Colony
Note moyenne
3,6
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154 critiques spectateurs

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ne0n
ne0n

34 abonnés 152 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 juillet 2026
Un film de zombie qui change de la formule habituelle, malheureusement, malgré une inventivité certaine sur le traitement des infectés et leur synchronisation, le scénario reste assez convenu et certains retournement de situation sont trop cliché.
Lilizz
Lilizz

9 abonnés 38 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 juillet 2026
Bon film de zombie, original avec le psychopathe interconnecté avec les zombies. Les personnages sont un peu caricaturaux (les héroïques, les individualistes, les lâches... etc) mais c'est le jeu de ce type de film de survie et on s'attache quand même à quelques personnages. spoiler: Sans consession sur les non survivant, ce que j'ai trouvé courageux
. On est pris par l'intrigue, les astuces, rebondissements sans tomber dans l'horreur ou l'angoisse. Un bon divertissement.
FaRem

10 595 abonnés 11 641 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 juillet 2026
Lors d'une conférence internationale sur la biotechnologie, un virus inconnu se propage provoquant de graves mutations chez les personnes infectées. Très vite, ce lieu bouclé de toutes parts devient le probable tombeau des survivants et la « ruche » de ces créatures. « Colony » n'est cependant pas qu'un simple film d'infectés puisqu'il essaie d'explorer au maximum le concept de la conscience collective. En ce sens, l'histoire évolue beaucoup à travers l'apprentissage et l'évolution de ces morts-vivants qui changent leur manière de se comporter et de communiquer. Cela oblige les vivants à faire preuve de créativité pour avancer dans ce nid de plus en plus étroit. L'ajout constant de nouveaux éléments est une bonne chose, mais je ne me suis pas pris d'intérêt pour le groupe. Les personnages sont interchangeables et manquent de personnalité. Il y a des actes héroïques et des trahisons, mais ça ne suffit pas à les rendre attachants ou détestables. Je trouve également que ça manque de tension tandis que le danger se ressent rarement. Pour un huis clos sur des civils qui ne bénéficient quasiment pas d'aide extérieure, c'est un peu étrange. Disons que « Colony » n'est pas un grand survival horrifique, mais je l'ai trouvé quand même pas mal.
traversay1

4 502 abonnés 5 401 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 juin 2026
Colony plaira entre autres à ceux et à celles qui ne goûtent pas particulièrement l'univers de l'horreur, car le film est plutôt sobre dans le domaine du gore et, finalement, assez peu effrayant, toutes proportions gardées. Attention, zombies hyperconnectés, le concept du film renouvelle le genre avec une certaine créativité, nous renvoyant évidemment à notre propre monde d'individualistes infectés jusqu'à la moelle par les réseaux sociaux. La narration est souple, un tantinet répétitive, mais carbure à l'énergie et à l'héroïsme féminin, tout en mettant en lumière un méchant parfait que ce bon vieux Hitchcock aurait adoré. Le temps passe vite dans cette tour infernale et le spectacle se révèle fort plaisant dans ce jeu de massacre où il est cependant aisé de deviner qui va survivre au bout de cette géhenne dans laquelle il y a du plaisir pour ceux qui sont lovés confortablement dans un fauteuil de cinéma, pop-corn ou pas en main. Il est certain que le réalisateur du Dernier train pour Busan a du mal à sortir de ses thèmes favoris, mais il a au moins le mérite d'élargir son spectre et de lui donner une résonance contemporaine plutôt futée. La suite, on l'imagine avec l'Intelligence artificielle en renfort, pourquoi pas, ou toute autre "avancée" technologie qui contribue, si l'on adopte une vision pessimiste des choses, à déshumaniser nos sociétés.
Audrey L

