Undertone
Note moyenne
2,5
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107 critiques spectateurs

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Cadreum
Cadreum

77 abonnés 829 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 août 2026
Ian Tuason a tourné son premier long métrage dans la maison de son enfance, avec une actrice à l'image, une voix au téléphone, un corps allongé à l'étage et 94 minutes à remplir. Fantasia en juillet 2025, prix du public ; A24 rafle les droits mondiaux pour sept chiffres le mois suivant ; en décembre, avant même que le film ait été montré à Sundance, on lui confie Paranormal Activity 8. 500 000 dollars de budget, 22 millions de recettes. Un cinéaste sans filmographie devient en huit semaines un actif industriel. Le film qui produit cette trajectoire raconte, lui, l'histoire d'Evy, podcastrice revenue vivre chez sa mère comateuse pour la veiller jour et nuit. Avec son coanimateur Justin, dont on n'entendra que la voix, elle reçoit un mail anonyme contenant dix fichiers audio. Un couple, Mike et Jessa, y a enregistré ce qui se passe la nuit chez eux : Jessa est enceinte, elle parle en dormant, et ce qui parle par sa bouche n'est pas elle. Reste à savoir ce que ce dispositif fait de la grossesse.

Le film commence sur un écran noir. Une voix douce chante une comptine ; en dessous, à chaque interstice de silence, monte le râle d'une agonie. Les deux pistes cohabitent, et le mixage les tient à égalité : la berceuse et la mort partagent le même canal. C'est aussi la description exacte de la situation d'Evy dans la scène suivante, qui chante à un corps qui ne réagit pas, où seul une respiration difficile est entendue.

Puis vient la routine, Evy descent les escaliers, s'assoit, met son casque, et la maison cesse d'émettre : plus d'escalier, plus de respiration à l'étage, plus de mère. Ce que le casque retranche, c'est la surveillance de l'escalier, de la respiration à l'étage, de sa mère. On perd l'autorité acousmatique. Le cadrage achève la manœuvre en transférant la charge. Evy est poussée vers le bord, le centre revient à l'amorce de marche et à l'embrasure : la surveillance qu'elle vient de déposer, c'est nous qui la reprenons, et le film s'assure que nous la reprenions dans les pires conditions, sans son, sans droit de regard sur ce qui compte. Le travelling panoramique fait le tour de la pièce et revient à son point de départ les mains vides. Il ne s'agit jamais de découvrir quelque chose, il s'agit d'établir qu'aucun tour de pièce ne suffira jamais — le plan ne rapporte rien mais laisse intacte la certitude d'avoir manqué le moment où il fallait regarder ailleurs.

La première bande fait basculer le film dans sa méthode. Jessa, endormie, chante à l'envers London Bridge Is Falling Down. Justin annonce y entendre « Mike, kill all » — puis réécoute, puis vérifie. Evy n'entend rien ; à force de tendre l'oreille, la phrase est là. C'est ainsi que fonctionne toute écoute soupçonneuse : on trouve d'abord, on vérifie après, et l'appareil sert de caution. Evy est chargée de porter le doute, mais elle n'a aucune prise, puisque la bande ne dément jamais le croyant. Son scepticisme n'est pas une position, c'est un délai — le temps qu'il faut au film pour amener un spectateur instruit à écouter comme un dévot.

Entre deux séances, Evy apprend qu'elle est enceinte de six semaines, d'un petit ami qu'elle ne semble pas aimer particulièrement. Elle dit ne pas se sentir capable d'être mère, puis prend rendez-vous au téléphone dans une clinique. Et c'est de là qu'elle repart vers les bandes, et vers les comptines de sa propre enfance — Baa, Baa, Black Sheep, sa préférée, inversée, donne « lick the blood off ». Le film fait donc naître le soupçon d'une femme qui vient de douter de sa capacité à être mère, et lui donne pour réponse que le premier geste maternel, celui qui apaise, contenait déjà l'ordre de dévorer. La maternité cesse d'être une décision à prendre pour devenir un legs à redouter : Evy passe ses journées à laver, retourner et nourrir la femme qui l'a bercée, elle sait à quoi ressemble l'aboutissement de ce lien, et le film lui apprend que la chanson elle-même était piégée. Devenir mère, ce serait transmettre le poison ; ne pas l'être, ce sera la faute qu'il instruira jusqu'au bout.

