a rien à raconter. Sa métaphore liant son sujet à la maladie est maladroit et manque cruellement de profondeur. Cependant, l'atmosphère horrifique lui confère tout de même un intérêt car elle est globalement réussie et parvient à nous happer. L'ensemble est porté par très peu de rôles à l'écran. La distribution resserrée comprend Shane Jensen, qui campe un maître franchement désagréable, qui nuit en partie à l'appréciation du métrage. Sa personne n'est aucunement sympathique et l'on ne ressent donc aucune empathie pour lui malgré son état de santé dégradé. Les autres humains sont Arielle Friedman, Larry Fessenden et Stuart Rudin. Mais la véritable vedette, qu'on voit tout le temps à l'image, c'est cet adorable chien, qui n'est autre que celui du réalisateur. En plus d'être mignon et très bien dressé, il nous fait parfaitement ressentir ce qu'il observe via son langage corporel et son visage. Malheureusement, la relation entretenue par l'acteur à quatre pattes et son maître bipède ne procure aucune émotion. La faute au comportement incompréhensible de l'homme et à des dialogues creux à sens unique. Si le fond n'est clairement pas abouti, le film se rattrape tout de même énormément à la faveur de sa forme. En effet, la réalisation du cinéaste américain en herbe est tout bonnement impeccable. Sa mise en scène est totalement maîtrisée et soignée, en plus d'offrir quelques belles transitions. Surtout, son concept de filmer une bonne partie à hauteur de chien est original et bien mené. Les humains sont eux dépersonnalisés car on ne voit jamais véritablement leurs visages, ce qui est encore une idée faisant son effet. De plus, la photographie est graphique, aussi bien lors des séquences nocturnes que lors des séquences diurnes. L'environnement naturel isolé est lui appréciable et bien exploité. Il en va de même concernant les effets spéciaux qui sont réussis. Ce visuel remarquable est accompagné par une bande originale signée Sam Boase-Miller, dont les compositions angoissantes s'accordent idéalement avec l'action et les images, renforçant ainsi grandement l'atmosphère. Reste une fin malheureusement peu convaincante, venant ainsi mettre un terme à Good Boy qui, en conclusion, est un long-métrage méritant le coup d’œil avant tout pour son aspect formel et pour la bouille poilue de son protagoniste principal, à défaut de son scénario et de ses tics répétitifs de mise en scène frôlant l'overdose.