817 abonnés 2 864 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 juin 2026
Le méchant est méga-classe (un beau gosse aux agissements immoraux, dont on rêve de refaire le portrait en plus abstrait, à la Picasso), on pourrait arrêter cette critique ici, mais le mucus blanc nous dit de continuer, alors on obéit à la Colonie... Après le magnifique Dernier Train pour Busan, après le catastrophique Peninsula, Yeon Sang-Ho se ré-injecte le virus du zombie énervé avec un Colony aussi débile que fun. Alors oui, Colony n'est pas comparable au premier film Dernier Train pour Busan, un milliard de fois plus chiadé sur son scénario et l'attachement dramatique à ses personnages, ici on attend juste qu'ils se fassent croquer bêtement. Sauf spoiler: l'handicapée
, on pense parler au nom de tous, en disant que sa scène a attristé toute l'assemblée (petite larme). Mais les personnages ne sont même pas fichus de penser qu'une spoiler: TV qui les met en danger en diffusant un visage (qui attire les zombies) a une prise électrique (et tirer dessus est mille fois plus simple que de faire un aller-retour au milieu des bestioles...
Bref, des Prix Nobel). Niveau scénario, c'est très généreux : le fait que les zombies communiquent est un véritable challenge (nos héros ne peuvent les tromper qu'une fois par ruse, ensuite il faut changer de méthode, car ils ont compris et informé les autres du stratagème... Ce point d'évolution rapide oblige à réfléchir et trouver d'autres astuces), sauf qu'on nous pond assez facilement que les infos circulent plus vite via le mucus blanc qui couvre tous les murs. Et là, on se demande ce que c'est, comment les gens l'ont produit, comment ils l'ont étalé jusqu'au plafond, comment ils peuvent communiquer spoiler: encore plus vite à la fin alors qu'il n'y a plus de mucus (le "bug" est une facilité narrative assez grossière), ou pourquoi cela gêne la perception des proies si elles en ont un peu sur leur veste, alors que c'est censé être un vecteur de synapse (en gros : ils doivent bien voir, que la personne qui a la veste maculée n'émet rien, comme infos ?
Ça n'a aucun sens...). On ne cherchera pas plus la logique dans le fait que le méchant spoiler: n'arrive pas à contrôler ses monstres après le bug (cela "reboot" leurs fonctions, mais le lien entre le Maître et les toutous n'est pas une évolution, cela arrive quand il se fait mordre, donc ce n'est pas un "apprentissage" de plus, donc ce n'est pas censé être effacé par le "reboot"...
On réfléchit trop pour ce scénario juste content d'en mettre partout, et courir en agitant les bras). Dans ce marasme bruyant et sur-dynamique de zombies ultra-énervés (c'est un compliment), Kyo Hwan-Koo fait un méchant ultra identifiable, qui passe au travers de ses monstres avec les mains dans les poches de son falzar, l'air blasé, en faisant un méchant aussi détestable que charismatique. Avec tous les coups-bas qu'il fait (la scène du flic est assez maline), on rêve que l'héroïne lui fasse la fête à la fin, et l'on peut dire que le sort qu'elle lui réserve n'est pas à la hauteur que ce qu'on imaginait, mais reste cohérent. En revanche, on sort de Colony en se demandant pourquoi les autorités ne mentionnent jamais cet épisode dans Dernier Train pour Busan (comme il est censé en être le prequel), et pourquoi les zombies ne se transmettent pas les infos dans les autres opus qui suivent sa chronologie... Peut-être ne fait-il pas partie du même univers, et la promo du film l'a trop vite rattaché à la saga-mère. Bref, si vous ne cherchez pas forcément l'excellence du premier opus, et que vous voulez juste courir et jouer avec les boutons de l'ascenseur dans un immeuble rempli de zombies teigneux (et leur Maître blasé), venez dans cette chouette Concon-lony de vacances, on s'y marre bien.
eldarkstone

305 abonnés 2 425 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 juillet 2026
Peu importe qui le réalise, peu importe le Pays ... les Films d'infectés s'assemble et se ressemble absolument tous ! Très peu de surprises, un suspense de moyenne qualité, un Scénario plutôt simple ... Rien d'exceptionnel ici.
🎞️  DaeHanMinGuk 🎬
🎞️ DaeHanMinGuk 🎬

235 abonnés 2 467 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juin 2026
Ce film d’infectés, dans un contexte de bio-attentat, est plein de ressources et pas uniquement financières, même si on voit que le budget a dû être conséquent. Je pensais surtout aux ressources du scénario qui, pour moi qui aie vu pas mal de films ET de séries de zombies, a été agréablement surpris par certaines idées novatrices du scénario. Du même réalisateur, j’avais beaucoup aimé « Dernier Train Pour Busan » (2016), j’avais été déçu par « Peninsula » (2020) mais, là, on a un scénario bien plus profond et une tout autre ampleur, plus proche du blockbuster. « Colony » est un peu trop long mais ne boudez pas votre plaisir de voir un film qui sort des sentiers battus.
tupper
tupper