La bande suivante, retournée, livre un nom : Abyzou. Evy et Justin le documentent en direct — démon du folklore méditerranéen chargé de provoquer les fausses couches et de pousser les mères à tuer leurs enfants, par jalousie, parce qu'elle-même est stérile. La définition fait le travail : le mal y naît du ventre vide, et le film a fait chercher à Evy l'article qui la condamne. Une femme envisage de ne pas garder un enfant ; arrive aussitôt l'entité dont c'est la fonction. Le film synchronise : Abyzou veut la mort de l'enfant, Evy n'en veut pas, le film met le même désir dans les deux.

Le reste de la maison instruit le même dossier. Evy avait rangé une statue de la Vierge dans un placard ; la statue ressort et réapparaît ailleurs. Les lumières lâchent, sa mère inconsciente bouge seule, et plus tard un appelant exigera de parler à « Mary », le prénom qu'elle avait dit vouloir donner à son enfant hypothétique. Les crucifix qu'une génération n'a pas osé décrocher ont gardé intact leur pouvoir de facturation.

À mesure que l'étau se resserre, la caméra se met à bouger en synchronie avec les enregistrements, comme hantée à son tour. L'inclinaison, imperceptible dans la première heure, s'intensifie. Un film qui prétend nous enfermer dans une subjectivité sans dehors se dote donc d'un thermomètre parfaitement lisible, extérieur au personnage, qui note l'effondrement pour nous et nous signale quand nous inquiéter. L'immersion est tenue par la main. C'est la condition du plaisir de ce film : nous ne sommes jamais seuls dans cette maison, il y a quelqu'un derrière l'appareil qui sait déjà comment cela finit.

Le dernier acte change de moteur. Justin tente de répondre à l'expéditeur ; le mail revient en erreur. L'archive se referme — pas d'origine à remonter, plus de document audio à écouter — et le direct s'ouvre à sa place. Le film abandonne la peur d'un mal déjà consommé pour une peur qui se fabrique à l'antenne. Des auditeurs appellent. Un voisin raconte que Mike et Jessa ont été retrouvés morts, sacs plastiques sur la tête, les murs couverts de dessins d'enfants au crayon, et que l'autopsie a confirmé la grossesse de Jessa. Une voix reproche à Evy d'avoir prononcé le nom et écouté les dix pistes. Puis Abby appelle pour qu'on l'aide à calmer son nourrisson qui hurle, et le tue à l'antenne pendant qu'Evy et Justin la supplient.

Evy avoue que sa mère est morte par sa faute — non pour la grossesse, pour avoir refusé de prier. C'est la seule fois où Undertone nomme son sujet, et il le nomme en le déplaçant : une heure et demie sur un choix reproductif pour aboutir à un manquement dévotionnel. La grossesse et les audios n'étaient pas l'objet du film, elle était l'occasion d'extorquer cet aveu-là.

Ce qui suit est du remplissage de genre. Elle monte, les murs de l'étage sont couverts de dessins d'Abyzou et de nourrissons ensanglantés, la caméra pivote sur elle-même pour supprimer le hors-champ, la mère se dresse dans la salle de bain, Evy hurle, coupe. Tuason n'a plus rien à dire et il livre l'apparition contractuelle, essore le dernier frisson, et s'arrête sur un cri parce qu'un cri dispense de conclure. Je n'y vois là qu'un échec, et un échec maladroit parce qu'il consiste à faire du bruit là où il fallait trancher, notamment sur l'avortement — juste une femme qui hésite dans un décor catholique et attend que le décor lui impose un choix à sa place.
Ambre27
Ambre27

1 abonné 1 critique Suivre son activité

1,5
Publiée le 8 août 2026
Fils très long à démarrer, besoin d’attendre 1h avant qu’il se passe quelque chose et quand les choses commencent à être interessantes le film est fini. Frustrant
Alolfer
Alolfer

190 abonnés 1 844 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 août 2026
2026 est une belle année du cinéma horrifique ! Après le phénomène Obsession et Backroom pour ne citer qu'eux, Undertone débarque et autant dire que c'est une bonne surprise dans son ensemble.

Durant 1h30, on est plongé dans une ambiance particulière où le mal-être règne et se prolonge au fur et à mesure. Le film brille sur sa qualité principale : l'ambiance sonore ! L'immersion est totale et on pris entre les doutes qui persistent. La psychologie du personnage principal est bien ancré (malgré quelques manques d'originalités dans son approche) et sa fin est une explosion : ça va dans tous les sens et c'est un plaisir à suivre.

