Bon chien-chien, ça, il va remporter les prix d'interprétation (nos condoléances à Ethan Hawke qui s'est vu devancer par un concurrent à la truffe humide) et créer le buzz... Au-delà de l'engouement (démesuré) qu'a créé l'annonce d'un "film d'horreur du point de vue d'un chien" (ce qui est faux : on n'est pas à la place du chien, "comme un jeu vidéo first person", mais on le suit), Good Boy est un film d'épouvante très filou. Il arrive à être assez original avec son personnage principal canin (d'accord, le toutou est adorable, on le concède), et profite d'une double-lecture sur la dépression suicidaire (celle qui fait "apparaître des démons plus forts que nous" : personne n'aura jamais assez d'empathie pour ce genre de discours tant qu'il ne l'a pas vécu / vu arriver à un proche). Mais au-delà de ces deux excellentes idées, il patauge dans des jumpscares banals ("Oh une forme dans l'ombre, oh elle n'est plus là, oh des yeux lumineux dans le tronc d'arbre...") et beaucoup trop d'histoires secondaires qui alourdissent le propos. Il aurait suffit de l'intrigue "suicidaire", générant des démons que le chien ressent (comme les animaux sentent tout), plutôt que d'aller compliquer le tout avec l'histoire du
pépé fantôme, puis du chien du pépé, lui-même fantôme, et du Mal démoniaque qui les a touché dans cette maison...
Bref, trop de fantômes et démons dans cette bicoque, ouvrez les fenêtres de temps en temps, bon sang). N'en reste que le final est déchirant (quand
le chien comprend qu'il ne peut rien pour son maître adoré, et doit se résoudre à l'abandonner...
C'est dur), et que l'on se rassure au moins de l'empathie du public (les recherches pour "Est-ce que le chien meurt ?" ont explosé pour ce film), c'est déjà ça. Beaucoup de buzz, pour un film plein d'idées, peut-être trop, et peu de développement. Pour autant, interdit de l'abandonner sur le bord de l'autoroute.