193 abonnés 1 587 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 juin 2026
Le concept de départ de *Colony* est accrocheur. L'idée de l'infection par intelligence collective offre un miroir pertinent sur nos comportements actuels comme le poids des réseaux sociaux par exemple. C'est malin, original, et ça pousse à la réflexion.
Malheureusement, l’intérêt retombe après la première demi-heure. Le scénario s'enferme dans une boucle prévisible et répétitive qui finit par lasser. Cette impression de tourner en rond est d'autant plus pesante que l'ambiance de huis clos sonne faux : au lieu de servir la tension dramatique, le décor unique évoque surtout un cruel manque de budget.
Shiki
Shiki

118 abonnés 282 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 2 juin 2026
C’est vraiment pas terrible, du vu et revu dans ce huit clos qui propose une approche qu’on pourrait croire originale « des zombies connectés » à la manière des fourmis mais non, c’est long et répétitif. Le casting de personnages stéréotypés n’aide en rien.
Christian RZ
Christian RZ

91 abonnés 291 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 juin 2026
Même pas peur ! On se demande comment les acteurs font pour garder leur sérieux !? 
gamorreen
gamorreen

30 abonnés 538 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mai 2026
Certes cela fait penser à Dernier train pour Busan et certes c'est très en dessous (Dernier train pour Busan étant un de mes films préférés de ces dernières années), mais il y a plein de bonnes choses dans ce film qui s'éloignent de son ancêtre, notamment le "méchant" et ses motivations, la façon dont les "zombies" se comportent (différemment de zombies justement), ou qui "imite" la mise en scène nerveuse de Dernier train pour Busan, avec une montée de la tension et une imprévisiblité sur la survie de chacun (même si les habitués devineront sans doute). Et j'ai trouvé le dernier quart spécialement bon, s'éloignant du reste du film.
Bref on est loin du chef d'oeuvre qu'était Dernier train pour Busan, mais on a un excellent film de survie, nerveux, efficace et très plaisant.
A ne pas rater pour les amateurs du genre.
Roger D
Roger D

107 abonnés 1 196 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juin 2026
Ah les coréens savent toujours aussi bien faire ce genre de film...quoique les thrillers ou films d'action ne sont pas en reste je dois bien le reconnaître!!! L'histoire peut paraître classique certes mais la différence réside dans le fait d'impliquer un "non infecté" dans l'équation qui génère tout cela. Et cela change tout car il est là aussi pour , peut être, leur sauver la mise. Et puis comme ils font bien aussi reste les émotions humaines qui font prendre des décisions qui auront des conséquence sur le groupe de survivant etc... et les infectés font bien flippé surtout quand ils sont en mode "wifi connecté!!!" Un très bon film qui joue plus sur le stress, la tension que sur le gore.
NOTE : 8/10
Cadreum
Cadreum

62 abonnés 809 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 août 2026
Yeon Sang-ho a construit sa carrière sur un malentendu. L'animateur de The King of Pigs et The Fake disséquait la brutalité scolaire et l'escroquerie évangélique avec une hargne dirigée contre des institutions nommées, l'école, l'église, le pacte des adultes. En 2016, un train de zombies l'a rendu mondialement connu, et l'industrie a conclu que son métier était le mort-vivant. Dix ans, deux séries Netflix, un film cybernétique et un huis clos de festival plus tard, il revient au genre avec les moyens qu'on accorde aux valeurs sûres.

Cette fois, une firme de biotechnologie réunit un parterre de professionnels dans sa tour pour exhiber sa trouvaille, une moisissure ingénierée capable de communiquer avec elle-même et de régénérer les tissus morts. Kwon Se-jeong (Jun Ji-hyun), universitaire sans poste, est là parce que son ex-conjoint espère lui décrocher un emploi. Quelques minutes après la démonstration, un employé rancunier, Seo (Koo Kyo-hwan), injecte le produit dans le PDG et fait de lui le premier maillon d'une contamination qui saisit l'immeuble. Seo s'est vacciné, s'est fait mordre, et dispose désormais de la colonie comme d'un membre supplémentaire. Les survivants se retrouvent enfermés avec une horde dont la particularité est qu'elle apprend.

