Le film démarre assez vite, une bonne chose car il évite les premières parties souvent longues pour "présenter" les protagonistes principaux et ajouter des mélos trop imposants dans le récit. Ici, il y a sensiblement la même chose, nécessaire pour s'attacher un temps soit peu aux personnages, mais dans un timing plus serré et sans être surexplicatif. L'immersion dans l'enfer biotechno-épidiologique ne se fait donc pas attendre et s'avère très efficace dès les premières minutes. Niveau effets visuels c'est assez remarquables, le côté viscéral et organique est bien rendu et rajoute au dégoût et à l'effroi. Si le discours du début reflète l'idée originale du cinéaste, à savoir la métaphore entre l'infection et notre soumission à l'. on lui préfère très nettement le parallèle avec la société des fourmis. Une grande partie des rebondissements de l'intrigue repose donc sur ces "capacités cognitives" qui créent une évolution des "zombies" logiques et cohérentes dans ce contexte de SF d'anticipation. L'autre bon point est qu'on ne peut savoir qui va survivre, on le comprend très vite avec un mort auquel on ne s'attend certainement pas. Un film surpassant légèrement le déjà très bon "Dernier Train pour Busan" (2016) et faisant oublier le râté "Peninsula" (2020). Site : Selenie
Le concept de base est ultra cool : une épidémie transforme les humains en infectés qui évoluent en véritable colonie organique, presque comme des fourmis. Sur le papier, ça apporte une vraie originalité au genre, avec quelques idées qui rappellent parfois Resident Evil.
Visuellement, certaines créatures sont réussies et les scènes d’action ont de l’énergie. Ça bouge beaucoup, les zombies sont agressifs, et le film tente vraiment autre chose que le simple copier-coller du zombie classique.
Mais le problème, c’est que le rythme s’essouffle vite. On tourne rapidement en rond, les personnages manquent cruellement d’intérêt, et l’histoire finit par donner l’impression d’étirer son idée sans vraiment savoir quoi en faire.
Et surtout… si vous cherchez un vrai film gore qui tâche, préparez-vous à être déçus. Malgré des zombies ultra violents, le film reste étonnamment sage visuellement. Moi qui pensais voir un carnage total, j’ai surtout eu droit à beaucoup de caméra tremblante et de chaos brouillon. À certains moments, ça m’a même presque donné mal au crâne.
Au final, Colony reste un film intriguant grâce à son concept de “colonie évolutive”, mais il manque de folie et de personnages marquants pour vraiment devenir mémorable. Une expérience correcte pour les fans de zombies, sans être le choc horrifique annoncé.
À la différence des grandes apocalypses zombies qui nous ont habitués à l’accident industriel, à la négligence coupable d’une corporation ou à la fatalité d’une nature incontrôlable, Colony pose d’emblée une question plus dérangeante : et si le désastre était voulu ? Un homme, une rancœur personnelle, une vengeance intime élevée à l’échelle du crime de masse. Ce point de départ singulier donne au film une tonalité particulière, presque plus troublante que le spectacle des infectés eux-mêmes. Car rien, dans aucun récit, ne justifie de condamner le monde entier pour réparer une injustice personnelle. Le terroriste de Colony n’invoque ni Dieu, ni grand combat, ni idéologie, seulement une blessure. Ce n’est pas une circonstance atténuante. C’est une perversion du réel d’autant plus glaçante qu’elle nous est étrangement familière.
À l’intérieur de la tour, Yeon Sang-ho construit un huis clos d’une efficacité redoutable. Plus resserré que Train to Busan qui déployait une apocalypse nationale, Colony confine l’horreur dans un espace vertical, cloisonné, dont on ne voit pas l’issue. La tension y est peut-être plus pure, plus physique. Et elle est redoublée par une frustration que le film entretient avec soin : l’extérieur ne comprend pas. Les autorités tergiversent, sous-estiment, n’interviennent pas à la mesure de la menace. Cette impuissance des institutions face à l’évidence, thème hélas intemporel, ajoute à l’oppression du récit une couche proprement politique.