Une très bonne surprise que je peux que recommander !
Paul Yakov
Paul Yakov

2 abonnés 3 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 août 2026
Vu en avant première. Undertone repose sur une idée de mise en scène réellement stimulante faire de l’écoute, du podcast et de la matière sonore le principal vecteur de l’horreur. Malheureusement, cette belle prémisse demeure presque entièrement à l’état de promesse.

Le film souffre d’une lenteur excessive et d’une narration dépourvue de véritables inflexions. Les rares effets de peur reposent sur spoiler: des procédés sonores répétitifs, notamment plusieurs [spoiler]irruptions téléphoniques pratiquement identiques
,[/spoiler] qui finissent par perdre tout pouvoir de sidération. Quant à la créature, essentiellement spoiler: réduite à quelques représentations dessinées
, elle ne possède jamais la présence nécessaire pour devenir inquiétante.

Le dernier acte ne récompense guère cette longue attente il devient plus obscur que réellement troublant. Le sous-texte autour de la maternité et de son angoisse est assez transparent, tandis que l’écriture de l’héroïne convainc moins son scepticisme radical paraît curieux chez quelqu’un qui consacre précisément son émission au paranormal, avant qu’elle ne bascule soudainement dans la croyance lorsque le récit l’exige.

Un film que je ne regrette pas d’avoir vu, tant son dispositif sonore était prometteur, mais dont l’exécution reste nettement en deçà du concept.
Nicolas E
Nicolas E

1 critique Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 août 2026
Vu en avant-première
Le film réussit effectivement à mettre une ambiance pesante tout le long, donc on attend, on attend, mais arrive le générique de fin et il ne s'est absolument rien passé d'horrible ou même d'effrayant...
Déception
jujube
jujube

16 abonnés 128 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 août 2026
C’était clairement pas fou. J’ai bien aimé les moments où elle est en appel sur son ordinateur, je trouve que c’était les passages les plus angoissants, parce qu’on s’imaginait ce qui pouvait se passer derrière elle et les bruits qu’elle pouvait entendre. J’ai bien aimé le concept dans l’ensemble.

Par contre, les scènes en dehors de ça étaient clairement ennuyantes et pas intéressantes. Déjà que l’histoire était plus drôle que terrifiante, surtout cette fin qui m’a plus donné envie de rire qu’elle ne m’a fait peur.

Un film qui part d’une bonne idée, mais le résultat est clairement pas dingue.
Souf9213
Souf9213

13 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 août 2026
Le suspense est crescendo et on va apprendre la propre histoire de la principale protagoniste, au fur et à mesure. Mais je suis un peu déçu par la fin
Cool_92

374 abonnés 717 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 25 août 2026
Quelle purge ce film. Il ne se passe quasiment rien. C'est une sorte de huit clos avec l'actrice Nina Kira seule à l'écran (on voit juste quelquefois sa mère) qui est filmée en gros plan. Les autres interactions se font par audio via le podcast du personnage. Le réalisateur se croit malin en multipliant les effets sonores et quelques effets visuels pour nous faire peur mais le film est plat et semble avoir 20 ans de retard sur les productions actuelles. Surtout que le scénario ne discute quasiment jamais la véracité des audios numériques à une époque où il est facile de créer et de manipuler des enregistrements sonores. On se croirait presque dans une version sonore de The Ring mais version low cost. Le film manque d'enjeux, de suspense, d'intérêt et de frissons malgré son histoire de démon plutôt intéressant. Aucune peur ici, ni malaise juste quelques jumpscares audios pour faire sursauter le personnage et les spectateurs. On a l'impression de suivre une conversation whatsapp ou un podcast boring à n'en plus finir. Il s'emballe un peu vers la fin mais cela n'apporte rien car cela s'estompe rapidement. Au cinéma, la séance s'est avérée longue et ennuyante, c'est le meilleur choix possible pour s'endormir devant en steaming ou alors beaucoup couperont dès le début.
Gaelle C.
Gaelle C.