Tout, dans Colony, découle de ce verbe. Romero avait déjà accordé un apprentissage à ses morts, Bub, Big Daddy, mais toujours par exception individuelle : un cadavre se singularise, accède à la mémoire, devient quelqu'un. Avec Yeon, aucun infecté ne se détache, c'est la masse qui acquiert une méthode. Les séquences de convulsion collective, où les infectés mettent en commun ce qu'ils ont retenu de leurs échecs, donnent un contrechamp non pas à une individualité mais à une collectivité. Le suspense change de nature. On ne redoute plus l'assaut, on redoute la mise à jour.

L'architecture est au service de ce concept. Le wagon de 2016 n'autorisait qu'une direction, chaque seuil laissé derrière soi devenait irréversible, et le film n'avait plus qu'à ramasser l'émotion produite par sa propre topologie. La tour rend la circulation possible, on monte, on redescend, on repasse par l'étage déjà exploré, et cette réversibilité fournit un espace fini, borné, cartographiable. L'immeuble ne produit pas des stations mais des coordonnées, et dans un espace que l'adversaire relève, mourir cesse d'être un adieu pour devenir une position transmise. Le deuil n'y a pas sa place parce que la colonie lit le plan.

Au spectateur, le film assigne la place de l'apprenant de règles. Chaque morceau de bravoure énonce un protocole, l'éprouve, le fait tomber, en propose un autre, le plaisir offert relève du débogage et l'identification passe par la compétence. On se range du côté de Kwon Se-jeong parce qu'elle formule de meilleures hypothèses. Elle est d'ailleurs la seule à recevoir des inserts analytiques, ces plans de détail qui reviennent trente minutes plus tard sous forme d'hypothèse vérifiée, et la forme énonce là une proposition lourde : le savoir que le marché a déclassé est exactement ce qui sauve les victimes du marché. Les autres personnages ne valent que leurs déductions, et sont donc minces. Le problème est que le film refuse d'assumer son propre régime et continue de réclamer à ces silhouettes des adieux déchirants qu'il n'a plus les moyens narratifs d'honorer.

Le champignon n'est pas la nouveauté qu'on voudra y voir, le cordyceps ayant depuis longtemps colonisé le genre, du roman de Carey aux adaptations de jeu vidéo. Ce que Colony en fait de particulier tient au statut de la chose : cette moisissure est un produit, brevetée, développée, exhibée devant des investisseurs. Reste que le choix biologique commande un régime entier de représentation. Le virus impose un temps, incubation, courbe, patient zéro, frontière ; le champignon impose une surface, un maillage, une simultanéité. Yeon ne filme pas des malades qui tombent l'un après l'autre, il filme des parois qui se recouvrent, des couloirs qui se tapissent, un bâtiment et des êtres qui se câblent.

De cette matière découle une horloge. La glaire blanche gagne les murs, les vitres, les vêtements, les visages, si bien qu'à tout instant l'état des surfaces indique l'heure du récit sans qu'aucune réplique n'ait à la donner. Mais la substance excède sa fonction chronométrique. Une tour de verre et d'acier, siège d'un groupe biotechnologique, se met à métaboliser ses occupants, l'immeuble cesse d'être un contenant pour devenir un tube digestif, et la direction artistique instruit ainsi contre l'entreprise un procès que le scénario passera le reste du film à classer sans suite.

Confier les infectés à des danseurs et à des contorsionnistes, régler leur avancée en unisson, déplace l'ontologie du monstre. Le mort-vivant classique se désindividualise par la putréfaction, celui de Yeon par la synchronisation. La référence est disponible pour quiconque s'imagine le culte au travail, et l'effroi ne tient plus au cadavre mais à la perfection de l'obéissance. Le film trouve là son unique définition du collectif, et il n'en proposera pas d'autre.

Seo veut abolir la « communication imparfaite », qu'il tient pour la source de tout malheur humain. Contre cet idéologue de la transparence, les survivants ne disposent que de techniques de bruit, des silhouettes de carton volées à une boutique, du parfum, de l'antigel, un groupe Whatsapp substitué à la parole. Le film formule ainsi, dans sa quincaillerie, que la liberté consiste à conserver le droit d'être mal compris, et que l'opacité est le dernier organe vital d'une population entièrement indexée. Reste que Yeon ne va pas jusqu'au bout de sa propre trouvaille. Lorsqu'un personnage rompt le vœu de silence et livre la position du groupe, la mise en scène le traite comme un imbécile ponctuel, alors qu'on vient d'expédier en faute individuelle la thèse même du film : l'humain est ce qui ne peut pas se taire, ce qui fuit, ce qui émet malgré lui. Yeon moralise ce qu'il aurait fallu tenir pour une condition, et ses personnages passent pour stupides alors qu'ils sont seulement mal accusés par le récit qui les emploie.