Les infectés, eux, ont évolué. Ils ne sont plus la horde aveugle et mécanique du genre classique : ils coordonnent, ils apprennent, ils s’adaptent en temps réel. Ce qui était une masse devient un système. La peur change de nature : ce n’est plus la peur d’être submergé, c’est la peur d’être anticipé.
Colony n’est pas Train to Busan. Comparer les deux serait réducteur. Ce sont deux expériences différentes du même genre : l’un vous emporte dans un souffle épique, l’autre vous enferme et ne vous lâche plus. Les deux méritent leur place.
Quant au dénouement, il laisse délibérément une porte entrouverte. Yeon Sang-ho semble prévenir son public : ce n’est pas fini. Après Train to Busan et Peninsula, on connaît la mécanique. Colony s’inscrit dans une franchise qui s’assume. Ce n’est pas un reproche, c’est un constat. Et si un nouveau volet arrive, on aura envie d’y être.
Yeon Sang-ho, le réalisateur de "Dernier train pour Busan" et de sa suite "Peninsula" remet le couvert avec un nouveau film de zombies, de nouveau présenté à Cannes d'ailleurs, cette fois-ci en séance de minuit, et oui, on ne pouvait craindre que le réchauffé ! Pour le coup, je ne me suis fié qu'au réalisateur et à l'affiche que je trouve magnifique, je n'avais pas vu de trailer et ne savait donc concrètement pas trop à quoi m'attendre si ce n'est un "Dernier train pour Busan" mais dans un appart. Et, bon bin, c'est un peu le cas, on ne va pas se mentir non plus, mais le réalisateur innove tout en revenant aux basiques. Il innove en effet puisque - et c'est dit dans les premières minutes donc ce n'est pas un spoil - nous avons affaire ici à une autre sorte de zombies. Ce ne sont pas des cervelles vides assoiffées de sang mais des corps contrôlés par un fungi créé en laboratoire par un bioterroriste assoiffé de vengeance. Bon alors, apparemment, l'idée n'est pas si originale puisque j'ai appris entre-temps que c'était plus ou moins le même principe dans les jeux "The Last Of Us" mais ne connaissant ces derniers que de nom, j'ai été agréablement surpris par la "trouvaille" du film. D'autant plus que ça ne s'arrête pas là puisque cela permet de repenser le zombie et la menace qu'il représente. En effet, avec cette histoire de champignon parasite, la menace devient collective puisque le même groupe de zombies forme un tout, connecté au même fungi donc. Ça nous permet ainsi quelques scènes assez sympas, de très bonnes idées de mise en scène, des chorégraphies incroyables et puis quelques excentricités qui pourraient sombrer dans le ridicule mais qui, dans ce contexte, fonctionnent bien. Également, comme dit plus haut, le film reconnecte avec le genre puisque les décors ou du moins le lieu rappelle fortement celui de "Zombie" dont l'action se déroulait également dans un centre commercial. Alors ici, l'action se déplace dans diverses parties de l'immeuble mais les nombreuses scènes se déroulant dans les magasins ne sont, à mon sens, pas anodines et relèvent bien entendu davantage de l'hommage assumé que du simple plagiat. Côté rythme, on ne s'ennuie pas puisque le film sait parfaitement trouver son équilibre entre action et thriller. Même si bon, force est de constater qu'il tombe dans plusieurs écueils du genre, notamment les personnages clichés et fonction et les tensions inévitables au sein d'un groupe majoritairement composé de personnages débiles. De même, le déroulement du scénario avec ces personnages en quarantaine cherchant désespéramment à trouver une sortie est loin d'être surprenant. Mais force est d'admettre que j'apprécie toujours autant le style du réalisateur qui prouve encore une fois qu'il maitrise parfaitement son sujet et que j'ai passé tout simplement un très bon moment devant "Colony" !