4 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 août 2026
Vu en avant première, ambiance pesante, et oppressante, on rentre dans l’histoire dès le début. A voir !
l vln
l vln

2 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 août 2026
j’ai trouvé que ce film dégageait une ambiance pesante et sombre, mais il peinait malheureusement à captiver ou à réellement engager le spectateur.
Micka_L22
Micka_L22

1 abonné 8 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 août 2026
Film très intense, qui sait parfaitement jouer avec le stress et la tension, notamment grâce à un travail remarquable sur le son. J’en ai eu des frissons et la chair de poule, et cela faisait longtemps qu’un film ne m’avait pas procuré de telles sensations
capirex
capirex

199 abonnés 848 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 8 août 2026
Film dans son ensemble assez moyen je trouve même si l'utilisation des effets sonores est astucieuse de là à ce que cela crée une principale source d’angoisse il y a un monde ! ... Après le film est original dans la mesure où Evy interprétée par Nina Kiri est , hormis sa mère alitée , le seul personnage que l’on voit tout au long du film et ça ce n'est pas gênant .
Thomas Alexandre
Thomas Alexandre

5 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 août 2026
Bon film. L'ambiance est très pesante du début à la fin et installe un véritable malaise tout au long du visionnage. Cette atmosphère oppressante est maîtrisée et contribue à rendre le film particulièrement prenant.
Sasmi95
Sasmi95

2 abonnés 3 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 août 2026
Vu en avant-première, le film raconte des « creepy pasta » sur une émission radio d’horreur où 10 fichiers audio d’origine anonymes ne doivent pas être écouter en entier sinon une possession démoniaque peuvent s’emparer de ceux qui seraient curieux d’écouter…
Plutôt bon film en terme de frissons malgré un grand manque de Vrais screamers
Direct-actu.fr

402 abonnés 557 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 août 2026
Dans Undertone, Ian Tuason enferme une podcasteuse dans une maison où sons, deuil et croyances rendent progressivement le réel indéchiffrable. Sinueusement, la maison familiale se transforme en laboratoire de l'incertitude. Entre enregistrements inquiétants, symboles catholiques et perception fragilisée, l'héroïne ne sait plus si elle affronte une présence surnaturelle ou son propre esprit. Le cinéaste construit ainsi une peur fondée moins sur ce qui apparaît que sur ce que le cerveau croit reconnaître dans l'ombre et les sons.

Dans cette mécanique de peur, le film place le spectateur dans la même fragilité perceptive qu'Evy : chaque bruit peut devenir indice, chaque zone sombre une menace possible. Understone est une véritable leçon de cinéma donnée par Ian Tuason. Le cinéaste construit son œuvre autour de l'art du hors-champ et transforme chaque recoin obscur en territoire d'incertitude. Durant tout le film, dans la pénombre, le spectateur pense voir des choses grâce à un processus psycho-neurologique bien connu : la paréidolie. Des formes semblent apparaître là où il n'y en a peut-être aucune. À cela s'ajoute l'effet autocinétique, qui donne l'impression qu'une présence avance lentement dans l'obscurité alors qu'il ne s'agit parfois que d'une illusion perceptive. Les sons deviennent alors les véritables moteurs de la peur. Ils éveillent l'imaginaire, stimulent l'esprit et participent à un cocktail explosif de frayeurs. Dans son espace diégétique, le film joue constamment avec l'apophénie, créant sans cesse des liens entre des bruits inquiétants, des situations étranges et des événements qui semblent se répondre.

Cette approche nourrit plusieurs niveaux de lecture. Le récit laisse ouvertes différentes pistes d'analyse sans jamais en privilégier définitivement une. Tout pourrait relever d'un délire induit par des médicaments. Une autre hypothèse suggère la présence réelle d'un démon venu pourchasser les personnages. Une troisième lecture, plus vertigineuse encore, invite à envisager l'ensemble comme un immense bad trip médicamenteux où la mère serait déjà morte depuis très longtemps, tandis qu'Evy construirait inconsciemment cette réalité afin de déculpabiliser.

Au centre de ce dispositif se trouve Nina Kiri, qui incarne Evy et porte le film à bout de bras. Avec un décor minimaliste, mais fortement marqué par les symboliques chrétiennes, l'actrice guide le spectateur dans cette zone grise où se confondent foi, traumatisme et perception. Un choix d'autant plus pertinent que les délires de possession apparaissent historiquement plus fréquents dans des environnements où la religion a profondément imprégné l'inconscient des individus. Sous ses atours de film d'épouvante, Understone interroge ainsi autant les mécanismes de la peur que ceux de l'esprit humain.»

Le rôle central accordé aux phénomènes perceptifs trouve un prolongement direct dans les enregistrements, où l'apophénie auditive conduit précisément à chercher des messages au sein de sons ambigus ou inversés.» Cette indétermination agit comme une mise à l'épreuve cognitive : plus Evy cherche une cause unique aux événements, plus les signes deviennent contradictoires. Le spectateur doit alors produire lui-même du sens à partir d'informations dont la fiabilité demeure incertaine.
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