L'esquive, en revanche, ne laisse aucun doute, et elle est inscrite dans la hiérarchie des séquences. La présentation inaugurale du PDG est filmée en régime pédagogique, il détient l'autorité explicative, il transmet au spectateur le savoir dont celui-ci aura besoin pendant deux heures, il est la source légitime. Le transformer en patient zéro le punit, certes, mais le punit en victime, et la firme sort blanchie de son propre désastre. Une entreprise a mis au point un champignon régénérant capable de communiquer avec lui-même, l'a breveté, l'a exhibé devant des investisseurs, et n'apparaît nulle part dans l'architecture causale du film ; la catastrophe est portée par un salarié rancunier, et une chaîne de décisions actionnariales se trouve remplacée par une aigreur d'employé. C'est ici que le malentendu inaugural se paie : l'homme qui nommait l'église et l'école ne nomme plus l'entreprise.

Le montage parallèle vers les autorités arrive tard, tient en quelques séquences brèves, adopte un cadre tabulaire et une lumière neutre, et se trouve écrasé par le régime cinétique de l'intérieur. Cette subordination formelle dit ce qu'aucune réplique ne dira, l'État n'est pas un contre-pouvoir mais un décor administratif, le bouclage de la tour vaut acceptation d'une population sacrifiée, et le salut ne peut venir que des enfermés eux-mêmes. L'abandon institutionnel court chez Yeon depuis le train, où il était filmé avec colère. Il l'est ici comme une toile de fond.

La sortie de la tour dans le dernier tiers épuise le concept. Une horde qui apprend a besoin de murs, l'apprentissage supposant un espace fini à relever ; lâchée dehors, elle redevient une masse indifférenciée et le film redevient un film de zombies parmi cent autres. Yeon a préféré agrandir plutôt qu'approfondir, réflexe industriel déjà fatal à Peninsula, et la décision de production se lit à l'œil nu comme décision de mise en scène : la caméra quitte les couloirs à l'instant précis où le film cesse de croire à son idée.

Le climax en moulin de fourmis abandonne la hauteur d'œil pour un regard de plafond, et cette élévation est à la fois la plus belle image du film et sa capitulation. Ce que l'abstraction géométrique retire, ce sont les visages, et l'opération est troublante : deux heures durant, le film a personnifié sa colonie, lui a donné un contrechamp, une délibération, une mémoire, et il la reconduit à l'entomologie au moment de la tuer. Le duel épistémologique se résout en fable naturaliste, dont la morale est que le collectif s'auto-annihile et que l'individu subsiste. Cette proposition entre en fraude sous couvert d'émerveillement, et son efficacité tient à ce qu'elle se présente comme un fait de nature là où elle est un choix d'auteur.

Colony pense admirablement avec ses mains et déraisonne dès qu'il ouvre la bouche. Sa matière est juste, sa fable est fausse. Yeon a bâti un récit populaire ajusté à un monde où l'adversaire est un système qui apprend, et il n'en a rien tiré d'autre que la vieille consolation individualiste, le groupe est un piège, le lien est une fuite d'information, le sacrifice renseigne l'ennemi, le collectif tourne en rond jusqu'à crever de sa propre discipline. Le plaisir qu'on prend à voir la colonie apprendre excède de loin celui qu'on prend à voir les humains gagner, et c'est le film lui-même qui l'a organisé.
PASCAL C
PASCAL C

28 abonnés 305 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 juin 2026
Bon film de zombies avec une pointe de savant fou. Des moyens pour assurer question maquillage et mise scène. Le cinéma coréen est très fort dans le genre.
Arthur Brondy

302 abonnés 1 490 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 juin 2026
L’histoire d’un mystérieux virus terroriste et d’un immeuble confiné. Ce virus se transmet entre humains et mute à la vitesse de l’éclair, en se renforçant. Ce thriller coréen, projeté en séance de minuit à Cannes est très réussi, haletant.
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