Certes cela fait penser à Dernier train pour Busan et certes c'est très en dessous (Dernier train pour Busan étant un de mes films préférés de ces dernières années), mais il y a plein de bonnes choses dans ce film qui s'éloignent de son ancêtre, notamment le "méchant" et ses motivations, la façon dont les "zombies" se comportent (différemment de zombies justement), ou qui "imite" la mise en scène nerveuse de Dernier train pour Busan, avec une montée de la tension et une imprévisiblité sur la survie de chacun (même si les habitués devineront sans doute). Et j'ai trouvé le dernier quart spécialement bon, s'éloignant du reste du film. Bref on est loin du chef d'oeuvre qu'était Dernier train pour Busan, mais on a un excellent film de survie, nerveux, efficace et très plaisant. A ne pas rater pour les amateurs du genre.
"Colony" assez bien noté par la critique, présenté cette année au festival de Cannes (hors compétition) est un film horrifique convenable dans l'ensemble. Après l'inoubliable "Dernier train pour Busan" (2016), le cinéaste coréen Yeon Sang-ho renoue avec le genre zombie, proposant une intrigue efficace, rythmée par des scènes spectaculaires et gores, qui fait écho à la société sud-coréenne contemporaine. Cependant, malgré ces atouts, le film perd en qualité par un scénario peu original et un rythme qui fléchit au fil du temps.
Ce film est unique et bien pensé il est juste excellent De par son originalité avec des zombies en évolution constante tout au long du film et par ses 2 h d’actions innarétable
Ce film nous plonge dans des personnages de la vie courante. Aucun ennuie durant 2h, de l'action et des plans a couper le souffle. Ce film est une pépite tant dans le choix des acteurs/actrices tant sur le visuel -fx et bien sur des zombies d une nouvelle génération - plus malins et plus connectes... un Dernier Train pour Busan en mode amélioré et en mode sanglant ! Note ++ pour les actrices et bien sur JCW !
Un bon gros film de zombies, assez malin, bien que j’ai toujours du mal avec le jeux des asiatiques coreens ou japonais qui en font des tonnes comme au theatre… ca donne des effets caricaturaux la ou il n’y en a pas, bon je suis French…
Ai vu « Colony » un film d’horreur du réalisateur coréen Sang-Ho Yeon que je ne serais jamais allé voir s’il n’avait pas été présenté au Festival de Cannes en séance de minuit et s’il n’avait pas eu une très bonne critiques de Télérama et de bien d’autres revues. Je ne suis absolument pas habitué à ce genre de film et à vrai dire j’ai trouvé que trop d’hémoglobine tue l’hémoglobine et que trop de monstres à la longue fait plus rire qu’autre chose. Evidemment la mise en scène est super efficace, les effets spéciaux nombreux sont très voyants et les deux heures très longues et redondantes. Dans le centre de Séoul un fou furieux fait un attentat bactériologique dans une tour de 30 étages et qui comporte aussi une galerie marchande qui laisse plus de possibilités pour se cacher. Un seul être contaminé contamine une population entière et les monstres deviennent de plus en plus évolués au fur et à mesure qu’ils communiquent par la pensée entre eux. Bien sûr je n’ai aucun code mais j’ai eu tout de même l’impression d’avoir déjà vu ce film, tant rien ne m’a surpris. Evidemment j’y ai vu l’allégorie des réseaux sociaux qui polluent le cerveau des humains, mais aussi la transmission des fake-news qui infecte la pensée collective, mais le film peut être vu aussi comme la métaphore de la montée (contagion) des pensées extrémistes qui transforment les gens en moutons peureux. Bref, je n’ai pas sursauté dans mon fauteuil, j’ai trouvé le temps long et je crois que l’intrigue peut être l’emblème de tout ce que l’on veut. Indéniablement les bonnes critiques lues ont polluées mon esprit et comme un gentil ovidé laineux je suis allé voir un film dont je n’étais absolument pas le coeur de cible.
Yeon Sang-ho renouvelle son univers zombiesque avec un bad guy charismatique et des trouvailles scénaristiques et visuelles qui redynamisent le genre une fois de plus. Pur fun et grand spectacle. Bémol sur le plan final (no spoil) que je ne m'explique toujours pas. (Si quelqu'un a une théorie, je suis preneur)